CANADA
INTEODTJOTION.
Concitoyens,
Le développement irrésistible des sociétés améri*
caînes, l'élévation de votre intelligence et Péclat incompa-
Prable de la vérité, me donnent la conviction encourageante
< que, fermant les yeux sur l'hunible condition de celui qui
>4vous parle, pour n'examiner que l'évidence des faits qu'il
invoquera, vous accepterez ses conclusions basées sur la
, raison et la justice. "
Yotre patriotisme éclairé me donne en même temps Tassa*
rance positive que vous entrerez vdoniâers avec moi, en
•sdbsprit et en action, dans la voie large où la Providence noos
appelle au grandes et belles destinées réserrées à notre pajs.
Je Tiens donc, areo la plus ferme confiance en yos yertos civiques, yous parler de la question la plus conoidérable qui puisse préoccuper Pintelligente popidation d'une grande colome. Avec vous je yeux examiner si nous sommes mûrs pour l'indépendance. Je désire yous montrer que nos plus grands intérêts nous y convient. Je prétends établir que dans l'état colonial nous courons mille fois le risque efiojable d'arriver à la mort nationale, et que dans l'indépendance nous trouverons tous les éléments d'une carrière prospère et brillante. Je rends tout d'abord hommage aux institutions libérales qui me permettent de traiter librement un tel sujet ; et je ne connais pas de meilleur moyen d'en témoigner notre juste reconnaissance aux hommes patriotiques auxquels nous en sommes redevables, que d'en user largement dans le grand but que je vous propose.
Ma voix, qui puise sa seule force dans la sincérité et le désintéressement qui vous animent comme moi-même, ne s'adresse pas seulement à la population d'onze françûse. La noblesse de son sang, l'éclat du nom qu'elle porte, la haute civilisation de la France dont elle est dépositaire et dont elle doit fîdre partager les bienfaits aux populations du Nouyeau-Monde ; la fière indépendance du caractère gaulois qui la distingue encore, sont autant de gages certains que la population française de l'Amérique du Nord sera la première à se grouper autour da drapeau de l'émancipation canadienne. Je n'en ai pas moins la ferme confiance que les populations qui se font gloire ajuste titre de représenter, dans cette partie de l'Amérique, les races qui habitent l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande, se rallieront à l'idée qui, aujourd'hui, doit dominer toutes les autres — à l'idée de l'émancipation politique et nationale de leur pays.
Si la France trouve uïk témoignage de sa force dans les grands résultats que les pionniers du Canada ont obtenus, la Grande-Bretagne peut demander avec orgueil quelles sont les créations modernes qui -peuvent rivaliser avec des monuments de sa g^<^ oomme les Etats-Unis et le Canada 7
UjEie conSanGe motaelle -en leurs loniières politiques et en leurs àspiratioivi reapectires, doit animer les diyers éléments iK>ciauz du Canada» nuancés comme un arc-en-ciel annonçant Je calme ou l'ora^, selon les circonstances et les temps.
Cette umon» vers un grand but, des diverses races qui jMkbitent notre .pa^> peut seule nous donner l'espoir que rqpuvre de rémancipation sera bientôt le fruit d'un grand effort coi|miun«
Kous tendons donc à tous* une main à laquelle Famour .sincère du pajs et le respect à toutes les races inspirent le mouvem^it de la fraternité: car nous en sommes à 4in de cesf moments solennels de la vie des peuples, où les jxmDS doirent se lerer pour prêter sur l'autel de la patrie le serment de renonciation à tout égoïsme politique, à toute ambition personneUci à tout esprit de parti, à toute tendance seçtionneUe, à tout préjugé de race, à toute effervescence religieuse. En hommes d'honneur, comprenant leur iorce et leur dignité, nous devons prendre Rengagement formel, de ne poursuivre qu'un but, qu'une idée : l'bmanoipa- TiOK nu Gakàpa far nss koybks PAcmQuss bt constitu-
TIOKJîBLS.
L'importance de cette question est si grande, et sa supériorité sur toute autre considération politique ou sociale est si flsiarquée, qu'elle doit être dégagée, dans l'esprit de chacun, de toutes les autres questions politiques.
S'agit-il de savoir si l'indépendance est préférable à la confédération de toutes les provmces ? ou au régime actuel? X)u au rappel pur et simple de l'union du Haut et du Bas- Ganada ? ou à aucun des projets politiques mb au creuset de l'étude ?
Non.
Pénétrons-nous bien dès l'abord, de cette pensée juste, inattaquable : que sous n'importe quel régime constitutionnel, sous la confédération comme sous le ré^me actuel, sous une simple nniim lé^slative cçmme sous le système fédéral le plus avan-
f ageux aux intérêts sectîoffl'eÎB^VînaëpeSflàicéSèW plu» 'fiTana'biên, qui pourrait' Stre Conféra à là natWnP ' '- " '*'•
Je pûîs être plus explicité et dire avec la fenhfe'feciMiiicè d'être parfaîtemept comprig ; là confédération &é& provîiices de l'Amérique du Nord, sera avant peu, selon toute prévision lutnaine, un fait accompli. Organisée dans quelques mois, elle fonctionnera selon lé vœu des uns ou 1er justes ttppréheçisious des autres. Nous sommes disposés àl^acceptet non pas. avec promesse de n y jamais renoncer, non : mais, en citoyens paisibles, redoutant* toute commotion ôt Voulant lévîter les résistances inconstitutionnelles, nous laisserons à ses- axtteurs le soin.de Im imprimer le mouvement. Qu'éBe subîisdë une franche et loyale épreuve; et passe, avec ses avantages selon les uns, avec ses désavantages suivant beaucouj) d'autres, au creuset de la pratique.
Le devoir de chacun est d'en observer le fonctionnement avec impartialité et sang-froid. Sr le peuple, dans rexercict& de sa prérogative souveraine, juge qu'elle lui est'àvaritïigeuse et que sous son action, le bien-être public est suffisatnment promu, il la conservera, il l'entourera de la garantie de son estime. Si elle ne lui inflige au contraire, que sacrifices et déboires, difficultés et troubles, guerres civiles et conflits avec l'étranger, alors le peuple, indigné, se lèvera dans toute la majesté de son droit et prononcera, contre la cohsHttition
nouvelle, la sentence dé mort qu elle aura méritée':-
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, Tel. est l'esprit avec lequel tout bon citoyen doit sans doute, à yi)trô sens éclairé, envisager, l'approche de la Confédëra- .tion et sa mise à exécution. Dans un cas comme' dâris Vautre, l'indépendance servira le droit et* ï*intérÊt général, la justice et le bien-être public. Si la confédération eist dé nature à donner satisfactioi; au peuple, les bienfaits en seront centuples par l'action plus', ample, plus forte, plus' êtenduô giue lui imprimera l'indépendance. Et si la confédération- i»t jugée contraiiîê aux intéf.êt^s de la nation, mortelle "pour èoïi avenir, inconciliable avec les sentiments, les* droits et Phon-
nf^x^i-^Qëf ,^lio^\9lf^^ fera di^ai^^îtçp^leSj
qni«eti9da4iÉ^ul^^4i|Q rétatcriLoj>ialfej^ te.oflnjfôle de.r^m-.
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■ . y^tei; sfirtput,' qui avez mis toutes v;QS^conQ2^nc]^ eu r.wron Héd^raie:^ Oes proviaçes» .'vçu^ àev.ez à. plus for^ç; raison 4|siJôr que TicwàépeiKtencô yiexiu^ y,ous . justifier d'avoir ^0^gé les destinées de votre pajç daoa cette voie nouvelle, ; c^r, quelque peu d'espoir que ;ious ayons de voir vos prévisions se réaliser^ uq^s avp^ la ferme confiance que l'ii^dép^danee créerait un- ordre de ei^oses si favorable au développement des ressources de cette province, que l'union fédérale^ eoi paraîtrait beaucoup moins intolérable.
Vous le voyez donc, concitoyens, l'esprit d'opposition à la constitution nouvelle est tout-àrfait étranger à la question d'indépendance. Dégagé des contentions intestines qui ont déchiré l'organisme social et politique en Canada, et me faisant l'écho d'un besoin général, d'une nécessité comprise de tous et des nobles aspirations que je vous prête à bon escient, je vous invite à vous dépouiller des langes de la mi- , norité coloniale, à vous draper dans votre dignité d'hommes libres et dans votre dignité de peuple, et à entrer, le front haut et le cœur rempli de vigueur et de courage civiques, dans l'existence digne, noble, pleine d'une grande et sublime responsabilité, que vous ferait l'indépendance nationale.
Soyez assurés que l'esprit de parti est étranger à l'initiative que j'assume. L'idée du bien-être et de la grandeur future de mon pays me domine exclusivement.
Des moyens d'obtenir notre indépendance, nous devons écarter avec énergie la conspiration, la rébellion, la révolution, pour nous en remettre entièrement aux moyens constitutionnels et réellement dignes de la haute civilisation qui domine dans la x^olonie comme au sein de la métropole. La puissance des péti-
tioiui et des remontrances aux goayemements de la eolejile el de l'empire, doit être le pltu grand et même rnniqne levier de notre émancipation. Serr(ms-noiis-en avec le sèle et Pardenr commandés par l'excellence et la grandeur du bat qu'il importe d'atteindre.
Dépouillés des grares prérentions que le mot indépendancC) lié aux luttes politiques du passé, suscitait naguère dans l'esprit anti-rérôlutionnaire qui honore notre peuple et lui donne la sagesse de la circonspection, vous youdrez bien accorder l'examen cordial et l'attention soutenue, que je* sollicite pour mon œuvre, de mes concitoyens de toutes cou^ leurs politiques, de toutes dénominations refi^euses et nationales.