‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 4 sur 101 · LIV. T|;. — INSTITOTtONS MILITAiaBS · texte numérisé non relu

LIV. T|;. — INSTITOTtONS MILITAiaBS

règûcs belUqueaîf de Guillaume m et d'Anne, sous ceux plus pacifiques cependant de leurs successieursim* médiats^ ce germe grandit, se développa incessamment. A la fjn dç (^que guerre continentale la législature m planquait point de voter des diminutions dans Farinée} mais ces diminutions deipeuraient d'ordinaire au dessous des accroissements accordés au commencement ou pepdant la durée des hostilités. La révolution franjj^ise, en obligeant r Angleterre à se mêler plus intimement que jamais aux affaires du continent, lui fit faire dans cette voie des pas rapides. La menace longr temps suspendue d'un débarquement français acheva de la^ lui faire parcourir] usqu'au bout. Un moment arriva où la population tout entière de la Grande-Bretagne se trouva,; sous des noms divers» enrôlée sous les drapeaux. Dans les premières années de Fempire l'Angleterre compta pendant un moment plus de 600 mille hotmm, sous les armes, classés , à la vérité, en armée de ligne, milice, volontaires, etc., sans compter toutefois son armée dans l'Inde. Sous la menace de Finvasion du territoire, en face de la coalition européenae , quatorze armées avaient jadis surgi du sol de notre France.

La séparation eu deux classes, F une des sous* officiers et soldats, l'autre des officiers, est un fait commun à toute armée européenne; elle est inhérente à la nature même des choses; toutefois, elle n'est nulle part aussi complète, aussi profondément établie que 4ans l'armée anglaise. Elle en est, sons certains rap* ports, }e tnadt principal et vraiment caract^istique*

Le soldat, sorU par enrôlement (1) yolontaipe du s^in

(I) Il «H <l« 7 fBs BOi)r r^^n^rie, à^ 1^ four T^ctUlerifi.

8 l'iNDB sous 11 DOMINATION ANCfLAIâlT.

de la population des trois royaumes, voit sa carrière bor** née au grade de sous-ofBcier ; c'est là la récompense la plus élevée qui soit offerte à son ambition. La fortune , sur ses ailes capricieuses, a bien emporté plus haut quelques favoris, quelques élus du sort; mais la rareté de ces exemples les rend plus propres à produire le découragement que Pémulation. La loi militaire n'exclut nullement du grade d'officier le sous-ofBcier et le soldat. Mais si cette ligne de démarcation n'est pas écrite dans le code militaire, elle Testen revanche dans les mœurs et les idées nationales. C'est là ce qui empêche à tout jamais le soldat anglais de profiter de la générosité, de la libéralité du législateur. Ce qui se passe à ce sujet en Angleterre est absolument l'inverse de ce qui avait lieu en France sous l'ancien régime. A cette époque Tobligation de preuves, pour les emplois d'officiers, établissait formellement cette séparation dans la loi militaire, tandis que l'esprit national l'efTaçait à chaque instant. Mais la race anglaise a cela de propre qu'elle sait accueillir dans ses lois ce qu'elle repousse le plus impitoyablement par ses mœurs. Nous avons vu l'Amérique proclamer dans ses codes l'égalité de la race noire avec la race blanche , mais frapper en même temps le première d'une inégalité de fait plus insupportable peut - être. C'est' quelque chose de semblable qui existe en Angleterre à l'égard du sous -officier et du soldat.

Les deux classes qui composent l'armée anglaise peuvent donc être considérées comme absolument dictinctes, absolument séparées l'une de l'autre. En eoiitact perpétuel, elles ne se mélangent pourtant jamais. On dirait qu'elles appartiennent à deux peuples différents, séparés, tout en paraissant se toucher, par un abyme

UT. Vil. — 1N8TITUTI0KS MIUT11RBS« 9

qui ne saurait être franchi. Le mot de Louis XVIU à déjeunes conscrits : « Enfants , chacun de vous a dans sa giberne son bflton de maréchal de France ! v ce mot célèbre n'aurait pas eu de sens adressé à des soldats anglais. Par là, bien plus que par certains détails d'organisation, l'armée anglaise difTèrè essentiellement de toute armée européenne.

Les ofliciers de l'armée de ligne étaient tenus jadis d'être propriétaires d'un bien -fonds. L'Angleterre n'avait rien à redouter d'un ennemi extérieur; jalouse de sa liberté, défiante du pouvoir, elle craignait de voir des armes en d'autres mains que celles intéressées au maintien de l'ordre et de la liberté ; elle redoutait dans une armée permanente un instrument possible de despotisme et d'oppression. De là cette vénalité des emplois, aujourd'hui bannie de toutes les armées de l'Europe, pour subsister dans la seule armée britannique. Le premier grade, c'esl-à-dire celui d'enseigne dans l'infanterie, ou de cornette dans la cavalerie, s'achète sans qu'aucune condition préalable ait été remplie par celui qui en devient titulaire. Au delà, tout candidat au grade supérieur ne peut en acheter la concession sans avoir passé un certain nombre d'années dans celui qui le précède. L'argent n'en demeure pas moins un mobile très actif d'avancement. L'officier riche, celui qui appartient à une famille puissante, ne demeure dans chacun de ces grades que le temps rigoureusement nécessaire pour acquérir le droit de monter plus haut.

Au dessus du grade de lieutenant-colonel l'ancienneté devient en revanche le seul mobile de l'avancement ; l'officier n'avance* plus qu'à son tour, et rien qu'à son tour. Au point de vue purement militaire, c'est sans doute le système contraire qu'il faudrait adopter. Les

10 l.*lll»S 8001 LA DOmtMATlOn ÂKfiLAUB.

grades les plus élevés sont les plus importants , les plus difficiles à remplir; tous les ofl^ders subalternes n'y sauraient être paiement propres. Mais on reconnaît dans cette disposition ce même esprit aristocratique qui a consacré la vénalité des emplois subalternes; on le reconnaît, disons-nous , même sous une apparente contradiction. Par son argent, secondé de son crédit» Taristocratie pousse rapidement à travers les premiers grades, jusqu'à celui de lieutenant-colonel inclusivement, ceux de ses membres ou de ses alliés qui ont embrassé le métier des armes. Parvenu là , on n'est plus qu'entre soi. De là le principe de l'ancienneté dans l'avancement. L'ancienneté suppose en effet Tégaliié des droits; or l'égalité est un principe tout aussi cher en lui-même aux aristocraties qu'aux démocraties; seulement les secondes le réclament pour tous, les premières ne la veulent qu'à leur profit, c'està-dire pour leurs propres membres ou leurs alliés du moment.

Le même esprit aristocratique a créé pour les colonels de l'armée anglaise une situation qui n'existe nulle part ailleurs. Dans cette armée , le colonel d'un régiment n'est pas l'officier qui l'exerce, le cpmn^ande, se montre à sa tête en faoe de l'ennemi. C'est un officier général qui en est toujours absent, qui peutrêtre n'y a jamais paru, qui n'entretient avec son régiment que des rapports administratifs fort simples, surtout fort peu militaires. Il reçoit du gouvernement une certaine somme destinée à l'habillement de son régiment; il passe pour cet objet des marchés avec des fournisseurs, faisant son profit de la différence entre ce qu'il leur donne et ce qu'il reçoit. On ne saurait imaginer un plus détestable système, bien que la pratique

tlV. TIf« — INSmiTTIOm MIUTAIABS. 11

en ait sans doute corrigé certains abus; il fait de la mal* aisance, des soldats» de la qualité inférieure du vête* ment 9 la source de Topulence de leurs chefs; il prive l'armée anglaise du grade effectif de colonel^ reeonnii si essentiel dans toutes les armées européennes. Mais les généraux sont membres de rariatocratie ou ^ d^^ viennent les alliés : aussi toute cwsidération militaire est-elle sacriBée i celle d'assurer à chacun d'eux de plus riches traitements, deplw nj^gnifiques sinécures.

Dans tel détail de lew organisation , l'infanterie et la cavalerie anglaises ne diffèrent que peu de celles des autres armées du continent. Il n'en jurait être diflë^ remment 2 l'organisation militaire, c'est la dvilisatioii sous une autre forme; et ne voyons-nous pas çelle-ei , effaçant çà et là tout usage, toute coutume » tout c^rao* «ère, tout vêtement national, tendre ii se montrer par^ tout la même, partout uniforme l

L'infanterie anglaise est calme, silencieuse, obéis^ santé, contenue dans son impétuosité, douée d'un ad^ niirable sang-froid. En position, elle se laisse impertur-^ bablément décimer par le boulet, sans broncher, sans regarder enarrière. Elle prend racine sur lesol; à l'instar de certains arbres robustes^ elle s'y enfoi^ce d'autant plus profondément qu'elle est assaillie de plus rudes tempêtes. Elle marche sous la mitraille en ordre déployé et sans se rompre. Gomme l'in&nterie russe, prussienne, française, elle combat sur trois rangs, mais ne craint pas de se mettre sur deux , même pour recevoir la cavalerie. En bataille, elle débute par une décharge générale, qu'elle fait suivre d'un feu deiile bien nourri. Elle aborde hardiment Tenuemi à la hayonnette, et, surprise daqs qq mouvement, se retQùme

a l'INDK SOtîS LA DOMIMATIOlf AflGLAI8S»

sans se troubler pour recevoir une charge qui menace ses derrières. D*un autre cdté, elle est pesante, lente, peu manœuvrière; elle n'a ni ensemble ni harmonie dans ses mouvements , consomme énormément, et ne sait pas pourvoir à ses besoins ; elle ne saurait se prêter à cesf manœuvres rapides, hardies, foudroyantes, de l'inFanterie prussienne dans la main de Frédéric , de rin&nterie française dans celle de Napoléon.

La cavalerie de Tannée anglaise n'a pas toutes les qualités de son infanterie. Le cheval anglais , excellent pour la course et la chasse , ne vaul pas autant pour la guerre : il a les épaules gênées, la bouche dure, ce qui Tempêche de s'arrêter ou de tourner à propos. Aussi intrépide que le fantassin, le cavalier anglais, au commandement de son chef, lance son cheval à toute bride; en face des plus redoutables carrés , des batteries les plus meurtrières, jamais on ne le voit hésiter, s'arrêter, ou seulement ralentir sa course. Mais cette obéissance passive, si admirable dans la défense, ne sufBt pas également à l'attaque. Le cavalier anglais manque souvent son but, soit qu'il ne l'atteigne pas, soit qu'il le dépasse. Dès lors, à peine les rangs sont-ils rompus par le feu de l'ennemi ou le désordre de la course, qu'il a perdu toute sa valeur; il ne sait pas manœuvrer son cheval de manière à se multiplier, à faire face de tous côtés à la fois, comme le léger hussard de la Bohême et de la Hongrie , ni manier son sabre comme le cavalier russe ou français. D'ailleurs il frappe de taille, non d'estoc, menaçant le visage, épargnant la poitrine de l'ennemi.

L'artillerie anglaise a été souvent admirée de ses ennemis. «Eii bataille, suivant l'un de nos écrivains militai-

Vir. Vn. — INSTItOTlOMS XIL1T1IBB8. 13

res (1), Factivité des artilleurs anglais est judicieuse, leur coup d'œil parfait, leur bravoure héroïque, v La manière de combattre généralement adoptée par les généraux anglais, quelque peu passive, comme nous le dirons ailleurs , ne donne pourtant pas à leur artillerie une importance égale à celle qu'elle eut daaà les armées de Tempire. C'était Tinstrument tout puissant avec lequel Napoléon pratiquait cette trouée, cette large brèche où il se hâtait de précipiter ses masses de cavalerie ou d'infanterie. Dans ses guerres de la péninsule , l'Angleterre n'employa guère que deux pièces par mille hommes, proportion bien inférieure à celles en usage dans les armées du continent (2). En 1793 l'artillerie anglaise enrôla les charretiers du train en corps militaire ; perfectionnement non pas imité, mais créé plus tard en France (3) , toujours avec d'immenses avantages. Le corps de l'artillerie anglaise se compose d'un seul régiment ; mais de dix bataillons, chacun de dix compagnies de 120 hommes, plus une compagnie d'artillerie par bataillon. Ce sont des détachements de ce régiment qui fournissent l'artillerie à toutes les armées anglaises dans l'Inde, en Amérique, en Europe; on peut dire qu'il remplit le monde.

Le génie militaire est la partie décidément faible de l'armée anglaise. L'absence de forteresses sur le sol de la Grande-Bretagne est peut-être la cause de cette iafé-

(1) Fo7, Guerret de la PininiuUy U I, p. 294.

(i) A la bataille de la Moakowa , doq à six cents pièces de caaon se Ironyèrent rangées de chaque côté.

(3) Il n^existe peot - être pas de détail militaire plus carieox que Torganisation progressiTe da train d'artillerie, qoi d^n amas de cliirretlerB a fait on corps d'élite, lequel a fini par se fondre dans rartillerie elle-même.

t& L-nm «OVB LA DOMlNATIOBr AROtÀIIB.

rtorité. Au reste , les qualités comme les défauts du caractère d'une nation se manifestent par la supériorité relative (tes différentes armes de l'armée nationale ; toules ne sauraient avoir la même valeur* Ce qu'il y a de certain^ c'est que les ingénieurs anglais se sont tou^ jours montrés fort inférieurs à ceul^ des autres armées européennes. Parfois ils battent en brèche à des distan* ces ou te boulet ne saurait entamer la pierre ;il'autres foison les voit sacrifier des flots d'un sang précieux sur unebrècbequ'ilsn^ont su ni pratiquer convenablement ni suffisamment reconnaître (1).

Le service de i'état-major n'est pas «i Angleterre l'a^* panàge d'un corps spécisdy ocmmie &k Alfemayie et œ France. D'aiUeiirs il &ut reconnaître que l'expression toujours claire et positive des ordres peut jusqu'à un certain point compenser cet inconvénient (2).

L'adminislration militaire , quia rendu des services immenses à nos armées de la révolution et de l'empire^ n'existe pour ainsi dire point dans les armées anglaises^ et n'y jouit que de peu de considération. Les dernières

(1) Siég«i deB8i)4«z,BhYinp<M)r, etc.

(2) Les fonctions qoi ches Mus se tfioik^f^i daiks léû UMiis du ehéf do réftat*iiM|ot là se trouvent parUgées «nife deai «IBeîéi's , Toti App^é ad* Jadant général , Taotre quartier-maître général; division qui a lieu soit h rintérieur, soit an dehors. Un des aides de camp du général commandant rampilt les fonctions de seeréU^ miRt«lre; diVisioÉ peti proçi^e à Téffi^ cacité du service , mais commode pour le général en chef, qu^elle débarrasse de beaucoup de détails. Le commissariat est chargé du soin des subsistances; il conclut des marchés, frappe les Y^uIsîtioBS, paie les denrées, éic. n«is in^BsemMia de Poi^gBitfsatiQin anglafoe M Me toMé importance ; le mode d^administration des régiments les eteM danslHliilériear; à Vtx^ térieur» Itargentate 1« mèreiiatrle leur rendpi^sque tom fikcile.rD'dlledrs Ut ofitineu ftait la guérie sur te continent, ont teu peu Ficc^siofn de ê^ ptofer 4les quatité^idnitoistiratites. En Bspagtfe» Il n^y ttvaii fie» à ttNt du pays , et Tor était en abondance dans les mains dei AiUlf^.

LVt. tn. — nfsirrttidies muTAbM. 15

gnerres èontinentales des Anglais ne leur en ont pas Ml sefntir Ilmporlahce. L'armée anglaise, «n Espagne et en Portugal , vivait au sein de Fabondahoe au milieu de contrées dont la faim décimait les habitants. Là mer, couverte dés vaisseaux de T Angleterre, mettait les produits du monde entier à portée dé ceux de ses fils qui combattaient pour elle en Espagne et eh Portugal. Ï3ahs les Mvouacs de la Manche et de TAragon, les che- VauK anglais mangeaient le Foin des prairies du Yorksbire ; les hommes se nourrissaient de farinesapportéeâ à grands frais d'Amérique. L'armée anglaise était peu considérable, la mer libre, les vaisseaux chairs de le nourrir innombrable^, For inépuisable. Maisil n'en saurait être toujours de même. Le manque d'habileté à tirer parti des ressources du pays conquis, à l'organiser cou'^ venablemént, serait pour l'armée anglaise une cause très efficate d'inféHorité dans beaucoup d'autres drconstahcëis. toute oi^anisation d'armée doit avoir pour baise un systèdie Tigoureux et puissant d'administration mîtkàire.

L'administration de la justice milîtairô est confiée à un corps de magistrats civils. Leur chef, qui réside à Lohdres avec le titre de juge-avocat général, ades sub* ordonnés détachés dans toutes les armées. Leur de^ Voir est d^kiformer surles délitis commis pair tes officiera ou soldats, d'exiger la convocation des cours mai^ tiales, etc. Ils remplissent les fonctions du ministère public. Les cours martiales des régiments jugent det délits du même genre, avec moînsdé solenKiité, mais autant d'indépendance. Peitdant la guerre un grand phrévôt parcourt les environs des camps, se montre çà et )à, sut* les flancs et les derrières de la colonne ; il a le pioutoîr de feirë pendre sotis "seis y«uk, sans autre

16 L^INDB SOUS LA DOMIMATION ANflLAISI.

forme de procès, les voleurs, déserteurs, etc.; droit affreux sans doute s'il était exercé, mais qui n'est en dé* finitive qu'un utile épouvantait.

Eu revanche la peine du fouet, bannie depuis longtemps de la législation civile de FAngleterre, déshonore encore son code militaire. En dépit des temps écoulés, de radoucissement de la législation générale, elle est écrite dans ce code en caractères aussi sanglants qu'au premier jour de sa promulgation. On Ta vue plus d'une fois mise à exécution avec une telle rigueur, qu'elle entraînait la mort du coupable.

L'ofQcier anglais est soumis comme tel au bon plaisir du roi. C'est l'usage seul, non pas une garantie légale, une disposition législative quelconque, qui lui assure la possession de son grade. Après quarante années de service, le lieutenant général peut être renvoyé de l'armée sans aucune sorte de dédommagement ou de formalités préliminaires. La prérogative de la couronne a été respectée sur ce point, jusque dans ses caprices, par les publicistes anglais. L'opposition faisait un jour grand bruit de la destitution d'un officier. Long-temps Pitt refusa de s'expliquer, protestant de son ignorance des motifs de la mesure. Enfin cependant il sembla se raviser. « Eh bien. Messieurs, dit-il, je vais parler: la figure de cet officier a eu le malheur de déplaire à Sa Majesté. V En feignant de défendre j usqu'à l'abus ridicule du droit, Pitt voulait montrer combien le droit était par lui-même inattaquable. Aussi l'est-il demeuré.

En campagne, le manque de mobilité est le grand inconvénient des armées anglaises. Elles marchent sur d'immenses colonnes, démesurément allongées, etallourdies par le bagage. D'abord les combattants, puis de longues, d'interminables files de chariots portant

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l€S ustensiles de cuisine , que nos soldats suspendent joyeusement à leurs épaules; puis les équipages des corps, les tentes , les bagages particuliers des officiers; la vaisselle plate, le service de table de chaque régiment; le pain, que le Français porte pour quatre jours, l'Anglais rarement pour un seul; les chevaux et mulets des offiders : un seul sous-lieutenant en a souvent plusieurs; puis toute une population de femmes et d'enfants: car le mariage, loin d'être proscrit, est encouragé dans l'armée anglaise ; puis encore d'autres colonnes de chariots portant le gros bagage de l'armée, la Ëirine> les liqueurs spiritueuses , etc. Grâce à cet attirail, à la difficulté de l'él^iblir sur le terrain, on a vu des armées anglaises, pressées dans leur marche , arriver à deux heures sur le terrain où elles passaient la nuit, et ne pas songer à faire un pas de plus en avant.

Deiiuée des moyens de tirer parti du pays qu'elle traverse, à raison de son défaut d'administration , l'armée anglaise y demeure étrangère par les mœurs^ les habitudes, de ceux qui la composent, par leur manque de sympathie, disons mieux, leur altier dédain pour tout ce qui est étranger. Aucun lien ne s'établit entre elle et les habitants. D'un autre côté, elle n'a pas de troupes légères qui puissent l'éclairer , comme les partisans des armées prussiennes, les hussards hongrois, surtout les innombrables cosaques des armées russes. Il en résulte qu'elle se meut, qu'elle manœuvre comme à l'aveugle , comme à tâtons.

D'ailleurs la consistance, l'énergie, l'obéissance aveugle des soldats, la conscience de sa dignité personnelle chez Toflicier, le sentiment du devoir chez tous, compensent amplement ces inconvénient. Dans sa n. 2

fS' L*llflNI SOI» Là BOVINATTOll AlIVtAIgB.'

irarcbe l'armée 9^Iai» vous a«m peut-étte rappelé œlle de Dàriiis ; fcur le diamp de bataiHe^ tow aves de^aDt toM lea sèMato d'AIeiandre.

CttAMTRE m.

De l'origine des troupes indigène; leur snbdi?isloB en trois armées de Bombay, de Hadras etdu Bengale.— Traits caractérlsti<iaes de chacune xfe C6S armées»

les tlroupes de l'eiwipirê indôu-ftirifefiniqae lie ëabdl^ Tisetit en trois armééè ^ cetleè de Calcutta , de Hfadras et de Bombay.

L'organisation de toutes Cfoi6> k te)A "pti» de 4i!Hsl«« ^ues détails fort insignifiants, est t>af tout la mètoe. Leis populations difTérentes au sein|desqaelles elles se fecrth tënt n'en donnent pas moins à ehàëUhe un catactère particuliief , qu'il est intéressant d'obfêervek*. Il ne l'e» pas moins de jeter un coup d'oM sur )es cirMUStanoea porifiques^ui ledr ont dominé naiMàM») Wi roltiey d<9S- Quelles elles sô soht développées.

Dès l'origine de leurs premier» ^blisâetfiénts dàM rtnde, lès Eùft)péënss'élaieniMrYisd'iAi6&iiainnoin^ hte d'indigènes p^ur la gamde des magasins ^ V^seorfts dès marchandises ; oii nomumfttévrx^ei péôttS. Ilsdévfai*^ rent de jour en joul^ pins nombre^t; on letnr éùtmk des^c^héfd, atï les soumit i une fiotte de dlsoi)pi^.Pett après on leur donna un neiiteàu nom^ On les appela en anglais ;sepbk/« 5 ^ français êipûyâB, dtoominations également tirées ^u tmt indôu o^Nifti^ soldat^ giierfièr. Un moits^tirt , Ma Sâfbre e»'tfrt «et »geouri)é^

WFw TV* **> mfTiwnoMf munuMrt» 10

teste et de laf ges pantalons ^ leur cùiffuré «t léttr tètement. lis se montrèrent fidèles^ brayes^ déYOttéd>| ûw» tous les services où 6n Igs employa. Le premier, DOjMt comprit tout le parti qu'il m pourrait tii^^ pow iM grancks enlr^riifes qui signalèrent eon ^Kktfînislra** ti(m* Il commença à les emj^oyer ea i^uft grand nom* bre qu'aucun de ses prédéoessenrs. Toutefois rien n'aonon^it enonre le r6te important qu'ils jouèl^it h^e«i après^dans Tfaistoire de la péninsule.

Xûrs le milieu du 18« éiècle il y eut m moment o& la puissance anglaise dans Tlnde fut au moment d'èlrk écrasée dans s<m germe. La côte de Goromandel était alors le théâtre d'une gràttcfo lutte ^ntrô la France et l'Angletenre. Le drapeau français flotta Victorieusement sur les murs de Madras. De fotales mésintelligen* ces entr^ Dupleil^ et La Bourdonnais furent seules le «niol Aeiiios rivauXé Mais^ chose singulière» au moment waèmp où la domination anglsûse se trouvait près d'être anéantie, pourainaiittro avant de naître^ Une institua tion naissait sous le canon ^ La Bourdonnais i au milieu des mnrscroulantsde Madras^ qui devaitsOumèttra à la Grande-Bretagne la péninsule indoùe tçAt entiércé

liCS troupes européennes de la Gompaghté étaheàt en fort petit nombre dans Madras au moment du ^àégê de cette ville. Le gouverneiù' essaya de tiror parU deg indigènes au Service de la Compagnie* Il l«ur donna pour chefe plusieurs Jeunes Aillais qui se trouvaient dans la ville en qualité de volontaires. Parmi ces der- Diei^Unemployécivildu nom de Halyburton (IJàsdisfingua par une grande amplitude pour ce|^mradefiervi-> ce j 11 ^ futrébompénsé par une ^mmission de iieute*

(1}MalcoMi, mmw» MMirr^i.nr<fctlSS.

f 0' t*nnm soin ti noamiTioif anolamvv

nant. L'année suivante la présidence lui confia nif corps de quelques centaines d'indigènes à instruire et à disciplinera l'européenne. Il te fit avec un égal succès ; et depuis ce moment le nombre des troupes de ce genre alla s'accroissant d'année en année. Les princes indigènes alliés des Européens, en mettant leurs propres soldats à la disposition de ces derniers , achevé^ rent de faire prendre à l'institution un immense déve^ loppcment. Halyburton présida à ses preniiers essais; mais il ne lui fut pas donné d'échapper à une destinée à peu près générale pour tout ceux qui mettent au monde de grandes choses : il ne vit pas et peut-être ne comprit pas lui-même toute l'importance de son œuvre.

Un jour il lui arriva d'adresser en pleine parade quelques reproches à un de ses cipayes. Blessé de l'injustice de la remontrance, ou seulement de sa forme, ce dernier le frappa d'un coup dé sabre bu de bayonnette. Halyburton mourut le jour suivant, mais son meurtrier l'avait déjà devancé dans la tombe : ses propres camarades, ses compatriotes, se jetant sur lui d'un mouvement unanime, le massacrèrent sur le lieu même du crime (1). Et ainsi les cipayes manifestèrent dès leur origine (ce que les historiens militaires anglais ne remarquent point sans une sorte d'pi^ueil ) les deux traits demeurés distinctifs de leur caractère : la susceptibilité du point d'honneur, et le dévoûment sans bornes à ceux de leurs chefs qui ont capté leur confiance.

Halyburton peut donc être considéré à juste titre comme le fondateur de l'armée de Madras, jusqu'à un c^tain point même comme le créateur de l'ar-

(i) Dépêche da conseil da fort ^aint-Georget , % sept. 1748. •

UV» Vn» -r- INSTITUTIONS MILITAIIIBS^ dl '

mée anglo* indoue. A ces deux titres, ce nom est d6 meure populaire parmi les soldats de la côte de Coro^ mandel. Encore à cette heure on le voit figurer dans ces récits de la caserne et du bivouac que les soldats de llnde, comme ceux d'Europe, aiment à se transmettre de génération en génération.

Des officiers de Tarmée de Bombay ont réclamé pour, cette présidence la priorité dans la formation et l'em* ploi des troupes indigènes. L'opinion la plus commune ne Fâttribue pas moins, comme nous venons de le faire, ^ à celle de Madras. Au reste, de circonstances analogues, la même institution ne pouvait manquer de se produire à peu près simultanément dans les trois présidences. Toujours e$t-il que celle-ci fut bientôt acclimatée; à Bombay et à Calcutta tout aussi bien, avec tout autant de développement qu'à Madras.

Bombay, bien que ce fût le premier endroit Je jlnde où les Anglais eussent acquis quelque puissance terril toriale, ne jouissait pas à cette époque d'une importance égale à celle de Madras et de Calcutta; toutefois il est certain que dès 1747 deux corps de çipayes moins con^^ plétement organisés, il est vrai, que ceuxd'Halyburton, partirent l'un de Bombay, l'autre de Tellichery, pour aller rejoindre dans le Carnatique l'armée de Madras. Dix années après , plusieurs compagnies de Tarr niée de Bombay assistèrent encore à la fameuse bataille de Plassey.

La présidence de Calcutta était le théâtre d'événements contemporains de ceux qui se passaient à la côte de Coromandel, et qui ne leur cédaient pas en impor* tance. Là une lutte acharnée , et dont le succès fut quelques instants douteux, s'était engagée entre le gouvernement anglais et le pabobdu Bçngaie. Les Aa-

3fl t*mOÊ êom LA MB» AnoR amlaiib.

giflif! me perataient manquer de bire usage de tous leurs moyens, d'employer toutes leurs ressources.lls levèrent des soldarts indigènes qui furent disciplinés à l'euro* péeime (1)^ C'est avec des cipayes du Bengale que Clive aeeomplit une partie des grandes choses qui fondant Fempire. A la bataille de Plassey, des corps de cipayes oempesaient la ptus grande partie de ses forces. Les ixitaîllons de Tarmée du Bengale continuèrent à porter long-temps lés noms de leurs premiers commandants; ils ne les échangèrent contre de simples numéros d'or* dre qu*avec une répugnance marquée. La même transftmnatlon s'est opérée en France , maispeu^étre aussi avec quelque chose de cette répugnance. Qui nese prend à r^retter ces noms de nos vieux régiments, qui disaient deehacmi d'eux un être réel, un individu vivant; Gham* pagne, Picardie, Angoumois, etc.! Le capilaineWi^ Mams, ofikier de Farmée du Bengale, s'est hit son historien. On se platt à smvre avec lui les différents corps de eette armée dans leurs marches , leurs victoires, leurs revers , tews insurrections; en un mot dans toutes les ^<âs^tudes dateur vie aventureuse.

L'armée de Madras est composée d'homines plutôt au dtessons qu'au dessus de la taille commune; en revanche, actife, vigoureux; ils se montrent encore remar<tptaiàens par leur aptitude à endurer de grandes &tifoes. Us se sont toi^urs distingués par leur aUa<chôment, leur dévoûmentà leurs officiers, par une fidélité presque inoiûe à lews drapeaux. La désertion ,

(f) DtOEbaUlQoiit ft»entd*ibord féitnét ; pnis d*aiilM»eot|is ne tar- MveBfe fêf^k èUp of^éf lar le mém» modèle. Les soldats de Tan étaient •ppelés tantôt les ftabin rouiK'f ^^ 1^ coaleor de lenr fétement, UntAt les GalUif da nom de leor premier chef; le second bataillon s^ppeltit WMmi^ dsBemée iob<

pour pçu qu'ils soient l^ien Iraités^ est parmi eox fshos^ presque iricoiinue. Des bataiUoos de cette armée ont fraçiobi^ àplqslears reprises » des distaaoes immeç^seï^ ^^m avQÎr hmé un seul homme en arriè*re(li)..

. L'armée de Mj^dras se recrute de musulmans et d'indous, CQS derniers app^rleuant d'ordinaire à des casies éleyée& is^^ les m^nbresi d^ plu^ hautes trn hMS inilitaires fournissaient seuls au recruteinent » IneaquQ les rang^^ fussent ouverts aux indigènes é^ toute classe. §pus ce rapport les choses se sont beau* coup et prompteinent n^odifiées ; les classes les plus inférieures Iim donnent a^i^ourd'huî de nombreux sol*^ data; des corps entiers, qui d'ailleurs^se sont foit parfois une grande renommée militairoj, se recrutent parmi elles. Le gouvernem^t an^ais se refuse bien autant qu'il e§t en lui à encourager ces sortes d^engagements } il craint le dégoût et la déconsidération dont ils pourr raient frapper La service militaire dans l'esprit des çlasr ses supérieures. Il ne vpit pas sans une répugnance seçrèteles emplois d'ofiiciersdevenir 1^ proie des membres les plus inférieurs de la société indoue ; peut-être cèdCf t-il, au reste, en cela à^ses propres préjugés autant qu'à ceux des indigènes^ Mais, comme uQus le verrons ^us tard , il ne dépend pas de lui d'empêcher qu0 leselHii$e9 pe suivent cette tendance (^).

L'armée de Bombay, depuis son çNrigine iu3q4'4 non

(I) Lei<*baUiUoD (t»3* r^gimeiil (TiafoHterie todlgène, par exemple, partit de }lf94m en i^GH, et ^e rendit^ sur les bo^di de 1^ Tiiptiey ^jmt parcoara mille milles ; il ne laissa pa§ uacipiiyisj^ Médias» qQolqa&pceaq^p tons fussent des environs de la ville.

(2>llaleoIm, Gwefnmén$ of India\ eic«» p..SQS-5. -^ Bwpiête parle*^ AMBUire»

S& l'INIIB nous LA DOUTNATIOBr AMLltSt.

jours f s'est aussi recrutée dans toutes les classes de fa population indigène. Làr plus qu'à Madras le gouverne* ment s'est trouvé dans l'obligation de sacriiier ses ten« dances secrètes à la nécessité. Les musulmans, les Indous de toutes les classes, les juifs même, four* nissent leur contingent au recrutement de cette armée. Les membres des tribus inférieures, souvent même des plus inférieures parmi les Indous, y figurent; les tribus belliqueuses et aristocratiques du Rajpootanah n'y ont qu'un petit nombre de représentants; en revanche, les juifs semblent y avoir trouvé une place qui leur est si généralement et l'on pourrait ajouter si cruellement refusée partout ailleurs. Ils parviennent en assez grand nombre au grade d'ofBcier. Un écrivain militaire d'un rang élevé, cité par sir John Malcolm, qui lui-même partage cet avis, dit d'eux : c Les juifs sont propres, obéissants, bons soldats, font d'excellents sous-ofBciers et officiers, au moins jusqu'à ce qu'ils arrivent à un âge avancé, car alors ils sont sujets à se livrer au vin. « Témoignage curieux en ce qu'il se trouve sur plusieurs points en contradiction avec ce que nous voyons en Europe : là les juifs n'ont été, ce nous semble, remarqués nulle part pour leur aptitude au métier des armes, encore moins pour leur propreté.

Le cipaye de Bombay, de même taille que celui de Madras, est comme celui-ci robuste, hardi, susceptible de supporter les plus grandes fatigues ; il l'égale encore en sobriété. Différant en cela des soldats des deux autres présidences, Cjeux de Bombay n'ont jamais montré de répugnance à s'embarquer. La raison de cette singularité provient de la nature même de leur recrutement; il se fait, commeon vient de le dire;

UT. va. — INSTITUTIONS MtUTAIRES. H

dans les classes inférieures. Dés lors un petit nonabre^ d'entre eux se trouvent seuls exposés à o^s' privations d'eau, à ces souillures de toute sorte, qu'on ne saurait guère éviter en mer, et qui entraînent perte de caste dans les classes supérieures. Le revers de la médaille, c'est que la désertion était jadis plus fréquente dâns^ cette armée que dans les deux autres; circonstance qui s'expliquait d'ailleurs assez naturellement par le yoisinage du territoire de la confédération mahratte, ouïes déserteurs trouvaient un refuge facHe et sûr, avant qu'il eût passé sous la domination britannique. Le moindre mécontentement , que le cipaye des autres armées se voyait contraint de supporter, suffisait à Bombay pour l'arracher à ses drapeaux.

L'armée du Bengale est plus aristocratique dans sa composition que celles des deux autres présidences; elle se recrute principalement parmi les mahométans^ et les tribus guerrières du Rajpootanah. Les mahométans fournissent presque exclusivement au recrutement delà cavalerie; leslndous, ceux-ci Rajpoots pour la plupart, à celui de l'in&nterie.

Sous les drapeaux anglais ces Rajpoots continuent de s'enorgueillir de la belliqueuse indépendance de leurs ancêtres. Les exploits des anciens héros de leur race sont les sujets habituels de leurs traditions populaires et de leurs chants nationaux. Ce sont les premières paroles que la mère &it bégayer à l'enËint. Le mantment du sabre et de la lance , le tir du fusil et du pistolet, sont ses premiers jeux. Parvenu à l'âge viril, il n-oubiie jamais les premières impressions de son enfance. Quand le laboureur conduit sa charrue, à l'arbre voisin pendent son épée et son bouclier. Sous les drapeaux^ il se ait remarquer par une inlréfMdké

admiréa d«t tow oaux qui eo ont été les témoios. Il ft miOKliié parfois de oonstanoe dans les efforts proloiigés qu'€Atr2*iiie toi^our& une longue guerre; il ne s'esl jamais montré faible ou seutendont indécis en face d'un danger qud<K)nque. h» mApm de la mort, la &- « ciUtéà h braver, sont en lui cboses absolument natu-i reU<^. Épuisé de fatigi^ et de besoin , le soldat rs^poot a renoncé parfois à combattre plus long^temps; mais alors même on Ta vu attendre le coup mortel avec une impassible résignation^

Les mahométai\Ss de leur côté, s'ils le cèdent sous quelques rapports aui^ tribus supérieures du Hajpoota-» nab, remportent de beaucoup comme soldats sur les Indous des castes inférieures. Moins ûSKÛles à dompter par la discipline» ils compensent cet inconvénient en se montrant hardis» coun^eux, entreprenants jusqu'à la témérités

On ne saurait en définitive trouver une combinaison militaire plus avantageuse^ sous certains rapports» qm œ mélange des deui iw»^ qui composent Tarmée^ du Bengale. Les qualités et les défouts de toutes deux 86 balancent ou se suppléent réciproquement. Mais rexcellenoe même des éléments qui entrent dans la composition de l'armée du Bengale pourrait bien n'être pas toujours sans inc(»ivénients* Les B^îpoote sont une race ^sentidlement giierrière , qui n'a rien oubHé de son histoire } ils fouriûssent trente à quarante mille hommes à l'armée anglaisa» et poui^ raient m fournir le double* Chez ces soldats» les pré^ jugés religieux de Tlndou ont conservé toute leur puisi^ti^oet Or» s'il arrivait que ces pr^u^ fussent cboqués d'une iaçon quelconque par les Anglais, les 9Q)dsAs nttpodts cetii«&dyLserisi€e> cem^oui ; ^eab w-^

core, potinraient s^onir dans nu même but de ^eor geaoGe ou de défense» Les musufaxiaos» qui eux aussi n'ont pas oubKé Tfaisteire» qui se souviennent d'avoir coonmandé là où ils obéissent, ne manqu^i^aient pas d^ se joindre à eux. L'imminence et Fimmensité du dan^ ger qui maiacerait alors la domination anglaise sont Traiment incalculables. Elevée par Tépée, comme se plaisent orgueilleusement à le dire les Anglais» main*tenne par Tépée, qui peut dire qu'elle ne périrait pas par lépée?

Les armées des trois présidences, nées de circonstances analogues y tout en continuant à se recruter séparaient 9 sont cependant arrivées à une organisation uniforme. Or c'est de cette organisation dont ncHis allons tentaf" d esquisser maintenant les traits prindpaujc.

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