UN MOT SUR LA QUESTION SOCIALE
Importance de la question sociale. — Il est du
DEVOIR DE TOUS LES CITOYENS DE S’EN OCCU¬ PER. — Le SOCIALISME THÉORIQUE ET LA VÉRITABLE SCIENCE SOCIALE. — La CONSTITUTION CANADIENNE EST DE NATURE À FACILITER LES SOTUTIONS
sociales. — Rôle des gouvernements provinciaux.
DANS la précédente étude nous avons parlé de la nécessité de rechercher les meilleures solutions de la question sociale moderne, pour les appliquer à notre pays. C’est dire que nos études se borneront pour le moment à une partie bien restreinte des questions importantes qui agitent de nos jours le monde civilisé. Dans les limites circonscrites de notre société encore en formation, il est permis d espérer que nul obstacle insurmontable ne s’opposera à une solution avantageuse. Cependant nous ne devons pas nous flatter de la trouver du premier
coup. Elle se fera peut-être longtemps attendre. C’est pour cela qu’il est urgent que nous nous familiarisions avec les difficultés quelle présente et que nous prenions les devants en tout ce qui intéresse notre avenir.
Pour avoir une idée de la grandeur et de la multiplicité de ces difficultés, il suffit de jeter un coup d’œil sur ce qui se passe ailleurs. Nous voyons des sociologues et des économistes qui ne s’entendent pas sur les principes, encore moins sur les solutions, ne s’accordant que sur un point : c’est que la civilisation occidentale, c’est-à-dire celle des races d'origine européenne, entre dans une phase nouvelle et inconnue. L’œuvre sociale inaugurée au dix-huitième siècle est à peu près terminée. Dans les pays d’Europe et d’Amérique l’esclavage et le servage n’existent plus. Il n’y a plus guère de classes privilégiées devant la loi. Presque partout, même en Russie, le despotisme a fléchi devant le système représentatif, au moyen duquel le peuple dicte ou croit dicter ses lois ; ce qui, souvent, n’empêche pas la populace d’avoir faim. Les classes moyennes émancipées ressentent déjà la poussée des masses prolétaires. Celles-ci sont encore souffrantes, mais non plus impuissantes ; elles ont l’arme du suffrage, la clarté encore faible et vacillante d’une instruction imparfaite et qu’une saine éducation ne vient pas encore diriger. Le peuple organisé se
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dresse partout en face du capital qui s’organise à son tour, et du choc redoutable de ces deux forces opposées il résulte tout d’abord, parmi les nations les plus nombreuses, une expansion industrielle qui submerge tous les antiques points de répère de la société et prépare l’univers à la révolution nouvelle. L’effort intense de la lutte sociale, se manifestant sensiblement dans le merveilleux développement des sciences pratiques, nous fait voir en même temps combien cet effort est utile et nécessaire aux civilisations humaines. Enfin, les fortunes individuelles s’accumulent toujours plus grandes, et l’état de dépendance des travailleurs, état qui conduit fatalement à la misère publique, devient de plus en plus insupportable à mesure que les masses plus policées, comprennent mieux leur force et sentent croître leurs besoins. Et c’est sur le continent américain et tout près de nous que tout cela se fait le plus vivement sentir.
Nous voyons des publications relativement conservatrices, comme la North Américain Review, proclamer que les grandes fortunes sont une calamité publique et que personne aux Etats-Unis ne devrait jouir d un revenu plus considérable que le traitement du président de la République.
Voici l’argument dont on appuie cette thèse : Les lois sur la propriété ne reposent que sur l’avantage
général, car en fin de compte, un pays appartient à tous ses habitants et non pas à quelques-uns seulement. Or, dans un pays libre, ce sont les votants qui décident de la distribution de la propriété. Comme l’a dit Daniel Webster, il n’est pas possible que le prolétaire soit favorable à une loi qui met entre les mains de son voisin des valeurs qui dépassent énormément les besoins de celui-ci.
Telle est, en quelques mots, la situation économique moderne et l’état dame du prolétariat dans presque tous les pays, sans en excepter le nôtre. Et qui oserait dire qu’au fond des aspirations ainsi manifestées, il ne se trouve pas des éléments de justice ?
Ces phénomènes, que les économistes classiques n’ont pas su prévoir, les jettent, il faut le dire, dans un véritable désarroi. Distancés par l’évolution sociale, ils font pour la rattraper des efforts qui manquent quelquefois de dignité. D’autre part, les socialistes; ceux de l’école de Karl Marx surtout, triomphent, car ils se sont montrés, eux, meilleurs prophètes- Ont-ils donc raison lorsqu’ils nous disent que l’évolution moderne doit nécessairement aboutir au socialisme d’Etat ? Comme proposition abstraite, l’idée de l’Etat propriétaire du capital industriel d’une nation ne semble ni immorale ni anti-sociale. Cependant, les hommes les plus éclairés nous disent qu’un tel état de choses aboutirait à une immobilité
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rappelant la stagnation chinoise, les populations étant privées du stimulant de l’ambition. Aussi n’insiste-t-on pas trop sur ce concept socialiste absolu. Les plus avancés, en Angleterre, se contentent, pour le moment, de la reconnaissance officielle des trade-unions et du contrat collectif du travail. En France, on demande le salut à un système coopératif, en vertu duquel les ouvriers deviendraient eux-mêmes les patrons industriels. La même tendance se manifeste aux Etats- Unis, mais elle y est moins accentuée
Au fond de tous ces projets de réforme sociale on retrouve une même pensée qui ne manque pas de grandeur, puisqu’elle est altruiste et fraternelle, c’està-dire chrétienne. L’homme, s’écrie-t-on avec Ruskin, est aujourd’hui quelque chose de plus qu’un animal égoïste et accapareur, et le sentiment de la solidarité humaine suffira pour inspirer aux peuples de sages solutions sociales. Peut-être a-t-on raison. Ce rêve se réalisera sans doute. Mais le moment de son accomplissement est-il venu ? Les masses sont-elles socialement assez avancées pour se passer d’une direction patronale ? Voilà ce qui est douteux et voilà d ou pourrait naître le danger si une orientation fausse venait à prévaloir parmi les fourmillières humaines qui peinent sur les deux continents, et même si quelque principe vrai était saisi et torturé par des visionnaires sociaux. Il ne faut pas un grand effort
d’imagination pour se représenter les bouleversements terribles auxquels cela pourrait donner lieu. C’est sans doute la science sociale, c’est-à-dire l’observation méthodique des sociétés, qui fournira les véritables données du problème et qui permettra de le résoudre un jour définitivement. (1).
On ne nous accusera pas d’exagérer l’importance de la question sociale, on conviendra du devoir qu’ont tous les peuples, et surtout les classes dirigeantes, de s’en occuper sérieusement, si l’on veut bien se souvenir de l’attention spéciale que lui accordait Léon XIII. Son successeur au trône pontifical partage assurément ce souci, puisqu’un de ses premiers actes a été de résumer les grandes encycliques sur la question sociale. De graves considérations ont inspiré ces actes importants. Les divers gouvernements du monde l’ont bien compris et ils ont tenu à donner à ces mo-
(1) Pour se convaincre des dangers réels qu’offre l’état social existant dans la république voisine, on peut lire le livre de M. Paul Ghio, “L’anarchisme aux Etats Unis.” On peut y voir comment un faux altruisme conduit souvent à de dangereuses absurdités, et même à l’anarchisme intellectuel ou insurrectionnel, à la démolition de toute société civilisée par le livre ou par la bombe. Les conclusions de l’auteur méritent d’être méditées, puisqu'il y dit que l’Amérique précédera l’Europe dans la voie de la réforme sociale. C’est nous dire à nous Canadiens que nous avons le devoir de coopérer activement à l’œuvre sociale et de chercher à lui imprimer une saine direction.
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numents de science catholique toute la publicité possible.
Mais la plupart des socialistes sont, eux aussi, très sérieux. Il ne faut pas révoquer en doute leur bonne foi ni condamner sans les examiner toutes leurs théories. Les forces imposantes qu’ils déploient en Allemagne et en France prouvent bien qu’il va falloir bientôt compter avec eux. Ce serait d’autre part une profonde erreur que de croire qu’ils ont peu d’adeptes dans les pays anglo-saxons.
Voici ce qu’il en est pour l’Angleterre. En 1895, M. Robert Blatchford, directeur du journal Clarion , publié à Londres, lançait un livre socialiste qui était en fait une tentative de réponse aux Encycliques. Il s’en vendit 875,000 exemplaires, la première année, en Angleterre ! sans compter un nombre immense aux Etat-Unis. De tels faits se passent de commentaires.
Il est donc de toute évidence que nous devons nous occuper de la question sociale et économique. Nous devons nous efforcer de trouver les solutions qui conviennent à notre pays. Donner à notre peuple l’organisation qu’il lui faut pour le rendre apte à produire et capable de se défendre, n’est-ce pas là pour nous la mission la plus sacrée ? Pour cela, il ne suffit pas de lire, il faut surtout penser par nousmêmes. “ L’Economique, dit M. Edgard Milhaud, de Genève, doit dégager des phénomènes leurs lois.
montrer, par delà le donné empirique, ses causes. A cet effet, après l’observation et la constatation, la généralisation et l’induction sont nécessaires. Comment généraliser, induire, établir des lois ? Dans les sciences physiques, d’après l’observation de certains faits, on détermine au moyen de divers procédés expérimentaux, les lois qui les régissent. En économie politique, dans la plupart des cas, il est impossible d’expérimenter, et cela l’est surtout lorsqu’il s’agit de découvrir les éléments. Comment faire alors ? C'est ici qu intervient l’activité pure de l’esprit, son travail propre sur les données de l’observation, l’exercice de ses facultés abstractives.” C’est cette raison, ce sens commun pratique que nous devrons appliquer à notre travail si nous voulons étudier avec fruit les besoins sociaux et économiques du Canada.
Les économistes de la nouvelle école anglaise nous disent que les difficultés de l’heure présente — difficultés qui, chez nous, n’ont pas encore atteint la période aiguë — tiennent à ce que l’évolution démocratique n’est pas encore complète. La libération politique des masses est un fait accompli, ou peu s’en faut ; leur libération sociale ne fait que commencer. Il est facile de constater, en regardant autour de nous, la vérité de cette observation. Ainsi, il serait absurde de prétendre que dans notre organisation sociale actuelle, tous les hommes jouissent de conditions égales au dé-
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but, et que tous peuvent espérer d’atteindre la situation que comportent leurs talents.
L’ancienne doctrine du “ laisser faire ” inventée par Quesnay et adoptée d’une façon moins absolue par Adam Smith, ne suffit plus. Les générations futures souriront à la pensée que nous regardions notre système actuel comme celui de la libre concurrence, où chaque homme peut arriver à occuper la place qui lui convient et où il peut exercer ses facultés dans leur plénitude sans être arrêté par les difficultés extérieures. Peut-être l’humanité n’atteindra-t-elle jamais cet état idéal, mais elle peut au moins aspirer à s en rapprocher, de même que dans les associations religieuses on tend vera la perfection divine sans prétendre en approcher sensiblement. A l’heure qu’il est le très grand nombre entreprend la lutte dans des conditions qui rendent la réussite absolument impossible, quels que puissent être d’ailleurs le mérite et le talent naturel de l’individu. On a dit souvent et avec raison, que les occupations où une instruction supérieure est requise, deviennent de plus en plus nombreuses. On oublie que dans les conditions actuelles de la société, tout le monde n’est pas en mesure d’acquérir cette instruction spéciale. Les privilégiés, les riches seuls peuvent y avoir accès. La règle d’exclusion pour les masses demeure donc aussi rigoureuse qu auparavant. Dans l’état actuel des esprits, cela ne
saurait durer. Les hommes, individuellement et collectivement, se révoltent contre les infériorités artificielles dès qu’ils se sentent assez forts pour les faire disparaître. (T).
Les économistes dont nous analysons ici la doctrine tirent de ce qui précède des conclusions qui paraissent justes. Pour rendre la situation meilleure, pour continuer l’évolution qui est la tendance caractéristique de notre civilisation et sans laquelle elle devra nécessairement rétrograder, il faut rendre plus élastiques les principes anciens de la science et
(1) Cette remarque ne s’applique pas aux individus seulement. Il s’en trouve des exemples singuliers dans les rapports entre les peuples. On se demande quelquefois pourquoi les projets des ultraimpérialistes anglais trouvent si peu de faveur aux colonies. C’est en partie parce que ces projets auraient pour effet de supprimer partiellement la libre concurrence. D’après eux, si nous nous attachons au fond de leur pensée, les colonies, renonçant pratiquement aux industries manufacturières, devraient fournir à l’Angleterre toutes les céréales et tous les produits alimentaires dont elle a besoin et qu’elle ne produit pas. L’Angleterre, de son côté, fournirait, aux colonies tous les produits manufacturés, à l’exclusion des pays étrangers.
Cette proposition nous fait voir comme à travers un verre grossissant la partie importante de la question sociale que nous examinons. Si nous voulons y réfléchir nous devrons en effet admettre qu’il est aussi impossible de supprimer indéfiniment l’essor des individus qui composent le corps social qu’il le serait de restreindre le développement social des nations qui composent l’Empire britannique.
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modifier quelque peu le concept ordinaire du rôle de l’Etat dans le développement économique des peuples. Comme on le voit, ces économistes abandonnent quelque chose des vieux principes qui ont longtemps prévalu en Angleterre, pour se rapprocher davantage des idées continentales. Il est important de ne pas oublier que cette doctrine est l’antithèse même de l’idée socialiste et qu’elle n’est pas contraire à celle de l’idée économique classique basée sur le principe de la concurrence. Elle tend, en effet, à rendre la concurrence plus intense, puisqu’un plus grand nombre d’individus seraient appelés à y participer. Seulement elle commence par assurer à tout le monde le pain, le travail et l’instruction, ce qui permet à chacun de vivre, et aux plus capables de s’élever. Dans les sociétés de l’avenir, l’existence sera assurée à tous ; on luttera sur un terrain plus élevé, pour la supériorité. Le socialisme théorique, au contraire, se bâse sur la suppression de toute concurrence, il voudrait la vie sans l’effort et une quiétude qui dégénérerait en décadence.
Admettons que tout ce qui tend vers un état social où il serait possible à chacun d’arriver par son travail à la condition que comporte son talent, serait avantageux pour un pays, admettons que tout ce qui intensifie la concurrence et augmente le nombre des concurrents instruits et préparés, accroît la richesse
et la population de ce pays, — il nous faudra bien l'admettre, car nous en donnerons la preuve irrécusable, aussi bien que des exemples des effets désastreux de la condition contraire. — Admettons cela et nous devrons admettre aussi que ces conditions ne peuvent exister sans un système qui prépare tous les jeunes gens au rôle de citoyens actifs et militants. Et dans un pays comme le nôtre où tant est à faire, et à faire rapidement, si nous voulons avoir la garantie absolue de notre survivance en tant qu’entité politique distincte en Amérique, la réforme ne peut s’opérer sans une impulsion donnée soit directement, soit indirectement par la volonté collective des citoyens, c’est-à-dire par l’Etat.
C’est, du reste la doctrine des Encycliques. “Pour faire atteindre à la société dont ils sont les chefs la fin qu’elle poursuit, les dépositaires du pouvoir civil doivent : lo. S’appliquer à éloigner tous les dangers qui menacent la sécurité commune. 2o. Aider au développement des ressources naturelles de leur
propre pays . lo. En stimulant le zèle
de ceux qui les exploitent. 2o. En encourageant tous les travaux qui peuvent contribuer au progrès de l’agriculture, du commerce, de l’industrie, etc.” (1)
(1) Manuel du citoyen catholique, ouvrage spécialement recommandé par MM. SS. les Evêques de la Province de Québec.
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Au cours de ce travail, nous nous efforcerons de découvrir comment il serait possible de donner un effet pratique à ces principes, dans notre pays. Contentons-nous donc ici de faire remarquer combien la confédération canadienne est favorablement située pour travailler à la solution de ces problèmes difficiles. Dans les vieux corps politiques, le réformateur vient constamment se heurter contre le fait accompli, le droit acquis, et surtout contre les intérêts divergents de ces sociétés nombreuses. Dans notre pays ces pierres d achoppement sont encore assez petites.
Les fondateurs de la confédération en faisant la constitution canadienne, paraissent s’être attachés à restreindre autant que possible les attributions des législatures provinciales. Sir John Macdonald disait qu en agissant ainsi, on voulait éviter une grave erreur relevée dans le pacte fédératif des Etats-Unis, lequel, en voulant sauvegarder le principe de la souveraineté de chaque Etat, laissait trop faible la législature centrale. Il fallait, suivant lui, faire pencher la balance du coté opposé. C’est la crainte fondée d une trop grande puissance accordée à la législature centrale qui fît naître à cette époque, un parti hostile a la confédération. Ni d’un côté ni de l’autre on ne prévoyait que l’axe social en se déplaçant, dérangerait tous les calculs et rendrait par cela même l’œuvre bien meilleure.
Les questions nationales modernes, nous l’avons vu, sont presque toutes d’ordre économique et industriel. Dans notre pays, croyons-nous, nous possédons tous les éléments essentiels à la grande production industrielle. Mais la population étant encore peu nombreuse, il s’en suit que le marché indigène et l’importation qui en dépend sont nécessairement limités ; c’est pourquoi le tarif douanier n’aura point avant plusieurs années, peut-être jamais, au Canada, l’influence décisive et vitale qu’il exerça longtemps aux Etats-Unis. L’influence prépondérante du tarif donna au pouvoir central américain, la puissance qui lui manquait. La cause contraire produit au Canada l’effet opposé.
Sans doute, les attributions de notre gouvernement fédéral sont très amples ; elles sont suffisantes pour l’administration efficace du pays, mais chaque province n’en reste pas moins maîtresse de ses destinées. Chacune tient la clef de son avenir puisqu’elle réglemente l’instruction primaire et les terres publiques, et qu’elle peut, par là, exercer un contrôle absolu sur la formation intellectuelle et sociale de ses habitants. Dans un sens, les provinces sont plus puissantes que l’administration centrale ; elles peuvent, même sans son concours, faire beaucoup pour leur avancement, c’est-à-dire jpour l'avancement du Canada. Mais s’il arrivait aux provinces de ne pas
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faire leur devoir, si elles négligeaient de profiter des avantages que leur offre notre constitution pour préparer les conditions économiques et sociales qui feront, dans l’avenir, encore plus que par le passé, la base de la puissance des peuples, le pouvoir ceutral resterait, quoiqu’il fît, impuissant et désarmé. En lui s’incarnera la grandeur nationale, mais à la condition que chaque province devienne la mère féconde de sages et utiles citoyens.