‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 19 sur 101 · LIV. VU. — INSTITUTIONS UILITAIBES. la · texte numérisé non relu

LIV. VU. — INSTITUTIONS UILITAIBES. la

rie (1). Chacune des armées belligérantes ch< rchait ix s'assurer une position où elle se croyait invulnérable elle pouvait se croire à peu près certaine , en effet, que l'autre armée , préoccupée du même soin , ne tenterait pas de la tourner. On attendait ainsi, de forte position . en forte position, le moment d'un choc. Alors l'enthousiasme du moment suppléa plus d'un fois à l'expérience militaire. On marchait à l'ennemi sans trop savoir comment on l'attaquerait , encore moins comment s'opérerait la retraite. On l'étonnait, on le troublait par le déploiement d'immenses lignes de tirailleurs. Y avait-il un moment d'hésitation , le général en chef, la veille encore avocat ou médecin , élevait sur la pointe de son épée son chapeau au panache tricolore ; il entonnait la Marseillaise : le refrain courait de rang en rang, la charge battait, et l'on se précipitait sur les bataillons ennemis.

Dans les campagnes de 1794 et 1798, une innovation de grande importance fut exécutée. Les armées françaises, s'établissant perpendiculairement à la ligne de bataille de l'ennemi , manœuvrèrent pour la déborder par les deux ailes. Le même plan fut adopté pour la canipagne de 1796. L'armée de Sambre-et-Meuse sous Jourdan , celle du Rhin sous Moreau, furent chargées d'exécuter cette manœuvre vis-à-vis l'armée de l'archiduc Charles , Jourdan tenant la gauche , Moreau la droite. L'archiduc déconcerta ce projet : il laissa en fece de l'armée du Rhin ce qu'il fallait de troupes pour la contenir, mais rien de plus; puis, avec le gros de ses forces , il se porta rapidement sur l'armée de l^mbreet-Meuse, qu'en raison de sa propre supériorité numé-

(1) Traité de itarkmpotitionen du maréchal Dawn.

7i l'inde sols la domination anglaise.

rique il contraignit de reculer. A la même époque Bonaparte préludait par un coup de tonnerre à sa gigantesque fortune ; il faisait en Italie» sur une échelle immense, d'une manière bien autrement décisive, un mouvement analogue à celui de Tarchiduc. Franchissant les Alpes avec la rapidité de la pensée, il se précipitait avec la totalité de ses forces sur la droite de Tarmée autrichienne ; il la broyait , il l'écrasait. Les campagnes suivantes durent leurs succès à des combinaisons de même sorte. On vit l'empereur, grâce à certaines directions, à certaines lignes stratégiques habilement choisies, porter la totalité de ses forces, tantôt sur la droite ou la gauche, tantôt sur le centre de l'ennemi.

Or là était le secret qui avait valu à Frédéric ses victoires de la guerre de sept ans. Ce secret, nous venons de le dire, car, ainsi que toutes les conceptions du génie , il était éminemment simple ; il consistait à porter le gros de ses forces sur une seule aile ou sur le centre de l'ennemi. D'ailleurs Frédéric ne l'avait mis en usage que sur lecbamp de bataille. L'archiduc l'avait pratiqué plusen grand; puis vint Bonaparte, qui de sa foudroyante conception le transforma tout en l'agrandissant. Il donna le monde pour théâtre à l'idée renfermée par Frédéric dans l'espace rétréci d'un simple champ de bataille.

L'armée anglaise demeura à peu près étrangère à cette métamorphose de la science militaire. La nature de cette armée se prêtait peu aux grands mouvements de la stratégie moderne; elle n'avait ni l'organisation en divisions permanentes, ni surtout la mobilité qu'ils réclamaient. D'un autre côté le génie national ne poussait pas les Anglais vers les nouvelles combinaispns. Leur tactique navale consistait, au moina pendant la plus grande partie du 18' siècle, à essuyer

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