‹ L'indemnité des pêcheries [microforme]Chapitre 2 sur 4 · DB · texte numérisé non relu

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tous les 01° poissons, Détruire le fretin, c'est cut: vous détruisiez les jeunes arbres. Mi: spinion est que la maladie du

poisson est causée par les débris de poisson que l’on jette À l'eau; ces débris imprègnent l'eau, elle devient malsaine pour le poisson qui y meurt. L'an dernier, la fièvre s'est déclarée dans le voisinage des endroits où l'on avait jeté des débris de poisson, et il y a deux ans, les américains nous ont avoué que ces débris étaient préjudiciables. Cela ne faisait pas notre affaire de les voir tuer la poule aux œufs d'or, pour l'amour d'un profit monétaire. —p. 39.”

“ John James Fox, percepteur des douanes, surintendant des pécheries à l'ile Amherst, où il a vecu vingt-six ans,—Les américains $e tiennent aussi près qu’ils peuvent de la côte et font la pôche. J'ai connaissance qu'ils ont loué des bateaux à l'île et fait la pêche près de la côte où est tout ic poisson, J'ai entendu des américains exprimer l'espoir que l'usage de la seine ne s'introduirait jamais dans le golfe, caralors les pêcheries seraient bientôt détruites, Ils jettent les débris à la mer. Ces débris ainsi jetés à la mer sont la cause d'une grande destruction de poisson. Ensuite, cela détruit tant de fretin et les bancs de péche se trouvent empestés. Ja pêche à la ligne de fond détruit ce gros poisson qui vient pour

représentants de ces provinces qui connaissent mieux que moi les pêcheries de leur littoral et sont par suite plus compétents à défendre leurs intérêts.

Ce sont toutes ces dépositions qui ont prouvé les grands avantages que les américains retirent de leur participation aux pêcheries du littoral canadien. Elles ont aussi démontré le danger qu'il y a de voir ces mêmes pêcheries détruites, ou à peu près, par la présence d’un trop grand nombre de pêcheurs sur les mêmes bancs de pêche et les moyens préjudiciables et nuisibles qu’ils emploient pour pêcher,

C'est à toutes ces dépositions que nous devons l'indemnité de $5,500,000, Elles contiennent les faits relatifs à nos pêche ries du littoral, depuis cinquante ans, qui ont été soumis aux membres de la commission des pêcheries à Halifax. Je pourrais citer encore les témoignages de plusieurs autres hommes qui ont été élevés sur la côte et ont passé leur vie à faire la pêche, le seul moyen de subsistance

frayer.—p, 113,”

“Thomas Savage, de l'Anse du Cap, Gaspé, marchand et armateur, membre du conseil législatif de Québec, réside à l'Anse du Cap depuis environ 53 ans. Les américains débarquent leur poisson et tirent leurs seines à terre. L'usage de la pêche à la ligne de fond se répand de plus en plus, et est, je crois, préjudiciable aux pêcheries. Quelques américains m'ont dit que bien qu'ils péchent à la ligne de fond ils savent que cela détruit:le poisson et que, dans quelques années, ils auront ruiné nos péeheries.—p, 262, :

UT. J. Lamontagne, de Ste. Anne des Monts, Gaspé, marchand de poisson depuis 1859.— L'effet de la ligne de fond est désastreux, surtout pour le gros poisson qui fraie, selon ce que j'ai pu constater. La ligne de fond prend le poisson du fond qui est le gros poisson ; tous les pêcheurs admettent que les américains ont fait disparaître le flétan de notre littoral. — p. 280,

“Abraham Lebrun, de Percé, parle des pé- |

cherices de larive nord.—La ligne de fond a nui aux péchcries de flétan. Je veux dire que le poisson n'est plus aussi abondant qu'autrefois, Si les pêcheurs cessaient de faire la pêche pendant une certaine période, le poisson deviendrait plus abondant. Je crois que nos pêcheries seraient rétablics dans six ans. Si l'on conti. nue ce système, il ruinera complètement nos pôcheries."—p, 286,

Ce sont 11 des extraits des principales dépositions données devant la commission des pêcheries, à Halifax, par des témoins

de là province de Québec seulement, Je:

no parle pas des dépositions de personnes des autres provinces—laissant ce soin aux

qu'ils aient pour leurs familles et euxmêmes eb qui, par conséquent, sont intéressés à la prospérité des pêcheries. Ils sont tous d'avis que si l’on tolère plus longtemps l'état de choses actuel, les pécheries du Canada seront bientôt détruites,

En étudiant l'histoire naturelle des poissons, là manière dont ils se multiplient, les millions d'œufs dont le poisson | est chargé, on pourrait croire, d'après les | naturalistes, que les pêcheries sont inépuisables. J’admets qu’elles sont inépuipuisables dans un certain sens, c'est-àdire qu'on ne pourrait détruire tous les individus d'une espèce quelconque ; mais on peut les détérivrer à un tel point | qu'elles ne rendent plus assez pour qu'elles valent la peined'étreexploitées Les oiseaux aussi paraissent indestructibles.

Mais qu'avons-nous vu dansce pays? Il y a bien des années, le silence de nos forûts était animé par le chant de myriades d'oiseaux. Mais faute de protection et souvent par une cruauté inutile, on les | détruisait en si grand nombre que les insectes ont fini par avoir beau jeu et que | nous avons dû importer d'autres oiseaux pour remplir la tâche que la Providence avait assignée à ceux que nous avons laissé détruire, Quand l'homme veut changer les lois de la nature, il subit bientôt les funestes conséquence de sa | témérairé entreprise,

Je parlerai maintenaint de la province de Québec. Toutes les personnes qui ont la l’histoire savent qu'il n'y a pas de plus belle vallée que celle du Saint-Laurent $ point de terres plus propres à toutes sortes de culture. Ce furent les français qui, les premiers, prirent possession de cette magnifique vallée, destinée par la providence à devenir le séjour d’une population heureuse ; mais nous avons agi comme d’autres avant nous, dans d’autres pays. Nous avons dédaigné l'avis des sages qui nous disaient qu’en cultivant cette terre privilégiée comme nous le faisions, nous lui enlèverions toute sa substance, laissant nos petits enfants dans la misère. La prédiction s'est vérifiée et le peuple est obligé, aujourd’hui, d’achetersa farine aux Etats-Unis.

J'ai eu l'honneur d’être commissaire des terres de la Couronne, pour la province de Québec, pendant un an et demi et, j'ai pu constater comment l’on dévastait nos forêts. J'ai fait tous mes efforts pour empêcher cette dévastation, maié presque sans succès. L’Autriche, bien que colonisée avant l'ère chrétienne, Dossède des forêts plus étendues et plus riches que tout le Canada, parce qu'elles sont scientifiquement administrées, Lorsque nos forêts seront, en grande partie, détruites, peut-être songerons-nous,mais trop tard, à les aménager et à les reboiser. 11 en aété de même de l'agriculture dans la proviuce de Québec. Cen’estquequand nos terres ont été presque complètement épuisées (et il faudra une cinquantaine d’années pour leur rendre leur valeur première) que l’on a songé à organiser des sociétés d'agriculture et à doner les prix aux expositions agricoles. Si nous avions écouté de sages conseils en ce qui regarde l'agriculture, nos terres seraient plus productives qu'il y a cinquante ans et non seulement la province de Québec ne serait pas obligée d'aller acheter son pain aux Etats-Unis, mais elle pourrait exporter du blé en Angleterre et dans d’autres pays par milliers de minots. Je me rappelie l'époque où les navires jetaieñt l'ancre devant Verchères et d'autres vil- Jages, et y prenaient des chargements de blé pour l'Angleterre, mais aujourd’hui la terre est épuisée, la forêt est détruite et bientôt nes pêcheries s’épuiseront également, si l'on ne prend pas les moyens d'arrêter leur destruction.

Je parle ici, je jette le cri d'alarme

pour les pêcheurs qui ne voient rien dats l'avenir que l’émigration aux Etats-Unis, l'obligation d’aller vivre sous un drapeau qu’ils n'aiment pas. Des centaines de nos compatriotes quittent aujourd'hui là Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick pour se rendre aux Etats-Unis, grossir les rangs de cette grande nation qui deviendra notre plus puissante rivale, non-seulement dans le commerce des pt:

cheries, mais dans le commerce général, si nous n'ouvrons pas enfin les yeux.

Je viens ici aujourd'hui, appuyé par la population du pays, surtout par celle qui est directement intéressée aux pêcheries.

Si le Canada ne consistait qu’en une plaine, comme celle située le long de la Rivière-Rouge, si la population n’était composée que d'agriculteurs, il ne pourrait jamais devenir un pays important, ni faire un grandcommerce à l'étranger, seul moyen d'atteindre à la richesse et à la puissance. Il est heureux pour notre pays qu’il ait, à l'est, des éléments de prospérité diflérents de ceux qu'il possède à l’ouest et, par là même, les moyens de se créer un commerce intérieur qui est, après tout, le meilleur des commerces et peut procurer Je travail et le pain à la plus grande partie de la population du Canada.

Politique nationale veut dire protection à toutes les industries du Canada et, par conséquent, nous ne devons pas laisser les pêcheries à elles-mêmes. Nous ne devons pas les laisser ruiner par la plus active et la plus ambitieuse des nations du monde, commercialement parlant. Je suis en faveur de cette politique ; mais pour développer nos manufactures, il nous faut des consommateurs. Où les trouvonsnous? Pas aux Etats-Unis qui ont élevé un mur entre eux et nous ; ni en Angleterre où l’on fabrique à meilleur marché que nous; ni en France où l'on a adopté un tarif protecteur; nous n’en trouverons pas beaucoup non plus aux Antilles où nousavons à faireconcurrence aux Etats-Unis qui possèdent plus de capital, plus d’habiletédanslesarts manufacturiers, plus d'expérience dans le commerce que nous et qui occupent, par rapport à nous, une position intérmédiuire et, par suite, meilleure pour le commerce avec ces îles.

Nos consommateurs les plus voisins et les meilleurs se trouvent parmi la population des provinces maritimes et de Ja partie est de la province de Québec. Cette

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