CHAPITRE VIII
rupture de la balance du commerce s'explique par la période de transformation que traverse en ce moment l'Indochine, qui, comme les organismes en croissance, absorbe beaucoup et ne produit pas encore autant : mais une telle situation ne saurait être que provisoire (1) . — L'étude des importations prouve que le jeu du régime douanier de 1893 y a bien servi l'importation française. De55,2io,o6ofr. en 1899, elle est passée à 100,1 66,982 francs en 1901. L'importation étrangère, qui a fléchi, est aujourd'hui de ioâ,3io,688 francs. Les principaux articles de l'importation française sont les vins, les métaux et les tissus' 2 '. Les principaux articles de l'importation étrangère sont l'opium, les tissus de soie et espèces médicinales d'origine chinoise, les légumes et fruits, le papier et la bimbeloterie, les artifices et pétards chinois, les huiles de pétrole (6,^29, 536 fr.), etc. Certains articles de l'importation étrangère , comme le thé et les filés de coton , commencent à décroître par suite du développement des plantations et de l'installation de trois filatures tonkinoises. Le développement de
la géographie. — L'Algérie mise à part, l'importance commerciale de l'Indochine la place de beaucoup en tête de tous nos établissements extérieure. D'après le tableau dressé par l'Office colonial, le mouvement du commerce général des colonies et pays de protectorat qui relèvent du Ministère des colonies, c'est-à-dire tous nos établissements , sauf l'Algérie et la Tunisie , s'est élevé en 1901 (importations et exportations réunies des marchandises de toute sorte) à une somme totale de 839,129,659 francs, dont 476,610,977 francs à l'importation, et 364,5i8,48a fr. à l'exportation. L'Indochine représente à elle seule la moitié de cet ensemble. (,) La différence semble déjà s'atténuer pour les chiffres qui nous parviennent sur le mouvement commercial pendant le premier semestre de 1902 , où le montant des impor-
tations, numéraire déduit, mais en. y comprenant le cabotage et le transit, aurait atteint 163,737,013 francs, et les exportations, sans le numéraire, mais avec le transit et le cabotage , i55,292,454 francs. L'ensemble des opérations commerciales s'élevant à 317,019,657 francs accuserait sur la période correspondante de 1901 un excédent de 67,844,996 francs.
L'importation des produits français a atteint 63 millions de francs pendant le premier semestre de 1909.
(9) Il a été importé de France en 1 90 1 pour 6,769,355 francs de vins, 1, 4 98,735 francs de bière et limonade, 1 , 1 a5,o86 francs d'eauxde-vie, 3,798,896 fr. de rails, 9,509,961 fr. de ferronnerie, constructions métalliques, 3,968,193 francs de mécanique générale, 1,085,761 francs de pièces détachées de ma-
la production locale fera sans doute flécfeir également l'importation des articles d origine chinoise que nos indigènes peuvent fabriquer, celle des fruits et légumes, du jute, du tabac, peut-être aussi celle de l'opium, toutes choses que Ton s'occupe de faire produire à l'Indochine. — Mais la production doit, après avoir alimenté la consommation du marché local, la dépasser, et déborder à son tour sur le marché extérieur. Il faut que l'Indochine exporte de plus en plus : les chiffres déjà recueillis confirment pour cette exportation une direction que la géographie faisait prévoir. En 1901, notre établissement a exporté pour îao, 990, 3o3 francs à l'étranger, et seulement pour 39,618,07^ francs vers la France et ses colonies. — Les deux tiers de son exportation totale sont pris par l'exportation des riz, qui s'élève, pour 1901, à 108,491,107 francs. L'Indochine a exporté, cette seule année, près d'un million de tonnes (exactement 91 3, 58 o, 317 kilogr.) dont les quatre cinquièmes sont fournis par la Gochinchine et un cinquième seulement par le Tonkin. Ce riz est frappé à sa sortie de l'ancien droit de sortie local, analogue à celui qui existe «au Japon , *u Siam et dans l'Inde anglaise , qui est plus élevé pour les riz blancs que pour les paddys, et auquel vient s'ajouter celui du tarif douanier d'exportation, qui, lui, frappe au contraire surtout les paddys, et favorise l'exportation des riz blancs pour retenir les grains dans les
chines, 990,996 francs de vis, pitons, boulons, écrous, etc. Nous transcrivons ici le chapitre XXII de la nomenclature douanière, consacrée aux tissus :
Tissus de chanvre ou de
ramie. . . .- 5 1 1 ,o4o fr.
Tissus de coton unis : -
Ecrus 6,5 1 3,695
Blanchis 6,5o6,36 i
Teints ou fabriqués avec
des Gis teints 7,5o9,65o
Imprimés 665,569
Couvertures de coton 1 68,963 fr.
Bonneterie de coton, tous
autres objets 1,075,06 1
Tissus de laine pour habillement, draperie et antres. 780,99/1
Couvertures de laine 1,1 35,37 7
Tissus de soie et de bourre
de soie 967,693
Vêtements et articles confectionnés 9,097,718
Confections militaires (importées au Tonkin pour la campagne de Chine) . . . 9,663,996