‹ L'indépendance économique du Canada français [microforme]Chapitre 12 sur 33 · ET · texte numérisé non relu

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précédemment signalé côté.

Nous savons que parmi la population française le développement industriel est tout à fait insuffisant, puisqu'elle a perdu, par cette Cause surtout, de son effectif, pour le moins.

elle ne compte Les grandes voies de

Ceux qui les eront toujours les vrais dirigeante. Les autres

’énergie, sera toujours maîtresse, I1 en est ainsi, même lorsqu'une observation superficielle sem. blerait démontrer le contraire.

On en trouve un exemple frappant dans l’état social de la France d’avant la Révolution.

La caste noble comptait, nous le Savons, quelques sujets d'élite, mais en général la noblesse vivait dans l'ignorance, tout au moins dans le dilettantisme et

dans l'inaction. Naturellement elle rétrogradait et bientôt elle ne fut plus que nominalement la classe dirigeante. En réalité, c'était le Tiers-Etat, la bourgeoisie qui gérait les finances et gouvernait le royaume. Elle administrait la chose publique et dictait la loi dans les parlements. D'un trait de plume, ces hommes pouvaient réduire la noblesse, le haut clergé et le roi lui-même à l'impuissance. Officiellement, ils n'étaient rien, pratiquement ils étaient tout; et c'est certainement leur intervention qui rendit la Révolution possible.

Nous avons essayé de démontrer précédemment que l'avenir du Canada dépend en grande partie de l’état social et économique du groupe français. Nous commençons maintenant à entrevoir les causes principales de l'infériorité alarmante que l’on constate chez lui à certains points de vue. Ceux qui accepteront nos prémisses ne contesteront pas notre conclusion: que le premier et le principal remède à apoliquer, c’est l'encouragement au développement ind'sstriel.

On se demandera peut-être: Les Canadiens-français possèdent-ils vraiment les qualités requises pour entreprendre une grande œuvre de développement industriel ? Il ne s’agit pas, bien entendu, de citer l'exemple honorable mais exceptionne! d’un certain nombre de manufacturiers et d'hommes d’affaires qui ont surg: cet là dans le groupe français. Leur mérite est d'autaat plus grand qu'ils ont eu plus de difficultés à surmonter, mais ce ne sont que des exceptions. Il faut examiner ce groupe dans son ensemble et en tirer une conclusion générale.

Le Canadien-français nous Paraît posséder à un très haut degré le goût et le talent des arts industriels. Espérons que les amis de l’agriculture ne s’alarmeront pas en entendant énoncer cette proposition générale. Celui qui l'affirme regarde le sol comme la plus importan:e de nos conquêtes; il re parle du développement industriel que Parce qu'il désire que nous n'en perdions pas les fruits. N'est-il pas vra:, d'une Part, que nous conserverons le sol Que si nous savons le bien cultiver? N'est-il Pas constant, d’autre part, que la seule réforme agricole que nous ayons Pu faire accepter par nos cultivateurs a pris la forme d’une industrie, l’industrie laitière ?

Cet argument a bien son importance, mais pris isolément

il ne serait pas concluant. Nous trouvons d'autre preuver en suivant les Franco-canadiens émigrés dans la république voisine. On n’abandonne Pas sans raison son pays et son village, qui en est le diminutif., Ces Pauvres gens s’exilent ou plutôt s’exilaient, —car le mouvement, nous le savons, est en partie enrayé—par nécessité. Sont-ils devenus là-bas commerçants comme les Juifs, journaliers comme la plupart des Irlandais et des Italiens? Presque tous sont entrés dans les fabriques; ils sont aujourd'hui des ouvriers industriels.

Voilà donc, clairement crnstatés, deux phénon:nes sociaux d’une portée généraic qui viennent appuyer la proposition. Pius concluant encore le succès q'''ont en général remporté les ouvriers canadiens, malgré les conditions désavaatageuses où ils se trouvaient placés par

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suite de leur langue et de leur formation sociale. Il n'est guère de paroisse dans la province de Québec qui n'ait fourni son contingent à l'émigration. Et si vous interrogez les parents sur 1e compte des jeunes hommes qui sont partis, on vous répondra presque invariablement: Dieu merci, mon fils va bien, il a du succès et gagne beaucoup. Puis, suivant le cas: Il est contremaître; c'est lui qui fait les dessins ou les modèles pour sa fabrique: il conduit une machine; il est chef des machinistes. Enfin, la plupart du temps, on vous parlera d'un avancement rapide qui vous rendra un peu sceptique. Allez aux renseignements, vous trouverez que ces indications sont le plus souvent exactes. Ilest très vrai que parmi les familles canadiennes qui entrent dans les fabriques de la Nouvelle-Angleterre,

les femmes et les vieillards occupent les derniers rangs. On les retient pour le travail à bon marché. Mais, en reanche, presque tous les jeunes gens font preuve de talent et obtiennent de l'avancement sérieux dès les premières années.

Dans des conditions ordinaires, il n’y aurait dans ces humbles succès rien de remarquable. Que des Canadiens-" français, toutes choses égales d’ailleurs, réussissent aussi bien que les autres, c'est tout naturel. Qu'ils excellent même dans certaines branches spéciales, c'est encore normal. Ces résultats ne surprennent que si nous tenons compt: de l'ignorance profonde où sont plongés au début la plupart de ces travailleurs. Elle est beaucoup plus grande que celle de nos ouvriers de Québec et de Montréal, bien que ceux-ci ne soient pas des savants. “Il faut le

DU CANADA FRANÇAIS 99 En

voir pour le croire,’ disait un jour en notre présence Ferdinand Gagnon, qui n'était pourtant Pas un pessimiste, qui avait au contraire l'espoir robuste qui anime les grands cœurs,

UR art rudimentaire vince. Qui n'a pas Saint-Lauren t, des groupes des flaques d'eau d’admiet de chaloupes. Ces petits jusque dans leurs moindres Proportions, | carène et le abotage; ils o

navale, des goélettes sûres et rapides. C’est un talent qu'on retrouve également chez les Grecs modernes. Eux aussi excellent en tout ce qui exige peu d'étude et d'apprentissage, C’est ainsi que se manifeste l'intelligence chez les peuples bien doués qui manquent d'instruction et de direction. Si l’on pouvait Communiquer aux Hellènes le goût des sciences et l'élan social qui en est toujours le résultat, l’on verrait peut-être leurs vaisseaux,

et commercial, acquérant ainsi la richesse et l'influence nécessaires à l’accomplissement de leur œuvreen Amérique.

Avec l'apprentissage, nous le savons, nos artisans improvisés du Saint-Laurent sont devenus, dans les chantiers de Québec et de Lévis, d'excellents constructeurs de navire au long cours; les plus énergiques se sont rapidement élevés au rang d'entrepreneurs et d’armateurs. Cette grande industrie a disparu depuis que le fer remplace le bois dans les constructions maritimes. Que sont devenuslesartisans qui en faisaien.. naguère le succès? Ils exercent toujours dans nos villes, mais dans des conditions défavorables, les métiers qui se rapprochent le plus de celui qui leur a échappé. Il n’y a pas très longtemps un entrepreneur de constructions dans une de nos grande villes faisait voir à l’auteur de cette étude des maisons qu’il venait de terminer, maisons très logeables mais dans le genre bon marché. ‘C'est du travail français, disait-il, tout ce qu’il faut pour de bons logements de seconde classe.” Et comme nous lui demandions, tout en. prévoyant quelle serait à peu près sa réponse, comment il se faisait que le travail français était ainsi sans façon relégué au second plan, il répondit ceci: “Parmi les artisans réguliers ayant fait l'apprentissage voulu, on trouve des hommes de toutes origines sans en excepter la française, bien que ces derniers ne soient pas très nombreux. Mais en dehors deces artisans spécialisés, nous trouvons toujours parmi vos compatriotes un nombre suffisant de Maîtres Jacques qui savent faire un peu de tout sans avoir rien

appris et dont le travail moins soigné coûte naturellement bien moins cher.”

On retrouve cette classe d'ouvriers dans beaucoup de villes, et c’est Presque exclusivement parmi les Canadiensfrançais qu’elle se recrute. Ils font preuve de beaucoup d’ingénuité dans la pose des appareils électriques et plusieurs sont devenus de bonsélectriciens. Du reste, tous sont également intelligents et actifs, mais aussi à peu près également illettrés et ignorants. C'est ce qui nuit le plus à leur prospérité et à leur avancement. Nous ne sommes guère plus instruits que nos pères d’il ya quarante ans, alors que Charles Levêque s’écriait: “Les ouvriers canadiens-français sont, de l’aveu de tous, les meilleurs et

les plus habiles travailleurs de l'Amérique. Ils sont très recherchés par les entrepreneurs. Donnons-leur a culture; cette espèce de patriotisme vaudrait mieux que beaucoup d’autres.”

L'instinct artistique de l’ouvrier Canadien-français se manifeste plus que partout ailleurs, peut-être, dans la Construction et l’ornementation des églises. M. Napoléon Bourassa nous signalait, il y a plusieurs années, la naissance de cette industrie: “Nos églises, disait-il, se sont élevées, comme nos maisons, sans grande architecture; on tenait surtout aux gros murs et à dorer quelques zigzags jetés en travers de la voûte. Un peintre d’enseignes transcendant, après avoir peint la voiture, la maison et le portrait du curé du village, faisait aussi dans ses loisirs quelques saints pour le sanctuaire,”

La génération de ces artistes et architectes rustiques est devenue très nombreuse, Car depuis trente ou quarante ans les églises de la province ont été en grande partie reconstruites. Notre pays leur doit quelque chose de cette physionomie caractéristique qui frappe l'étranger et lui fait aussitôt comprendre qu'il est entré dans un milieu social nouveau. Le groupement des villages autour des clochers plaît à l'œil comme à la pensée; on y retrouve comme un reflet de l'inspiration de Millet ou de Huot. Le clocher lui-même, en bois recouvert de tôle et grossièrement exécuté, n’est point une chose laide dans ce milieu. Souvent les lignes sont belles. Ces édifices sont pour la plupart l’œuvre de simples maçons, d’après les plans très sommairement indiqués par le curé ou par la fabrique. L'intérieur choque souvent par l’abus des tons criards, et pour comprendre jusqu’à quel point ce peinturage s'éloigne de l’art véritable, il n’est pas besoin de le mettre en regard d’un travail d'artiste comme, par exemple, des peintures de voûte de Saint-Sauveur de Québec que nous devons à M. Huot, ou des fresques de la chapelle de Lourdes, à Montréal, qui sont l’œuvre de M. Bourassa lui-même. Non, nos décorateurs d'églises sont bien les continuateurs ‘ des peintres d’enseignes dont nous parle cet artiste. Il n'est pas même toujours vrai de dire que ce sont des décorateurs naïfs. Quelquefois leur travail décèle une prétention que rien ne justifie.

En ce genre toutefois il faut admettre qu’il est des degrés ‘‘du médiocre au pire.” Dans l'intérêt général nous pouvons, nous devons critiquer. Mais gardons-nous

de mébpriser ou de décourager ces manifestations d’un art naissant. N'oublions Pas que les premiers grands peintres de l’école flamande ne furent que d’humbles artisans, les successeurs de gens qui n'avaient guère plus de mérite artistique que nos décorateurs. Le genre trop nébuleux de l’Allemagne se mêlant aux imperfections du dessin français chargé d’inutiles détails donnait souvent à leur travail un effet grotesque, de même que chez les nôtres le mauvais goût emprunté à nos voisins vient souvent déparer ce que l'inspiration naturelle de l’artisan pourrait avoir d’agréable, malgré les imperfections. En examinant sans parti pris, nous devons admettre que quelques-uns des édifices qui ont passé par les mains de ces ouvriers sont joliment décorés. Leur travail est meilleur que celui du même genre tenté ailleurs en Amérique, en autant du moins que nous avons pu le constater. Parmi eux, de loin en loin, surgiront de véritables peintres, statuaires, architectes, et Presque tous pourraient devenir des artisans supérieurs s'ils étaient instruits et convenablement dirigés. Cette réflexion revient toujours comme le refrain d’une chanson.

‘“‘Personne plus que moi, écrit l’abbé Lindsay, de Québec, n’est convaincu du talent artistique de l’ouvrier canadienfrançais. Il me semble que c’est surtout dans la sculpture du bois quil excelle; et je crois que Québec est le foyer de cet art particulier. Le peintre Wickenden, dont on peut admirer plusieurs tableaux à l’archevêché, en a été frappé. Mgr de Laval, qui avait établi à Saint-Joachim une école d’art et d'industrie pour laquelle il fit venir de

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bons professeurs, est à mon avis l’initiateur de ces traditions artistiques. Plusieurs de nos anciennes églises, comme celles de Saint-Joachim, de l'Ange-Gardien, de la Rivière-du-Loup (en haut), des Ursulines de Québec, contiennent d’a‘lmirables sculpturesen bois qui remontent au commencement du XVIIIe siècle. Les sculptures de la Basilique de Québec, dues aux Baillargé, sont fort bien exécutées.” Cette tradition artistique que constate l'abbé Lindsay et qui paraît prendre sa source dans une école fondée il y a deux siècles, confirme bien les paroles que prononçait Etienne Parent, en 1848: ‘Mettez notre peuple, par la culture de l'esprit, en état de goûter les belles choses et d'apprécier les grandes, et rassurez-Vous sur son avenir.”

En essayant de mettre en lumière les manifestations spontanées du goût des arts industriels, parmi les Canadiens-français, nous devons autant que possible éviter les points qui ne sont pas essentiels à la démonstration. C’est pour cela que nous ne parlerons pas des corps de métiers dans nos villes, organisations très dignes d'attention, ni des industries domestiques, dont les . produits hautement estimés deviennent malheureusement de plus en plus rares.

Nous ne nous attarderons pas davantage sur une multitude d'exemples isolés, lesquels auraient plus d'importance s’il s’agissait de défendre une proposition contestée. Or nous n’avons la prétention ici que de grouper, pour en tirer une conclusion, quelques faits que le lecteur

admettra. Dans cette matière trop abondante il faut aire un choix, et ce choix doit porter de

À une époque où l’enseignement Commercial était à peu près inconnu Parmi nous, un collège du district de Tr ses élèves aux emplois de

Après qu’on eut donné 1

de la ville,

toutes anglaises, naturellement, et n'ayant que des

employés anglais, leur offrant des commis Compétents, de

langue française. L'offre fut si généralement acceptée que

tous les élèves sortant de l'institution trouvèrent aussitôt

à se placer. Ce fut là le début de l’enseignement

C’est par cette Porte que nous

Commerciale qui, jusqu'alors,

nous était restée fermée; et nous vimes apparaître le

Commis-marchand Canadien-français devenu aujourd’hui par le nombre une Puissance dans nos villes.

Mais le commerce, pour important qu’il soit bien Certainement, n’est Pas la fin de notre étape. Cette fin ’industrie vers laquelle nous porte

talents de notre Peuple pourront

librement se développer. Nous devons Continuer en Amérique la tradition française, cultiver les facultés que

nous tenons de notre mère-patrie. ‘Nous ne sortons pas de la barbarie,--dit encore M. Bourassa, déjà cité, —nous nous sommes tout simplement éloignés de la civilisation. Aventuriers, nous sommes venus chercher fortune et fonder de nouvelles sociétés avec les éléments primitifs de celles dont nous sommes sortis.

“A mesure que notre vie devient meilleure, nous demandons au berceau de notre sang et de nos croyances ses raffinements intellectuels, ses corruptions avec 8e8 splendeurs. Nous n'avons pas le choix de créer une nouvelle civilisation, nous pouvons tout au plus espérer de donner une physionomie un peu différente à celle que nous avons reçue. Notre art et notre devoir, c’est l’éclectisme, la recherche du meilleur. Tant pis si nous choisissons mal. Nous y sommes bien exposés. Au lieu d’être en progrès sur la civilisation mère, nous pouvons facilement n'être qu’une décadence... Le génie de notre race a fait de nos pères, en Europe. les maîtres du goût: conservons ici cette maîtrise dans toutes les chaires des sciences, dans toutes les expressions de l’art. Cela ne tient qu’à nous.” x

Ces belles paroles, écrites il y a déjà plusieurs années, sont encore aujourd’hui pleines d'actualité. Oui, efforçonsnous de devenir les continuateurs de cette France, mère des arts industriels, fondatrice de la grande industrie. Si depuis un siècle, grâce à des circonstances fortuites, grâce à la houille surtout, d’autres peuples ont pu fabriquer en plus grande abondance, en revanche l’histoire nous enseigne, les constatations de tous les jours nous confirment

qu'aucun Peuple ne sait fabriquer avec une aussi grande perfection. L'Angleterre, malgré sa vaste industrie, l'Allemagne et les Etats-Unis, en dépit de leurs barrières aouanières quasi infranchissables, Pour tout ce qui se fait de plus beau et de Plus rare, sont les tributaires de cette race qui la première en Europe tissa la soie. Et qu'on le remarque bien, il n’est Pas ici question de tableaux ou de statues, œuvres d'artistes, mais des produits inimitables de l’art industriel français: tissus de soie et brocard, tapisseries des Gobelins dont l'institution remonte à 1450, tapis-savonnerie, d’origine Presque aussi ancienne et qui vont sans cesse se £..fectionnant. Ces tapis se vendent souvent plus de milie dollars le mètre Carré,

Chiffre qui n’étonne pas lorsqu'on sait qu’un mètre de tapisserie représente quelquefois le travail d’une année et qu’il entre dans ces Compositions jusqu’à quinze mille nuances différentes.

A côté de ces tissus miraculeux de soie et de laine viennent se placer les merveilles de la céramique, sèvres inestimables, émaux précieux. Mais l’industrie française est pratique aussi. Elle produit en grande quantité des objets plus à la portée des bourses ord au coin du bon goût et d’ font partout rechercher

ines sont toutes deson invention. 11 manie l'acier aussi artistement que le

chiffon, et si l'Angleterre dans les Himalayas, la Russie dans la Sibérie veulent ouvrir des routes militaires dignes des Romains ou de Napoléon, c'est à lui qu’elles confieront la fonte scientifique et précise des pièces des viaducs et des ponts.

Nos compatriotes ne sont pas seulement d'excellents ouvriers industriels; ils peuvent fournir des contremaîtres et des ingénieurs de haute valeur et surtout des patrons d'industrie prudents, audacieux et éclairés. Mais il faut pour cela que l'opinion publique admette, en principe, le développement des industries de la province française par des Canadiens-français. Il est remarquable que ce principe n'est pas encore adopté par la population. S’il l'etait, lerégime forestier qui régit la province depuis de si longues années ne pourrait pas se maintenir; le peuple s’insurgerait contre un tel étac de chose. Mais pour que l'opinion se manifeste ainsi fortement, il faut que notre peuple acquiert quelques qualités sociales qui lui manquent et qu'il trouvera assez développées chez nos compatriotes de langue anglaise.

A cela pris la race française du Canada possède toutes

les qualités nécessaires pour réussir dans ces carrières. Il est même possible qu'elle reprenne au siècle actuel la prépondérance industrielle.

Nous savons également que le développement de la grande industrie en Canada est très possible, puisqu'on y trouve en abondance la matière première et la force motrice pour les machines. A ce point de vue Québec est

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ment du Canada français. On peut sans témérité prédire un brillant avenir Pour l’industrie Canadienne le jour où tous ces ééments seront mis en action. L

écla.ants qu’en Flandre, où l'industrie, le commerce et l’art atteignirent un développement inouï sous la double influence allemande et française,

Le développement des provinces flamandes et braban- Sonnes a été arrêté par le défaut d'espace et de territoire, Sans ces entraves elles seraient sans doute devenues le noyau d’une des plus Puissantes nations de l'univers; elles sont, malgré ces désavantages, rangées parmi les

Plus illustres et les plus glorieuses. Nous avons, nous

Canadiens, à utiliser à peu près les mêmes éléments sociaux,

publics qui ont fait appel aux préjugés contraires sont bientôt rentrés dans l'obscurité. Ce sont les partisans de la paix, de l'harmonie, de l'union qui ont toujours, dans notre pays, obtenu et conservé la confiance populaire. Résultats politiques invariables qui doivent nous faire comprendre que rien en dehors de nous ne s’onpose à notre avancement.

Cette puissance industrielle que nous venons d'entrevoir c'est un héritage que nous avons à recueillir, un talent que Dieu nous a confié pour que nous le fassions fructifier. Allons-nous, comme le serviteur infidèle de l'Evangile, l'enfouir sous terre et encourir la punition des peuples qui restent sourds à la voix de la Providence? Allons-nous, en dédaignant ce don du ciel, détruire notre idéal, tarir la source de nos « oires, brûler la pépinière dont sont sortis nos grands hommes, en élevant des générations qui, faute de carrières, grandiront dans l'indifférentisme, l'oisiveté, l’ivrognerie et toutes les odieuses immoralités qui aboutissent au -“rétinisme et à l’anéantissement? Ce serait une impiété de le supposer, surtout en ce moment où nous sommes témoins des magnifiques résultats que, produit la science industrielle appliquée à l’agriculture.

Mais ce n'est là qu’un premier pas.

Il faut ceindre les Laurentides d’une couronne de fabriques. Qu'’elles deviennent les puissantes assises d'une civilisation qui s’alimente également des arts agricoles et des arts industriels, dont la pensée revêtant les innombrables formes de l'inspiration populaire et

DU CANADA FRANÇAIS iii

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rons. Nous ne sommes

question de simple prospérité

Il ne s'agit nullement d'enrichir quelques dement des dollars

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