‹ L'individu contre l'étatChapitre 15 sur 41 · LES PÉCHÉS · texte numérisé non relu

LES PÉCHÉS

i LÉGISLATEURS.

s'élevèrent contre la compagnies des eaux à cause de l'impureté de ces dernières; et ces cris continuèrent après que les villes eurent été forcées de transformer complètement, à des frais énormes, leur système de drainage. El maintenant, comme seul remède, on demande que l'État gère toute l'affaire, par l' intermédiaire 'de ses mandataires locaux. Les méfaits de l'État deviennent, comme dans le cas des habitations industrielles, un motif pour le prier d'en commettre davantage.

En vérité l'adoration de la législature est sous un rapport moins excusable que celle du féliehc.à laquelle je l'ai comparée tacitement. Le sauvage peut alléguer que son fétiche ne parle pas, qu'il ne confesse pas son impuissance. Mais l'homme civilisé persiste à attribuer à celle idole faite de ses propres mains des pouvoirs que d'une façon ou d'une autre elle reconnaît ne pas posséder. Je ne veux pas dire seulement que les débals nous révèlent tous les jours des mesures législatives i|ui ont causé du mal au lieu de faire du bien, ni que les milliers d'actes législatifs, qui abrogent des actes précédents, sont autant d'aveux tacites d'insuccès. Je ne fais pas non plus allusion à ces confessions quasiofficielles, par exemple à celle contenue dans le rapport des commissaires de la loi des pauvres, lesquels s'expriment ainsi : ■ D'une pari, nous trouvons à peine un seul statut touchant l'administration delà bienfaisance publique qui ail produit l'etfet visé par la législature; au contraire la plupart ont été l'origine de maux nouveaux et ont aggravé ceux qu'ils avaient pour but d'empêcher'. > Je fais plutôt allusion à certaines confessions d'hommes d'État el d'administrations publiques, l'ar exemple, dans un mémuire adressé à M. (Jladstone, et adopté par un meeting de person-

i. History of Engtish Poor Law, t. II, p. 252, par NidioII.

nages très influents, tenu sous la présidence du défui Lord Lyllellon, je lis :

» Nous, soussignés, membres de la Chambra lords et de la Chambre des communes, et habitants de la capitale, reconnaissant pleinement la vérité et la gravité de votre assertion à la Chambre des communes en itffiG d'après laquelle toutes nos dispositions législatives concernant les travaux publics sont lamentables, qu'on y trouve à la fois de l'indécision, de l'incertitude, des dépenses exagérées, de l'extravagance, de la lésinerie et tous les vices imaginable* ', etc., etc. »

Voici encore un exemple fourni par une note récente du Conseil de commerce (novembre 1K83) où ii est dit que < depuis le comité des naufrages en 1836, il y a eu à peine une session pendant laquelle il n'ait été voté une loi ou il n'ak été pris une mesure soit paria législature soit par le gouvernement pour cm pécher les naufrages», et que o la multiplicité des statuts, condensés en une seule loi en 1851, est devenue de nouveau un scandale et une source de reproches », chaque mesure étant votée parce que les précédentes avaient échoué. Puis vient immédiatement cet aveu que « depuis 187IÏ les perles en hommes et en vaisseaux ont été plus fortes qu'elles ne l'avaient jamais été auparavant. « En attendant les frais il 'ad mini slralion ont monté de 17 000 livres à 73000 livres par an.

On est surpris de voir avec quelle force certains moyens arlilii'iel s, employé? il*' «Naines manières, agissent sur l'imagination en dépit de la raison. L'histoire entière prouve la vérité de cette assertion, depuis le tatouage par lequel le sauvage cherche à effrayer son adversaire, jusqu'aux cérémonie religieuse*, aux processions royales, à la longue robe du président et à la baguette d'un huissier revêtu du costume officiel. Je

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