‹ L'indiscret, comédie en cinq actes et en versChapitre 75 sur 84 · ACTE V, SCÈNE fil · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE fil

Ajouta tout-à-coup , du ton le plus sévère : j) Je me flatte du moins que Soligny jamais » Ne lira dans vos yeux vos sentimens secrets ; » Et je l'estime trop, pour croire que lui-même a Ose vous révéler... » Ma frayeur fut extrême : Mon secret m'échappait ; je voulus le garder, Craignant , en l'avouant, de nous faire gronder. Cependant , d'une fleur empruntant le langage , J'en fis d'un doux retour l'innocent témoignage ; Et, depuis ce moment , des fleurs , chaque matin, Vinrent, vous le savez , se placer a mon sein.

LE DOC

Oui., vous vous en pariez, même malgré l'absence !

( en riant. ) C'était le souvenir?

célénie, naïvement

Non, c'était l'espérance1.

Et ce matin encor je croyais au bonheur ; Mais combien la duchesse a désolé mon cœur, En m'annonçant l'hymen que mon oncle veut faire ! Je venais implorer votre appui tutélaire, Je n'espérais qu'en vous ; et votre œil irrité M'apprend que nul secours , hélas ! ne m'est resté.

LE DUC

Chère enfant, la douleur où ton cœur s'abandonne, Peut-être dès ce jour.,.. Mais voici la baronne; Reprends cette gaîté qui sied a ta candeur ; Mon désir le plus cher, n'est-ce pas ton bonheur?

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