‹ L'indispensable, ou, Nouveau conducteur des étrangers dans ParisChapitre 193 sur 231 · CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

CIMETIÈRES

Autrefois les cimetières étaient placés à l'intérieur de la ville; la plupart étaient situés près des églises, dans l'enceinte des monastères, quelques-uns dans des endroits publics et fréquentés. Le cim.elière des Innocents, ou charnier des Innocents, éiaient de ces derniers. C'est le pluscurieux de tous les cimetières qui ont existé dans Paris. Les charniers étaient des galeries sombres et humides construites extérieurement autour de la clôture du cimetière des Innocents. C'était là qu'on enterrait les personnages riches ; et comme cette galerie servait de passage aux piétons, les tombes se trouvaient sans cesse foulées aux pieds.

Du côté de la rue de la Féronnerie , sur les murs

du charnier, était peinte la fameuse danse macabre. Sur les parois des autres rnurs on voyait quanilé d'épitaphes, d'allégories funèbres, dos et de tètes de morts sculptés au milieu de l'étalage des marchands qui se pressaient sous cette galerie. L'intérieur de cet enclos avait été jusque-là abandonné aux animau.'t , mais, l'enceinte terminée, on plaça au milieu une espèce de lanterne de pierre pour éclairer pendant la nuit. L'Egiise des Jniiocents • qui était à côté , le cimetière et ses charniers furent , détruits vers la fm du siècle dernier. Aujourd'hui I c'est un marché.

De nos jours tous les cimetières sont situés hors Paris, ils sont enlre;enus avec soin et même plusieurs avec luxe. Ce sont tous de vastes jardins semés de monuments funéraires, et dont l'aspect mélancolique a quelque chose qui plaît, surtout dans les beaux jours et lorsque le printemps rajeunit les plantes. Cimetière dl- Père Lachaise , ou de l'est. En 1801 le préfet de la Seine ordonna que trois enclos hors de Paris seraient destinés aux sépultures: déjà il avait été fait plusieurs défenses d'entrrrer dans l'intérieur des églises. Le cimetière de d'Est se trouve sur l'emplacement de la propriété I de Mont-Louis, donné par Louis XIV à son conf(-r-ur François de la Chaise; sa maison de cam- [I -îie fut démolie en 1820.

i 11 est difîicile de se faire une idée de ce vaste enclos comprenant un espace d'environ SG arpents , parsemé de tombes de toutes les formes et de toutes les grandeurs, les unes entourées de ileurs et d'arbustes, les autres étalant leur faste dans un monument magnifique. Ce cimetière est un véritable jardin dont l'aspect est des plus pittoresques, cet immense champ de repos est empreint de tout le calme qu'inspire la vue de ce séjour des morts.

Là c'est la toir.be d'un jeune enfant sur laquelle on cultive des tleurs et quelquefois de petits arbustes, dont l'ombrage doit servir plus tard d'abri à ce simple mausolée; plus loin une autre tombe que la douleur et le regret viennent orner souvent de bouquets eî de couronnes d'immortelles ; ici c'est le tomi)eau d'un vieux guerrier, et à côté celui d'une jeune lille , sur la pierre est inscrit le nombre de ses années, et une inscription atteste qu'elle dort du repos de l'innocence. La plus grande partie de ces mausolées est couverte d'inscriptions et d'épitaphes où sont retracés tour à tour la douleur, l'amour et l'amitié. Il existe dans ce cimetière un grand no;nbre de monuments , plusieurs sont remarquables par la matière, mais aucun ne peut être considéré sous le rapport de l'art. Les principaux sont ceux des maréchaux Masséna et Suchet, le premier est un obélisque en marbre d'environ 12 mètres de haut, et le second un énorme bloc quadraiigulaire, composé de granit, qui ressemble plutôt à un soubassement isolé d'un monument complet. Vient ensuite le mausolée de la comtesse DemidolT, composé d'un petit temple périptère avec un sarcophage au milieu, le tout en marbre blanc. L'obélisque de la famille (iermon est un des plus hauts monuments; on y dislingue encore celui du génér.;l Fny. 11 serait diflicile d'énumérer la quantité de petfis temples, de colonnes, de mausolées et de tombeaux de toute espèce, dont le nombre s'élève à plus de 4 0,000.

Là sont les cendres d'Héloïse et d'Abeilard , renfermées dans un tombeau gothique, celles de La Fontaine, Molière: Delille, Bouflers, rarni,Chénier, Guiguené, Suard ; tous littérateurs distingués, qui dorment à jamais dans la nuit du tombeau. On voit aussi les tombeaux de Monge, mathéma-

ticien et fondaloiir (JerÉcnlepolylcciiniquc; de Laplace; deîîrogniart, archilecie;doViMccnt, poiiUre; du fameux composilcur Méhul; de l'iniiiiilable Taima et de la fameuse Raucourt ; Duchesnois, Girodet, Prudhon , Grésy , madame Cotlin. Lcs^maréchaux LcFèbvre, Keliermann, Davoust, Camille Jordan, Serrurier, et le ministre espagnol Urquigo.

Il est situé à l'extrémilé des rues de la Roquette et de Saint-André, hors !e t30ulevart.

Cimetière Montmartre. On l'appelle encore cimetière du Nord et champdu repos, il futd'abord établi sur l'emplacement d'une carrière à plâtre : il fut agrandi considérablement en I8i9 et il comprend aujourd'hui environ 40 arpents. Il renferme les cendres de Legouvé , auteur du Mérite des femmes , et celles de son épouse. On voit encore le tombeau de mademoiselle Chameroi, célèbre danseuse de l'Opéra, et celui de Dazincourt, acteur des Français. Là sont aussi les restes de J.-F. St.- Lambert,' du sculpteur Pigal, de madame Dubocage, du fameux Grcuze et du maréchal Ségur.

Ce cimetière est situé entre les barrières Clichy et du Rochechouart,

Cimetière de Vaugirard. Ce cimetière, fermé depuis 18 24, est supprimé. Son étendue insuffisante et sa situation mal appropriée en sont les causes.

On y remarquait les tombeaux de la fameuse actrice Louise Clairon, de La Harpe, du malheureux Latude, du sculpteur Chaudet , du duc de ISivernois , et du médecin Dctrez.

Cimetière du Moxt-Parxasse. Situé barrière Mont-Parnasse , dans la plaine de Mont-Rouge. C'est un vaste emplacement à peu près carré, d'une surface plane, d'environ trente arpents, et coupé en croix par deux grandes allées d'arbre.s. 11 est

en'.ouré u un mur élevé, deux pavillons décorent son entrée. Ce cimetière, qui ne renferme les cendres d'aucun personnage remarquable, est ouvert depuis qu'on a fermé celui de Vaugirard.

CWETIERE SAINTE CATHERINE. Le SCUl qui SOit

actuellement dans l'enceinte de Paris, il est fermé depuis isir». Il se recommande par le .tombeau du général Pichegru , élevé par sa fille Elisabeth Pichegru. On y voit aussi le tombeau d'un maître en chirurgie, mort en 1812.

Cimetière de Pirris. Ce cimetière est la propriété de plusieurs familles où les restes de leurs parents, victimes de la révolution de 1793 , furent déposés. Cet emplacement leur est réservé. Il est situé au bout de la rue «Je Reuilly.

Cimetière dl Calvaire. Situé sur le Mont-Valérien. Ce cimetière fut établi par les missionnaires ; il renferme les restes de quelques pieux personnages.

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