‹ L'individu contre l'étatChapitre 24 sur 41 · Data ofEthics, | 21. Voyez aussi $ 5G · texte numérisé non relu

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de façon à pouvoir satisfaire ses besoins au moyen de ses revenus, alors le principe vilal tant de l'existence individuelle que de l'existence sociale, est sauvegardé. En outre, le principe vilal du progrès social est siuivi'jriii'ili! également; ni tendu que, dans de telles conditions, les individus du plus grand mérite prospéreront et se multiplieront davantage que ceux de moindre mérite. Ainsi l'utilité, non pas évaluée empiriquement, mais déterminée rationnellement, prescrit de maintenir les droits individuels, et, par implication, interdit tout ce qui peut leur être contraire.

Ici, donc, nous atteignons le terme suprême auquel doit s'arrêter l'intervention de la législation. Sous la l'orme même la plus modeste, toute proposition de s'immiscer dans l'exercice des activités des citoyens, si ce n'est pour garantir leurs limitations réciproques, est une proposition d'améliorer l'existence en violant les conditions fondamentales de la vie. Quand on empêche cci-laines personnes d'achelur de la bière pour que d'autres ne puissent s'enivrer, ceux qui font la loi préjugent qu'il résultera plus de hien que de mal de cette immixtion dans le rapport normal entre la conduite el les conséquences, et pour le petit nombre des intempérants et pour le grand nombre des hommes tempérants. Lu gouvernement qui prélève une fraction des revenus de la masse du peuple dans le but d'envoyer aux colonies quelques individus qui n'ont pas réussi dans la métropole, ou d'améliorer les maisons ouvrières, ou de fonder des bibliothèques publiques ou des musées publics, etc., admet, comme chose certaine, que, non seulement dans le présent, mais encore dans l'avenir, l'accroissement de la félicite générale résultera de la violation de la condition essentielle à cette félicité publique, à savoir la faculté pour chacun de jouir de ces moyens de félicité que ses actes, accomplis sans aucune entrave, lui ont procurés. Dans d'autres cas nous

LA C.RANPE SUPERSTITION POLITIQUE. 157 e laissons pas ainsi le présent nous aveugler sur l'a* fenir.En déclarant que la propriété est sacrée contre les jnlreprises privées, nous ne recherchons pas si le bénéî pour l'afl'amé qui prend du pain dans la boutique du boulanger esl plus ou moins grand que le préjudice :ausé au boulanger; nous considérons, non les ell'els particuliers, mais l'ell'el général produit par l'insécurité de la propriété. Mais quand l'Étal impose de nouvelles charges aux citoyens ou met de nouvelles restrictions à leurs libertés, nous envisageons seulement les effets directs et prochains et nous négligeons les elïels indirects et lointains produits par ces empiétements continuels sur les droils individuels. Nous ne voyons pas que, par l'accumulation des infractions légères à ces droils, lescondilions vitales de l'existence individuelle ou sociale en viennent à être si imparfaitement remplies que cette existence elle-même décline.

Pourtant le déclin ainsi amené devient manifeste là où l'on gouverne trop. Quiconque étudie dans les écrits de MM. Taine et Toequeville l'étal, de choses qui a précédé la llévolulieii française, verra que celle terrible catastrophe a eu pour origine une réglemenlalion tellement excessive de l'aclivité humaine dans le moindre détail, une absorption si exorbitante des produits de cette activité au profit du gouvernement, que la vie devenait presque impossible. L'utilitarisme empirique de celte époque, comme l'utilitarisme empirique de la notre, différait de l'utilitarisme rationnel en ceci, que dans tous les cas successivement il examinait seulement les ell'els des interventions particulières sur les actes des classes particulières d'hommes, et négligeait les effets produits par une multiplicité de semblables interventions sur l'existence des hommes en généra!. Et si nous recherchons ce qui a rendu possible alors et ce qui rend possible à présent celte erreur, nous trouvons que c'est la superstition politique d'après la-

L'ISDIVIDIT C0NT11E L'ÉTAT.

quelle le pouvoir gouvernemental ne doit êlre soumis à aucune limitation.

Lorsque celte « splendeur divine i qui « entoure le roi » el qui a laissé un rellel autour du corps héritier de son pouvoir, aura complètement disparu, quand on commencera à voir clairement que, dana une nation où le peuple gouverne, le gouvernement est simplement un comité d'administration, on verra aussi que ce comité d'administration n'a aucune autorité intrinsèque. On finira inévitablement par conclure que son autorité lui vient de ceux qui le désignent, et a juste les limites qu'il leur plaît de lui imposer. En même lemps apparaîtra celte autre conclusion que les lois qu'il publie ne sont pas sacrées en elles-mêmes, mais que loul ce qu'elles onl de sacré, elles le doivent entièrement à la sanction morale, sanction qui, comme nous le constatons, dérive des lois de la vie humaine, en tant qu'elle s'écoule au milieu des conditions de l'evisience sociale. Et voici le corollaire : quand elles sont dépourvues de celte sanction morale, elles n'ont rien reçu de sacré el peuvent êlre récusées de droit.

La (onction du libéralisme dans le passé a été de mettre une limite aux pouvoirs des rois. La fonction du vrai libéralisme dans l'avenir sera de limiterlc pouvoir des parlemenls.

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