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terre parle. C’est que l'administration des affaires de l'Inde est aux mains des militaristes et des impérialistes. C’est là le malheur et le danger. C’est ce qui risque de mener l'Angleterre, l'Inde et le monde à une tragédie. L'Inde, autonome trois mille ans durunt, se libérera. Il s’agit de savoir st l’Empire britannique saura la retenir dans son sein en lui donnant une liberté et une autonomie égales à celles du Canada.
C’est la seule chance qu’ait l'Angleterre de ne pas perdre l'Inde à tout jamais.
Je ne veux pas qu'on se méprenne sur mes intentions, je ne veux pas qu’on dise où qu'on pense un seul instant, que ce livre est hostile à l'Angleterre. Il ne l’est pas plus que les plaidoyers pour la libération des esclaves, — lorsqu'il y avait encore des esclaves en Amérique, — n'étaient hostiles à la nation américaine. Je parle sans détours, mais, comme Je l'ai dit déjà, je m'efforce d’être juste et équitable et de traiter avec déférence et courtoisie ceux dont les opinions sont différentes des miennes.
Je ne souhaite aucun mal aux Anglais, et ce que je réclame pour l'Inde est, j'en suis convaincu, pour le plus grand bien de l Angleterre. Je ne voudrais pas qu’on lui nuise. mais je ne veux pas non plus qu’elle nuïise à l'Inde, et, à travers l'Inde, au monde entier.
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Il est bon que mes lecteurs sachent à quel litre je plaide la cause de l'Inde, et si J'ai qualité pour le faire.
L'Inde m'a profondément intéressé pendant toute ma vie. Dès l'enfance, pour avoir lu ou écouté des récits de missionnaires, je révais de partir moi-même aux Indes, avec les Missions. Ma sœur et mon meilleur ami levaient suivre ce destin. Le mien fut différent. Mais je gardai pour les choses de l'Inde un intérêt qui me fit me plonger, ma vie durant, dans l'étude des philosophies, des littératures, de l’art, de l'histoire de l'Inde et surtout dans ses problèmes poltliques et sociaux, actuels, vitaux, essenltels. |
En 1895-96, l'Association Nationale Unitarienne anglaise m'envoya aux Indes avec mussion d'y étudier les conditions religieuses et sociales et les problèmes de l'éducation, et de faire un rapport détaillé ä ce sujet. À ce moment, nourri de livres anglais, habitué du British Museum, la bibliothèque la mieux fournie du monde sur tout ce qui touche à l'Inde, je voyais le problème du point de vue anglais. J'avais lu avant de partir, les quatorze volumes de l « Imperial gazetter of India », l’encyclopédie officielle de l'Inde, et j'emportais en voyage l'œuvre monumentale de l’historien William Hunter, « The Indian Empire ». Quand j'atteignis l'Inde, j'aurais
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