‹ L'indiscret, comédie en cinq actes et en versChapitre 74 sur 84 · LE DUC, CÉLÉNIE · texte numérisé non relu

LE DUC, CÉLÉNIE

célénie t timidement.

En fille obéissante , à vos ordres soumise

LE DUC

Approchez et parlez , ma fille , avec franchise.

célénie.

Pour rendre sur ce point mon cœur plus rassuré , Daignez m'interroger , et je vous répondrai.

le duc.

D'après ce que j'ai vu, vous aimez le vicomte!

céléjvie.

A faire un tel aveu je ne sens point de honte ; Je l'aime comme un frère ! En seriez-vous surpris , Vous qui disiez tantôt : je l'aime comme un fils. Au château d'Erlonval, quand je le vis paraître-, Un nouveau sentiment en moi se fit connaître.

le duc.

Avez-vous combattu ce penchant séducteur ?

9* JL'IN DISCRET.

CÉLÉN1E.

Et pourquoi le combattre ? il faisait mon bonheur;

LE DUC

Mais l'honneur, Célénie, avait dû vous prescrire De rendre cette épître et de ne point la lire. Accepter un écrit des mains d'un imprudent., C'est donner à sa flamme un fatal ascendant.

CÉLÉJVIE.

Je ne l'aurais point lu , s'il n'eût été qu'en prose ! Mais des vers ? ce n'est pas, je crois , la même chose*

le duc^ riant , a part..

Je n'ai rien 'a répondre ; et sa naïveté Ne laisse aucun refuge à ma sévérité»

( haut, avec bonté. ) Pourquoi ne pas avoir appris à votre père ?•....

CÉLÉNIE

J'ai cru qu'il suffisait d'en parler à ma mère.

le duc, avec la plus grande surprise.. Elle vous a permis de porter ce bouquet ?

célénie, rougissant.

J'avais gardé pour moi la moitié du secret.

LE DUC

Ah ! fort bien.

CÉLÉNIE

A ses yeux je dévoilai mon âme ;:

Et bien loin d'y trouver le reproche ou le blâme, Je crus la voir sourire à ce doux sentiment ; Elle fit du vicomte un éloge charmant.

Et j'allais lui montrer sa lettre, quand ma mère

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