ACTE IV, SCÈNE VIII
Que vous avez tantôt, si j'en crois le' vicomte, Assez imprudemment répandu sur mon compte ; A vous croire , je suis hypocrite, sans foi, Et même l'amitié doit tout craindre de moi .
volmère , au vicomte du ton du reproche.
Comment! vous avez dit ?...
DOLANGE.
Que votre voix le nie!
Ou rendez-moi raison de cette calomnie; Mon honneur outragé....
le vicomte, passant au milieu d'eux.
C'en est trop ; et je vois Ce que l'honneur aussi doit attendre de moi.
{avec étourderie.) Baron, je vous l'ai dit : une innocente ruse A produit en ce jour l'erreur qui vous ahuse;
(avec force.) Et pour vous, chevalier, dans cette trahison,
(montrant Volmère.) Ce n'est pas lui, c'est moi qui vous ferai raison !
DOLANGE.
Vous ?
LE VICOMTE
Moi! tantôt Volmère, en son inquiétude, N'avait que le soupçon, et j'ai la certitude. Oui, vous m'avez trahi; le duc a, dans ses mains, Ma lettre à Célénie; et je sais vos desseins. Venez! si votre honneur doit punir une offense, Mon amour outragé demande une vengeance !
8o L'INDISCRET,
(prenant la main de Volmere.) Volrnère, pardonnez ! je puis être indiscret; Mais de l'honneur du moins j'ai gardé le secret.
volmère.
Avez-vous pu penser qu'en cette conjoncture, Votre ami souffrirait....
LE BARON
J'entends une voiture !
VOLMÈRE.
Cachons à tous les yeux ces pénibles débats. dolange, montrant le vicomte.
Monsieur, j'en suis certain, ne les cachera pas.
LE VICOMTE
Sortons.