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LE MOUVEMENT COMMERCIAL

Les mérites d'un gouvernement et d une organisation se jugent surtout par leurs résultats.

Quand un gouvernement a donné à ses administrés la paix, la sécurité, la justice et le plus possible de liberté, les conséquences de cette bonne administration ne se font pas attendre. La bonne politique engendre les bonnes finances qui, bien employées, engendrent la prospérité. C'est pourquoi les statistiques commerciales et agricoles sont, après les constatations budgétaires, le critérium le plus sûr de la valeur des gouvernements .

La statistique commerciale de Flndo-Chine est, à cet égard, pleine d'enseignements. De 1888 à 1891, alors que, de son côté, le budget creusait annuellement son déficit normal de 6 à 8 millions — 13 millions en 188S-86, au moment où la politique annexionniste battait son plein — le commerce général atteignait

péniblement un total de 120 millions, en moyenne. Soit, exactement, pour 1888, après la gestion de M. Constans, 139 millions; en 1889, il descendait à 116 millions et, malgré la bonne récolte, n'atteignait, en 1890, que 119 millions. En 1891, la politique ayant changé, la paix se rétablissant, le chiffre remontait à 135 millions; en 1892, il continuait son ascension à 162 millions. En 1893, la mauvaise récolte ne le faisait baisser que de 6 millions, à 1S6, et les événements du Laos ne contribuaient pas à le grossir, Mais, en 1895, il regagnait le terrain perdu et montait à 185 millions, pour fléchir, en 1896, à 169, accusant ainsi le contrecoup des velléités de retour au militarisme des débuts de M. Rousseau. Mais en 1897, la pacification étant complète et r unification se faisant pressentir, la poussée du commerce s'accentua ; le chiffre monta à 205 millions.

En 1898, le chiffre de 230 millions est atteint à quelques milliers de francs près. De sorte qu'en moins de neuf ans, le commerce général de r Indo-Chine s'est élevé de 116 à 230 millions, c'est-à-dire qu'il a doublé, rendant ainsi témoignage, avec une éloquence toute particu-

Hère, à la direction politique imprimée au pays depuis 1891. Et ce baromètre politique est d'une telle sensibilité, que même les fautes les plus légères, les écarts même momentanés s'y accusent et s'y inscrivent en chiffres significatifs.

Le mouvement de la navigation n'est pas non plus sans donner de précieuses indications. Il augmente régulièrement chaque année et, rien que pour le port de Saigon, l'augmentation, de 1897 à 1898, a été de 90 navires et de 90.552 tonneaux. Pour l'année 1898, le mouvement général de l'Indo-Chine se formule dans le tableau suivant :

Pavillons. Nombre des naTires. Tonnages.

(entrées et sorties.) (entrées et sorties.)

Français 734 930.697

Étrangers ... 2 . 670 1.309. 704

Totaux . . . 3.404 2.239.701

Dans ces chiffres l'Annam-Tonkin entre pour : Nav. français, 290 tonneaux, 321.689

Et la Cochinchine pour :

Nav. français. 444 tonneaux, 609.008

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