‹ L'indispensable, ou, Nouveau conducteur des étrangers dans ParisChapitre 58 sur 231 · JARDIN DU ROI · texte numérisé non relu

JARDIN DU ROI

Guy de la Brosse, médecin de Louis XIII, sentant , par l'étude de la médecine , la nécessité de réunir dans le même endroit toutes les plantes nont l'art fait usage, demanda la permission d'établir un jardin, où seraient cultivées ces plantes. L'autorisation royale fut donnée en 1626 , mais ce ne fut qu'en 1636 qu'Héronces commença la construction de ce vaste jardin. Cet établissement était d'abord fort peu étendu , mais il s'agrandit peu à peu d'une manière notable. Maintenant il occupe toute l'étendue de terrain comprise entre la Seine et la rue du jardin du roi , puis entre la rue Cuvier et celle de BufTon. Il est entouré de maisons et de murs de tous côtés, excepté sur le quai, où une grille de fer lui sert de limites; l'entrée principale est en face le pont d'Austerlitz; il en existe encore une seconde, dans la rue du Jardin du Roi, une troisième, au coin de la rue du Jardin du Roi et de celle de Cuvier; et enfin une quatrième dans la rue de Cuvier.

Ce jardin est un des plus beanx qui existent, il ne le cède à aucun en richesse, il renferme les plus grandes curiosités animales, végétales et minérales; U y a des allées magnifiques, de superbes bosquets, des parcs, des serres, des ménageries, etc. On peut le considérer comme divisé en deux parties. La première, très-vasîe et s'étendanl depuis le quai jusqu'à la rue du Jardin-du-Roi , et appuyée contre la rue de Buiïon , se compose d'allées tirées au cordeau, et de divers bosquets : cette partie est plantée régulièrement ; parmi les bosquets qu'elle renfermée, deux extrêmement grands portent le nom d'École de Botanique. Les personnes qui se livrent à Tétu-ie du règne végétal trouvent <lans cette école des plantes de toutes espèces ranpies par famille, selon le système de Jussieu. Près de cet endroit sont situées des serres remarquables, elles sont faites en fer, et s'étendent jusqu'au cabinet de Zoologie : leur construction est récente. L'autre pariie du Jardin est séparée de la première, par des serres et des fossés, séjour de quelques beaux ours dont Tun est blanc; dans celte partie, les allées ne sont pas tirées au cordeau, elles sont tortueuses. Le second jardin renferme la ménagerie, dans laquelle de superbes bêtes féroces, tels que lions et tigres, attirent l'attention des curieux. Chaque animal est dans une cage particulière ornée d'une porte-grille, une autre grille empêche l'approche de ia ménagerie: près de cet endroit, on voit une espèce de pavillon rond d'une belle et élégante structure et entouré d'une forte grille de bois; c'est la demeure des éléphants, de la giraiïe et autres animaux inofîensifs. Si de ce pavillon le promeneur se dirige vers l'est, il ne tarde pas à arriver devant une belle faisanderie près de laquelle se trouve placée une volière de toute beauté, ren-

— 149 -^ fermant des oiseanx de loiiles espèces; tels que i aigles, vautours, condors, hiboux, etc. Dans la faisanderie, on ne peut se lasser d'admirer des paons, des perdrix , des faisans d'une rare beauté. Non loin de là au sud-ouest, est située une grande cage de fer haute de trois à quatre mètres, dans laquelle on voit une trentaine de singes; cette cage est adossée contre un petit bâtiment en pierres de taille et percé de niches, elle est divisée en comparlimenls qui ont portes et fenêtres. Les singes sont dans leurs niches quand le temps est froid ou pluvieux ; dans les beaux jours, il y a toujours une foule nombreuse stationnant en cet endroit, pour voir ces pétulants animaux se livrer à tous les ébats de leur gaîté.

Dans cette partie si curieuse du jardin, il y a beaucoup de petits parcs dans lesquels on peut admirer des cerfs de différents pays, des gazelles, des antilopes, des cignes et autres oiseaux aquatiques, des tortues, des moutons de diverses contrées et beaucoup d'autres animaux d'un naturel paisible et inolTensif. De jolies cabanes en bois, bâties en forme de chalets , servent d'asile à ces animaux. Cette partie du jardin renfermant la ménagerie, les volières et les parcs, est entourée de grillage, on y entre de 1 1 heures du matin à 4 heures du soir.

Jl nous reste à parler d'une partie de jardin, qui ne renferme que des curiosités détachées, et qui est fort agréable; elle s'élève au-dessus de tout le reste du jardin parce que le terrain en cet endroit va en montant, ^c'cst ainsi dans tout le quartier). On y remarque un cèdre du Liban planté par Bernard de Jnssieu , dans le siècle précédent; à quelque distance du cèdre, il y a un labyrinthe ascendant, en haut duquel est un beau pavillon, de cet cn-

droit on plane sur Paris et sur une partie de ses environs.

Cette partie du jardin ne le cède pas en beauté aux autres. En été cet endroit est fort agréable, on y respire un air vif et pur.

La promenade du Jardin du Roi est une des plus agréables qui existent et en même temps une des plus curieuses et des plus instructives.

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CABINET D'ANATOMZE COMPAREE.

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