CHANSON D'AVRIL
Voici le printemps, ô ma tant chérie, Et le soleil d'or qui revient à nous : Le premier gazon verdit la prairie; Voici le printemps, et je pense à vous.
(1) Sous ce titre, nous avons cru pouvoir offrir aax lecteurs de la Revue la primeur de trois pièces de vers extraites d'un recueil de poésies intitulé Les Plastiques, qui va paraître dans quelques jours chez l'éditeur Charpentier et dont l'auteur est notre collaborateur Mé Félix Jeantet.
La fauvette au bois chante et s'égosille; La terre est musique et l'air est couleur; Au branchage clair comme une résille, Le bourgeon brunit, promettant la fleur.
Le ciel est moins bleu que votre prunelle, Le soir moins doré que vos cheveux roux, Et je viens chantant cette ritournelle Pour m'humilier devant vos courroux,
On peut, en hiver, comme les marmottes, S'endormir un temps, un temps sommeiller; Mais quand le Mois Vert danse sur les mottes, Lorsque tout s'éveille, il faut s'éveiller :
Pour moi, par mégardé, ô ma tant chérie, J'ai pu vivre loin de vos grands yeux fous, Mais, des fleurs d'Avril, la plus tôt fleurie Me fait, malgré moi, souvenir de vous!