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ÉTRANGER

No 19. — 15 Janvier 1888

HECTOR BERLIOZ

{Suite et fin)

La /*n'se de Troie, que les intentions de l'auteur rendaient inséparable des Troyens, fournit, de son côté, matière à plus d'une remarque qui confirmerait les considérations déjà présentées. Ils appartiennent bien à ce style néo-classique créé par Berlioz, enrichi depuis par les Érynmes, de M. Massenet, ces deux chœurs, ces deux prières adressées, l'une aux dieux protecteurs de la Cité, l'autre à Gybèle, l'une si virile, véritable invocation de combattants, de héros, l'autre si féminine, toute pénétrée d'une piété si humble et par moments si éplorée, lorsque de sinistres grondements d'orchestre ravivent les alarmes au fond des cœurs. C'est de l'épopée et non du drame que relève le court, mais si touchant tableau musical qui montre au premier plan Andromaque, son jeune fils et le vieux Priam, passant silencieux, tandis que les autres personnages et, mieux encore, l'orchestre entrent dans leurs pensées et révèlent le secret de leurs âmes. Bientôt tout se tait; le lent et triste cortège s'éloigne, suivi par

ii) Voir les numéros du 15 octobre, du 15 novembre et du 15 décembre 1887.

les soupirs du hautbois et par les notes égales d'une basse monotone. Autre narration épique , très développée, celle-là, et vraiment formidable, bien qu'exempte de tout appareil descriptif, ce récit musical de la mort de Laocoon, qui est comme un long cri d'horreur partagé entre les masses vocales et les masses instrumentales, ce récit, qui porte et fait peser sur tant de sonorités lourdement oppressées des redoublements d'épouvante.

Pour s'en tenir aux Troyens à Carthage, on ne saurait trop déplorer l'oubli dans lequel parait être tombé ce chef-d'œuvre. Avec le Roi de Lahore et Henry VIH, avec Roméo et Juliette et Sigu7'd (pour dire mieux encore) ne forme-t-il pas la série restreinte des drames lyriques d'origine française, qui, de nos jours, aura vraiment illustré la scène? Il ne figure pas encore avec Benvenuto Cellini, récemment acclamée à Leipzig, cette capitale de l'art musical, dans le répertoire international commun à toutes les grandes villes de l'Europe, sauf Paris, tandis que l'exclusion qui l'écarté du répertoire restreint et à peu près immuable de notre grand opéra va de soi. A cet égard, Berlioz est loin d'être seul en cause, et l'ostracisme qui le frappe en même temps que bien d'autres a des raisons multiples et profondes. Elles intéressent le moraliste au moins autant que le critique d'art, et ce serait se faire illusion que de compter, pour en diminuer la force, sur ce grand redresseur de toris, qui est le Temps !

N'est-ce pas un singulier partage en fait de distractions musicales que celui qui semble désormais consacré à Paris entre l'après-midi du dimanche et l'après-rlîner de tous les jours, entre ce qu'on appelait jadis l'heure des vêpres et l'heure de la comédie ? — A l'heure des vêpres, il se trouve dans plus d'une salle un public nombreux pour applaudir non seulement les chefs d'œuvre du genre symphonique proprement dit, mais d'importants fragments d'opéras signés de noms naguère redoutés ; et c'est, il faut bien le croire du moins, le culte épuré de la

musique qui règle ce salutaire emploi des loisirs du dimanche. Là, en effet, rien ne parle aux yeux; le sujet adopté par le compositeur n'est pas discuté. Faust et Lohengrin se montrent et chantent en habit noir; Eisa et Marguerite en toilette de ville; le décor brille par son absence. — A l'heure de la comédie, il se trouve encore un public pour remplir de vastes salles; est-ce le même? est-ce un autre ? En tout cas, ce qu'à ce moment un goût dominant ou, pour mieux dire, ce qu'un besoin impérieux exige de la musique ne ressemble guère à ce qu'on obtenait d'elle tout à l'heure. Ici, avant tout, il faut qu'elle entre dans la préparation de tel ou tel de ces mélanges suspects, dosés avec plus ou moins de dextérité, dont l'un se substitue si prestement à l'autre, au gré de la mode. La chose ne se discute pas; elle s'impose en dépit de bien des euphémismes, de bien des complaisances décevantes , de plans en l'air incessamment renouvelés. Avis à quiconque songerait à monter ou à remonter, en vue des représentations du soir, un drame lyrique non compris dans la liste écourtée que consacre une sorte de prescription. Prétendre avec cela au succès, ce n'est ni plus ni moins que s'attendre au miracle !

Rien ne fait mieux ressortir les difficultés insurmontables qui existent à cet égard que cette sorte d'impartialité dans la disgrâce qui fait un sort commun aux étrangers et aux nationaux. Les mêmes courants, les mêmes vents contraires repoussent les chefs-d'œuvre lyriques anciens et modernes produits hors de chez nous et rejettent comme ne nous appartenant pas les créations du même ordre dues à ce groupe de compositeurs encore jeunes, le plus nombreux, le plus brillant, quoique le moins encouragé qui ait jamais honoré la France. Hier, c'était le tour de V Hérodiade de M. Massenet, du Samson et Dalila de M. Saint-Saëns. Aujourd'hui, c'est celui des œuvres de MM. Joncières, Lenepveu, Gouvy, B. Godard, etc.. Sur bien d'autres encore sera prononcé le compelle egredi. N'a-t-on pas assisté à la condamnation

sommaire et sans appel prononcée contre un opéra tel que la Reine Berthe de M. V. Joncières, à l'émigration d'une œuvre aussi distinguée que la Judith de M. Charles Lefebvre ? Un chef-d'œuvre dans toute la force du terme, la Lyre et la Harpe^ n'a-t-il pas été demander à l'Angleterre une sorte de grande naturalisation ? Devant la fin de non recevoir appliquée ainsi à des œuvres qui, destinées ou non au théâtre, ont le tort d'appartenir à un genre sérieux et d'être supérieurement traitées; en face du public, qui ne cesse d'opposer l'insurmontable objection, comment ne pas se rappeler ces fortes paroles d'un juge clairvoyant et profond des choses humaines :

« .... Derisore d'ogni sentimento alto se non lo crede » falso, d'ogni affetto dolce, selo crede intimo. . . Troppo )) grave è la colpa délia quale hanno a impetrare per- » dono, la superiorita (1)? »

Paris restant inexorable, espérer quelque chose de la France serait vain. En dehors des exemples magnifiques donnés par la ville d'Angers et suivis de près ou de loin par trois ou quatre autres chefs-lieux de département, une tentative notable de décentralisation artistique aura permis à quelques Lyonnais d'entendre les premiers Etienne Marcel. Mais bientôt après, dans la même g7mnde ville, il devait se trouver un public pour siffler, ou peu s'en faut, les Nozze di Figaro. Léger symptôme, mais symptôme ajouté à bien d'autres de cette barbarie acquise vers laquelle la religion entendue d'une certaine manière par les classes supérieures, la démocratie pratiquée dans un certain sens par en bas, peuvent incliner, de concert et sans relâche, telle société abondamment pourvue des bienfaits de la civilisation matérielle.

Ce n'était pas la moindre singularité de cet effort inusité (la première représentation d'un opéra de Saint- Saëns !), que de se manifester tout près d'une région presque déshéritée en ce qui est du sens musical.

(1) Leopardi, Pensieri.

Et pourtant (encore un contraste, et des plus bizarres), à cette même région appartient, par son origine, le créateur plein de génie et d'enthousiasme qui a écrit la Damnation de Faust et les Troyens. Oui, un caprice ironique du sort fît naître le compositeur romantique par excellence, ainsi qu'un illustre représentant de la peinture contemporaine atteint et convaincu entre tous de mélancolie (1), parmi ces hommes des frontières, si éloignés de l'un et de l'autre par les tendances qui font d'eux en tout temps et vis-à-vis de toutes choses des « raisonneurs » et des « intéressés » (2).

Il est bien vrai que le sagace et consciencieux biographe de Berlioz, M. E. Hippeau a cru devoir relever dans cettephysionomiemoralesi digne d'étude, comme marque d'origine, certaine « crainte d'être dupe », dont Stendhal avait fait quelque chose comme une variante Dauphinoise de la peur du ridicule, incompatible (et non en Dauphiné seulement), avec toute sociabilité aimable et vraie. En admettant que cette qualité ou ce défaut ait pu, à l'avantage du grand compositeur, corriger et tempérer les inconvénients d'un orgueil précoce par certaines réserves de conduite plus ou moins adroites, il faut convenir qu'un pareil trait de caractère jurait singulièrement avec les admirations non moins précoces, sincères jusqu'à la naïveté, et si franchement déclarées par lesquelles, chez lui, le Dauphinois se démentait au tant

(1) M. Hébert. — Notons en passant dans le même s^-ns et signalons comme absolument étrangère à l'esprit local, à l'esprit du terroir, la délicatesse sincère, presque féminine, de sentiment et de touche qui distinguait le paysagiste Acliard.

C'est bien à Grenoble que parut, il y a deux ans, sous ce titre : « De la vérité dans Vart musical, par un amateur, » une étude aussi étrangère que possible, par la distinction des aperçus et la justesse de l'accent k l'étroitesse et au corivenu du goût provincial. Mais l'auteur de cet opuscule si digne d'être mieux connu, est-il Grenoblois ?

(2) Micbelet (Histoire de France, tome il, page 71), caractérise ainsi les Dauphinois.

que se révélait l'homme de génie, né en terre ennemie. Est-ce trop dire, quand on parle de cette région, à laquelle les curiosités réfléchies des pays du Nord restent aussi étrangères que les entraînements expansifs des ardentes contrées du Midi ? L'impuissance absolue d'admirer, tout au moins une incapacité relative d'admirer comme il faut et oîi il faut, n'entre-t-elle pas nécessairement dans la constitution intellectuelle de l'homme qui est tout calcul? {i).

S'il appartient à cette province, où la gloire de Berlioz rencontre plus de défiance qu'elle ne suscite d'orgueil, de réaliser en perfection le type humain ainsi défini, fautil s'étonner que l'indifférence publique en fait d'art musical y soit immuable, à peu de chose près comme une loi de la nature ? A cet égard, la distance est faible, moralement parlant, entre la petite ville barbare (2), (c'est ainsi que Berlioz appelait le lieu de sa naissance) et telle autre

(1) Au sujet (Je cette infirmité morale, relevons un symptôme, un signe qui a bien son sens et sa valeur. Dans ce pays où l'on voit ce produit intellectuel qui est l'homme d'affaires presque exclusivement offert et demandé, un autochthone, un seul, s'est avisé récemment d'écrire et, la plume à la main, d'étudier les arts au poiot de vue de leur principe commun. Ce principe, quel est-il suivant l'auteur de la curieuse et intéressante Esquisse d'une esthétique, M. Marcel Reymond? L'utile. Et c'est ainsi que cet écrivain très intelligent, qui ailleurs s'était attaché à réfuter, non sans succès, certaines conséquences excessives tirées par M. Taine de l'influence des milieux, est devenu lui-même comme une preuve vivante de cette influence. Il a vu le musée de la ville fréquenté par les militaires de la garnison qui y trouvent chaleur en hiver, fraîcheur en été, car cela fait du bien. Il a pu voir la même opérette figurer durant un hiver entier sur l'affiche du théâtre, car cela épanouit la rate et cela fait encore du bien. Il a reconnu (ce qui n'est pas difficile) que du plus bas au plus haut la science, devenue l'unique force motrice d'esprit, exerçait sa prépondérance de manière à ce que chacun, suffisamment muni par elle ,

Et sa thès" à la main demandant son salaire, s'arrogeât le droit d'être placé, casé, nourri par l'Etat. Et il a voulu dire fièrement son fait à l'Art en ces termes : « Toi aussi, rapporte. Tu n'es rien, si tu ne sers à quelque chose ». Manière de dire bien française, mais plus dauphinoise encore, peut-être, que française.

(2) La Côte Saint-André.

ville, fort voisine de celle-là, qui se met à prendre des airs de grandeur (1). En fait de chefs-d'œuvre dus à l'auteur de Faust et des Troyens, connaîtra-t-on jamais, làbas, autre chose que la fameuse Marche hongroise. . . laquelle n'est pas de lui, bien qu'il y ait mis du sien ? Il est vrai que, depuis peu, le nom de Berlioz a fini par être placé au coin d'une rue de cette grande ville, à deux pas d'un théâtre voué à l'opérette et d'une salle de concert qui ne fonctionne que pour les loteries pieuses ou laïques. Pourquoi demander plus ? Avoir la rue pour soi, en fait de gloire, quoi de mieux, par le temps qui court?

En faveur des partitions que Paris condamne au silence et au bannissement, l'exil ouvre encore des refuges, le silence fait place, ailleurs, à une vie retentissante et à l'éclat de la scène. En sera-t-il toujours ainsi? Un sentiment de fierté nationale nous persuade que notre civilisation d'aujourd'hui tout entière avec son mélange de profits et de pertes ne peut manquer de devenir le patrimoine du genre humain et que, par suite, les révolutions accomplies chez nous, dans le domaine du goût, sont appelées à faire le tour du monde. Si le fait est vrai, si les initiatives qu'il nous arrive de prendre méritent d'exercer un attrait sans réserve, toute grande cité européenne ou extra-européenne réalisera tôt ou tard pour son propre

{{) Une ville de plus de 50.00) âmes pour laquelle, à mesure ^ue grossit et moule de proche eu proche le flot irrésistible des mœurs de la démocratie, le goût des jouissances de l'esprit et des illusions du sentiment irait déclinant et se perdant au point que l'organisation d'un concert (pour ne parler que de cela), y deviendrait un fait quasi prodigieux, vous la chercheriez sans la trouver dans l'un de ces Etats grands et petits, où grâce à l'équilibre maintenu entre les Lettres, les Arts et les Sciences, ces Sciences envahissantes et usurpatrices, la civilisation iutollectuelle préserve encore sou intégrité. Mais dans cette partie des pays de race latine qui est la province française, le phénomène n'est pas rare. Si la statistique possède des éléments certains pour établir ce que l'invasion du phylloxéra enlève à la richesse d'une contrée, il est à regretter que les données, matériellement exactes, fassent défaut, quand il s'agit de déterminer Cti que ces trois fléaux réunis, l'opérette, le café-concert et l'orphéon, auront bien pu coûter à la musique.

compte le type que nous sommes en train de parachever, celui de la ville où l'on s'amuse^ et alors c'en sera vite fait des hautes manifestations de l'art musical. Avec le drame lyrique il aura perdu sa couronne. Qui réveillerait alors, au fond des bibliothèques oii reposeraient leurs pages notées ces ci-devant chefs-d'œuvre devenus muets : Orphée et Armide, Euryanihe, Obéron, Fidélio (1) et Lohengrin, Tanahxuser et les Troyens? Seule l'opérette, la toujours jeune opérette ouvrirait et fermerait la marche, avec son train de chansons toutes neuves et d'airs assortis, égrillards si l'on veut, obscènes quand il faut, invariablement à l'unisson de ces deux dernières expressions de l'esprit français devenu, par hypothèse, l'esprit universel, qui sont la parodie et la blague.

Entre les deux plus éminents de ceux qui, parmi nous, auront victorieusement réagi contre cet aviUssement

(1) Il nous souvient que jadis, au sortir d'une représentation de Fidelio où l'éminente cantatrice. M™" Viardot, s'était surpassée, un Français de nos amis s'écriait : « Quelle admirable démonstration de l'immortalité de l'âme ! » L'hyperbole était louable, tout en compromettant terriblement, il faut l'avouer, l'indépendante souveraineté de l'art avec les conjectures et les audaces ogma tiques de la philosophie et de la théologie. Mieux vaut réserver à l'art la part légitime et qu'on ne saurait lui ôter, le pouvoir de faire don à ses initiés, à ses élus, d'une sorte de vie supérieure, divinement abondante en récompenses et en consolation, et cela au beau milieu de cet état de discorde et d'impuissance morale qui s'appelle la vie terrestre. Eo ce qui est des hyperboles que peut suggérer Fidelio, cherchons le mot pour rire dans la proposition que mit en avant, il y a quelques mois, la plus accréditée de dos Revues, celle que l'on voit si zélée à refaire contre Wagner la campagne faite d'abord contre Berlioz. Cette proposition, sérieusement présentée par un critique musical des mieux pensants consistait à rendre l'opéra de Beethoven acceptable, à le civiliser en quelque sorte, moyennant l'adjonction d'un ballet. Restait à marquer l'instant propice, le moment psychologique, où le divertissement souhaité devait tomber du ciel, devant les très simples péripéties du drame si austère avec ses douceurs infinies et les splendeurs de son triomphe moral, qui passe du préau d'une prison au fond d'un cachot pour revenir du cachot au préau. C'était le hic! Risum teneatis.

croissant de la noble musique (1), quelle singulière différence de caractère, de rôle, de situation prise, il est permis de relever! L'un, l'auteur àe Roméo et Juliette, de Mireille, du Médecin malgré lui, aura réussi (chose rare!) à être prophète en son pays, pour bien des raisons, et à quel prix? S'il n'est pas l'inventeur du chauvinisme musical, il aura du moins su jouer de ce sentiment, de cette passion, avec une habileté consommée; il en aura été l'incomparable metteur en œuvre. Sous les couleurs du patriotisme, en même temps que sous le voile transparent d'une douce et mystique exaltation, son orgueil, devenant respectable autant qu'aimable, aura pu abonder en formes détournées et en euphémismes choisis pour faire entendre, au lieu de la proclamer crûment, cette vérité, nous allions dire ce dogme : Hors des doctrines que je prêche et des modèles donnés par moi et par Mozart, pas de salut. Avec l'auteur de la Damnation de Faust, de la Messe des Morts et des T> oyens, il en va bien autrement. Son orgueil réputé intraitable, n'eut, au fend, d'autre origine que les froissements trop légitimes causés par l'injustice persistante de ses compatriotes. Et quelles consolations apportèrent à ce sentiment de sa valeur méconnue les admirations haut placées dont il s'attacha à justifier, à honorer, à célébrer le choix jusqu'à s'élever par là au premier rang de la critique d'art! Certes, par les qualités incisives qui recommandent et mettent en relief tout ce qu'il écrivit, jusqu'aux pures facéties, il est bien nôtre. Mais, aux préférences que nous venons de rappeler, comme aux directions maîtresses de son génie de compositeur, reconnaissez en lui ce qu'il est devenu de si bonne heure, un fils adoptif de l'Allemagne.

LÉONCE Mesnard.

11 ne faut jurer de rien ; il ne faut douter de rien. Au

(î) Expression eiuployée par l'illustre romancier anglais auquel toute noblesse d'Ame fut si familière, par Dickens.

moment même où les lignes qui précèdent étaient livrées à l'impression, un phénomène étrange, surprenant, se produisait au centre de la province où naquit Berlioz. On a pu y voir, on a pu y entendre un public, dont l'indifférence en matière musicale semblait ne laisser nul espoir, acclamer et redemander un fragment important de la Damnation de Faust (le menuet des Follets), très soigneusement interprété par un orchestre qui n'en était pas à son premier trait d'audace. Le prodige est-il de bon augure? Aura-t-il un lendemain?

-r^s-svfvirïi/ax'i-'''''*-

M. Edouard Schuré, dont les amis du grand art et les partisans de la critique libre et indépendante connaissent le nom et apprécient les travaux, se joint à nous et compte désormais au nombre de nos collaborateurs.

L'auteur de YHistoire du lied, du remarquable ouvrage qui a pour litre : le Drame musical, et de plusieurs œuvres poétiques (1), commencera dans le prochain numéro la publication d'une très intéressante étude intitulée : Souvenirs sur Richard Wagner.

{{) Tous les ouvrages de M. Edouard Schuré, sont en vente chez Fischbacher.

PROFILS DE MUSICIENS

CAMILLE SAINT-SAENS^'^

{Suite)

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