DURANT
mot. Le devoir de la nt, serait de Provoquer Points avantageux, sur.
trouver des chûtes d’eau
d’avance à Pratiquer u Suivant: chaque colon ordinaires d'établissem un titre, disons à deux
Les bois provenant de cette coupe, lesquels feraient partie de leur récolte annuelle, les colons s’engageraient à ne pas les vendre directement, mais à les porter à ja fabrique qui serait établie dans leur voisinage et dont ils seraient les actionnaires. Cette fabrique, conduite par un homme entendu et soumise aussi à l'inspection, ne fabriquerait, la plupart du temps, que le bois à pâte et ses produits secondaires. Ce ne serait, à proprement parler, dans bien des cas, qu’une scierie, dont les colons ainsi groupés seraient conjointement les propriétaires ou les patrons, pour une époque déterminée.
On pourrait limiter les baux, lorsqu'il s'agirait d'une chôûte d’eau, à trente, cinquante ou quatre-vingt-dix-neuf ans, comme on le jugerait à propos mais il faudrait que, dans un temps déterminé, la force hydraulique fit retour au domaine public; après quoi le gouvernement serait libre de renouveler le bail aux conditions que dicterait l'intérêt général. Seules les terres agricoles doivent faire exception à cette règle, et encore à la condition immuable qu'uneproportion déterminéede ces terres reste en forêt et en coupe réglée. Sans doute, la loi de ce chef devra avoir une certaine élasticité; il faut prévoir les mutations et surtout les divisions de la propriété. L'essentiel, dans l'intérêt des individus comme du public, c'est que la permanence de la forêt et de la production forestière soit maintenue; que l’industrie forestière soit active et une source de prospérité générale.
Au bout de quelques années et lorsque l'éducation populaire en la matière serait faite, cette loi maintenant
la permanence de la forêt fonctionnerait Partout d'elle. même, par Ja force de l'opinion, comme toutes les lois fondamentales du pays. On ne songerait pas plus à détruire ou à voler la forêt qu’à tuer ou voler les bestiaux et les moutons dans les champs.
La tâche de la société des industries forestières, très Pénible au début, parce qu’il lui faud:
foule de détails élémentaires et publ'que, deviendrait bientôt plus agréable, Elle resterait libre de s’occuper des autres branches du développement industriel et sa surveillance générale ne serait plus qu’une question d'administration régulière. Elle Pourrait dès lors donner toute Son attention à l’industrie Proprement dite.
pidement; Chaque dès le début, la vie assurée et Il pourrait,
si cela lui
Rien dans la loi ne l’emencore la Société inter-
au Canada, des marchés plus
L'INDÉPENDANCE ÉCONOM IQUE
avantageux, soit en surveillant les taux de transport sur les voies ferrées, lesquels, présentement, n'offrent aucun avantage à la fabrication domestique, soit par d’autres moyens qui seraient à sa disposition.
Cette matière première, produite en abondance et à des rix raisonnables et stables, par les syndicats de colons, serait donc dirigée vers les fabriques canadiennes qui trouveraient un grand avantage à n'avoir pas à s'occuper elles-mêmes de la coupe du bois. Le directeur d'une de nos plus grandes exploitations nous faisait précisément cette remarque, il y a peu de temps. Ilse plaignait qu'il était obligé de concéder la coupe du bois à pâte à forfait, et que cela détériorait ses “limites.” L'industrie y trouverait donc aussi son compte. Elle pourrait se lancer dans des entreprises plus considérables, étant assurée d’une source intarissable de matière première. Tout, en effet, serait systématisé et régularisé.
La société des industries forestières, dans son effort pour écouler avantageusement les produits des syndicats agricoles de bois à pâte et d’autres matières premières, grait naturellement portée à donner une attention spéciale aux pulperies proprement dites et aux établissements de fabrication supérieure. Encouragées par cet immense avantage d'une matière première abondante et régulière et par les autres qu’on leur offrirait, et qui découleraient du système même, ces fabriques surgiraient probablement en grand nombre. Les unes proviendraient de l'initiative de capitalistes indépendants, les autres
DU CANADA FRANÇAIS 263 a
seraient les créations des élèves sortant des écoles d'industrie forestière et ayant accepté les avances des caisses de crédit industriel, ainei que les conditions qui y seraient attachées. Ces conditions n'auraient Pour but que d'assurer l'excellenc de la fabrication, la permanence de l’industrie, et aussi, naturellement, une garantie raisonnable pour !c: Sonimes avancées. Mais toutes profiteraient éfaieme, t des incessantes recherches de la Société des industries for tières, toutes bénéficieraient de la publicité ct des “vautafe; jénéraux que cette Organisation donnerait à | industrie entière, ()
A côté de l’industrie fore itière surgiraient bientôt une foule d'autres industries, particulièrement celle de la métallurgie électrique. Nous verrions de nouveau les chantiers de Construction maritime Prospérer sur les borde du Saint-Laurent. Grâce à elle, la marine commet iule Canadienne,—sans parler des avantages qui en r :ajteraient pour la marine militaire— prendrait rang Pürmi les plus importantes du monde, et nos marins, les plis bustes et les plus hardis de l’univers, transporteraieut sui: nos vaisseaux, aux quatre coins du monde, les produits de notre industrie, Et ces produits seraient supérieurs aux autres produits du même genre fabriqués ailleurs, parce
(1) I1 me semble presque oiseux de faire remarquer combien tout cela serait avantageux pour le trésor public. Le $ouvernement, qui serait en partie le créateur de cette richesse, aurait acquis le droit de détourner un filet, bien mince relativement aux résultats généraux, mais immense dans la pratique, vers l'école, vers les chemins de colonisation, vers l’encouragement des arts, etc.
que nous aurions au Canada ie monopole d'une matière première abondante et à bon marché, un système de production scientifique et économique, et, enfin, une population ouvrière d'élite combinant les qualités artistiques du génie français avec les qualités pratiques du génie anglo-saxon.
1: système d'organisation industrielle que nous venons ainsi d’esquisser offre l'avantage de ne rien déranger de ce: qui existe actuellement et de ne léser aucun droit acquis. Personne ne pourrait s’en plaindre, ni le cultivateur, ni le colon, ni le commerçant de bois. La loi n’aurait pas d'effet rétroactif. Le colon, déjà établi au moment de sa promulgation, ne serait pas tenu à la coupe réglée sur son
lot. S'il adoptait ce système par la suite, ce serait parce qu’il en aurait compr'" les avantages. De même, rien ne l’empêcherait de curt:nuer à vendre son bois précieux aux Américains, si tel était son bon plaisir. Il cesserait graduellement de le faire, sans doute, mais ce serait pour la raison qu'il trouverait un meilleur marché à sa porte.
De même, le commerçant continuerait de régner dans ses coupes de bois, diminuées cependant par les progrès rapides de la colonisation. Il ne faut pas oublier, en effet, que les groupements de colons pourraient se faire légalement sur les terres concédées pour la coupe, et que même l'enlèvement du bois d'œuvre par le commerçant, si celui-ci se conforme à la lettre de la loi, ne pourrait retarder que de quelques années la mise en coupe réglée des terres ainsi prises par des groupes de colons aux conditions
Mais lorsqu'il s’apercevrait qu'il Jui est désormais impossible d'obtenir de nouvelles concessions aux conditions anciennes, il Commencerait à exploiter avec plus de précaution, il aurait plus soin de la forêt source de sa fortune, il prendrait la peine de l’entretenir quelque
peu. Avec l’ingénuité qui nait de la nécessité, il supplée-
rait à la diminution de ses revenus par des économies dans
l'exploitation, qu’il avait jusqu'alors jugées inutiles. Peu evrait qu'avec des s0
rapporte davantage et qu
améliorée. Dans bien d
e de ne pas vouloir s’isoler du mouvement général; il deviendrait lui-même manufacturier,
Mais, même si le Commercant de bois se Ccntentait de son ancienne exploitation, il cesserait bientôt d'être dangereux. Grâce au nouvel esprit qui présiderait à la mise en force de la loi qui le ré it et par suite de la diminution rapide de ses Concessions envahies par les syndicats de colcns, son influence se trouverait très amoindrie.
S’il est vrai, comme nous le croyons, que le commerçant de bois, dans la province de Québec du moins, est, économiquement parlant, un obstacle au progrès, ce n'est pas sur lui que doit en retomber la faute. Le commerçant ne s’est jamais piqué d’être patriote, il n’a pas prétendu travailler pour l'avenir. Il a acheté nos forêts puisque nous voulions bien les lui vendre, il les a revendues en détail le plus avantageusement possible pour lui-même. La marche des choses est seule responsable de la situation actuelle et il serait injuste d’en faire peser la responsabilité sur les hommes, les partis ou les institutions. Au moment où l’on a commencé à concéder des coupes de bois, personne ne pouvait prévoir l'importance que prendrait par la suite l’industrie forestière.
Ce n'est que récemment que l'opinion a commencé à s’émouvoir à ce sujet, dans nos anciennes provinces. Elle se trouve en présence d’un système depuis longtemps établi et qu'il est difficile de changer brusquement, et d’un groupe de privilégiés qui exercent naturellement une grande influence. C’est un état de choses malheureux, il est vrai, mais en somme normal et légal. Cette influence des commerçants de bois peut nous sembler regrettable au point de vue de la forêt et de la colonisation, mais on peut déjà en voir le terme. Aussi n'est-ce pas de ce côté que se trouve le plus grand danger. L'influence illégale qu’exercent les trusts aux Etats-Unis et qu'ils commencent à exercer ici, est bien autrement redoutable.
Nous savons tous que de l’autre côté de la frontière, ces grandes combinaisons de capital tiennent dans leurs mains
Vingt-sept Etats et Etats-Unis ont pro-
Y ont pourvu dans leur Constitution même. Outre ces mesures spéciales dans chaque Etat, il y a les lois fédérales Contre les trusts, le Sherman Act, 1890, la Interstate Commerce Law, 1887, et autres encore. Cela fait en tout une cinquantaine de lois Promulguées aux Etats-Unis contre les trusts, les déclarant illégaux, infligeant des pénalités, etc. Cela n'empêche pas ces organisations d'opérer en toute liberté, de commettre sans cesse de grandes injustices, de tyranniser le public enfin. Les trusts, en effet, se moquent de la loi; ils passent outre sans difficulté, et les législateurs sont aCcommodants. Comment résister à de telles Puüissances! Nous comprendrons combien cela est difficile en examinant ce qui se passe chez nous. Parcourez nos statuts et vous vous demanderez Pourquoi l’on avise de demander des réformes en face de dispositions aussi Sages et aussi justes. Ces sages et justes lois ont-elles jamais protégé efficacement la forêt et le colon? Des lois de cette nature restent sans valeur si ceux qui doivent en profiter ne s'organisent PAS aussi puissamment que ceux qui ont intérêt à Les rendre inopératives. Pour Protéger nos forêts et les ouvrir à l'exploitation nationale, pour Protéger nos terres publiques et les ouvrir au colon, il nous faut donc une organisation plus puissante que le trust.
Mais si d’un côté le trust entrave les libertés publiques et individuelles, l’évolution économique dont il est la manifestation ne s'arrêtera pas, parce qu’elle est nécessaire. Nous l'avons vu dans une étude précédente, le trust, malgré ses griffes, est à tout prendre et au point de vue purement économique, un progrès; c’est ce qui fait sa force. Il faut donc, pour lui résister, le combattre avec ses propres armes. Nous pourrons le faire en adoptant ce qui est vraiment bon et progressif dans le système du trust, c’est-à-dire sa puissante organisation industrielle, mais en écartent ce qui est dangereux.Or la combinaison industrielle qui nous paraît le plus propre à atteindre ce but serait celle qui aurait pour base une Société des industries forestière telle que nous la concevons.
Qu'on ne s’imagine pas que nous voulons ici remplacer un mal par un mal plus grand, en supprimant parmi nous l'initiative individuelle et la concurrence. L'on verra par la suite que la mise en œuvre de l’idée que nous développons ne nuirait en rien à la liberté individuelle des personnes et des sociétés qui feraient partie de l’organisation. Entendons-nous cependant. Il est vrai que les combinaisons industrielles, même les meilleures, ont un effet considérable sur la concurrence. Le trust s'efforce de la supprimer, le cartell la modifie et la régularise, ce qui est bien différent.
Il n’est pas prouvé que la concurrence intense et dépassant certaines limites est un bienfait pour l'industriel ou même pour le public. On pourrait même soutenir le contraire. La concurrence outrancière donne lieu à
d'énormes &aspillages et à une déperdition considérable de la force productive. Elle augmente les frais de fabrication et de vente et fait. Par conséquent, hausser les prix que paie le consommateur. Expliquons notre pensée par
mmerce de liqueurs, aux Etats-
marché. Que dire des
{1 est impossible d’in-
Page pleine, dans une Magazine ou une
revue pour moins de $200, et cependant l’on ne peut ouvrir
une revue américaine ou anglaise sans Y trouver ces annonces par centaines.
La fonction réelle des combinaisons de capitaux c’est d'éviter en grande partie les Saspillages de la Concurrence, €n organisant le plus avantageusement possible l'énergie industrielle. Elles y parviennent en assurant les arrivées régulières des matières premières, fabrication,
comprendre l'idée qui a présidé au projet que nous essayons d'expliquer dans cet ouvrage:
“Quel que soit le pays où s'est porté notre observation; queile que soit la nature des syndicats de producteurs que nous y avons rencontrés; partout, une cause déterminante générale nous est apparue comme leur origine commune. C'est la concentration industrielle et commerciale nécessitée par l’évolution économique moderne qui contraint en quelque sorte les industriels à se rapprocher les uns des autres, à unir leurs efforts pour se mettre à la hauteur des circonstances nouvelles.
“Là même où les syndicats industriels donnent lieu aux
abus les plus graves; là où ils excitent les méfiances les plus justifiées; là où la loi elle-même cherche à empêcher leur création, aux Etats-Unis, nous voyons leur marche triomphante se poursuivre avec un caractère pour ainsi dire fatal. Bon gré mal gré, les usines indépendantes sont obligées de se soumettre à la domination des trusts ou de disparaître.
“L'ancienne organisation industrielle et commerciale se prêtait bien à l'isolement des producteurs: chacun travaillait pour soi et uniquement pour soi, cherchant à se créer puis à se réserver une clientèle, luttant avec quelques concurrents placés dans des conditions analogues, mais sans grande préoccupation de l'équilibre général entre la production et la consommation.
“Ilétait difficile aussi d'atteindre des marchés éloignés; par suite, la sphère d'écoulement des produits fabriqués
d’une usine donnée était forcément restreinte; par suite aussi, chacune de ces sphères se trouvait isolée de la sphère voisine.
avantages en s’unissant,
vue : ntes les unes des a yndiquer, Pour la vente de leurs produits. , , Ce n'est pas tout: les grands pays industriels, pourvus de moyens de production très supérieurs à leur Consommation Personnelle, cherchent des débouchés au dehors. C'est l'intérêt commun de tous les fabricants d'un même objet de trouver ces débouchés. Et comme l'opération est coûteuse, comme elle exige des sacrifices et Comporte ces aléas, un syndicat puissant sera mieux en mesure de la conduire qu'un industriel isolé,
“L'évolution économique moderne, en donnant à la Production une élastici té inconnue jusqu’alors, en élargis- Sant les anciennes sphères d’écoulement des produits, a créé des intérêts Communs à de grandes catégories de fabri- Cants. Elle a fait de la Concentration industrielle une
nécessité. Elle a porté la concentration commerciale à un degré encore plus élevé. Elle est bien la cause universelle des syndicats de producteurs."
De tout ce qui précède, et c’est, croyons-nous, un résumé -mpartial de toutes !#s opinions autorisées, il découle les zonséquences que voici:
L'union des producteurs pour la défense de leurs intérêts communs est une nécessité démontrée de l’industrie moderne; sans elle l’industrie se trouverait affaiblie et compromise.
Cette union entre ceux qui exercent un même genre d'industrie doit porter sur : 1o l'obtention avantageuse des matières premières; 20 l'excellence de la fabrication; 30 la facilité des débouchés.
Cette union, cette discipline volontaire à laquelle se soumettent ces producteurs ne nuit pas essentiellement à leur initiative et à leur liberté individuelle.
Cette union est bienfaisante pour les ouvriers autant que pour les patrons, puisqu'elle assure la stabilité du travail et du salaire, et favorise l'organisation légitime des ouvriers, laquelle devient aussi nécessaire que l’organisation de l’industrie elle-même. (1)
(1) 11 n’est pas nécessaire de dire que l'organisation vraiment utile à l’ouvrier et à l’industrie n'est pas celle qui existe trop souvent de nos jours et dans notre pays. M. Maurice Schwob, dans son livre: “Avant la Bataille’, déjà cité, explique ce que c'est que ia vraie organisation ouvrière. Tout son ouvrage est à lire, et nous regrettons de ne l'avoir lu qu'après que ces études fussent en grande