‹ L'indiscretChapitre 37 sur 86 · SCÈNE M · texte numérisé non relu

SCÈNE M

DOLANGE, LE VICOMTE.

LE VICOMTE

Te voilà, chevalier, partage encor ma joîe!

C'est toujours à propos que le destin t'envoie.

Je dois a la fortune élever des autels,

Car sa faveur me place au-dessus des mortels.

Mille pour l'obtenir iraient courir le monde ;

Et sans quitter ces lieux, tout me rit, me secorde !

Dii bonheur sans pareil qu'elle accorde à mes vœux.

Prends ta part en ami.

nOLANGE.

C est tout ce que je veux ; Mais quel nouveau destin a donc pu dans une heure ?,

L'hôtel de monseigneur devient notre demeure!

DOLANGE, à paît.

Qu'entends-je?

LE VICOMTE

Concols-tu cette félicité?

A chaque heure «In jour je verrai la beanlé, Dont 1(!S attraits naïfs ont subjugué mon âme ; Je pourrai chaque jour lui parler de ma flamme, Et près d elle^ bien sur de son cœur, de sa foi^ Attendre en paix l'instant qui doit l'unir h moi.

OOLANGE.

( à part. ) ( hanf.. ) Oh sunpVico!... Etc'o"^tlH lo;:* ce qui te irnnsporte?

4o L'INDISCRET,

LE VICOMTE

Bon ! le sort m'a comblé de biens de toute sorte, Et je ne sais vraiment comment j'ai mérité Qu'il daignât m'accorder tant de prospérité : Avant peu, chevalier, je pars pour l'Angleterre; De l'ambassade, en moi, tu vois le secrétaire!

DOLANGE.

Quoi î lu serais nommé?

LE VICOMTE

Non, pas précisément; Mais on va me nommer, car le poste est vacant.

'DOLANGE.

Ah! le poste est vacant?...

LE VICOMTE, exalté.

Quelle carrière immense Se prépare celui qui comme moi commeuce ! Chevalier, quelque jour , au timon de l'étal. On nous verra paraître ensemble avec éclat.

DOLANGE, préoccupé.

Adieu.

- LE VICOMTE

Si tu savais jusqu'où va mon ivresse.

Et quel autre motif cause mon allégresse !

DOLANGE.

Je la partage fort ; mais un soin important

M'oblige.

LE VICOMTE

Ail! si j'osais...

DOLANGE.

Pardonne, l'on m'attend.

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