‹ L'indiscret, comédie en cinq actes et en versChapitre 83 sur 84 · ACTE V, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIL

LE DUC

Elle est imaginaire !

( mouvement. )

LA BARONNE

Comment ?

dolange , a pafU Ali maladroit !.*.

LE DtJC*

Oui, sans doute : à la Cour, La faveur., trop souvent , ne dure pas un jour ! Toutefois , sous un prince ami de la justice , Notre sort ne saurait dépendre d'un caprice. Parmi les soins nombreux qui fatiguent les rois, Leur vigilante ardeur s'affaiblit quelquefois ; Mais lorsque l'équité d'un bon prince sommeille $ Le cri de l'innocent aisément la réveille. Venir vous arrêter jusque dans mon hôtel i C'était trahir l'auteur d'un complot criminel» En apprenant l'asile où l'amitié propice Semblait de votre erreur se déclarer complice, Le fougueux d'Orbevil, de mon crédit jaloux, Déjà s'était flatté de me perdre avec vous 5 Déjà dans ses discours affectant un faux zèle , Jl me peignait au roi comme un sujet rebelle ! J'arrive , et de l'accent que tient la vérité , De l'honneur qu'on outrage et de l'humanité, Je déroule aux regards du prince qui m'écoute , Des projets du marquis la ténébreuse route. Je peins l'inimitié qu'il porte à votre nom , Ses débats de famille avec votre maison ; Je rappelle les droits que le repentir donne,

ioa L'INDISCRET,

Vos talens , vos respects acquis à la couronne,

Votre âge , vos vertus et votre long malheur...

Le prince m'entendait , je parlais à son cœur!

Et lorsque j'ajoutai : « Sire, heureux de vous plaire>

» J'acceptai le pouvoir que donne un ministère;

» Mais d'entre mes mains, sire, il faut le retirer ,

» 8 'il ne peut me servir à vous faire adorer. »

Le monarque,, à ces mots, en détournant la vue ,

Signa votre pardon, d'une main toute émue ,

Et me dit, en prenant un air plus affermi :

« Je vois que mon ministre est aussi mon ami. »

le comte.

Mes enfans, livrons-nous à toute notre ivresse !

le vicomte, gaîment.

Monseigneur, je le vois , riait de ma faiblesse , Quand il me confiait avec précaution...

le duc , sévèrement.

Non, monsieur; j'éprouvais votre discrétion. Je vous en félicite ! et l'état peut , je pense , De ses plus grands secrets vous faire confidence. Vous les gardez,, vicomte, avec le plus grand soin ; Et votre sœur est la pour en être témoin.

le vicomte, surpris.

Ah ! ma sœur a parlé !

le duc, galamment.

Pardonnez-moi , baronne ; Et que tout votre sexe, ayee vous, me pardonne \,A

( à Do lange. )

Quant à vous, Chevalier...,

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