‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 49 sur 136 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

qui dessinait admirablement les purs contours de sa taille, et la parait assurément mieux que les plus somptueux brocarts de Bagdad, ou les plus riches broderies de Cachemire. Au moment où l’empereur entra, elle se leva avec un trouble qui augmentait encore ses charmes, et resta les yeux baissés , jouant parfaitement la confusion. Jehangire resta muet d’admiration, l’ame ravie et le regard fixe, à la vue de ces formes si parfaites , de cette dignité de maintien , de ces traits si nobles et si charmants. S’approcher d’elle , la prendre par la main , lui déclarer qu’elle était impératrice, tout cela fut l’affaire d’un seul instant. Aussitôt une proclamation annonça au peuple la célébration des noces impériales, et l’avènement au trône de la belle veuve de Chere-Afkun.

A la place de son nom de Mher-ul-Nissa, elle reçut celui de Noûr-Mahil (lumière du harem). Elle devint à l’instant l’épouse favorite du monarque des Mogols. Au moment de monter au rang suprême, elle changea une seconde fois de nom, et prit celui de Noûr-Jehan (lumière du monde). En outre, comme signe de la préférence d’affection qu’il lui accordait , l’empereur l’autorisa à porter le titre éminent de schahi ou impératrice. La monnaie fut frappée à son nom comme à celui du monarque. Sa famille fut mise au rang des princes du sang, et pourvue des plus hauts emplois de l’état. Ses membres furent même dotés de privilèges nouveaux , et dont n’avaient jamais joui aucuns sujets de la dynastie Mogole. Bientôt son in-

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