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LE BUDGET

Le budget local de TAnnam n'est point considérable. Tl a été fixé pour Tannée 1899 à 1.84S.835 piastres en recettes et en dépenses.

Jusqu'en 1897, le gouvernement annamite avait eu, en dehors du budget « de l'Annam- Tonkin », perçu et administré par le gouverneur général, un budget particulier. Il percevait intégralement et pour son compte personnel l'impôt foncier et l'impôt personnel. Le premier donnait 80.000 piastres, le second 600.000; et le gouvernement de Hué demeurait chargé des dépenses particulières de TAnnam. La création du budget général a modifié cette situation.

Le budget local, géré par le gouverneur général, s'est substitué au budget annamite, en même temps que le budget général prenait à sa charge les dépenses de souveraineté, c'est-à-dire les dépenses militaires, les travaux publics, celles des postes, en un mot les services généraux,

Par une convention en date du 26 août 1899, le gouvernement annamite, imitant l'exemple donné en 1892 par le roi de Cambodge, a remis aux mains du gouvernement général de l'Indo-Chine la perception directe des impôts et la gestion du budget. Gomme pour les autres pays de rindo-Chine, les revenus indirects — taxes, monopoles, la ferme de l'opium, etc., — entreront au budget général. Les revenus directs sont affectés à la liste civile de la cour et aux dépenses de l'administration locale (française et indigène). En conséquence, sur le budget de i .845.935 piastres, le gouvernement annamite reçoit directement 925.000 piastres qui isont appliquése, savoir :

Aux dépenses de la cour et du Co-mat 533.000 p. Au traitement de l'administration

annamite 369.000 p.

Réserve pour dépenses imprévues. . . 23.000 p.

La garde indigène coûte 244.835 piastres. Les travaux publics en prennent 353.000. Mais le Trésor annamite contribue à la construction du pont de Hué, mise à la charge du budget général, pour une somme de 160.000 piastres.

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On remarquera que le droit d'immatriculation des asiatiques étrangers rend 38. 000 piastres alors qu'au Tonkin il n'arrive qu'à 16.000. Mais l'afiluence des Chinois est infiniment moindre qu'en Cochinchine où le droit arrive à 1. ISO. 000 p.

C'est le budget extraordinaire qui, sur l'emprunt autorisé en 1898, doit payer la construction des chemins de fer de l'Annam. Le projet dans son ensemble comprend une ligne de Hanoï à Tourane par Hué. La section de Hanoï à Vinh par Nam-Dinh, — 322 kilomètres — est en construction. La section de Tourane à Hué sera construite ultérieurement, et probablement enfin la ligne transversale qui, se détachant du tronc principal vers Quang-Tri, se dirigera vers le Mékong par Aï-Lao et l'atteindra à la hauteur de Savannakek. Alors, le commerce du Laos viendra prendre la mer à Tourane.

Depuis 1892 le commerce général de l'Annam n'a guère varié. Jusqu'en 1892 il n'a pas été distingué dans les statistiques entre l'Annam et le Tonkin, les deux pays se trouvant confondus dans une même gestion douanière. En 1892, le commerce général accusait un total de 8,185,061 francs dans lequel les importations figuraient pour 4.671,473 francs, ce qui s'expliquait par la présence d'un plus grand nombre de troupes. En 1893 le chiffre est descendu à 6,239,384 dont les importations représentent 3,921 ,262, En 1896 le chiffre était de 6.258.935 dont 3.860.343 francs d'importations. Pour 1898 le chiffre total se montre à 6.847.362 francs dont3.771.998francsàl'importationet3.075.364 à l'exportation. Dans ce chiffre, les soies grèges "purent pour 1,152,489 francs, La production i l'Annam est, comme on le voit, assez forte, [ais, à l'inverse de la Cochinehine et du Tonkin, Annam n'exporte pas de riz. Il en reçoit au -

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contraire beaucoup et c'est un des éléments les plus considérables de son cabotage.

Le mouvement général de la navigation en Annam n'a pour ainsi dire pas varié depuis 1895. Il était, à cette date, de 260 navires — plus 484 jonques chinoises — avec un total d'environ 140.600 tonnes. Il a été en 1898 de 298 navires — avec environ 500 jonques — donnant un tonnage de 135.000 tonneaux.

Le mouvenîent du cabotage de port à port a été de 9.586.784 francs, dont 4.136.568 francs pour les entrées et 5.450.216 francs pour les sorties. Plus de 10.000 petits bateaux annamites circulent ainsi le long de la côte. En 1895, figuraient sur le tableau du cabotage 66 navires franrçais (entrées et sorties additionnées). 38 navires allemands, 128 jonques chinoises, 416 chaloupes françaises et 22.518 bateaux annamites (toujours entrées et sorties comprises) dont le tonnage total était de 350.000 tonneaux, ce qui donne une capacité moyenne de 1 5 tonneaux par bateau. Ce sont donc des embarcations de petit gabarit.

Le café et le thé, qui réussissent fort bien en Annam, y arrivaient autrefois par le cabotage et, surtout, par les jonques chinoises. Dans le

courant de 1899, la production a tellement augmenté que l'Annam a exporté des quantités déjà considérables de thé ; plus de 20.000 kilos. Et la qualité s'est grandement aniéliorée. Il -y a en Annam 667.290 hectares de terres en culture dont 479.620 en rizières.

L'Annam est demeuré, jusqu'à présent, plus lent dans ses progrès que les autres pays de rindo-Chine. Cela tient à la situation que lui avait faite le traité de 1884 qui différenciait profondément l'Annam et le Tonkin. L'Annam était considéré comme le domaine réservé à la cour de Hué. C'était un pays « moins français » que le Tonldn. Et, d'autre part, les voies de communication manquant, le commerce français ne s'y portait guère. Aujourd'hui, les choses changent, et ce ne sera pas un des moindres résultats de l'union indo-chinoise que d'avoir ouvert l'Annam aussi largement que le Tônkin à la pénétration française. Le climat de l'Annam, meilleur que celui de la Cochinchine, la nature du sol qui, s'il a moins de surface à donner à la culture du riz, offre des terrains propices aux plus riches cultures — comme le café, le thé, le cacao, — la proximité relative des régions du

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Laos, permettent de conjecturer que le dévelop-i pement du pays sera rapide. Déjà dans la province du Quang-Nam, à Tourane et Faïfoo, se produit une véritable résurrection du mouvement commercial, disparu pendant quelques années, alors que les maisons chinoises de Faïfoo quittaient le pays. L'exploitation des mines de houille de Nong-Son, abandonnée un instant à cause de la difficulté des transports, a été reprise. Des recherches sont commencées pour découvrir les richesses minières que peuvent receler les montagnes^

La province de Thanh-Boa, — dont les forêts produisent de la cannelle de première qualité et de très grande valeur, — * donne le cardamome, le cunao (faux gambier, destiné à la teinture des étoffes), la cire jaune, etc., et des bois durs de très grand prix, parce qu'ils sont inattaquables aux fourmis blanches (termites, poux de bois).

Les plateaux élevés et les vallées profondes des pays muongs, Pou-Euns, ou Mois, qui dépendent de TAnnam, ne sont pas encore exploités. Mais on sait qu'ils renferment des bois précieux et probablement des gisements

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métalliques importants. Il en vient, dès maintenant, quelques marchandises : cardamome, cire, cannelle, corne de rhinocéros, etc.

La pèche, la fabrication du nuoc-mam et la préparation du poisson salé sont, en Annam, d'une grande importance. Les salines du pays ne fournissent pas à tous les besoins de la consommation. Cependant, les lagunes et les étangs qui bordent la côte seraient aisément aménagés «n salines. Il est probable que cette industrie ne tardera pas à s'établir, ou plutôt à se rétablir, car, en 1887, les salinesde Quinh-Nhon, Phu-Yen, Bing-Thuan et Ha-Tinh ont été à peu près abandonnées à cause du taux de Timpôt. La taxe actuelle est assez modérée pour que la production n'en soit pas affectée.

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