‹ L'indispensable, ou, Nouveau conducteur des étrangers dans ParisChapitre 34 sur 231 · SAINT ETTBKNE DU MONT · texte numérisé non relu

SAINT ETTBKNE DU MONT

Celte église est fort ancienne, on peut la faire dater de 1200, cependant sa fondation remonte à un temps bien antérieur, puisque l'histoire mentionne qu'elle fut brûlée vers l'an SOO , ainsi que la plupart des églises qui existaient déjà dans Paris, lin 122 1 , elle fut frappée du feu du ciel et reconstruite après, avec l'autorisation du pape Honorius III, et érigée en église paroissiale. En I5î7, elle fut presqu'entièremcnl reconstruite, et en 16 lO, Marguerite de Valois posa la première pierre du portail ; elle versa à cet effet une somme de 3,000 louis.

Près de l'esialier qui conduit à la tour, on remarque l'inscription suivante : le dimanche de la

SEXAGFSI.ME XV FEDVRIER 1620, DV PONTIFICAT DE NOSTF.E st. 'PERE LE PAPE VRBAIX VIII, ET DV RÉ- GNE DV ROY LOVIS-LE-JVSTE XllI ; CETTE ÉGLISE ET WAITRE-ALTEL D'icELLE , ONT ESTÉ CONSACRÉS ET DEDIEZ A l'honneur DE DIEU ET DE LA VIERGE MARIE , SOVBZ L'INVOCATIOX DV PREMIER .MARTYR ST ETIENNE, PAR REVERENDISSIME MESSIRE JEHAN- FRANÇOIS DE GONDY, ARCHEVESyUE DE PARIS, CE REQVERANT RELIGIEUSE PERSONNE FRERE MARTIN CITOLLE, RELIGIEUX DE l'aCBAYE S^E tENÉVIEVRE , ET AINSI DE LADITE EGLISE , NOBLES HOMMES

Mit M''' MICHEL FERRAND, CONSEILLER DV ROY EX SA COVR DE PARLEMENT S^ DE BEALTORT ET AASTQLNE CHARBONNIER LEGAT^E DE SA MAJESTÉ, FRANÇOIS PRESDESEIGLE, MARA>t DRAPIER, ET CLAUDE QUAR- TIER, MARANT ET MK APPOSE BOURGEOIS DE PARIS, ET l'anniversaire DE LA DÉDICACE TRANSFÉRÉ PAR LE DIT SEIG'"-, ARCHEVESQVE, AU PREMIER DIMANCHE DE IVLLET, AVEC CONCESSION d'INDULG ENCE.

L'architeclure de celle église, est à la fois gothique el sarrazine; ia façade est formée d'un fronton triangulaire porté par quatre colonnes d'ordre grec, qui jurent un peu avec le restant; au-dessus un fronton semi-circulaire, au milieu duquel est une rosace; de chaque côté deux petites fenêtres; la façade se termine, par un fronton très-aigu, au milieu une fenêtre carrée, ornée de festons en ogive.

A gauche, est un petit clocher orné d'une horloge, il est irrégulier et n'a rien de remarquable; à ses coins sont adaptées de petites tourelles; au haut est une balustrade et enHn une petite capanillc dans le même style que le resle.

L'intérieur mérite d'être visité par les curieux, |1 est fâcheux que les colonnes qui soutiennent la voùle puissent à peine être appelées du nom de pilier; de petites galeries s'y rattachent et tournent alentour, à la hauteur d'environ 4 ou 5 mètres.

La lar:5eur de la nef entre les piliers est de 7 mètres ; on remarque la chaire , dont le travail est admirable, elle est entièrement sculptée en bois; un Samson à demi-courbé écrase sous lui un lion, ses épaules soutiennent le vaisseau de la chaire; alentour sont assises sept petites statuettes de saintes, fort bien exécutées; de petites colonnes dordre corinthien séparent les bas-reliefs et les portraits qui achèvent la décoration du pourtour;

le dessus du couronnemenlouderabat-voix, dont la forme esl uu dôme, est orné de deux anges dont l'un apporte une couronne ; ses côtés sont ornés aussi de pclils anges, le sommet est surmonté d'une slalue liguranl lange du jugement dernier.

Le buITet des orgues est aussi d'un fort beau travail; anges sculptés, guirlandes, ornements, enroulages de rinceaux, sont répandus avec profusion : le sommet est surmonté de cinq statues, dont quatre figurent des anges. On considère avec attention la clef de la voûte du chœur, qui se détache en cul-de-lampe sculpté de festons et d'ornements de h plus grande élégance, elle part de la hauteur d'environ 4 mètres; on assure que les sculptures hardies sont soutenues par des branches de fer.

L'n jubé de la plus grande beauté, chef-d'œuvre de Biarl , sépare le chœur d'avec la nef; des escaliers à vis, d'une élégance étonnante, s'enroulent de chaque côté autour des colonnes; les balustrades de ces escaliers sont taillées et sculptées avec tant de délicatesse, qu'on dirait de loin une large guipure pendant après la rampe; au-dessus de ce jubé est une statue du Christ, avec deux anges de chaque côté en adoration. Cet ouvrage était terminé en iGoo. On voit dans une chapelle un groupe en terre cuite représentant le Christ au tombeau , on l'attribue à {^îermain Pilon. La pierre tumulaire du tombeau de sainte Geneviève, autrefois dans r/glise de Ste-Gcneviove, a été transportée à St.- Etienne. On y voit aussi les pierres tumulaires du fameux Boileau , et du philosophe Pascal.

Parmi les tableaux, on remarque les deux tableaux à droite et à gaucho du chœur, quelques compositions de M. Schnetz, et la prédication de Sl.-Etienne par Abcl Pujol.

Les anciens vitraux qui ornent encore quelques croisées du chœur sont fort recommandabies ; ils sont brillants de couleur, et le dessin en est soigne , on y remarque de jolis costumes du temps de François J*?»".

D'autres ont pour sujet des légendes, des paraboles, qui méritent d'attirer les regards des savants et des curieux.

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