‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 16 sur 101 · LIV. VII. INSTITUTIONS MILITAIBES · texte numérisé non relu

LIV. VII. INSTITUTIONS MILITAIBES

ropéenne, tous jugent de leurs rapports avec leurs subordonnés d'après les idées de TEurope. Ilsne voient plus en ces derniers des membres souvent fort distingués de peuples étrangers avec lesquels itis se trouvent en contact, dont la situation au sein de leur propre nationalité peut valoir la leur, et souvent bien davantage; mais des membres inférieurs de la société anglaise. Aussi n'estil pas d'enseigne qui ne fasse peser sur eux tout le dédain dont les hautes classes de l'aristocratique Angleterre se plaisent à écraser le reste de la nation. C'est quelquefois sur le descendant de quelque rajah détrôné, sur des brahmes ou chactryas, dont les quartiers de noblesse se comptent par siècles , que le iilsde quelque boutiquier de la cité se donne carrière à prendre ces éclatantes revanches. '

La discipline, lajrégula^ritédu service, ont sans doute gagné, dans l'armée anglo-indoue, sous l'organisation actuelle-, mais ils Tout fait aux dépens d'avantages plus précieux. L'esprit guerrier s'est retiré de l'armée à mesure qu'un certain esprit soldatesque d'importation étrangère l'envahissait. Quelque chose d'analogue s'esta il est vrai, passé en Europe; l'adoption de la discipline et de l'organisation allemandes par toutes les armées du continent a produit en France, par exemple, de semblables résultats. On voit encore sous Louis XIV la lutte de l'esprit guerrier contre la discipline moderne. Les manœuvres savantes, les habits uniformes, lui furent long-temps antipathiques. Un Breton , le marquis de Coêtquen, cassé en pleine parade par Louis XIV luimême, se borna à dire : « Heureusement que les morceaux me restent. » Le marquis de Mirabeau, graîndpère du comte, ne put jamais se résoudre à s'alfublo»' de Ihahit d'ordonnniico, ni scployerà louloslosi xijçcMi,-

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ces de la tactique allemande. Lesarmées européennes ne pouvaient manquer de gagner à ces innovations. Toute une tactique, toute une stratégie nouvelle, devaient sortir d'une pareille organisation. Les prodiges de la discipline devaient surpasser tout ce qu'on aurait pu attendre des qualités plus mâles et plus énergiques que développait peut-être Tancien système chez un petit nombre. Mais il n'en devait pas être ainsi dans l'Inde : un pas de plus ou de moins delà part de ses armées dans la voie de Tiraitation de nos armées européennes ne valait pas tout le prix dont elles devaient le payer.

Une remarque important, c'est que les traits cités dans les pages précédentes sont pour la plupart antérieurs à la nouvelle oi^anisation. Quelques uns datent, il est vrai, des preiniers temps qui la suivirent; maïs c'est qu'alors l'ancien esprit de l'armée ne s'était point encore effacé , n'avait point encore disparu. 11 y a tout à parier qu'ils ne se reproduiraient point aujourd'hui.

Après quelques considérations analogues, sir John Màlcolm conclut en effet en ces termes : « D'après tout cela il est facile d'apprécier le genre de service que le gouvernement anglais se trouve à même de retirer des indigènes, soldats ou officiers. Us obéiront da^is les circonstances ordinaires; ils hésiteront quand les circonstances menaceront de devenir graves; ils nous échapperont lorsqu'elles le seront devenues. » Ailleurs : « Dans une situation où leur ambition (des officiers indigènes) se trouve tellement limitée, y a-Ml lieu de s'étonner que dans une occasion difficile , par exemple une révolte, une mutinerie, parmi lessoldats, les oHiciers indigènes aient rarement fait preuve de beaucoup (le zèle et d'activité? En cas semblables ils ont été expo-< ses à de légitimes soupçons; le plus souvent ils oiU

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