LE DUC, CÉLÉNIE
CÉLÉNIE j timidement.
En fille obéissante , à vos oidres soumise
LE DUC
Approchez et parlez, ma fille, avec franchise. ;
CÉLÉJVIE.
Pour rendre sur ce point mon cœur plus rassuré , j Daignez m'interroger, et je vous répondrai.
LE DUC
D'après ce que j'ai vu, vous aimez le vicomte!
CÉLÉNIE
A faire un tel aveu je ne sens point de honte ; Je l'aime comme un frère ! Eu seriez-vous surpris , Vous qui disiez tantôt : je faime comme un fils. Au château d'Erlonval, quand je le vis paraître, Un nouveau sentiment en moi se fit connaître.
LE DUC
Avez-vous combattu ce penchant séducteur ?
CÉLÉNIE
Et pourquoi le combattre ? il faisait mon bonlieur-..
LE DUC
Mais l'honneur, Célénie, avait dû vous prescrire De rendre celte épître et de ne point la lire. Accepter un écrit des mains d'un imprudent^ C'est donner à sa flamme un fatal ascendant.
CÉLÉJVIE.
Je ne l'aurais point lu, s'il n'eût été qu'en prose ! Mais des vers ? ce n'est pas, je crois ^ la même chose.
LE DUCj riant , à part.
Je n'ai rien a répondre ; et sa naïveté Ne laisse aucun refuge à ma sévérité.
( liautj at^ec bonté. ) Pourquoi ne pas avoir appris à votre père ?...
CÉLÉNIE
J'ai cru qu'il suffisait d'en parler à ma mère.
LE DUC, avec la plus grande surprise. Elle vous a permis de porter ce bouquet ?
cÉLÉNiE, rougissant.
J'avais gardé pour moi la moitié du secret.
LE DUC
Ah ! fort bien.
CÉL1ËN1E.
A ses yeux je dévoilai mon âme -^ Et bien loin d'y trouver le reproche ou le blâme, Je crus la voir sourire a ce doux sentiment ; Elle fit du vicomte un éloge charmant.
Et j'allais lui montrer sa lettre, quand ma mère
'înio) é.