‹ L'indispensable, ou, Nouveau conducteur des étrangers dans ParisChapitre 33 sur 231 · PANTHÉON · texte numérisé non relu

PANTHÉON

Ce monument , le pius gigantesque de la capitale, date du règne de Louis XV. II a remplacé l'église de Sle. -Geneviève, patronne de Paris.

l/archileclure entière de cet édifice est grecque, sa forme est celle d'une croix. La longueur totale de l'édifice est de 115 mètres, sur 35 mètres de largeur. Vu de la place, le Panthéon présente un magnifique portique surmonté d'un fronton en bas-relief. De cliaque côté les nefs latérales s'éten • dent à la même hauteur que lui; un péristyle de colonnes de la hauteur de il mètres, élevé sur un soubassement, supporte le dôme. Cet édifice est entièrement construit de pierres de taille; une grille en fer enveloppe le monument; à chaque coin, en face, est un piédestal d'environ 3 mètres de haut, portant une sorte de pied en bronze composé de feuilles d'ornements enroulées du meilleur goût et de la plus grande élégance, surmonté d'un peiit plateau. Enire celte grille et le perron, ce terrain est couvert de pavés et de larges dalles. Le portique présente de fi ont six colonnes cannelées d'ordre corinlhien de la plus grande magnificence; elles sont au nombrede vingt-deux. Trois servent à soutenir chaque coin du fronton, le coin saillant et le coin adhérent au reste de 1 édifice. La voûte du portique est en anse de panier et couverte d'ornements de bon goût ; les petites voûtes latérales sont séparées de la voûte du milieu par une petite galerie bordée d'une balustrade qui est portée par les colonnes placées de chaque côté de la porte principale. Elles sont au nombre de trois, une grande et deux moindres dechaque côté. Cinq bas-

— 88 ~ reliefs, surmontés de guirlandes en festons sculptées avec élégance , décorent le mur intérieur du péristyle.

Le fronton est triangulaire; il représente, dans un bas-reliefJaXaliondislribuan! des récompenses à ceux qui ont su se distinguer. Au dessous, la frise porte celte inscription : Aux grands hommes la Patrie reconnaissante. Une corniche surmontée d'une balustrade à jour avec des interstices pleins, couronne les nefs latérales sur les murs desquelles sont sculptées, un peu au-desous del'attique, des guirlandes en festons semblables à celles du péristyle. Les façades de ces nefs sont composées d'un fronton triangulaire sans sculptures, ornées de pilastres engagés d'ordre corinibien; de chaque côté, en bas, on a pratiqué (.'eux portes auxquelles on arrive par un perron, La façade de derrière est composée d'une galerie avec pilastres engagés d'ordre corinthien; au dessus, une façade simple percée de trois fenêtres arrondies avec un fronton triangulaire sans sculpture.

Un large soubassement octogone s'élève au dessus du point de réunion de ces quatre nefs; à chacun de ces angles qui sont à pans coupés vient aboutir un arc-boulant sur lequel est pratiqué un escalier qui conduit à la partie supérieure. Au dessus, un second soubassement circulaire porte un péristyle de 32 colonnes d'ordre corinthien, couronné d'une frise et d'une balustrade qui environne une seconde galerie découverte. La hauteur de ce premier morceau, depuis l'entablement ju=qu'à la galerie, est d'environ 25 mètres, et le péristyle en a 88 de circonférence. Dans le mur de celte galerie sont pratiquées dans les entre-colonnements douze grandes fenêtres carrées qui éclairent l'intérieur. Au dessus du péristyle, à la seconde galerie, est

un a nique de la hauteur d'environ 6 mètres, percé de croisées en arcades; une corniche couronne cet allique et sert d'appui à la voûte du dôme, dont la circonférence à cet endruit est de i28 mètres. Ce dôme est revclu de lames de plomb ; à l'extrémité, sur une espèce de tailloir en saillie, est une lanterne qui sert d'amortissement; sa hauteur est de 9 mètres environ: à l'enlour est une galerie avec une balustrade en fer; cette lanterne est ornée de colonnes avec des fenêtres en arcades dans les entrccolonn(.'mc'nls;sa partiesupérieure est revêtue d'une calottf> en cuivre.

A l'intérieur, chacune des quatre nefs est soutenue par des colonnes cannelées d'ordre corinthien de la hauteur de 12 mètres 33 centimètres. Ces colonnes marquent la séparation des galeries latérales ilont le pavé est plus élevé que celui des autres. La largeur totale des nefs est de 27 mètres 44 centimètres; le dôme est soutenu par quatre massifs ornos de pilastres disposés sur les angles d'un carré, tandis f|ue la première coupole est de forme circulaire. Primitivement chaque support était composé de trois colonn:;s, on les a réunies, pour la plus grande solidité de l'édifice. Dans l'intérieur de ce temple on compte 130 colonnes; on admire les ornements qui décorent la frise; au dessus de l'eiitablement sont des galeries ornées de balustrades. Les voûtes des nefs, dans ce temple, sont généralement admirées par les connaisseurs pour leur élégance et leur simplicité. Le pavé du chœur est en mosaïque: les piliers qui soutiennent le dôme sont réunis par quatre arcades; quatre pendentifs sont placés intérieurement entre ces arcades. Au dessus règne un entablement circulaire orné de sculptures dans legenrede celles de la frise el qui surmunie les colonnes; cet entablement est

orné de pilastres d'ordre corinthien. Les fenêtres des entre colonnements qui répondent aux quatre faces des nefs , donnent le jour à cette première coupole A cet endroit le diamètre est de 20 mètres 66 centimètres, et à l'endroit où elle se termine, le diamètre est de 9 mètres 9 centimètres. Au dessous, quaire arcades correspondant aux piliers qui soutiennent la première coupole, servent d'appui à la seconde coupole dont le plafond est une magnifique peinture du baron Gros. Le sujet est l'apothéose de Ste. -Geneviève; elle est au milieu de la coupole, dans une attitude pleine de bonheur et respirant l'immortalité; son costume est blanc, autour d'elle sont des petits anges, les personnages qui sont plus bas et qui forment le pourtour du tableau, sont Clovis et Charlemagne, ces figures sont admirables ; à côté de la reine Clotilde, on remarque aussi Louis XVI, la reine, Louis XVII. Les principales ligures de ce tableau sont celles de Louis XVI II et de sainte Geneviève. Cette composition est pleine de vigueur, la couleur en est admirée; pour jouir des détails qu'elle contient , il faut monter au balcon de la galerie de la première coupole.

Deux escaliers placés dans la galerie qui termine l'édifice, conduisent dans les galeries souterraines; elles sont soutenues par des piliers simples. A un certain endroit, on remarque un effet d'écho surprenant; un coup de baguette sur un vêlement produit un bruit semblable à un coup de canon.

Desgardiens conduisentjournellement les étrangers ou les amateurs dans tous les endroits de cet édifice; il est d'usage de leur donner une légère rétribution.

— 9J — ÉGX.ISE SAZKT SUSTACHE.

C'est sous le règne de François I?', que fut commencée cette église; le prévôt de Paris en posa la première pierre en 1532, et la nef fut entièrement terminée, en i550. Plus tard, sous le règne de Louis XllI, le chœur fut reconstruit

Le portail se compose d'un rang de colonnes doriques exhaussées sur quelques marches; au dessus et à l'aplomb, est un second rang de colonnes ioniques; le milieu est couronné d'un fronton. Ce portail jure avec le reste de l'édifice, qui est un mélange bien entendu d'architecture sarrazine et d'architecture moderne.

L'uilérieur est d'un aspect très-imposant ; la voûte est à plain cintre et à arêtes; on remarque deux culs dc-lampes sculptés et festonnés à jour, qui s'en détachent avec élégance. Les piliers qui soutiennent la voûte sont carrés, mais ils sont ornés de pilastres de différents ordres, les uns au dessus des autres; celte manière est très-originale. Le porche est carré; au dessus, une épaisse guirlande de fruits et de fleurs sculptés, pend de chaque côté; une espèce de tailloirou corniche en saillie qui domine au dessus, sert de base au buffet des orgues. Les extrémités de la croisée ou des nefs latérales sont remarquables; c'est une grande porte en forme d'ogive, au dessus sont deux rangées de petites fenêtres ; on voit plus haut une belle rosace avec une petite à chaquecoin. Vinf;t-deux chapelles environnent le chœur et la nef. Dans le mur de la croisée, à droite, on remarque trois restants de sculptures de niches, d'une délicatesse admirable. Le banc-d'œuvre est en bois; au sommet, on voit

trois statuettes assez belles, mais on admire surtout un médaillon au milieu duquel est un Christ en croix ; le médaillon est porté par des anges qui voltigent : cet ouvrage, de la plus grande légèreté, est travaillé à jour, et semble suspendu. Parmi les tableaux qui décorent cette église, on remarque la conveisionuc saint Augustin, le baptême deXotre Seigneur, la résurrection de saint Lazarre, la communion de saint Louis, le martyr de saint Jean Népomuccne, Jésus-Christ chassant les marchands du temple; (juatrc tableaux dans la chapelle de la Vierge et deux bas-reliefs; on y voit aussi le tombeau de Colbert orné de deux statues.

Cette chapelle est éclairée par une coupole.

On voit encore un beau tableau de l'adoration des Plages: il orne une chapelle. Plus loin, deux tableaux de la nativité de Noire-Seigneur.

Un bénitier orné de sculptures anciennes frappe la vue, près de la porte de sortie.

Dans une des cl.apelles, est le tombeau de Fr.- Eub. Secousse, curé de l'église. En entrant, on remarque dans le mur, piè^s du bénitier, une ins criplion au dessous d'un médaillon qui indique le lieu où repose ("lievert, lieutenant-général des armées sous Louis XV, en itgO.

Sur un marbre noir, à droite en entrant, est la dédicace de l'église.

A l'extérieur, cette église a des beautés qui doivent arrêter l'œil du curieux ou de l'amateur; dans chaque saillie, dans chaque colonne, dans chaque fenèire, l'œil se rend compte de la transition des deux ordresd'architecluresidiiïérentsrunde l'autre; les fenêtres ne sont ni gothiques ni modernes; il en est de même pour tout; cependant l'église est plutôt du genre gothique que de tout autre; on peut reprocher avec juslessela surabondancedor-

nements; les détails à l'exlérieur se multiplient à l'infini, et l'œil attentif siiiliaborieusemenlles sculptures, les petites galeries superposées, les longues gouttières aux gueules béantes. Les arcs-boutans senlremèlent à l'infini du côté de la voûte. La façade qui regarde la rue des Prouvaires est la seule qu'on puisse admirer ; les autres côtés sont engagés dans des maisons.

Elle est située rue Traînée et rue du Jour.

z:gi.ise saint roch.

Elle est située rue St. -Honoré, en face la rue du Dauphin. Elle occupe l'emplacement qu'occupaient au XV' siècle deux petites chapelles. Le ne fut qu'en 1633, que St. -Uoch devint église paroissiale, et plus tard, en IG53, on l'agrandit ; Louis XIV et Anne d'Autriche en posèrent la première pierre. Ce. édifice lut commencé sur les dessins de Mercier, et continué d'après ceux de Robert Cotte. Le portail est de ce dernier; sa largeur est de 24 mètres , et sa hauteur est, à peu de chose près, la même. Il est élevé sur un perron formé d'un grand nombre de marches; il est composé de deux ordres d'architecture superposés, dorique et corinthien; au dessus de ce dernier, est un fronton triangulaire surmonté d'une croix.

Le dorique est l'ordre d'architecture qui règne à l'intérieur. L'é;:lise se divise en cinq parties bien distinctes, la nef, le chœur, la chapelle de la Vierge, celle de la Communion et la chapelle du Calvaire. La longueur totale de la nef esl de 30 mètres; vingt pifiers, ornés de pilastres doriques revêtus de marbre à leur base, soutiennent la voiitede la nef; qua-

rante huit piliers engagés supportent ses bas côtés , dix-huit chapelles leur servent de ceintures jusqu'au rond-point; aux extrémités delà croisée sont deux autels ornés de deux grands tableaux ; l'un , la prédication de la foi de St. -Denis dans les Gaules, et l'autre, la guérison du mal des Ardents par l'intercession de sainte Geneviève; on y remarque aussi les statues de saint Grégoire, saint Jérôme, saint Augustin et saint François de Sales; celte dernière est de Pajou. Aux deux côtés de la porte principale du chœur, sont deux chapelles dccoiées sur les dessins de M. Coustou jeune ; chacune d'elles est surmontée d'une statue, le Sauveur au Jardin des Olives et une tipure de saint Roch. La chaire est un des morceaux i.es plus remarquables do l'intérieur; les quatre Evangélistes de grandeur naturelle, groupés avec leurs attributs, soutiennent cette espèce de tribune, dont les panneaux sont ornés des vertus cardinales. Le bas delà chaire est entouré d'une grille à hauteur d'appui. L'abat-voix est formé par un rideau peint en blanc, et représente le voile de l'erreur que soulève un ange, symbole de la vérité. La rampe de l'escalier est également remarquable. Toutes les figures sont dorées. On a placé vis à vis un tableau représentant Jésus- Christ sur la croix.

Sous les deux piliers de l'orgue, on remarque un cénotaphe sur lequel on a sculpté une tête de Pierre Corneille. La chapelle, à droite, est destinée au mariage; elle renferme le groupe de saint Joachim et sainte Anne, en marbre, restauré par Lesueur. La chapelle en face est consacrée aux baptêmes; on y voit un groupe en marbre blanc, par Lemoine, représentant le baptême de Notre-Seigneur. On a rassemblé dans les deux chapelles suivantes des restes de mausolées appartenant aux

églises voisines; ceux du cardinal Dubois parCoustou jeune, les bustes de Créqui, de PierreMignard et de Lesdiguières. Dans la chapelle, à gauche, on remarque le mausolée de Maupertuis, le buste du célèbre André LeNostre et le tombeau du comte d'IIarcourt.

\.e chœur, qui est la continuation de la nef, et qui est par conséquent de même largeur, a environ 18 mètres de profondeur; il est entouré d'une grille peu remarquable; le maître- autel est trèsstîTiple, son arcade ouverte laisse voir derrière lui la décoration de la chapelle de la Vierge au milieu de laquelle on aperçoit le superbe Christ du Calvaire. La chapelle de la Vierge, derrière le chœur, est de forme circulaire, et décorée de pilastres co rinlhiens; sa coupole est peinte à fresque, elle a 66 mètres de circonférence; son élévation est d'environ G ou 7 mètres. La composition a pour sujet l'Assomption de la Vierge. On voit sur l'autel un groupe de marbre blanc, représentant Jésus dans la crèche, adoré par sa mère et saint Joseph. Aux deux côtés, sont les statues de la Force et de la Prudence.

Parmi les tableaux, on remarque la résurrection de saint Lazarre, le triomphe de Mardocliée par Jouvenet, Jésus chassant les vendeurs du temple, Jésus appelant à lui les petitsenfants, l'apparition de Jésus à la Madeleine, un saint Sébastien.

La grille qui entoure l'autel est en marbre blanc ; la coupole de la chapelle de la Communion, représente le triomphe de la Religion.

Tout le long des bas côtés du chœur, il y a dix chapelles qui indiquent chacune, par un bas-relief, une des circonstances de la passion de Notre Seigneur. La chapelle du Calvaire est ornt e d'un Christ en marbre blanc d'une fort belle exécution.

L'horloge qu'on entend à St.-Roch est celle qui était si fameuse du temps d'Henri IV, à la Samaritaine Extrait du Paris pittoresque].

EGLISE SAINT SULFICE.

Celteéglise, commencée sous Louis XIV en l G55, est l'œuvre de plusieurs architectes; les travaux en ont été suspendus pi ndant près de 43 ans. Le Veau l'a commencée, et Servandoni l'a terminée. L'édifice a la forme d'une croix-latine; les nefs latérales ontpeu d'extension, La longueur totale de rédificc est de 1 12 mètres et sa largeur 68 mètres. La façade est ce qu'il y a de plus remarquable à l'extérieur; elle est composée de s colonnes cannelées d'ordre dorique, sans compter celles qui soutiennent la base des tours. Ces colonnes sont accouplées et reposent sur des piédestaux entre lesquels est ou perron de 12 marches qui conduit au péristyle, et dans ic mur duquel sont engagées six colonnes du même ordre. Dans les entre-colonnemenls sont des espèces de niches, terminées en arcade avec un portrait sculpté; au-dessus de chacune est un hasrelief carré ligurant un sujet religieux; le plafond est séparé en compartiments carrés et orné de rosaces fort élégantes. Au-dessus règne une frise, un entablement et un atlique surmonté d'une balustrade. Là règne une galerie formée d'une rangée de colonnes d'ordre ionique avec des arcades dans les entre-colonnements; une frise et un entablement couronnent cette galerie. Deux tours s'élè-

vent de chaque côté sur un corps de bâtiment carré qui termine la façade; celle de gauche est plus belle que celle de droite; la première partie est carrée et soutenue par des colonnes d'ordre corinthien, la dernière partie est circulaire; l'autre tour est plus simple , elle est ornée de pilastres engagés. Dans la plus haute sont placées les cloches. Chacune des tours porte un télégraphe. Leur hauteur est de 70 mètres. Les façades des nefs latérales n'ont rien de remarquable; celle de gauche est composée d'une porte en arcade; de chaque côté deux colonnes d'ordre corinthien supportent un portique; dans les entre-colonnements sont deux statues de saints. Au-dessus un second portique composé également de deux colonnes, au milieu une fenêtre d'ordre dorique , au-dessus un fronton semi-circulaire. De chaquecôté de la porte d'entrée, à laquelle on arrive par un perron , est une fenêtre d'ordre dorique avec deux pilastres corinthiens engagés. De chaque côté au-dessus de la frise, s'élève une pyramide quadrangulaire de trois mètres de haut surmontée d'une petite sphère. Les côtés montent avec la seconde ordonnance; ils s'y réunissent en décrivant une courbe comme ie ferait une corde mal tendue. L'autre façade latérale du côté droit est à peu prés semblable, si ce n'est que Tordonnance est dorique. Entre ces façades et les pieds de la tour, le mur est percé de quatre fenêtres doriques ; au-dessus une frise unie, puis une terrasse d'où partent des arcs-boulants qui vont soutenir le corps de la nef, percée de fenêtres doriques. Le derrière de l'église est de forme circulaire; on y remarque une tour qui fait saillie en dehors de la moitié. La partie inférieure est soutenue par une voûte qui se termine subitciHent à sa partie supérieure.

A l'intérieur, douze colonnes cannelées d'ordre corinthien soutiennent le buffet des orgues ; ce buffet est en bois d'un beau travail et orné de? statues fort bien exécutées; les colonnes forment une sorte de portique à l'intérieur; dans le mur entre deux colonnes sont, de chaque côté, deux statues de saints. Deux ntngées de piliers séparent la nef en deux parties et soutiennent la voûte : ils sont ornés des deux côtés de pilastres engagés d'ordre corinthien. La nef est éclairée par cinq fenêtres d'ordre dorique. La voûte n'a rien de remarquable. Son autel est en marbre blanc, couvert d'ornements et de dorures. 11 est placé entre la nef et le chœur; une balustrade circulaire en défend l'entrée. Le chœur est orné des douze statues des apôtres, posées sur une corniche à chaque pilier. Les vitraux des fenêtres du chœur représentent ditférents sujets rehgieux. La chaire est construite en marbre blanc avec ornements dorés. De plus une statue au faîte et une au commencement de chaque escalier, également dorées. Cette chaire est un tour de force, elle est portée uniquement par les deux escaliers qui y conduisent de chaque côté. La voûte de réunion des quatre nefs repose sur quatre pendentifs; au milieu est sf-ulpté un St. -Esprit, et dans quatre médaillons sont peints les portraits des évangélistes. Au milieu de la galerie circulaire, entre le chœur et la chapelle de la Vier^'e, est une petite coupole ornée d'écussons sculptés; au haut est une ouverture par où s'épanche la lumière. î>a chapelle de la Vierge est ornée avec profusion ; elle est en marbre blanc et vert. Une première coupole, couverte de dorures et de peintures, laisse voir par une ouverture ovale, d'environ 25 mètres de circonférence, une seconde coupole peinte à fresque; c'est une composition de Lemoine, figurant

l'Assomption, le même qui a peint, sous Louis XIV, le magnifique plafond du salon d'Hercule, à Versailles. Une statue en niarbre de la Vierge est placée dans un enfoncement et reçoit un jour mystérieux par une ouverture cachée; elle est d'un fort bel effet. Parmi les tableaux de cette chapelle, on remarque une annoncialion de Vanloo. Plusieurs des chapelles latérales sont ornées avec goût et décorées de tableaux assez remarquables, parmi lesquels un tableau du jugement dernier, une copie du saint IMichel de Raphaël, saint Roch dans sa prison , saint Roch au milieu des pestiférés, une Descente de croix et un saint Laurent au supplice. Plusieurs voûtes sont peintes à fresque. Sur une plaque de cuivre qui traverse l'église directement du nord au midi, est indiquée la ligne du méridien ; dans une des nefs latérales elle se termine par un obélisque en marbre, surmonté'd'une sphère dorée, le tout de la hauteur de 8 mètres. Le piédestal porte cette inscription : Gnomox astroxomicus ad Certam Paschalis oequixoctu.exploratioxem. On y lit quelques passages de l'Écriture sainte. Cette méridienne fut établie par Henry Sully, comme l'inscription du piédestal i'indique.'Elleà pour but de marquer le retourdel'équinoxeduprintem.psetdu solslice d'hiver. On remarque encore, en entrant dans l'église, les deux bénitiers formés de deux énormes coquilles enchâssées sur un bloc de marbre blanc, figurant un rocher. C'est un présent delà république de Venise au roi François l"".

L'église St.-Sulpice est située place St.-Sulpice, près la rue du Vieux-Colombier et du marché St.- Germain.

SAINT GERMAIN-L'AUZERROZS.

St.-Germain-l'AuxGrrois est une des plus anciennes églises de Paris, tout porte à croire que Cliildebert hr la fonda en 568, en même temps que St. -Vincent, aujourd'hui St. -Germain-des-Prés, où est enierré ce prince. Cette église, appelée autrefois St.-Germain-le-Rond, parce qu'elle commença par être une petite chapelle ronde, fut plus d'une fois saccagée et presque détruite par les Barbares; eu 83G , lors du siège de Paris par les Normands, ils la prirent, ils s'y fortifièrent et l'entourèrent de palissades et de fossés. C'est delà sans doute que vient le nom de la rue des Fossés-St.-Germain-1'Auxerrois. Cette église posséda un cloître pour ses chanoines, et une école pour.les clercs, ce qui lit donner le nom de Quai de l'École à celte partie du quai avoisinant.

Cette église, aujourd'hui presqu'enlièremenl restaurée, est généralement admirée pour sa disposition régulière , son unité , la beauté du slyle et l'élégance des ornements. Le portique et le portail qui la surmontent, tous deux riches d'architecture et de sculpture, ont été exécutés par Jean (iausel. Le portique se compose de trois portes principales, en ogive, avec quenlilé d'ornements; deux plus petites, sont de chaque côté dans les pavillons qui lertninenl cet avant corps. La façade au-dessus se termine en pointe: dans le haut elle est ornée d'une balustrade en ogive et de deux rosaces dont la plus grande est magnilique. Deux petites tourelles à pans coupés, surmontées d'une palissade, montent de chaque côté de la façade. Les faces latérales sont ornées chacune d'un portail; uneélé-

— JOl —

ganle baliisîradc en ogive fait le tour de l'édifice a la hauteur du portail , auquel elle sert de couronnement. A droite du portail du midi, était, une tour, surmontée d'une flèclie du plus beau travail dans le genre goihiqno. Elle renlermail, dit-on, la cloche qui, la premiore, donna le signal de la St.-liarlhélemy. La tour actuelle est moderne et bien moins élevée que l'ancienne. Pendant quel(]ue tems , en I7i)3 , cette église a servi de fabrique de salpêtre, ce fut l'Empereur qui la rendit au culte religieux.

Sa forme est celle d'une croix, dans une longueur de trente mètres sur quarante. Le plan général est d'une grande régularité, ce qui est rare dans les églises gothiques : à l'intérieur, des colonnes simples soutiennent le buffet des orgues. La voûte de la nef et du chœur est à plain cintre. Les colonnes qui la soutiennent sont d'un ordre bâtard, demi gothique et demi-moderne; de chaque côté, règne une galerie de chapelles; les fenêtres du chœur, hautes et garnies de vitraux coloriés, sont d'un fort bel effet; on admire surtout les rosaces pratiquées au-dessus des portes latérales et l'on s'arrête volontiers devant le banc-d'œuvre qui fait face à la chaire, il est entièrement restauré, une grande draperie sculptée en bois lui sert de couronnement, elle est d'un travail admirable; la chaire est neuve; une grille en fer ferme le chœur, ainsi que les chapelles latérales, quelques unes sont or- .nées de tableaux. Parmi les antiquités curieuses renfermées dans cette église, on remarque les tombeaux de personnages distingués : Concini, maréchal de France; d'Aligre, chancelier; Malherbe, poète; Dacier; Varin, peintre, sculpteur el graveur; Houache, peintre; Coypel, Helle, Sanlerre, peintres: Covsevox, Desjardins, fameux sculpteurs^

ellesorcliitecles Le VeauctDorbny. L'église est enlore en réparation au moment où nous écrivons, l'extérieur est sur k- point d'être terminé. On travaille avec activité à la restauration intérieure.

Page 1