CHAPITRE XIX
but a-t-elle ele placée la , c’est ce cju’on ignore aujourd’hui, Sa forme est hexagone depuis la base jusqu’à la hauteur de quatre pieds; elle présente, plus haut, un plus grand nombre de faces. Mais vers son extrémité elle est parfaitement ronde , et elle se termine par un chapiteau carré.
Ce temple, bâti sans ciment, passe pour être d’une haute antiquité , et cette supposition est pleinement justifiée par l’aspect qu’il présente. Il est situé sur une éminence, à une petite distance de la route, et domine une charmante et vaste perspective. La butte, quoique peu élevée, est d’une montée assez difficile, à cause du grand nombre de visiteurs curieux ou religieux qui ont, à la longue, usé et rendu glissant le sentier taillé dans le roc. On est récompensé d’un peu de fatigue par le coup d’œil dont on jouit du haut de la plateforme. Ce genre de plaisir, si commun au milieu des belles contrées de l’Inde, semble néanmoins toujours nouveau. La perspective dont il est question n’est guère inférieure à celle dont on jouit du sommet de Rhotas-Gur,
Les brahmines qui desservent ce temple passent pour de très-saints personnages; et le sanctuaire luimême, malgré son état de dégradation , est fréquenté par des pèlerins qui s’y rendent des contrées les plus lointaines. Il est dédié à Vichnou, et témoin souvent des superstitions les plus absurdes. Toutefois, en dépit des ridicules cérémonies qui s’y pratiquent , et auxquelles un usage immémorial a donné force de lois, quelques-unes des doctrines enseignées dans ces
TABLEAUX DE L’INDE
temples d’idolâtres ne déshonoreraient pas la chaire chrétienne. Leurs ministres y prêchent la plus pure morale; et partout oîi cette morale reçoit des atteintes avec la sanction d’autres ministres dirigés par un intérêt sordide, on peut être sûr qu’il y a violation du véritable symbole indien , empreint d’un spiritualisme beaucoup plus pur qu’on ne l’imagine, quand on l’isole des altérations et des interprétations fausses que l’ignorance lui fait subir.
Ce serait se faire une idée bien inex.acte des qualités intellectuelles des moralistes indous, que de les juger d’après ces superstitions vulgaires , dont le tableau s’offre sans cesse au voyageur dans les temples nombreux du pays. Ces superstitions ne sont la plupart du temps qu’un calcul de la part d’un clergé avide, et plus d’un pays chrétien n’est pas à l’abri de cette corruption du culte religieux.
Avant de quitter Gyah, nous tuâmes, dans une excursion de chasse, un porc sauvage. Il défendit sa vie avec acharnement, et reçut, de différents chasseurs , quatorze balles dans le corps avant de succomber. Nous laissâmes cette proie inutile au bord du jongle, emportant seulement sa tête en guise de trophée. A notre retour, après une course d’un peu plus de deux heures, nous fûmes étonnés de voir les os entièrement dégarnis de chair. Durant notre absence, les vautours s’étaient abattus sur notre chasse et l’avaient complètement dévorée, et cela de la manière la plus extraordinaire. Lorsque nous approchâmes, le corps semblait parfaitement intact; mais, après un