RUINES BU PAZ.AIS BES THERMES
Les ruines du palais des Thermes sont tout ce qui reste de plus recommandable des monuments élevés sous la domination romaine. Les restes de cet antique monument sont situés entre hs rues St. -Jacques, de la Harpe, du Foin, et des Mathurins. Thermes est le nom qu'on donnait à Rome aux édifices consacrés aux bains chauds; mais par la suite, ils devinrent des monuments importants, dont les rois firent leurs demeures. L'époque de la fondation de ce palais remonte au iii^ siècle.
On dit vulgairement le palais des Thermes, mais M.Dulaure,donl l'opinion est appuyée, en attribue la fondation à Constance Clilore, grand-père de Julien, qui gouverna ks Gdules pendant l'espace d'environ iSans Ce palais était d'une grande étendue, il se prolongeait, avec ses cours et dépendances , du côté du midi , jusqu'à lendroit occupé plus lard par la Sorbonne. Au-delà se trouve la place d'armes, oii, selon plusieurs auteurs, les soldais de Julien le proclamèrent empereur; cet emplacement est occupé aujourd'hui par la rue d'Enfer ei par une partie du jardin du Luxembouis. Non loin élait une voie romaine , conduisant à Orléans , elle aboutissait au Petit-Pont. Tes Thermes se trouvaient ainsi placés en face l'îic de la Cité, sur le pencliant d'une colline, c'est autour de ce palais que devait se grouper le quartier de Paris, qui n'était alors composé que de ce palais avec ses jardins et dépendances, d'un vignoble, d'une poterie ou fabrique de vases, d'une arène, lieu destiné aux spectacles publics , d'un vaste cimetière et d'un camp militaire. Dans les nie et iVc siècles, plusieurs empç-reurs romains passèrent là leur quartier d'hiver. Les rois de France n'ont pas dédaigné celte habitation : au xii- siècle, sous Charlemagne , l'intérieur fut décoré avec magnificence.
De toutes ces vastes constructions il ne reste actuellement que quelques ruines. Une vaste salle offrant deux compartiments conligus, l'un de 120 mètres de long, sur 14 mètres de large; le plus petit de lO mètres sur 6. Les voûtes sont en arêtes et à plain-cinîre, elles sélèvent à environ 14 mètres au-dessus du ?ol. Les faces des murs sont décorées de trois grandes arcades, celle du milieu est la plus élevée. Huit proues de navires.
sculptées dans les murs, servent d'appui aux arêtes des voûtes.
Celte saile est éclairée par des fenêtres arrondies. On pense généralement que c'était la saile des bains froids. La salle qui précède est garnie de niches , la voûte a disparu. On pense que sur cet emplacement était la salle des bains chauds. Deux petits escaliers conduisenl ausoid'unetspèce decalorifère ou fournean pour chaufler les bains. Ou voit dans un fossé des ruines appartenant à un aqueduc , c'est celui d'Arcucil, par lequel les bains étaient fournis d'eau, et dont on retrouva les niines à quatre lieues de Paris. Des fouilles ont fait découvrir un escalier conduisant à des souterrains qu'on prétendait prolongés très avant du côié de la Seine, mais d-es amas de ruines et de décombres ont empêché de pénétrer à plus de 30 mètres; sous la salie principale, ils se divisent en quatre parties. On voit aussi l'aqueduc. Ces souterrains se prolongent jusque sous l'Hôtel de Cluny. Du côlé de cet hôtel il existe encore, à la surface, les restes de deux murs, fornjant sans doute une salle semblable à celle dont nous avons parlé; la voûte n'existe plus.
Ces cons: rue' ions, dont la durée pendant quinze siècles est une garantie de la solidité, sont encore empreintes du caractèrede majesté qui é ait propre à presque toutes les constructions des Romains. L'entrée est rue de la Harpe , n^ 65.
Tour s^.jacques.
La Tour Saint-Jacques-la-Boucherie, un des plus hauis monuments golhiques que nous ayons conservé, fui bâtie sous le règne de Louis XIL Les travaux durèrent de 1508 à 1522. La hauteur de cette tour est d'environ 52 mètres. Elle est quadrangulaire, et chacune de ses faces a 1 0 mètres de large. Les coins sont ornés de tourelles, et les faces latérales sont percées de grandes fenêtres, comme dans tous les clochers d'église. L'église Sl.-Jacques-la-Boucherie a été démolie sous la fin de 1700, et on a conservé la tour, autant pour sa beauté particulière, que pour l'ornement qu'elle procure à la ville. Sa tête domine de beaucoup le quartier, et elle semble rester là pour rivaliser avec les tours Notre-Dame. De nos jours on a su l'utiliser à l'intérieur, en établissant une fonderie de plomb de chasse.
TOUR DE MEDZCZS.
Près de la halle, on admire encore une colonne d'ordre dorique, construite par Callierine de Médicis, BuUau en fut l'architecte. Cette reine dont le palais était contigu à cette tour, s'y rendait iouvent pour se livrer à des observations astronomiques, on dit qu'elle était très superstitieuse, qu'elle croyait aux prédictions, aux sortilèges, et
à l'astrologie judiciaire. Cette tour, dans laquelle on monte par un escalier à vis, est terminée en haut par une espèce de lanternin, en forme de cage de fer, surmontée d'un paratonnerre.
Au-dessous du tailloir est un cadran solaire, aussi ancien que la tour. Du reste, cette tour n'a rien de remarquable, et l'on ne distingue plus les emblèmes dont elleétait couverte. Sa hauteur est de 31 mètres, en bas coule une fontaine simple, mais qui ne manque pas d'élégance.
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