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L'indemnité des pêcheries [microforme]

M. FORTIN: En prenant la parole pour proposer cetta motion, je dois remercier le -hef du gouvernement d’avoir demandé à la. Chambre de réserver ce jour pour prendre en considération l’importants question qui forme le sujet de la résolution, et je remercio la Chambre d’avoir consenti à siéger aujourd’hui dans ce but, J'ai bien senti la grande responsabilité que j'ai assumée en soulevant cette question de l'indemnité des pêcheries devant la Chambre et le‘pays, mais j'ai cru qu'il m'appartenait de remplir cette tâche dificile, ayant été parfuitement en mesure de me rendre compte de tout ce qui concerne les pêcheries. Chacun le sait, je n’ai aucun intérêt personnel ou particulier dans cette affaire, mais une expérience de vingtsept années m'ayant convaincu des nombreux désavantages dont souffre l’industrie de la

pêche, des pertes considérables qu’elle fait |

par suite du manque d'aide de Ja part du

gouvernement, et du danger de destruc-

tion auquel elle est exposée, j'ai cru que »J

je manquerais de patriotisme et de considération pour l’un des plus grands intérêts du pays, et pour le bien-être de cette partie de la nation engagée dans l’industrie de la pêche, si je restais silencieux, si je ne communiquais pas franchement à la Chambre le résultat de mon expérit nce et de mes études, si je ne signalais à temps le grand danger qui menace nos pêcheries sur un grand nombre de nos côtes, eb si je ne suggérais anssi les remèdes à apporter pour prévenir l’un des plus grands malheurs qui puissent être réservés à ce pays.

Pour ce qui a trait à cette question, le pays peut être divisé en deux p: ‘ies, la partie est et la partie ouest. La partie orientale est occupée principalement par des pêcheurs et des marins, qui s'occupent spécialement de pêche et de navigation, tandisque la partie occidentale est consacrée en grande partie à la navigation intérieure, à l'agriculture, au commerce et à l’industrie, et comme la population de cette partie du pays ne connait pas au-

tant qu'elle le-devrait l'importance des pêcheries, je vais faire quelques observations à ce sujet,

De tout temps, les peuples habitant les côtes de la mer ont compris l'importance des pêcheries, et ceux qui ont cultivé cette source de richesse sont devenus des reuples guerriers et commergants. Une nation aussi avantageusement située que l'est le Canada pour l'exploitation des pêcheries devrait s'occuper de cette industrie aussi activement que possible, car notre pays pourra non seulement y trouver un article important de subsistance et de commerce interne, mais an article d'exportation aux pays les plus éloignés, aux pays chauds tout comme aux pays froids. La pêche a toujours été considérée comme un flément essentiel de prospérité poyr le peuple qui peut l’exploiter, car si l’on s’y adonne judicieusement et vigoureusement, il en résulte les plus grands bénéfiees pour les pêcheurs de même que pour l'exploitation de beaucoup d'industries, telles que la construction des navires, la production du chanvre pour les voiles, etc. ; d'où il appert qu'un pays situé avantageusement comme l’est le Canada devrait en retirer de grands avantages,

Je 1 er un passage d’un traité sur la pèche par Lacépède, l'un des plus grands écrivains modernes :

“ La pêche a précédé la culture des champs, dit-il, elle est contemporaine de la chasse.

Mais il y a cette différence entre la chasse et la péche, que cette dernière convient aux peuples les plus civilisés, et que, bien loin de s'opposer aux progrès de l’agriculture, du commerce et de l'industrie, elle en multiplie les heureux résultats,

“Si, dans l'enfance des sociétés, la pêche proeure à des hommes encore à demi sauvage, une nourriture suffisante et salubre, si elle les accoutume à ne pas redouter l'inconsistance de l'onde, si elle les rend navigateurs, elle donne aux peuples policés d’abondantes moissons pour les besoins du pauvre, destributs variés pour le luxe du riche, des préparations recherchées pour le commerce lointain, des engrais fécondants pour les champs: peu fertiles ; elle force à traverser les mers, à braver les glaces du pôle, à supporter les feux de l’équateur, à lutter contre les tempêtes ; elle créée des marins expérimentés, des commerçants audacieux, des guerriers intrépides .”

Les extraits suivants de l'ouvrage de P. L. Simmonds, (Londres) sur les produits commerciaux de la mer font voir aussi la haute importance qu'on leur reconnait en Angleterre :

“ Nous n'avons pas l'intention de par'er des habitants de l'océan en général, mais simple. ment de ceux qui peuvent être de quelqu'utilité àl'homme. Pline énumère quatre-vingt.

quatorze espèces de poisson. Linné en porta le nombre à 478, mais des naturalistes en ont décrit récemment plus de 13,000 espèces, dont un dixième habite les eaux douces. La race humaine retire des avantages presque incalculables des poissons, comme il est facile de le constater par l'étendue et la valeur des pécheries des fleuves etdelamer. Les produits de la mer n’ont pas encore été aussi avantageusement exploités que ceux de la terre. Quelques peuples, tels que les Chinois, s'occupent depuis longtemps d'utiliser d’une feçon profita. ble ces produits commerciaux, et plusieurce nations européennes, de même que les américains, ont aussi exploité certaines pêches :

mais ce n’est que tout récemment qu'on a appliqué à la production du poisson certains procédés systématiques et scientifiques sous forme de pisciculture, aquiculture, et ostréiculture, et qu'on a transféré les poissons d'un endroit à une autre localité, Quant au poisson, aucune cause naturelle n'empêche leur co-existence en aussi grand nombre que possible avec l'homme dans le plus haut dégré de civilisation et de raffinement, au milieu de la plus grande opulence agricole ou manufacturière.

Facilement effrayés tout d'abord. grâce à leur vue perçante, (car il a été prouvé par les expériences les plus curieuses et les plus intéressantes sur la truite, que la plupart des poissons sont insensibles au bruit) les habitants de l’eau s’habituent facilement à ce qu'ils voient, du moment qu'ils ont constaté par l'habitude qu’ils ne courent aucun danger, Tous les peuples civilisés et commerciaux, spécialement les hollandais, les anglais, les américains et les français, ont reconnu autant d'importance aux produits de la mer qu'aux produits du sol, car non-seulement ils fournissent une subsistance économique, nutritive et abondante, mais ils forment une partie abondante des ressources nationales, et contribuent au maintien de l'as cendance maritime d'un pays. Les américains et les français offrent à leurs pêcheurs des primes qui sont préjudiciables aux pécheries de l'Amérique Britannique, La question de la pêche a une grande importance pour le peuple en général, Notre population s'accroît rapidement ; les cités et les villes couvrent gra-

duellement des champs qui étaient d'ordinaire propres à la culture, et bien que les instruments aratoires à vapeur augmentent la force de production du travail ; cependant ils ne sauraient augmenter la production des substances alimentaires aussi promptement que le nombre des consommateurs augmente. Le poisson compte au nombre des articles de diète, qui sont trop peu connus en général, et tout renseignement au sujet des pêches à la portée de l’Angletetre doit être accueilli avec plaisir. Les pêches ne sont pas importantes seulement à cause de la grande somme de richesse que l'on tire d’une source des profondeurs de la mer apparemment inépuisabie, mais parce que ieur exploitation sert à former un corps de marins hardis et vigoureux qui conduiront le com-

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viendront ses vaillants défenseurs sur mer en | temps de guerre. Cette source inépuisable de richesse et de grandeur nationale appartient d'une façon toute spéciale aux possessions | anglaises dans l'hémisphère du nord, et a depuis longtemps suscité la rivalité des citoyens des | Etats de la Nouvelle-Angleterre, qui sont en- | couragés par des primes octroyées par le gou- | vernement général. |

| Je vais faire maintenant quelques |

observations sur les pêches qui ont été | exploitées à diverses époques par difié- | rentes nations. L'histoire nous apprend | que les peuples les plus fameux du monde | étaient ceux qui devaient leur origine à | des pêcheurs. La cité de Tyr, par exem- | ple, la grande ville d'autrefois, n'était, | dès le principe, qu’un village de pêcheurs, | qui devinrent plus tard les navigateurs et les commerçants du monde, et qui établirent plusieurs celonies qui existent encore sous différents noms. Nous savons aussi que des villes du détroit de Gibral-| tar doivent leur fondation à des pêcheurs, Plus récemment, Venise la belle, a été fondée par des pêcheurs qui bâtirent leurs huttes presque sur le sable mouvant, car dans cette partie de l’Adriatique | la mer est extrêmement poissonneuse.

Il fallut peu de temps pour que le village se transformât en ville, et que cette ville devint le centre du commerce de la Méditerrannée durant le moyen-âge ; et | de même que la Grande-Bretage, Venise | n'avait pas seulement de l'empire sur | mer, mais aussi sur terre, et son com-| merce s'étendait jusqu'à la mer Noire.

Byzance, aujourd'hui Constantinople, a été fondée par des pêcheurs qui se groupèrent sur le détroit entre la mer Noire et la Méditerrannée, qui abondait en poisson ; on lui donna pour cette raison le nom de Cvurne d'Or, et elle devint bientôt la plus importante, la plus riche eb la plus puissante cité du monde, Plus récemment encore, nous voyons les hollandais, les danois, les norvégiens, les français et les anglais, s’occuper activement de pêche, non-seulement dans un but de subsistance et de trafic, mais pour conquérir la suprématie maritime.

Je citerai plus loin des paroles d’hommes d'état démontrant que lorsque le commerce de pêche était prospère, ces pays étaient florissaients, et que si les hollandais ont perdu leur puissance, c'est parce qu'ils ont perdu la source principale

de leur force, les pêcheurs, qui font les meilleurs marins. Nous nous rappelons que les célèbres amiraux hollandais dominaient les mers, particulièrement Van Lromp, que ce dernier avait attaché un balai au grand mât de son navire et qu'il balaya longtemps la Manche, pénétrant même jusqu'à Londres, dont il se serait probablement emparé n’eût été la basse marée. Il n'était accompagné que de pêcheurs, mais ces pêcheurs étaient les plus grands marins de l’époque. Je ne puis m'empêcher de lire, à ce sujet, les intéressants passages que voici, tirés du magnifique ouvrage de Raymond Thomassy, intitulé : “ Histoire des pêcheries des deux mondes :

& La Hollande, comme autrefois Venise, sort déjà des eaux qui l'entourent, et, le filet sur l'épaule, s’élance dans la barque du pêcheur. Elle devient la république dominante de l’océan, et renouvelle dans les mers du nord les prodiges de la reine de l’Adriatique, Vers 1582, elle occupait, chaque année, à la seule pêche du hareng, plus de 20,000 bateaux de vingt à trente tonneaux de charge ; et en 1610, elle envoyait sur les côtes d'Angleterre 3,000 bâtiments escortés de neuf vaisseaux de guerre et montés par 50,000 pêcheurs. Elle comptait en outre 9,000 autres bâtiments, avec 150,000 hommes, pour aller et venir’ porter les munitions, particulièrement du sel, faire ensuite le retour, et débiter le poisson à tous les consommateurs de l'Europe. Quels merveilleux effets d'un travail, sûr de trouver sa récompense dans les profondeurs de la mer !

C'était le temps où Sully, trop oublieux de l’économie maritime, considérait le labourage et le paturage comme les deux seuls maînelles nouricières de l'Etat. Mais les Hollandais, qui en avaient une troisième plus féconde, “se , vantaient de gagner davantage et avec plus d'honneur, en labourant la mer de la quille de leurs vaisseaux, que ne faisaient les français en labourant et en cultivant leurs terres.”

“ Cette confiance rendit la Hollande mattresse des mers du Nord et des marchés de l'Europe. Richelieu et Mazarin cemprirent bientôt le secret de cette puissance, et, eux aussi, préludèrent par des encouragements donnés à nos pêcheurs, à la restauration maritime que Louis XIV devait rendre si glorieuse.

“ Mais ce n’est pas tout. Les hollandais prétendaient interdire la pêche de la baleine aux français, qui la leur avaient enseignée, On sait, en effet, que nos Basques furent les premiers à harponner les cétacés, et à les noursuivre du golfe de Gascogne jusque dans les mers de Groënland.

“ Dans les treizième et quatorzième siècles, ils se livrèrent avec succès à cette périlleuse industrie, et y employèrent plus de 9,000 marins. Le port de Saint-Jean de Luz ne compta pas moins de 50 à 60 navires baleiniers jusqu’en 1636, époque où les espagnols s’emparè-

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de Brest. En 1534, le port de Brest, appelé aujourd'hui la baie du Vieux Fort, recevait de France de 200 à 300 navires par année, Tous les bateaux pêcheurs s’y réunissaient quand la pêche était finie, et ils en partaient avec des milliers de quintaux de poisson, sous l'escorte de navires de guerre,

Les extraits suivants de la relation d'un voyage fait en 1704, sur la côte du Labrador, par le sieur de Courtemanche, font voir combien les animaux marins et le poisson y étaient abondants en cetempslà :

“Dans la baie d'Ahaha, quiest à quatre lieues plus bas (que le Gros Mécatina) où j'ai fait tuer à coup de fusil200 loup-mrins en deux jours de temps * * * L'étublissement français (celui du port de Brest) est à vingt lieues de là, l'aspect en est fort gai; le hâvre y est très beau et toutes sortes de bâtiments peuvent y entrer, il y en pourrait mesmes ranger plus de cent navires.” * * +

4 Dans le fond de la baie au-dessus du fort sont trois côteaux très agréables à la vue, au haut desquels sont des petits lacs où la truite et le saumon sont en telle abondance, qu'avec deux ou trois simples lignes à main ou une simple rets l'on y pécherait suffisamment de quoi faire une garnison même considérable, et une demi lieue plus bas est la rivière des Esquimaux, très abondante en saumon ; ils y sont d’une grosseur extraordinaire.

“ Huit lieues ensuite est la baie des Éspagnols, dans laquelle la pôche de la morue est très abondante, J'en ai fait l'expérience par moi-même, y ayant sondé en plusieurs endroits etfait pêcher trois hommes qui en ont pris 1,300 dans une journée ; elle se pêche à quatre, trois et deux brasses et demie ; enfin la ligne n'a pas letemps d'aller jusqu'au fond tant la morue y est abondante.

“ C'est dans cette baie que se trouve un endroit où j'espère tendre aux loups-marins brasseurs, et où j'ai commencé un second établissement pour y faire une pêche considérable.

ü Les espagnols, au dire des sanvages, l'y ont fait autrefois et probablement y seraient encore si ce n'étaient les mauvais traîtements qu'ils ont reçu des Esquimaux, L'on y voit encore les vestiges de leurs établissements, fourneaux à fondre l'huile de loup-marin, maisons, couvertures en tuiles et autre chose semblable,

“ La seigneurie de l’'anse aux Espagnols passa du sieur de Courtemanche entre les mains d'un monsieur de Bouranaque ; puis elle devint la propriété d’une compagnie établie à Québec appelée ‘compagnie du Labrador. ?’

Les habitants de la Nouvelle Angleterre comprirent bientôt l'importance des pêcheries pour l'avenir des colonies.

gleterre, et qu'on demandait aux colons de la Nouvelle-Angleterre de lever des troupe et de fournir de l'argent pour envahir le Canada ou de former une expedition maritime comme celles oui assiégèrent Louisbourg et plusieurs autres villes de la Nouvelie-Ecosse ils répon daient promptement à l'appel, leur principal objet étant d'acquérir les précieuses pêcheries des côtes des provinces maritimes et du golfe Saint-Laurent,

Avant la guerre de la révolution, les américains avaient si bien réussi dans l'exploitation des pêcheries que la mèrepatrie en étuit jalouse. Si l’on veut bien me permettre de le dire, j'ajouterai que quelques avides marchands unglais— comme il en existe encore aujourd'hui—prétendaient que les colonies ne devaient être habités que par des consommuteurs de produits des manufactures anglaises.

Les pêcheurs réussissaient tellement bien sur les côtes des colonies de l’est que le gouvernement anglais, inspiré par ces avides marchands, prohiba l'importation de leur poisson en Angleterre. (Cette prohibition créa de la défiance et de l'ffimitié entre la mère-patrie et ses enfants, et donna lieu à des récriminations qui amenèrent la guerre de la révolution et la séparation.

Après une guerre longue et sunglante, la paix fut conclue et le traité de Ghent signé.

Mais que firent les colonies et leur gouvernement ? Que firent les hommes d'Etat h:''es envoyés à Ghent par les colonies, ait: indépendantes, pour défendre leurs intérêts ? Ils se montrèrent prêts à tout sacrifier pour posséder les pêcheries de la Nouvelle-France qui était alors devenue possession anglaise, Leurs meilleurs diplomates qui avaient été envoyés à Ghent, plaidèrent et menacèrent aidés qu’ils étaient dans leur entreprise de plusieurs nations européennes. A cette époque, la France et l'Angleterre étaient rivales acharnées, parce que la France avait aidé les colonies à conquérir leur indépendance. Les hommes d'Etat de la nouvelle république combattirent vigoureusement pour la possession de ces pêcheries dans laquelle ils voyaient la continuation de la prospérité d’une industrie

| qu'ils avaient établie chez eux ; c'était,

Aussi, l’histoire nous apprend que quand | pour eux, une source de puissance et de

la guerre éclatait entre la France et l’An- | prospérité.

Malheureusement, le Cunadu n'avuit Personne pour le défendre dans les conseils de l'Angloterrs : ou s’ dans ce pays, ils étuiont impuissants, Si notre pays eût eu un ami pour avertir leg anglais, —l'Angleterro aurait-elle consenti à céder la possession, (c'est-à-dire le droit de pêcher et de mettre à terre)—de 10,000 milles des côtes Maritimes, soit une lon- Sueur presqu'égale à la moitie de la cjrconférence du globe terrestre, pendant que les américains ne lui Accordaient pas,

en retour, accès à un soul pouce de leurs côtes ?

Par ce malheureux traité, la Nouvelle-Ecosse perdit 1,060 milles de côtes ; le Nouveau-Brunswick, 485 ; Québec, 1,320 ; Terreneuve, 2,370 ; plus environ 4,500 milles de

Cumberland, dans les détroits de Baffin

ot de Davis, etc.

Mais à cette époque, le peuple anglais ot peut être les Canadiens eux-mêmes ne comprenaient pas l'importance de ces pêcheries et l'on trouve aujourd'hui même des canadiens qui n'y attachent pas l’importance ‘u’elles méritent.

Quel fut le résultat? Les américains

poussèrent, avec vigueur et énergie, l’in-

dustrie de ln pêche et, partout, les canadiens tiouvaient les américains sur leur chemin. Nou-seulement, les américains avaient construit une flotte de bâtiments pêcheurs, nous aussi une flotte de navires marchands qui faisaient le commerce de poisson dans toutes les Parties du monde.

Grâce à ces pêcheurs, les américains, pendant la guerre de 1812, combattirent tion des l'Angleterre navire pour navire, homme | dans le tr: pour homme, Et Pourquoi ? Parce que du Ce fut moment que la guerre fut déclarée, ils | terre prit firent appel à leurs hardis pêcheurs, dont | saisissant plusieurs avaient Passé leur vie duns le golfe Saint-Laurent sur nos côtes, pour monter leurs vaisseaux de &uerre et c’est ainsi qu'ils purent soutenir gloriense sur mer contre un pays dont la Population était cinq ou six fois plus considérable que la leur,

Is expédiaient leurs navires de guerr et leurs navires marchands sur points du globe, tandis que le com

e poisson du Canada no se faisait que | d Par quelques goëlettes qui ne commerçaient qu'avec les Antilles, Si quelques | sous bien d marchands et Commerçants anglais ne se fussent Pas établis sur les côtes de Terre- | reuveet sur celles du fleu ve Saint-Laurent | sur

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Laurent, Le monde fut ainsi témoin de ces faits étranges ; une nation abandonnait le droit précieux de Ja pêche sur ses côtes à une nation étrangère qui encourageait côtes, le long de l'ile de | ce commerce par tous les moyens possibles, même par des primes, et allait puiser la richesse dans les eaux de la nation qui avait

Pour y faire le commerce du boisson ‘

qu'ils exportaient dans les pays étranil avait des amis Bers, ce commerce n'eût été

au Canada, La paix une fois conclue par le traité

Presque rien

nt, les américains continuèrent la

pêche avec succès et le congrès passa des

ur l’encourager en accordant une

prime à chaque navire, Cette prime a été accordée durant soixante-dix ans et représente la somme de $7,000,000, qui fut distribuée principalement aux navires

la pêche dans le golfe Saint-

rudence de concéder ce privilége,

Il en résulta la création d'une immense flotte de bâtiments-pêcheurs aux Etats-

timents dont les équipages comsi glorieusement l'Angleterre en

Lors des négociations de Paix, en 1812

cains prétendirent qu'ils avaient

le droit de continuer à pêcher dans les eaux anglaises, tandis que l'Angleterre Soutenait que la guerre avait aboli tous les anciens droits et que les pêchours américains n'avaient plus le privilége de

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pêcher dans les eaux de l'Amérique Bri-

du Nord, Tes deux nations ne

ouvant s'entendre sur ce int, la ques- ,

pêcheries ne fut pas comprise aité,

setrlement en 1817 que :’Anglefait et cause pour le Canada, en plusieurs navires pêcheurs améelle fit vendre. Les américains talorsqu'ilétaittemps deprendre

des arrangements avec l'Angleterre, Ils une guerre | firent un traité avec cette puissance, à Lon-

U sous le nom de convention de

Cette convention ne nous faisait pas perdre autant que le traité de 1783.

"e | Mais n'est-ce pas une chose des plus étontous les | nantes qu'après une guerre qui n'avait pas

merce | été sans gloire pour l'Angleterreetle Cana.

ant avec une nation qui, loin de

lui être supérieure, lui était inférieure

68 rapports, l'Angleterre aban-

donnât encore à une puissance étrangère une partie des côtes Canadiennes lesquelles se fais Ja pêche, ‘S'il

ans

mo

du poisson‘ Pays étranwesque rien

ar le traité inuèrent la ès passa des ordant une te prime a dix ans et 00,000, qui iux navires fe Saint-

de ces fuits lonnait le r ses côtes courageait 3 possibles, uiser la riqui avait privilége, ‘immense ux Etatsges cometerre en

en 1812 s avaient dans les \gleterre boli tous pêcheurs ilége de que Britions ne la ques-

omprise

’A ngleada, en rs américains rendre ‘e. Ils à Lonion de faisait étonit pas Canain de ‘leure abantrannnes ‘S'il

ne s'agissait que de quelques cen- ! de pèche,consentit à é‘ablir un service pour taines de milles de côtes, si les Etats- | la protection, Muis comme il ne prenait Unis nous avaient accordé, en retour, | cette mesure qu'à contrecœur, il fit le quelque compensation, je n'aurais pas | moins possible, Il molisa une goilette soulevé cette question ici. Mais qu'ar- | ordinaire montée par 15 hommes d'équirivat-il? Il est vrai que les améri- | page et me nomma moi-même magistrat cains n'exigeaient pas qu'on leur accordât | stipendiaire pour organiser ce’service, Le de nouveau la permission defuire la pêche, | gouvernement avait fait un mauvais choix comme nos propres pêcheurs, sur les | en ma personne, parceque je n'avais point côtes de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau- | l'expérience nécessaire quand j'entrai en Brunswick et de lu Gaspésie, régions qui | fonction. ÆEn 1852, presque toutes les étaient habitées. Mais ils réclamèrent | pêcheries flnvialesdu golfe Saint-Laurent encore le droit de pêcher sur plusieurs | étaient, en grande partie, détruites. points de la côte et l'Angleterre fut assez | Elles ne produisaient plus suffisamment faible pour leur donner lu liberté ds pêcher | et bien des personnes qui avaient gagné sur les côtes des îles de la Madeleine, bien | leur vie à pêcher dans nos rivières que ces côtes fussent alors habitées et que | durent quitter le pays, faute de proteccette autorisation fut très préjudi- | tion contre les déprédations des blancs et ciable aux pêcheurs de ces îles, des sauvages. ‘ Sur la côte du Labrador, ils obtinrent Et que se passait-il alors dans nos péle droit de pêche sur un parcours de 295 | cheries maritimes ? Les américains, allémilles dans le golfe Saint-Laurent et le | chés par une prime qui se montait à $4

‘détroit de Belle Isle et sur la côte | la tonne, avaient déjà commencé à visiter

atlantique du Labrador, du cap Charles | ces pêcheries, bien qu'ils n’en eussent auen gagnant vers le nord, jusqu'au détroit | eunement le droit. Mais les croiseurs d'Hudson, sur une étendue de 750 milles. | anglais ne nous accordant aucune protec- Ils ont toujours ledroit de pêcher sur les | tion, les américains pêchaient dans nos côtes de l’île Cumberlandetdansle détroit | meilleures baies, nos meilleurs hâvres de Davis, la baie de Bafin et aussi | d'où ils chassaient parfois nos pêcheurr, sur la côte anglaise. Ils ont de plus réussi | parce qu'ils étaient rendus avant eux, à conserver le droit de pêche sur non | employaient de grandes seines et avaient moins de 480 milles de la côte de Terre- | un grand nombre de bateaux. Vu leur neuve, En somme, ils ont encore le druit | grand nombre, ces pêcheurs américains de pêche sur 5,000 ou 6,000 milles de | purent ainsi occuper presque exclusivenotre littoral. mement nos meilleurs fonds de pêche. Ainsi donc, nous sommes tellement | Je pourrais les nommer, parceque je les liés par ce traité ou convention que sur | ai visité, et ce que j'aflirme ici m'a été plus de la moitié du littoral canadien, les | rapporté par les résidants des diverses américains sont aussi maîtres que nous. | localités qui avaient constaté les dégâts Sur la côte du Labrador, ils peuvent | commis par les américains. étendre et faire scher leur poisson tout Je parlerai d'aborddes célèbres bancsde aussi librement que aous-mêmes. ‘l'andis | pêche de Natasquan et Kegashke. Autreque nous, d'aprèscette convention de 1818, | fois, des bâtiments de pêche américains se nous n'avons pas le droit de pêcher ou | réunissaient dans ces parages au commend'aborder sur aucun point du littoral des | cement de la saison de la pêche. : Ils arri- Etats-Unis. vaient avec leurs seines, forçaient ncs Dans le golfe Saint-Laurent, avant | hommes qui pêchaient à la ligne, à lever 1852, aucune administration canadienne | l'ancre et à aller pêcher dans d’autres enn’a même essayé d'établir quelques règle- | droits qui n'étaient point aussi avantaments pour la protection de nos pêcheries | geux. maritimes ou fluviales, où si quelques! Je pourrais citer beaucoup d’autres lorèglements ont été adoptés, ils sont restés | calités jusqu'à Mingan et Saint-Jean, lettre-morte. En 1852, le gouverne- | sur la rive nord du Saint-Laurent; je ment canadien qui, jusqu'alors, avait né- | pourrais mentionner aussi d’autres engligé cet important intérêt, poussé par les | droits où ils n’ont aucunement le droit de demandes réitérées de la population que | pêcher et d’autres où ils l'ont, comme aux l'on pillait sur la côte du Labrador et dont | iles aux Chiens, Bonne-Espérance, Belleson avait détruit plusieurs établissements | Amours, la baie de Bradore, le Blanc-

Sablon, mais où les pêcheurs américains agissaiont de la même manière, Je n'exagère rien ; j'ai été, pendant seize ans, en relations constintes avec les pêcheurs non-seulement de Ja Province de Québec, mais du Nouveau-Brunswick, de ] Nouvelle. Eeosse, de l'ile du Prince- Edouard et de Terreneuve et tel est le résultat de tous leg renseignement que J'ai pu recueillir Parmi eux,

Mais ce traité expire et, pendant quel.

que temps, nous eûmes le système des permis qui était aussi Mauvais que le traité même,

n peu plus tard nons roprimes possession de nos Pécheries et nous redevinmes maîtres chez NOUS ; nous espérions que nos droits territoriaux nou resteraient, mais de wulheureux différend s'étant élevés entre l'A ngleterre et les Etuts- Unis, et il fut conclu, entre les deux Pays, un traité auquel nous fmes obligés de prendre Part. Le second traité, je Suis fâché d'avoir à le dire, était moins avantageux pour nous que le premier,

l'expérience que les américains avaient acquise dans la pêche sur leur littoral et sur le nôtre, les mit à même d'équiper cette célèbre flotte de “clippers” qui, pour Un temps, à rendu les marins améri- - : à cains si célèbres Ces flottes se ren. Parcequ'en vertu du Premier, si nous fui. daient sur tous les Points du monde, nu . , ee de nos . . :) A Japon, en Chine et en Australie, Elles | © re SEP 04 à {té aisaient un commerce immense entre les | Cquérions, par ce cime traité, « h Etats de l'Est et ceux de la côte du Paci- : "1 sg fique, Comment auraient-ils pu les équi- : le l'invit Heryants © «La per sans les pêcheurs qui avaient passé | Pülation de intérieur, en général, à même de faire un commerce très lucratif avecles Etats-Unis, Leg Journaux dutem 8 canadiens, au | NOUS apprennent que, sous l'opération du le ] é ce traité, la Population de l'ouest du de la concurrence Canada était d Mais lo dent américaine, ne faisaient qu'un commerce | Canada étai Pospére.. Mais le dernier insignifiant Mais bientôt fut porté le | traité ne nous accordait aucun avantage À ‘ - hé grand coup: je veux parler du traité de nr TOr0IAl avec les États-Unis, Lo réciprocité conclu en 1854, entre | An- | n est celui de vendre ‘otre poisson et notre 2 F ) : :

gleterre et les Etats. Unis. Je n'attaquerai aucun honorable représentant à ce

sujet ; je parlerai du traité d'une manière générale,

certains

à, les américains avaient élevé, entre les deux pays,

raille de Ja Chine, sous forme d’un tarif qui imposait des droits élevés sur tous nos produits naturels. Il est vrai que nous acquérions le droit de leur vendre notre Poisson ; mais ce droit était d’une valeur douteuse, Parceque qu’il y eût des droits de douanes ou non, si la demande, eux Etats-Unis, dépassait la

baie | quantité que les américains pouvaient de Fundy, sur les côtes de la Nouvelle- fournir, il fallait forcément venir cher- Ecosse, au Cap-Breton, à l'ile du Prince-

Edouard et sur Ja côte de Gaspé et sur

Ce traité ent un désastreux effet pour nos pêcheries, bien que, peut-être, il ait permis à quelques Marchands de mieux vendre leur poisson aux Etats-Unis, Il

Cains purent avoir accès à toutes no meilleures pêcheries, surtout dans la baie | plus de valeur que les pêcheries amérides Chaleurs, dans la baie de Gaspé et jus- | cai i

qu'au fond de la baie de Fundy. Cest

alors que nous Commençâmes à voir dé. Savons qu'il a siégé à Halifax une cow-

mission composée de trois membres, un pour l'Angleterre, Un pour les Etats-Unis et un membre neutre. Ce dernier, M.

elfosse, était réellement le Juge en cette re et jugement fut rendu en notré

fave rep com Api Ter:

son!

jev À plus se f} taie angl mên déel, dait trait de 1 bien loue forte ils | poux tirer eaux prise sion que, Inerc A c vant les P caine arrêt vain:

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pendant quel- | système des uvais que le

oprimes pos.

ions redevinus espérions nous reste.

« différenda terre et lon titre les deux Âmes obligés d traité, je était moins le premier, si nous fuipêcheries eurs, nous , certains ttaient nos eb la pogénéral, à ‘ès lucratif x du tem ération du ‘ouest du o dernier avantage is, si ce n et notre 8, Bien avaient une mune d’un Ovés sur est vrai de leur oit était qu'il y 1, 8i la ssait Ja uvaient r cher-

ne pou-

o traité 'ibunal ue les “ucoup améri-

faveur pour le montant de $5,500,000, représentant la plus-value de nos pêcheries comparativement à culle des Etats-Unis, Après avoir déduit 51,000,000 pour Terreneuve, il reste #&4,500,000, Cette somme forme l'olies des résolutions que Je Vuis soumettre à in Chambre.

Avant d'en urriver là, je dirai un motde plus des pêcheries américaines, Comment se fait.il que dès 1873, lesaméricainsinsistaient tellement à pêcher duns les eaux anglaises ? Pourquoi demandaient-ils les mêmes priviléges en 1818, menaçant de déclarer la guerre si on ne les leur accordait pas ? Comment ont-ils consenti au traité de réciprorité ? Pourquoi le traité de Washington a-til été négocié? Jit bien que la population des Etats de l'ouest, prétende que l'indemnité est trop forte, les pêcheurs eux-mêmes ne savaientils pas qu'aucune somme d'argent ne pouvait remplacer les avantages qu'ils retireraient du droit de pêcher dans les eaux anglaises ? Pourquoi, à quatre reprises, ont-ils insisté pour avoir possession des pêcheries canadiennes ? Parceque, premièrement, ils regardaient le comimerce du poisson comme très important, À ce propos je citerai les extraits suivant d'un rapport de Lorenzo Sabine sur les principales pêcheries des mers américaines, qui fait connaître l'opinion bien arrêtée des hommes d'Etat et des écrivains les plus distingués des Etats-Unis sur ce sujet :

“ Les observations qui suivent sont très intéressantes. Elles ont été faites, au commencement du siècle, par l'honorable Elbridge Gerry, homme d’Etat distingué du Massachussets qui, après avoir occupé plusieurs positions distinguées, dans son pays ct à l'étranger, devient vice-président des Etats-Unis. Voici comment il s'exprime :

“A une époque où tous les pays semblent ligués contre nous pour supprimer notre commerce des pêcheries, quand il ne le maintient qu'avec la plus grande difficulté, irons-nous lui imposer des charges qu’il ne saurait supporter ? Si nous portons préjudice à cet important commerce, non-seulement nous ne pourrons plus faire concurrence aux étrangers, mais nous induirons par là notre population à vendre les propriétés qu'elle possède aux Etats-Unis et à chercher refuge à la Nouvelle- Ecosse ou sur quelqu'autre point où elle pourra continuer son commerce sous la protection du gouvernement. Je ne répèterui pas les arguments maintes fois formulés au sujet des pêcheries ; c’est la meilleure école pour nos marins; les Etats-Unis n'en ont pas d'autre et les honorables messieurs ne prétendent pas mettre la marine de l'union à la

merci des puissances étrangères. 11 est done nécessaire que nous jetions, le plus tôt posaible, les bases de notre importance maritime, et cela ne peut se faire qu'en encourageant nos pêcheurs, Chacun sait que nous avons nombre de rivaux dans ce commerce, rivaux désireux de nous chasser complètement des bancs de pêche, Cette seule considération suffit pour nous induire à adopter de sages lois et à donner tous les encourngements à un commerce de pareille importance ?

“ Le Congrès ne fut pas sourd à ces représentations, à ces appols, En 1789, il fut adopté une loi qui accordait une prime de 5 centins par quintal de poissen séché et la même somme par baril de poisson salé qui seraient exportés ; la même loi imposait nn droit de 60 centins par quintal et de 75 centins par baril de poisson étranger importé aux Etats-Unis.

Le système de protection, de primes et de grntifications est aussi ancien que le gouvernement même et a été adopté par les hommes d'Etat de la révolution,

“ En 1790, Washington disait an Congrès:

‘Nos pêcheries et le transport de nos produits nous offrent le moyen d'éviter de nous mettre dans la dépendance des navires étrangers .?

“ Le Sénat présenta une adresse an président et au vice-président,

“On y lit entr'autres choses: ‘ La navigation et les pêcheurs des Etats-Unis sont des sujets trop intéressants pour que nous ne 80yon8 pas animés du désir de les développer par tous les moyens propres à assurer leur progrès naturel et leur prospérité,’

“ De nouveaux encouragements netardèrent pas à être donnés. En 1792, fut adoptée uns loi qui abolissait la prime pour le poisson séché et le poisson salé exportés et lui substituant un octroi spécifique aux navires qui faisaient la pêche de la morue,

‘Uet octroi était proportionné au tonnage des navires, Les bateaux de cinqà vingt tonneaux recevaient annuellement un dollar par tonne; ceux de vingt à trente tonneaux, 60 centins de plus ; et ceux de plus detrente ton neaux recevaient un octroi de $2.50 par tonne ; mais aucun navire n'avait droit à plus de $176 pour la saison,

# Une loi subséquente, adoptée la même année, augmentait ces allocations d’un cinquième pour sept ans et de l'expiration de cette période à J» fin de la session suivante du Congrès.

Li L L2 L 2 L2 L] L .

“Nous avons vu que, pendant toutes les guerres et tous les différends territoriaux et maritimes entre la France et l'Angleterre, au sujet de leurs possessions respectives en Amérique, pendant toutes les péripéties de notre sujétion coloniale, depuis son origine jusqu’à sa fin, pendant la guerre de la révolution et les négociations de paix, dans la convention qui formulait et les conventions d'états qui consolidaient la constitution des Etats-Unis, pendant le premier Congrès et les négociations à la fin de la guerre de 1812, la question des pêcheries prédominait ct fut souvent le pivot sur lequei tournaient des questions d'une vaste importance.

“Nous avons vu des BToupes entiers de pos

pulation persuadés qu'il n'y avait pas de moyen KA rapide et plus sûr d'arriver à la richesse que de courir les Chances de la pêche du hareng et de la morue NOUS avons vu des hommes du rang le plus élévé, des hommes doués des plus brillants talents jouer toutes leur espérances et toute leur fortune sur ui Coup de filet ou de ligne, Nous avons vu d'émi! ents écrivains, bien au fait des qués.

tions de commerce et de navigation, des ‘hommes d'Etat de réputation uni.

verselle, déclarer que la marine anglaise n'était devenue si formidable que par la découverte des bancs de pêche de Terreneuve dont la richesse ne saurait se calculer : des écrivains d'une autorité reconnue ont fait observer que grâce à la péche de la morue à Terreneuve, la marine française était devenue formidable Pour toute l’Europe’ ÿ n08 hommes d'Etat de la révolution étaient Persuadés que nous devons CCmpter Eur nos pêcheurs pour recruter notre marine ; € un ministre français de l'époque actuelle, disait, en 1836: ‘Sans les ressources que nous offraient les marins engagés dans les pêcheries, l'expédition d'AI. ger n'aurait pu avoir lieu,’ ”

Secondement, les américains $e trou- | 1 vaient à l'étroic sur leur littoral et n’y. |1 prenaient plus assez de poisson parce qu'ils avaient ruiné leurs propres pêcheries, Toutes les fois que les américains s'engagent dans une industrie, ils y met- | à tent une vigueur et une Persévérance | n étonnantes, Ils exploitérent tellement à leurs pêcheries que, dans quelques années, | b ils les avaient épuisées, ils désirent avoir accès aux nôtres.

s'ils ont épuisé les leurs, ne fe la même chose des nôtres, si nous leur en donnons l'avantage ? En outre, notre

Mais n

Population de pêcheurs Compte mainte- | détruit ég

nant des milliers d'âmes et augmente plus | le rapidement que toute autre population | L sur notre globe, A moins que nous n’aidions cette population à se procurer des moyens d'existence, elle émigrera Etats-Unis, à nos pêcheurs :

côte ne sont Pas assez abondantes pour | gr.

vous faire vivre, mais cependant, nous pe permettons aux américains, les plus | la grands destructenrs de poisson “éOnnus, | an de venir vous faire Concurrence.” | da Je ne voudrais point dire du mal des | et, pêcheurs américains, Il est dans leur | tri nature de gagner Je plus qu'ils Peuvent | dans le moins de temps possible et si, dans dix ans, ils pouvaient prendre tout | am

aux | ét

le poisson du golfe, ils le Prendraient, | pêcheurs de de

Pourvu que cette pêche leur fût profita. | ble. Mais, je ie demande au Souverne- | s’il

des carcasses

américains n'auraient.ils pas mieux fait d

Voilà Pourquoi | tel que ce Mammifère

nombre immense, daient au soleil sur les bancs de sable et

In pratique, nous avons dit | les entrainer à tem “Les pêcheries de la | liers. Les

ment, dévons-nous laisser détruire n08 pêcheries dans un an, dans dix ans ou dans cinquante ans ? Ne devons-nous songer qu'au présent ? Non, tous les bomimes (Etat doivent songer à l'avenir eb si nous négligeons l'avenir de nos pêcheurs, il nous arrivera ce qui est arrivé à d’autres pays.

Nous avions autrefois, dans le golfe Saint-Laurent, la plus précieuse des ba.

leines, la baleine noire. Elle était si abondante qu’on la tuait aisément et les pêcheurs de N antucket et d'autres ports, dans la Marthr's vineyard, y venaient

chaque année et, dans l'espace de deux ou trois mois de pêche, ils se Procuraient assez d'huile pour que la vente de se produit pût subvenir à de toute l’année.

mifères marins est maintenant complétement éteinte dans les Caux du golfe Saint-Laurent,

facile à prendre ot Cependant, c’est la plus

leurs besoins Cette ospèce de marm-

C'est la baleine la plus

iche en huile et en fanons, a côte du Labrador, l’on aper de ces

Sur toute çoit encore baleines. Les

8 ne Pas (luer tant do baleines

la fois et d'en laisser un ombre sutlisant pour fournir de 10,000 20,000 gallons d'huile, par an, à chaque aleinier, au lieu d'en faire un Massacre n'existe plus ? On en à pas vu une seule depuis 1854, épo-

ront-ils pas | que à liquelle la dernière fut tuée À Ka. mouraska,

Un autre animal précieux que l'on a lement, c’est le morse, Quand 8 français arrivèrent dans le golfe Saint aureut, ils y trouvèrnt le morso en Ces animaux s’éten-

aient si peu farouches qu'on pouvait 'e et les tuer par milacadiens en tuaient un and nombre, mais ils n'avaient pas la rséverance des américains qui, lorsque Nouvelle-France devint une colonie glaise, fondérent dos établissements ns les endroits où l'on trouvait le morse dans une vingtaine d'années, ils déisirent toute l'espèce.

Naturellement, la destruction de nos pêcheries n'est Pas entièrement due aux

éricains ; mais Quand il y a les

UX nations sur un banc de

pêche, là destruction est plus grande que

n’y avait que des pêcheurs d’une seule

namsennanemern

gran

er détruire nos ans dix ang ou Ne devons-nous Non, tous les onger à l'avenir avenir de nos 'e qui est arrivé

dans le golfe ‘écieuse des ba- Elle était si isément et les d’autres ports, d, ÿ venaient space de deux € procuraient vente de ce leurs besoins èce de mamnant compleaux du golfe deine la plus » C'est la plus , Sur toute erçoit encore Jeines, Les S mieux fait le baleines laisser un r de 10,000 n, à chaque in Massacre plus? On s 1854, épotuée À Ka

que l’on a se, Quand olfe Saint- Morse en ux s'étenle sable et n pouvait T par miltient un nt pas la Ï, lorsque e colonie issements : le morse , ils dé-

n de nos due aux ÿ a les bano de nde que ne seule

arr mare

nation. Notre population à aussi détruit certains bancs de pêche, en pêchant trop et dans toutes saisons. Mes honorables amis de Témiscouata, Kamouraska, l'Islet et Montmagny se rappellent l'époque où la hareng remontait, en buncs immenses, jusqu'à l'embouchure de la rivière Ouelle, sur Je fleuve Saint- Laurent, c'est-à-dire jusarvà 300 milles de l'embouchure du fleuve et même plus haut. Au lieu de protiger ce poisson, la population riveraine établissait des barrages en treillis où les harengs se prenaient par millions, et y périssaient, en grand nombre. On en recueillait une certaine quantité pour les manger, mais on en laissait la plus grande partie pourrir sur place.

D'après les meilleurs natu ralistes, le poisson, comme l'oiseau, a des préférences pour certaines localités. Les poissons comme l'on sait remontent le fleuve Saint-Laurent pour fra mais si, pendant la période du frai, {es dérange, comme on l'a fait sur les bords de ce fleuve, on ne devait pas s'attendre à les voir reparaître en aussi grande abondance. Si l'on continue à les détruire d'année en année, le temps arrivera où le poisson est si rare que la pêche n'est plus profitable.

Pour la pêche à ln morue, l'île anx Basques, vis-à-vis les Trois-Pistoles, était autrefois un banc de pêche renommé.

Les Escoumains es tout le littoral de |

Rimouski étaient très fréquentés par le hareng, ainsi que le flétanet la sardine.

Mais aujourd'hui on ne prend plus de morue à l’île aux Basques ni au Bic ; il faut aller pour cela jusqu'au Cap Chatte, à 150 milles plus bas que l'ile aux Basques.

Anciennement, on prenait du hareng de printemps et d'automne tout le long de la rive nord, à l’ouest de Mingan et même à l'ouest de la pointe des Monts. C'était

un poisson très recherché que l'on pou- |

vait exporter par milliers de barils en Europe et aux Antilles ; mais aujourd'hui ilest très rare. Parfois, on en

aperçoit quelques bancs ; mais il se passe |

ensuite deux ou trois ans avant qu'ils reparaissent.

Autrefois, les pêcheries avaient plus de chance de durée que maintenant. La vraie manière de prendre la morue est

d'employer Ia figne à la main etl'hamecon. |

De cette façon les bancs de poisson qui se tiennent au fond de la mer où ils trou-

vent leur nourriture, ne sont pas dérangés. Mais quand les américains vinrent avec leurs lignes de fond et lours seines d'environ 610 pieds de long ou daväntage, avec leurs seines à poche, longues de 1,500 pieds et larges de 80, alors le danger réel commença.

Che que jour on put constater les mauvais eftets de cette pêche, sous l’opération du traité de réciprocité et surtout après que le traité de Washington fut inis en vigueur,

Avant le traité, il y eût un temps où, sur la rive sud du Saint-Laurent, depuis le cap Gaspé jusqu'au cap Chatte, on voyait des bancs de maquereau par centaines, Notre population pêchait prinoipalement la morue et le hareng et ne s’occupait guère du maquereau ; mais quand les américains arrivèrent, ils détruisirent le poisson sans distinction et, au bout de dix ans, on ne pouvait plus prendre de maquereau, même pour appât sur cette partie de la côte. Autrefois aux mois d'août et de septembre, la baie de Gaspé était ordinairement pleine de maquereau ; on y trouvait aussi un poisson qui mange le maquereau et que l'on appelle, au Canada, maquereau sheval ; c’est le thon, poisson renommé chez les anciens.

Je citerai maintenant des autorités | pour prouver que les méthodes que l'on | emploie pour la pôche, sur notre littoral, | sont excessivement préjudiciable: et que, comme conséquence, plusieurs de nos | pêcheries en ont souffert et sont aunjour- | d'hui moins productives que jamais.

| D'abord je donnerai quelques chiffres empruntés au célèbre rapport du professeur | Baird qui à écrit une histoire de la pêche de la baleine anx Etats-Unis. Ces chiffres indiquent le nombre de navires employés à cette pêche, depuis son origine jusqu'à 1876.

Voici le nombre des baleiniers qui sont partis de ports américains depuis 1785 à 1876 :

De À Tonnage.

Moyenne.

Nombre de vaisseaux.

1830 ..,,, 1840 ...,, 2149 ,..,. 328 1049.56. IB00s 0 2040-0200 | 1850 ,..,, 1860 ..,.. 2150 ..,.,. 286 1860 .,,,, 1870 ...,. 1176 ..... 232 1870 ..,,., 1876 ..... 478 ...,, 912

Ce tableau montre av 4 diminué la pêche de la baleine, par suite de la destruction de ce grand cétacé.

Je pourrais prouver aussi, par des statistiques, que Ja pêche de là baleine a graudement diminué en A ngleterre, Dans

ec quelle rapidité | la pêche de la morue sur

les bancs nuisent à cette péche à l'intérieur ÿ Premièrement en employant des lignes de fond et tuant le pois- Son femelle ; Secondement, par le tort que font les débris qu'ils jettent à la mer et que le pois- On avale ; les arètes l'étoufrent et il périt.—pp. 142 et 181,

“ James Rooney, de Percé, cinquanté deux

à an$, à une pécherie, a toujours demeuré à Percé. d’autres pays, comme la France, où cette 4 ; 4 \

industrie florissait sous le règne de Louis IV et se ranima après la paix de 1815,

elle est maintenant réduite à presque | et ne mord pas à In ligne.

rien. D'un autre côté d'autres extraits feraient voir combien la pêche de là morue et celle Gu veau-marin étaie dantes à cette époque.

Pour montrer que non-seulement les pêcheries ont diminué, mais qu'elles sont menacées de nouveaux désastres sur plusieurs de nos côtes, par les abus que commettent les pêcheurs, principalement les pêcheurs “méricains, je citerai quelquesunes des dépositions données devant ln commission des pêcheries. A la page 34 de l’annexe G, on lit :

nt abon-

# Daniel West, Grande Grève, la pêche depuis quarante ans.

pêcheurs, Parceque ces débris empoisonnent l’eau, éloignent le Poisson et tuent les œufs.

fretin est jeté et périt sur la Srève.—p, 127. “ Michael McGinnis, pêcheur et marchand depuis quinze an8.—L'habitude de jeter à l'eau

iable parce qu'on rassasie ainsi le Poisson et on tue le fretin,—

parce qu'on tue les gros poissons femelles.

L'habitude de jeter à l’eau des débris est très

“ Frank Leblanc, port Daniel, marin et|n

—L'habitude qu'ont les américains de jeter des débris gur les bancs est préjudiciable à notre pêche à la morue. Le poisson se repose Les débris sont €mportés par la marée et entraînent le poisson. —Pp. 147 et 187.

# Wm, Johnson, hâvre aux Maisons, mar- Chand, connait bien la pêche depuis 27 ans — L'habitude de jeter des débris de poisson à la mer est préjudiciable à nos pêcheries. Le pois- Son se rassasie, les débris vont au fond, empoi-

Sonnent l’eau, éloigne le gros poisson et tuent le fretin et les Œufs pp. 148 et 189.

L'honorable monsieur cite également des dépositions dans le même sens de Alexis Noël, rivière aux Renards 190), John Packwood (p. 151), Messiah

Tapp (p. 152), James Samuel (p. 155), Edward Bunn (P. 154), John D (p. 197), Philippe Sirois (p. 175), Jobn Renouf (p. 223) Julien Boudreault (p.

178) et Pierre Brochu (p. 185),

. Payson

“ George Harbour, cultivateur et pêcheur,

grève au Sable—c'est en dedans de la pointe au Sable que les américains Péchaient avec

eurs scines et forcèrent mon frère À s’en aller. a MmOrue mange les débris que l'on jette à igne; de plus, les

les œufs qui ont déposés ; ils tuent aussi le fretin. J'ai

passé à des endroits où ces matières, pourries

€aux pendant dix ADS, nos pêcheurs seraient

Ils m'ont avoué aussi que la pêche

—p. 138. de la morue, sur leur littoral, était détruite — “ John M. Luce, Grande Grève, comté de An 79

Gaspé, pendant quiuze ans gérant de l'établis. sement de MM.

{ George Grenier, de Newport, comté de

Gaspé, commerçant de Poisson—J'ai vu les —-Le flétan était très abondant sur la rive sud | américn: i

du St. Laurent, principalement à la Vallée età la rivière de la Madeleine, I] y

rive, dans un rayon de trois Milles.—pp, 179 et 180.

# William Hyman, marchand du Cap des Rosiers où il vit depuis {ren statre ans,—Les bateaux américains qui font

quel.

ries.!

u" Mon:

surto que j poiss pêch:

fait . 28!

P &« A cheri aux p poiss Si les dant | drait seraie nue « pôche

Ce dépos des p de la ne pa des à

5 bancs nuisent À Premièrement en et tuant le poisr le tort que font er et que le poisitetil Périt.—pp,

, Cinquanté deux demeuré à Percé.

ricains de jeter

préjudiciable à J0Ï880n 8e repose Les débris sont inent le poisson,

Maisons, marlepuis 27 ans — de poisson à la heries, Le poisau fond, empoi- )0I860n et tuent et 189,

te également ême sens de Renards (».

51), Messiah el (p. 155), à D. Payson 175 ), Joln ou (p.

et pécheur, de la pointe chaient avec e à s’en aller.

l'on jette à de plus, les les œufs qui fretin. J'ai res, pourries Vaise odeur.

leurs seines ; Poisson qui mais qui de.

de la seine ’ai entendu Par ma produs avouer uenter nos rs Scraient ue la pêche détruite —

comté de ’ai vu les hez nous.

est ce qui mp8, on ne roit où ces expérience )p de ces ns tout le

ennement n5, à Por laquereau lu nuit à

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