‹ L'indispensable, ou, Nouveau conducteur des étrangers dans ParisChapitre 7 sur 231 · JARDIN DU PALAIS-R07AL · texte numérisé non relu

JARDIN DU PALAIS-R07AL

Le jardin du palais se compose de deux pièces de gazon, plantées d'arbrisseaux, de fleurs, ornées

de statues et entourées d'une grille. Entre elles deux est un bassin circulaire orn^* d'un jet d'eau; de chaque côté, dans toute la longueur, régnent deux larges allées plantées de jeunes marronniers. On remarque, parmi les statues qui décorent le parlcrre, un Apollon du Belvédère, en bron/.e, une Diane chasseresse, en bronze. On voit aussi uui^ statue de baigneur, un groupe composé d'un enfant et d'un bouc; Ulysse et Eurydice. Dans les beaux jours de l'été c'est une promenade fort agréable; on trouve, dans le voisinage des cafés toutes choses désirables. Le soir , c'est toujours la réunion d'un grand nombre de personnes, qui se pressent dans la galerie d'Orléans pendant l'hiver.

PALAIS DU Z.UXEBSBOURG.

Le duc d'Épinay Luxembourg acheta, vers la fin du XVI* siècle, une grande maison à laquelle il fit de nombreuses augmentations. En i(i;2, Marie de Médicis acheta l'emplacement lout entier dans le dessein d'y faire «'lever un palais. Jacques de lîrosse en fut l'architecte , et il éleva ce monument sur le plan du Talais-lMtti, à Florence. Cet édifice, où se tiennent actuellement les séances de la chambre des Pairs, a porté différents noms : d'abord appelé Palais-d'Orléans, pane que Marie de Médicis l'avait cédé à sou second fils, (iaston de France; on le nomma plus lard Palais-du-Directoire , Palais-du-Consulat, Palais-du-Sénat conservateur; aujourd'hui le litre de Palais de la chambre des

Pairs est inscrit sur son entrée. Ce monument a la forme d'un carré long qui s'étend du nord au midi, il est compose de huit pavillons et de quatre corps de 'nàtiaienls qui les unissent ; ceux des côtés sont les plus longs. La façade qui regarde la rue deTournon esl composée d'un rang d'arcades couronné d'une terrasse , un pavillon s'élève sur l'entrée au m.ilieu de celte galerie.

Primitivement, la façade du jardin était renforcée de quatre pavillons; mais on vient de bâtir en avant une seconde façade qui masque celle-ci; aux deux extrémités on a placé un pavillon, de sorte que les quatre autres pavillons se trouvent sur les ailes latérales : cette nouvelle construction est absolument du même style que l'ancien bâtiment, les pavillons sont en saillie; an milieu du comble de cette façade s'élève un dôme quadrangulaire avec un petit lanternin qui sert d'amortissement.

On admire dans le palais la beauté des proportions : sa parfaite symétrie; les refends et les bossages qui sont multipliés partout et jusque sur les pilastres et les colonnes, lui donnent un grand caractère de force et de solidité. On distingue dans le corps du bâtiment trois ordonnances : le toscan au rez-de-chaussée, le dorique au premier étage et l'ionique au second. L'édilice est couronné par une balustrade à jour avec des i.nterstices pleins. Les combles sont garnis de fenêtres et élevés dans le genre de ceux des Tuileries. On voit, aux deux partes latérales du côté de la cour sous les impostes, les bustes de Marie ('clMédicis et de Henri IV. L'avani-corps est décoré de quatre statues colossales. Le bas-relief du fronton circulaire représente la Victoire couronnant un héros. Dans l'aile du côté oriental de la cour, est la grande galerie de tableaux ; elle se compose d'une magnifique col-

Jeclion de tableaux des arlisles vivants (la description est à l'article des if/usées ). Dans l'aile occidentale, est la suite de cette même galerie, à lexlrémité de laquelle est un magnifique escalier qui conduit également à la salle de la Chambre des Pairs. Cet escalier, rclairépar dix croisées, est composé d'une cinquantaine de marches, il est couvert d'ornements d'une fort belle exécution; son étendue et la beauté de sa décoration forment un aspect imposant, à droite et à gauche on remarque des trophées militaires et les statues des généraux Dugommier, Cafarelli, Desaix et Marccaux. Bu perron on entre dans la salle des gardes, puis dans celle des gardes de service ; on y remarque une statue deJPersée, une autre de Miltiade, une belle statue d'Epaminondas , par Duret, et une en marbre fort remarquable représenîant Hercule couché , par Pujet. La salle des messagers d'état est ornée des statues du Silence et de la Prudence. Les salles du conseil et de la réunion sont décorées avec richesse, peintes à fresque et ornées de tableaux historiques. La salle de séances esi placée au centre du principal corps de logis, elle est soutenue par vingt-six colonnes d'ordre corinlhien; dans les entrecolonnements on voit les slalues de Solon , Périclès, Cincinnatus, Scipion , Caîon d'Utique, Lycurgue, Cicéron , Léoni.'as, Aristide, Phocion, Démoslhènes et Camille. On remarque encore parmi les autres salles, celle du livre d'or, destinée autrefois à recevoir le livre où étaient inscrits les litres de la pairie, on y remarque dilTérents médaillons avec des peintures de la mythologie, elles ornaient l'appartement de Marie de Médicis.

HOTSZ. DE VILLE.

L'h^sloire mentionne qu'en 1357, les bourgeois de Paris tirent l'acquisition d'une maison située place de «irève, qu'on Hppeiait la maison aux Pilliers ou la maison aux Dauphins, ils la payèreni 2,830 livres Dès lors ce fut là que le prévôt des marchands et les échevins de Paris tinrent leurs assemblées; elle fut démoiieen i532, mais ce ne futquesous lerègnede Henri IV, en iGOô, que furent commencées les constructions que nous voyons aujourd'hui ; ce fut sur les dessins de Dominique Catonne. La façade est formée d'un corps de bâtiment garni aux extrémités de deux pavillons plus élevés que lui. Ces pavillons sont percés chacun d'une grande arcade. La façade est percée de trois rangs de fenêtres; au dessus de la porte principale est un bas-relief représentant Uenri IV^ à cheval; le sommet est couronné d'une balustrade. Au haut et au milieu, est une sorte de niche, au milieu de cette niche est une horloge antique du célèbre Le Paule; l'édifice est surmonté d'une lanterne avec un autre lanternin qui sert d'amortissement. L'ensembie de cette façade n'est pas agréable, c'est une transition de l'ancienne architecture sarrasinc à l'architecture grecque; ce mélange n'est pas aussi lieureux qu'il l'est, par exemple, à l'église St. -Eustache, quoique, dans les deux édifices, on puisse blâmer la trop grande profusion de petits ornements.

On entre par un perron de plusieurs marches, et le sol s'élève encore jusqu'à une cour carrée ornée d'arcades; on y remarque la statue équestre

de Louis XIV, elle est du célèbre Coysevox, fondue en bronze par les frères Keller.

A l'intérieur, la salle la plus belle et la plus remarquable, est la salle du Trône; on y remarque deux vastes cheminée^ soutenues par des cariatides et ornées défigures allégoriques , elles sont fort belles et dans le genre de celles qu'on admire au palais de Versailles ; elles datent du règne d'Henri IV. C'est dans cettv3 immense salle que se donnent les fêtes, les bals et les banquets offerts par la ville de Paris. On remarque encore, à la suite de celte salle, celle du Zodiaque décorée de peintures et de bas-reliefs.

La bibliothèque occupe les galeries St.-Jean (il en est question dans un article spécial. )

On vient d'élever de nouvelles constructions à la suite de l'Hôtel-de- Ville, et qui étant du même style, forment aveclesvieuxbâtimentsun vastequadrangle qui regarde la place de Grève, la Seine ^ de l'antre, il sera entouré par les rues Lobau et de la Tixeranderic; la façade qui regarde le fleuve est entièrement terminée. On a su, tout en suivant le même ordre d'architecture ancienne, faire quelques changements. Les combles sont bien moins élevés ; on est occupé dans ce moment à baisser ceux de l'ancien monument. Cette nouvelle façade est d'un fort bel effet ; on a supprimé les petites niches garnies de statues qui existent dans la vieille façade, les ornements sont aussi moins prodigués; il en résulte dans l'ensem.ble un effet bien plus satisfaisant. De chaque côté est un pavillon en avantcorps, percé chacun de trois fenêtres : cette façade compte treize fenêtres, de celte manière , la vieille façade est augmentée d'une aile de bâtiment absolument dans le même style, et d'un pavillon qui connnence en même temps la façade de la Seine.

Du côté de la rue Lobau , au moment où nous écrivons, les travaux sont bien moins avancés, cependant toule la façade extérieure de cetle aile est terminée ; ce style est, à peu de chose près, le même. On compte vingt-cinq fenêtres. Du côté de la rue de la Tixeranderic, il y a très-peu de chose de fait. Ce bâtiment, terminé, sera certainement d'un fort bel effet; les proportions en sont belles et imposantes. Le roi, qui fait faire de grands travaux dans la capitale, a le bon esprit, en continuant les édifices, do ne jamais rien faire de dissemblable, c'est une attention que beaucoup de rois n'ont pas eue, ce qui a donné à quantité de nos édifices l'aspect d'un rassemblement de morceaux d'architecture incohérents.

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