SCÈNE M
DOLANGE, LE VICOMTE.
LE VICOMTE
Te voilà, chevalier, partage encor ma joîe!
C'est toujours à propos que le destin t'envoie.
Je dois a la fortune élever des autels,
Car sa faveur me place au-dessus des mortels.
Mille pour l'obtenir iraient courir le monde ;
Et sans quitter ces lieux, tout me rit, me secorde !
Dii bonheur sans pareil qu'elle accorde à mes vœux.
Prends ta part en ami.
nOLANGE.
C est tout ce que je veux ; Mais quel nouveau destin a donc pu dans une heure ?,
L'hôtel de monseigneur devient notre demeure!
DOLANGE, à paît.
Qu'entends-je?
LE VICOMTE
Concols-tu cette félicité?
A chaque heure «In jour je verrai la beanlé, Dont 1(!S attraits naïfs ont subjugué mon âme ; Je pourrai chaque jour lui parler de ma flamme, Et près d elle^ bien sur de son cœur, de sa foi^ Attendre en paix l'instant qui doit l'unir h moi.
OOLANGE.
( à part. ) ( hanf.. ) Oh sunpVico!... Etc'o"^tlH lo;:* ce qui te irnnsporte?
4o L'INDISCRET,
LE VICOMTE
Bon ! le sort m'a comblé de biens de toute sorte, Et je ne sais vraiment comment j'ai mérité Qu'il daignât m'accorder tant de prospérité : Avant peu, chevalier, je pars pour l'Angleterre; De l'ambassade, en moi, tu vois le secrétaire!
DOLANGE.
Quoi î lu serais nommé?
LE VICOMTE
Non, pas précisément; Mais on va me nommer, car le poste est vacant.
'DOLANGE.
Ah! le poste est vacant?...
LE VICOMTE, exalté.
Quelle carrière immense Se prépare celui qui comme moi commeuce ! Chevalier, quelque jour , au timon de l'étal. On nous verra paraître ensemble avec éclat.
DOLANGE, préoccupé.
Adieu.
- LE VICOMTE
Si tu savais jusqu'où va mon ivresse.
Et quel autre motif cause mon allégresse !
DOLANGE.
Je la partage fort ; mais un soin important
M'oblige.
LE VICOMTE
Ail! si j'osais...
DOLANGE.
Pardonne, l'on m'attend.