‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 38 sur 136 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

jadis magnifique, ait disparu, et ne soit guère plus aujourd’hui qu’un souvenir dans l’histoire des siècles, d’autres cités se sont élevées par les soins et les travaux de l’homme , sinon comparables en magnificence, du moins d’une importance égale. Rien ne disparaît sans motif de l’univers ; chaque perte est compensée par un gain. Un homme meurt et un autre naît. Un empire tombe et périt; un autre s’élève et devient florissant; et lorsque la destruction jette son dévolu sur quelque célèbre capitale , une autre prospère et sort de l’obscurité.

« L’araignée , dit un poète persan , a tissé sa toile dans le palais des empereurs , et le hibou a fait entendre son chant nocturne sur les tours d’Afrasiab. »

« Contemplez la nature entière, tout est révolution dans son sein , tout change , rien ne meurt. Le jour succède à la nuit, et la nuit au jour qui s’éteint; les étoiles se lèvent et se couchent, pour se lever encore. La terre suit le même exemple. Voyez le riant été , avec ses vertes guirlandes et ses fleurs parfumées; il va se perdre dans le pâle automne : le sombre hiver, hérissé de frimas , escorté des bruyantes tempêtes , chasse au loin l’automne et ses fruits dorés, puis fait place au printemps; au doux printemps, qui, avec son haleine caressante , revient le premier des chaudes demeures du midi. Tout se fane pour refleurir : comme dans le mouvement d’une roue, tout descend pour remonter; emblème de l’homme qui passe et ne meurt point. »

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