ACTE III, SCENE II
Le baron d'Albini, riche seigneur romain, Sur la terre d'exil sollicita ma main.
Mon père refusa ; mais je vis sa misère, Et je dns consentir par égard pour mon père.
le nue.
L'amour , dans un bon coeur, toujours cède au devoir ! Et Volmère? sans doute, il fut au désespoir.
LA. BARONNE
J'ignore quel effet produisit sur son âme, L'hymen que je formais en trahissant sa flamme; Depuis qu'un autre époux me range sous ses lois, J'ai vu Volmère hier pour la première fois.
LE DUC
Enfin, vous l'avez vu! j'en étais sur, baronne; Et tout ce qu'il a fait n'a plus rien qui m'étonne.
(avec grâce et bonté.) Il faut en vérité, mesdames, que, pour vous, Le plaisir de parler soit un plaisir bien doux, Puisqu'il vous fait trahir, comme en cette aventure, Les plus grands intérêts et jusqu'à la nature.
la bap.onne, à part.
Ciel!
LE DUC
A Volmère, hier, vous avez raconté L'espoir dont votre cœur était déjà flatté. C'est par vous qu'il a su que, grâce à ma puissance, Le comte incessamment allait rentrer en France ; Et s'il n'a point appris que c'était déjà fait, C est que vous ignoriez encore ce secret.
LA BAROJJiKE, Cl part.
Je n'en saurais douter ; et les torts du vicomte, Grâce à mon sexe!... ici, vont passer sur mon compte. N'importe ! chargeons-nous de ceux qu'il peut avoir; \ Sa fortune en dépend : me taire est un devoir.
LE DUC
Vous connaissez Volmère et toute sa prudence •• Mais voyez le danger de cette confidence ! De la jeune d'Iiolban Volmère est très-épris, Et l'hymen, de ses feux doit être enfin le prix , Le jour où,, par ses soins^ le père d'Amélie, Aura fléchi le prince eî revu sa patrie. Le plus haut intérêt s'oppose à son retour; L'état s'arrange peu des raisons de l'amour! Et cependant Volmère, aveuglé par sa flamme, Pour hâter aujourd'hui la faveur qu'il réclame, Jusques au pied du trône osant porter sa voix., Sur la grâce du comte a fondé tous ses droits; Et, fort de ce pardon, à si cause propice, D'un acte de bonté veut faire une justice. Mais Volmère entre nous s'égare sur ce point; Les droits des deux amis ne se ressemblent point. Votre père se livre au remords qui l'entraîne; Et celui d'Amélie est constant dans sa haîne. Volmère, en ce moment, ne pçntiien espérer; Mais votre espoir, baronne, il devait l'ignorer! Toutefois, pardonnez si ma bouche sincère Ose vous adresser un reproche sévère.
En véritable ami , j'ai dû vous avertir Du danger trop certain où je vous vois courir; Dans le monde brillant où vous êtes placée,