RUE SAINT-PLACIDE
Au commencement du xx^ siècle
Comment on se rend en Indo-Chine
Il y a moins de vingt ans, un voyage effectué à travers P Indo-Chine révélait un pays où les difficultés matérielles étaient énormes, où il était impossible de se procurer le plus élémentaire confortable, où, en un mot, tout était à faire.
Actuellement les conditions sont bien différentes. De grandes améliorations se réalisent depuis plusieurs années. Les voyages dans l'Indo-Chine sont presque faciles ; l'accès lui-même du pays est devenu infiniment plus commode.
Dès l'arrivée en terre indo-chinoise on est agréablement surpris de trouver des hôtels confortables là où, avant la conquête, ne se voyaient que des marais. Veut-on aller dans le pays, on prend son billet et Ton fait enregistrer ses bagages dans des bureaux de compagnies de navigation fluviale, — bien installés sur la plage même où il y a quelques
L INDO-CIIINE FRANÇAISE
années seulement, on ne trouvait qu'avec difficultés à affréter de mauvaises barques indigènes.
On est vraiment surpris de constater la rapidité avec laquelle tout a progressé dans cette vaste contrée où il semblait que tout, au contraire, dut rester figé dans les formules d'une civilisation ancienne. Il est vrai que l'impulsion vient de nous : mais il est juste de reconnaître que le pays lui obéit avec un bon vouloir évident.
Mais, avant de parler plus longuement de l'Indo- Chine, parlons d'abord du moyen d'y aller.
Le voyage d'Extrême-Orient est long, mais en général peu pénible, grâce à la sollicitude, intéressée mais intelligente, dont les compagnies de navigation font preuve à l'égard des passagers. Les grands paquebots des Messageries Maritimes, par exemple, offrent, avec tout le confort désirable, toutes les ressources que l'on peut trouver dans des hôtels de premier ordre : il n'est pas excessif de les appeler de « grands hôtels à hélice. » En plus du bien-être, de la sécurité, des distractions, on y trouve toujours bonne et nombreuse compagnie. Enfin, le voyageur avide de spectacles nouveaux peut varier ses impressions, en six escales d'un jour chacune, dans autant de ports différents, aussi curieux l'un que l'autre à visiter.
Il y a bien les terribles chaleurs de certains parages ; mais les tentes, les manches-à-air, les pankas, et surtout les longues siestes vous aident à les supporter... et puis enfin, on ne peut rien contre.
Si l'on part de Marseille, après avoir traversé