‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 51 sur 136 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Delhi. — Tojjlokabad. — Temple indou.

Nous vîmes Delhi plus complètement à notre retour qu’à notre passage précédent, car nous y fîmes un plus long séjour. I/un des monuments les plus frappants de la cité moderne, bien qu’il ne soit pas l'un des plus magnifiques , est le tombeau de Sufter-Jung, capitaine mabométan de ([uelque renom, qui mourut vers le milieu du siècle dernier. Cet édifice est mis au rang des meilleurs ouvrages d’architecture du nouveau Delhi. 11 est entouré d’un vaste jardin fermé par de hautes murailles, au-dessus desquelles on voit, de loin dans la plaine , s’élever le dôme et les petites coupoles dont il est flanqué. Cet ensemble forme un admirable coup d’œil.

Le corps du bâtiment est en pierres rouges et marqueté de marbre blanc, qui contraste par son hril-

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lant poli avec sa masse sombre et imposante. Le dôme est tout de marbre blanc; il s’élève majestueusement du milieu de l’édifice et se détache sur l’azur du ciel. L’entrée du jardin est un guichet percé dans un pavillon carré qui contient plusieurs appartements à l’usage des individus préposés à la garde du monument. Dans un coin, à droite, est une elegante mosquée, et à gauche un petit pavillon. Ces jardins ont beaucoup souffert faute d’entretien. Leur vaste enceinte et Tair de solitude qui y règne produisent, à la première vue, une impression qui a quelque chose de solennel.

Avant de quitter cette contrée, nous visitâmes le fort de Toglokabad, bâti .à l’extrémité d’une des hauteurs appelées Mewat, et à peu de distance de la ville. Il fut construit par Toglok-Schah, prince de la dynastie Patane, assez célèbre au commencement^du neuvième siècle. Sa bâtisse est d’un genre hardi , et ses murailles massives pouvaient défier tous les moyens d’assaut connus à cette époque reculée. Je dois dire néanmoins, à ce propos, qu’à en croire quelques-uns, l’usage des armes à feu était connu dans d’Tnde quelque temps avant la première irruption des Mogols dans l’Indoustan , trois siècles avant Timour''ou Tamerlan, alors que toute la partie de la péninsule entre l’Indus et le Gange, à la souveraineté de laquelle la famille de ce prince succéda si rapidement, était sous la domination de la dynastie Patane ou Afghane. D’après cela, on pourrait croire que l’emploi du canon avait heu lors de l’érection de ce fort, et, dans tous

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