‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 124 sur 136 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Peu de temps après, il passa à l’état de Nirwaria sans souffrir l’agonie de la mort. Les Bouddhistes montrent l’empreinte de ses pieds sur plusieurs montagnes. H y laissa ces signes au moment où il montait au ciel , et il n’est pas de temple Bouddhiste qui n’en ait également une représentation.

Il est fort difficile de faire la part de la vérité et de la fiction dans cette histoire de Sakia. On ne saurait même décider si son intention fut de fonder une secte, ou de recommander simplement la philosophie ascétique, dont les doctrines exagérées, dans la suite, par ses disciples, formèrent une nouvelle religion. Comme beaucoup d’hommes qui ont imprimé une nouvelle direction aux idées religieuses de leurs contemporains, il fut moins un inventeur qu’un compilateur de dogmes, dont tout le mérite consista à développer avec plus de force et de clarté ce qui avait été pensé par beaucoup d’autres avant lui , mais développé par quelquesuns d’une manière beaucoup trop obscure. Quand , au bout d’un certain laps de temps , ses disciples vinrent à écrire la vie de ce philosophe, qui avait prêché des réformes aussi vastes que l’abolition des castes ( du moins sous le point de vue religieux), de l’hérédité de la prêtrise, et des sacrifices sanglants, ils furent stupéfaits, en considérant l’étendue de ces projets de changements, et les attribuèrent naturellement à une intelligence surhumaine. C’est ainsi qu’ils furent tentés d’amalgamer dans la vie de Sakia , les légendes de Bama et de Rrichna, d’autant mieux que lui-même, en quittant le Brahmisme, se borna à en abolir les

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pratiques , et conserva la plus grande partie de sa mythologie.

Les Bouddhistes formaient une secte puissante dans l’Inde, à l’époque où Alexandre apparut sur la frontière septentrionale de ce pays. Mais peu de temps après cet événement, les Brahmines s’aperçurent que les progrès de la nouvelle croyance menaçaient de ruiner leur empire. Il n’est pas facile de déterminer l’époque à laquelle commença la persécution ; mais le professeur Wilson pense que les plus grands efforts pour détruire le Bouddhisme datent du cinquième et du sixième siècle de notre ère. Cette secte fît , à ce qu’il paraît, une plus longue résistance dans le Nord, où les Brahmines n’eurent jamais autant de crédit que dans les autres parties de la péninsule, et de là vient qu’on rencontre assez souvent les restes de temples Bouddhistes dans les contrées septentrionales.

Poursuivis par les Mahométans d’un côté, par les Brahmines de l’autre, les Bouddhistes sont aujourd’hui réduits à un bien petit nombre, si même il en reste. Mais la persécution n’est probablement pas la seule cause de la disparition de cette secte. Les orthodoxes eux-mêmes, et surtout les Fichnoimstes, se sont rapprochés de la croyance de leurs adversaires j en faisant du Bouddha une incarnation de Vichnou , en permettant à chaque classe d’embrasser la vie monastique, et en abolissant jusqu’à un certain point l’usage des sacrifices sanglants. C’est ainsi qu’on peut croire que les restes des Bouddhistes se sont fondus dans les Jains et dans les Vichnouvistes.

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