ACTE I, SCENE I. fi
LE VICOMTE
Comment s'y porte-t-on ?
GERBOIS
Monsieur, je n'en sais rien.
LE VICOMTE
Madame la duchesse est-elle encor souffrante?
GERBOIS
Je l'ignore.
LE VICOMTE
Et sa fille est toujours ravissante ?
GERBOIS
Ce n'est point mon affaire.
LE VICOMTE
En ce pompeux séjour^
Sans doute les plaisirs lui forment une cour
Et mille soupirans empressés de lui plaire..,.,
GERBOIS
Ce qu'on fait au salon, n'est pas du ministère.
LE VICOMTE
Et ma soeur ?
GERBOIS
Votre sœur ! mais je n'ai point l'honneur.
LE VICOMTE
Je ne vous ai pas dit que j'avais une soeur ! C'est une aimable femme , et d'im rare mérite. Son époux est de Rome , et c'est là qu'elle habite. Le Tibre a vu former ce noeud mal assorti j Et je ne connais pas mon cher beau-frère en i.
e L'INDISCRET,
On le dit très-jaloux , très- brutal : c'est dommage! Car ma sœur est charmante, et, qui plus est, très-sage. Cei li\men, j'en suis sûr, a coûté bien des pleurs; Ce n'est pas étonnant , ma sœur aimait ailleurs. Mais mon père ordonnait : et celte sœur si chère Immola son amour aux désirs de mon père. Aujoiirdhni que le sort vient, à notre parent. D'assigner dans l'état son véritable rang, D'un père infortuné , qu'un long exil menace , Elle accoui t sans retard solliciter la grâce. Quelle âme ! son jaloux Ta suivie à Paris ; Tant mieux : car c'est ici qu'on fait les bons maris. A ]Ve\ers où j étais, par un très-prompt message, Elle m'a fiit savoir le but de son voyage ; Et j'arrive, tout fier de mon nouveau destin. Pour seconder ma sœur dans un si beau dessein.
GERBOIS
Cela me fait plaisir, monsieur, je vous l'assure.
LE VICOMTE
Le duc est en faveur ; la réussite est sûre.
Mais dans ce vaste hôtel , où je me plairai bien,
Vous devez avoir vu
QERBOI3.
Je ne vois jamais rien.
LE VICOMTE
Quoi ! n'apprendrai-je pas de vous si la baronne. Si ma soeur....
GERBOIS
Je ii-Appr^nds jaxnais ïkn à peiisonne.