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AVERTISSEMENT

C'est un devoir d'avertir le lecteur, au seuil même de sa lecture, que le présent essai ne saurait prétendre à lui donner, sur l'Indochine actuelle, une étude complète, ni surtout, bien entendu, définitive. L'étude complète de l'Indochine réclamerait non seulement l'autorité d'un homme d'Etat rompu à la variété des questions politiques, iinancières et économiques que rencontre en tous lieux le gouvernement des hommes, mais encore celle d'un orientaliste versé dans la familiarité de ce monde asiatique qui impose au mécanisme du gouvernement une adaptation particulière : le contact avec le présent essai ne démontrera que trop à quel point l'exécution y est demeurée au-dessous de cet idéal. Quant à une étude définitive , entreprise déjà presque impossible à réaliser avec un sujet historique , il n'y faut même pas songer avec un sujet politique , où l'on ne peut à la fois se plonger suffisamment dans la vie présente pour saisir dans ses derniers détails toute la vérité, et cependant s'abstraire suffisamment du présent pour placer cette vérité hors du temps , dans l'immobilité sereine de l'histoire. La principale difficulté d'une étude sur un sujet aussi mobile que l'Indochine est au contraire de fixer le point et le moment où il convient de s'arrêter, .et de terminer une description dont les traits si* modifient sans cesse : c'est ainsi qu'il a fallu faire , en cours d'impression , des corrections nombreuses pour se tenir au courant des nouveautés dernières; certain.es rectifications, qui n'avaient pu être insérées à temps, ont trouvé place dans les errata; on a dû cependant renoncer à se mettre au courant des nouveautés toutes dernières, et se résigner à être partiellement inexact avant même que d'avoir paru : l'évolution de l'Indochine est si rapide que tout portrait que l'on tente d'elle est nécessairement condamné à vieillir vite.

A ces lacunes inévitables viennent s'ajouter d'autres lacunes, qui, cette fois, sont volontaires. Il n'a point semblé expédient de chercher à fermer à

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tout prix un certain nombre de questions qui, apparemment, demeurent ouvertes. Les problèmes obscurs des origines commencent à peine d'être élucidés par les savants qui étudient en Indochine la terre et l'homme : il y aurait mauvaise grâce à se montrer, pour leur solution , plus impatient que la science elle-même. La détermination des rapports économiques de notre possession avec sa métropole, la question monétaire en Extrême- Orient, la question de l'instruction de nos protégés asiatiques sont, et seront l^pgtemps encore, un objet de controverse : s'il était permis, après en avoir exposé les données, de marquer parfois des préférences, il ne conv enait sans doute point de prendre résolument parti en des débats où les compétences les plus autorisées se montrent elles-mêmes circonspectes. On ne trouvera pas davantage dans le présent essai une étude sociale, au sens que l'on donne aujourd'hui à ce mot, c'est-à-dire une étude sur la condition des personnes, et notamment des personnes astreintes au travail manuel en Indochine. On ne saurait oublier qu'il y a à peine cinq ans que M. le Gouverneur général Doumer forçait à la soumission le dernier pirate du Tonkin, et que si, depuis cette époque, l'Indochine unifiée a obtenu en quatre ans des budgets riches, un crédit propre, des chemins de fer, une Exposition , et pris un essor qui est sans doute dans notre histoire extérieure un exemple unique, l'organisation du travail, en dehors du travail traditionnel de la rizière, y est toutefois de date trop récente pour avoir pu prêter encore à une étude détaillée. Cette étude reste donc à faire, et il est assuré qu'elle sera bien faite si quelque jour le Musée social dirige sur l'Indochine la curiosité des enquêteurs qui lui ont valu sur les "questions ouvrières dans les divers pays du monde une documentation si savoureuse. Le rapprochement de leurs travaux facilitera aussi l'emploi plus étendu des méthodes comparées, qui a été tenté ici chaque fois qu'il a été possible , mais qui n'a pu cependant être pratiqué , en raison de la difficulté même des recherches, que de manière restreinte. Enfin le perfectionnement des études indochinoises permettra sans doute plus tard de tracer, sur l'avenir de l'Indochine, des prévisions qu'on s'est interdit d'esquisser en cet ouvrage : les éléments qui doivent déterminer cet avenir n'étant connus qu'en partie, il a paru préférable de renoncer à des prophéties dont l'imagination aurait surtout donné la matière, pour s'en tenir, dans le présent, au terrain des faits et des chiffres.

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Au moins serait-il désirable que ces faits et ces chiffres pussent être présentés avec une rigueur absolue : le respect même que Ton doit au lecteur n'autorise pas une telle assurance. Quelque multiples, quelque méticuleuses qu'aient été les revisions, il est possible, il est malheureusement vraisemblable que d'inévitables inexactitudes se sont glissées dans le grand nombre des assertions produites. Les causes d'erreurs imputables au travail direct viennent s'augmenter d'ailleurs de causes indirectes, par suite de la nécessité où l'on s'est trouvé de recourir, dans l'amas des documents mis en œuvre, à des documents de seconde, et même parfois rie troisième main. On s'est attaché sans doute à faire, autant qu'il a été possible, une étude personnelle et sur place des diverses questions abordées dans le présent essai : mais toutefois leur nombre est tel, et leur complexité si étendue, que, pour faire de chacune d'elles l'étude approfondie qu'il faudrait, il faudrait peut-être aussi toute une existence. On a donc dû accepter cette étude parfois préparée, sinon déjà faite, par autrui, et le souci de maintenir la qualité de la documentation a alors pris la forme d'une critique très sévère des textes et des témoignages. Aussi bien il a paru qu'on aurait profit à appliquer à une histoire si contemporaine les méthodes scrupuleuses ordinaires de la science historique : c'est ainsi qu'on leur a emprunté l'habitude de choisir toujours entre deux solutions possibles la solution la plus modérée, et, lorsque deux chiffres s'offrent à l'appui d'une argumentation, de prendre toujours celui des deux qui lui est le moins favorable. L'argumentation elle-même ne peut qu'y gagner en crédit, et il vaut mieux, semble-t-il, en cas de doute, maintenir le lecteur en deçà d'une vérité que de le pousser au delà, car il a toujours plaisir à faire plus tard quelques pas en avant pour la joindre, tandis qu'il est porté à se rebuter d'elle s'il se voit obligé de reculer pour la saisir. On s'est efforcé de réduire ainsi, autant qu'il se pouvait, la part de l'incertitude :pour le reste, il serait impertinent de rappeler au lecteur que la certitude rigoureuse n'est qu'une illusion en une matière aussi vivante et mouvante qu'une étude politique, où l'on doit s'estimer heureux si l'on est parvenu à déterminer seulement, avec quelque valeur approximative, des indications et des tendances.

Il est une question cependant où il a nécessairement fallu prendre parti , et c'est aussi peut-être celle où il convenait le moins de dogmatiser. Il

IMPB1MERII XATIOSALK.

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était nécessaire d'adopter une orthographe pour les noms asiatiques, et l'on sait que leur orthographe, en notre langue, est généralement assez confuse : ce n'est sans doute pas l'un des moindres services que rendra à l'Indochine l'Ecole française d'Extrême-Orient que de fixer quelque jour une orthographe officielle de ses noms propres qui réconciliera à la fois la science et l'usage. — En ce qui concerne les noms chinois, la science s'est déjà prononcée, et l'un des plus distingués sinologues de ce temps, M. Vissière, secrétaire interprète au Ministère des affaires étrangères, doit être remercié ici pour la désignation qu'il a bien voulu donner de la nomenclature qu'il a fait officiellement adopter par les Départements des affaires étrangères et des colonies. On s'y est généralement tenu, sans se croire obligé cependant à pousser la fidélité jusqu'à écrire Pei-king le nom d'une ville où peu de personnes sans doute auraient reconnu Pékin, et Kouang-tcheou-fou celui d'une ville où moins de personnes encore apparemment auraient retrouvé le nom familier de Canton. L'usage impose en pareille matière d'inévitables . compromis , et, chaque fois qu'un nom chinois avait, dans l'usage français, une orthographe très connue, il a paru raisonnable de s'y conformer, sauf à placer entre parenthèses l'orthographe qui eût été correcte. — Une absolue incompétence en matière de philologie asiatique ne permet pas de discuter ici la valeur de l'orthographe couramment adoptée pour les noms annamites, ni d'engager le procès du quotMigu, et de décider pourquoi des noms comme Gho-lon, Lai-chau, Gho-chu, par exemple, qui, dit-on, ne représentent rien à une oreille annamite, ne sont pas plus exacts pour une oreille française, s'il est vrai qu'ils se prononcent à peu près : tio-len, lairtiao et tio-tiou. Peut-être toutefois ne serait-ce pas trop demander, puisqu'on a une bonne fois admis la notation d'après des lettres françaises , que de désirer la suppression de quelques souvenirs portugais comme le nh de Nhatrang et de Quinhon, et, puisque nous écrivons à la française le nom portugais de la ville de Macao, de ne point persister, si aucune considération diplomatique ne s'y oppose, à écrire en portugais le nom de la presqu'île indochinoisc de Gamau. De toutes manières, il est certain qu'il faut cependant se contenter souvent, là aussi, de solutions transactionnelles : l'orthographe adoptée pour les noms annamites a donc été la plus courante, sans qu'on mette d'ailleurs à la défendre ici la moindre obstination. L'usage ayant d'autre part fini par façonner une physionomie

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française à certains noms, et cette transformation se manifestant presque toujours par une tendance à l'agglutination des diverses parties des noms composés, il a paru qu'on pouvait sans inconvénient en élargir le bénéfice, et, de même qu'on n'écrit plus Tong-king, Ha-noï, Haï-phong, Mé-kong, écrire, pour des noms très connus, Namdinh, Haïdzuong, Nhatrang : la légitimité de cette agglutination peut au reste être contestée , et l'on ne fait point difficulté d'abandonner, s'il en est besoin, cette audace. — En revanche il est un nom où le maintien du trait d'union, qu'il serait plus exact d'appeler, en l'espèce, un trait de désunion, paraît difficilement défendable, c'est celui de l'Indochine elle-même : on peut le conserver à la rigueur pour l'ensemble de la péninsule géographique indo-chinoise, mais on ne voit pas la raison valable qui pourrait excuser cet air d'incohérence au nom d'une unité aussi homogène que notre Gouvernement général asiatique. Après consultation de l'autorité philologique la plus compétente en la matière, M. Foucher, maître de conférences à l'Ecole des hautes études et directeur adjoint de l'Ecole française d'Extrême- Orient, il a paru que, si le respect du tiret disjonctif dans le nom même de la péninsule se justifiait par le scrupule de ne point troubler les traditions de la géographie, en ce qui concerne notre établissement, du moins, on pouvait supprimer sans regret ce parasite malencontreux.

H faut renoncer à donner ici la référence de tous les documents consultés. Ca bibliographie que l'on avait d'abord songé à placer à la fin de cette esquisse a été , à la réflexion , abandonnée , comme ne pouvant qu'être à la fois très encombrante et très insuffisante. Elle eût dû comprendre une fort longue liste de livres, revues, journaux français, anglais et américains , puisque aussi bien on s'est efforcé de ne laisser passer sans le lire aucun des travaux de quelque autorité qui se sont publiés depuis ces dernières années, en Europe, en Asie ou aux Étate-Unis d'Amérique, sur les choses de l'Extrême- Orient. Une partie de ces documents a été consultée dans diverses bibliothèques publiques ou privées de Paris, et notamment à la bibliothèque de l'Ecole libre des sciences politiques et à la bibliothèque de l'Union coloniale , celle-ci ouverte par son très aimable Secrétaire général, M. Charles Depincé, et où il a toujours été trouvé un complaisant et serviable accueil. Mais la contribution de beaucoup la plus importante a été demandée à la documentation officielle : rapports de Gouverneurs généraux, et notamment

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le magistral rapport sur la situation de l'Indochine de 1897 à 1909, rapports de chefs de service, Bulletin économique de l'Indochine et Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, rapports coloniaux anglais, livres jaunes et livres bleus, et surtout la précieuse collection des travaux non encore imprimés qu'il a été donné d'étudier tant au Ministère des colonies qu'au Gouvernement général de l'Indochine. La principale raison pour laquelle on ne pouvait guère donner de références bibliographiques est précisément que la majeure partie des documents qui ont servi à la composition de l'ouvrage n'est pas imprimée , et aussi qu'on a eu très souvent recours à cette documentation orale si vivante que donne la fréquentation des hommes engagés directement dans l'action. On ne fait ici que leur rendre ce qu'ils ont prêté en déclarant que tout ce qui , dans le présent travail , paraîtrait digne d'être retenu est leur œuvre , la nature même de cette compilation, — où il y a, au demeurant, tant d'occasions de se tromper, — étant telle qu'on n'y ait guère à soi en propre que les erreurs.

Il est impossible de remercier chacun d'eux nominativement , et il faut se condamner d'avance à un minimum d'ingratitude. Certains noms toutefois s'imposent d'eux-mêmes : il est difficile, par exemple, de ne pas placer en tête d'un remerciement le nom de M. Ernest Roume, aujourd'hui Gouverneur général de l'Afrique occidentale française, qui, alors qu'il occupait avec une si haute distinction le poste de Conseiller d'Etat Directeur des affaires d'Asie au ministère des colonies , sut , au cours d'une mission accomplie en Extrême-Orient au commencement de l'année 1898, laisser auprès de lui le souvenir d'une savante initiation aux études de politique extérieure, en même temps que d'une très délicate bonté personnelle. On ne saurait davantage oublier les années de précieuse instruction passées à la même direction politique du ministère des colonies, et la grande bienveillance rencontrée toujours auprès de MM. Robert Vasselle, aujourd'hui Directeur des affaires d'Asie, de MM. Gerdret et Morgat, chef et souschef du bureau de l'Indochine, dont l'expérience accueillante a eu partout le talent de faire de ses collaborateurs des amis, ni méconnaître les utiles indications plus d'une fois données par l'affectueuse camaraderie de MM. les rédacteurs Paradis, Régismanset et Perréard : l'un des services de rédacteurs, le service politique, s'est aussi trouvé jadis très brillamment

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occupé par un fonctionnaire de l'Indochine détaché au ministère pendant un congé à Paris, M. Auvergne, aujourd'hui Résident supérieur de France en Ànnam : ce fut une singulière bonne fortune de pouvoir, en héritant de son service, tenir de sa compétence si autorisée les premières notions de politique indochinoise. — Un trop court passage au cabinet de M. Albert Decrais, ancien Ministre des colonies, ambassadeur, et député de la Gironde, laisse une dette de respectueuse gratitude à la haute et bienveillante courtoisie du Ministre, et de déférence ou de sympathie à ses collaborateurs, MM. Jean Decrais, chef de cabinet, aujourd'hui conseiller référendaire à la Cour des Comptes, You, chef adjoint du cabinet, aujourd'hui délégué dans les fonctions de sous-directeur à l'administration centrale des colonies, et tous les aimables confrères rencontrés dans une très aimable maison. - Cette tradition d'affabilité s'est continuée jusqu'au cabinet de M. Gaston Doumergue, Ministre actuel des colonies, et il est agréable, après en avoir éprouvé l'obligeance, de remercier ici MM. Bousquet, directeur du cabinet et Secrétaire général du ministère, Gabelle, chef, Cordonnier, chef adjoint du cabinet, et nos excellents amis Jean Weber, sous-chef du cabinet , et Emile Vallat, secrétaire particulier du Ministre. — Dans le corps de l'Inspection des colonies, on ne saurait trop marquer à quel point le présent essai est redevable aux enseignements de libéralisme élevé et de foi républicaine de notre très respecté ami, M. l'inspecteur des colonies, aujourd'hui en retraite, Louis Guillard, ainsi qu'aux indications plus d'une fois gracieusement données par M. l'inspecteur Salles, par M. l'inspecteur Arnaud et les membres de la mission d'inspection qui visita l'Indochine en 1901, et par notre ami Albert Lemée , inspecteur adjoint des colonies. Enfin il faudrait pouvoir dire combien il est dû à ces «médecins du corps de santé colonial qui défendent si vaillamment la vie de nos compatriotes et de nos protégés et les droits de l'humanité dans nos établissements extérieurs, et en particulier à leur chef, M. l'Inspecteur général Kermorgant, et à MM. les docteurs Grall et Camail, dont la science et la bonté ont été mises à contribution en France, et à MM. les docteurs Serez, Péthellaz et Hénaff, qu'il a été donné de connaître surtout en Indochine.

En Indochine même, c'est tout le monde qu'il faudrait ici remercier. Le souvenir de la courtoise solidarité qui unissait entre eux les membres

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du cabinet du dernier Gouverneur général rend léger l'acquittement du devoir de déférence et d'affection contracté envers leur chef, M. Lucien Faure, commissaire en chef de la marine, et de la dette amicale acquise aux aimables et distingués collègues qui composaient le cabinet civil et militaire : une place à part mérite toutefois d'être donnée parmi eux à notre affectionné ami le commandant Levasseur, de l'infanterie coloniale, à MM. Louis Génin, aujourd'hui commandant le 1 7 e bataillon de chasseurs, Pierre Emery, ancien chef du secrétariat particulier, aujourd'hui sous-préfel de Cosne et au lieutenant Frédéric François, des chasseurs à pied.

En dehors même du Gouvernement général , fa plus vive reconnaissance doit aller tout d'abord à ces chefs des grands services de l'Indochine qui ont aidé à construire l'Indochine moderne, et qui, en dehors de la rédaction de leurs remarquables rapports, dont la lecture était si assidue au Gouvernement, ne se refusaient point à la consultation quotidienne d'une compétence professionnelle toujours riche , et toujours généreuse à instruire. C'est avec les sentiments les plus profonds de gratitude et d'attachement qu'il sera permis de se souvenir ici du travail accompli, pendant l'intérim du Gouvernement général, auprès de M. Stanislas Broni, ancien Directeur des Affaires Civiles de l'Indochine, puis Résident supérieur au Tonkin , qui , par deux fois Gouverneur général intérimaire de l'Indochine , inspira partout le même grand respect dû à un esprit ennobli par une longue expérience de dévouement à l'Etat, et à la ferme et digne simplicité d'un caractère. Le soin qu'il avait pris de choisir son entourage explique également qu'il soit dû beaucoup à quelques-uns de ses collaborateurs, et notamment à l'obligeance si courtoise et si informée de son sous-directeur des Affaires Civiles, M. Achille Tournier, commissaire des colonies, et de son chef de cabinet , notre affectionné ami Maurice Le Gallen , administrateur des Services Civils de l'Indochine. — Parmi les lieutenants du dernier Gouverneur général on ne saurait taire non plus tout ce qui revient à l'opiniâtre labeur et à la bienveillance jamais lassée de M. A. Fr,ézouls, Directeur général des Douanes et Régies, et de son sous-directeur, M. Levecque; à MM. les Résidents supérieurs Fourès, Morel et Ducos; à MM. Guillemoto , Directeur générai des Travaux Publics; Capus, docteur es sciences, Directeur de l'Agriculture et du Commerce; Assaud, Procureur général; Daurand-Forgues, avocat général; Adam, Directeur du

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contrôle financier; à M. Brou, directeur des Postes et Télégraphes, et à MM. les inspecteurs Brien et Escande; à MM. le docteur Yersin, directeur de l'Ecole de médecine de Hanoï, Ferra, directeur de l'observatoire de Phulien, Alby, administrateur en chef du territoire de Quang-tcheou, enfin aux chefs militaires qui représentaient si brillamment l'armée et la marine, M. le Général Dodds , aujourd'hui commandant en chef les troupes coloniales, MM. les Généraux Boyer et Geil, M. l'Amiral Pottier, aujourd'hui commandant en chef l'escadre de la Méditerranée, et aux officiers cultivés, libéraux et affables qui composaient leur étal>-major.

Dans les nombreux fonctionnaires et agents de tout ordre, officiers et colons de l'Indochine qu'il a été donné de lire ou de rencontrer, on peut dire qu'il n'en est guère dont la rencontre n'ait été, en même temps qu'une occasion de relations agréables, une contribution directe à la présente étude. Ils voudront bien trouver tous ici les remerciements qu'on ne peut adresser nominativement qu'à quelques-uns d'entre eux , comme MM. les inspecteurs Luce, Baille et Mahé, MM. les administrateurs de la Noë, de la Lande Galan, Benoît , Ghéon , Hauser, Quennec * Odend'hal, L'Helgoualc'h, Bosc et Guesde, dans le corps si remarquable des Services Civils, à l'obligeant M. Thomé, commissaire général de l'Exposition de Hanoï, ainsi qu'à la gracieuse courtoisie de M. Louis Lecacheux, planteur à Convoi, par Lémy (Rivière claire), de M. de Fenoyl, planteur à Loc-nam et de M. Eugène Duchemin, planteur à Phu-doan, tous trois au Tonkin, et de nombreux colons du Tonkin, de la Cochinchine, de l'Ânnam et du Cambodge. Une grande obligation doit aller encore à plusieurs officiers de cette infanterie coloniale qui s'est fait une spécialité du commandement des troupes natives et de la politique indigène dans les territoires, et qui y a rendu, à peu de frais et à peu de bruit, de très utiles services, et à plusieurs officiers de l'artillerie coloniale, de la légion et de la cavalerie légère : il est regrettable de ne pouvoir ici mentionner que quelques noms, comme ceux de MM. les commandants Thoreux et Garineau, de l'infanterie, du regretté capitaine Henry, du 10 e régiment colonial, de M. le commandant Thouard et de M. le capitaine Garbit, de l'artillerie coloniale. Des remerciements sont également dus à l'amicale courtoisie de nombreux marins de la division navale de Cochinchine et de l'escadre d'Extrême-Orient, embarqués sur ces navires dont plus d'un porte un nom

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glorieux, qui ont déjà si bien servi l'Indochine, et dont le passage y est toujours trouvé trop rapide. Enfin, pour l'étude des questions extérieures à notre établissement, il convient de mentionner les utiles emprunts faits plus d'une fois aux travaux de tout premier ordre de certains agents diplomatiques et consulaires de la République en Asie, tels que MM. KIobukowski , ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire au Siam ; Hardouin, consul de France à Canton; Jouffroy d'Abbans, consul à Singapore, et de nos divers représentants dans les postes des Indes anglaises et néerlandaises, des Philippines, du Japon, de l'Ouest et du Sud de la Chine. — D'une manière générale , on regrette ici, après en avoir été témoin , qu'un témoignage mieux qualifié ne puisse rendre compte de tout ce qui se dépense, pour amener peu à peu au progrès moderne une partie du vieux monde asiatique, de talent et de courage français poussés plus d'une fois jusqu'à la limite extrême de l'abnégation : la prospérité actuelle de l'Indochine et ses belles espérances d'avenir sont, pour une large part, l'œuvre de ceux qu'on ne voit plus. Dans un travail qui lui est consacré , c'est un devoir de justice et de reconnaissance de rendre hommage à ceux qui ont laissé leur vie à ce pays, depuis les soldats tombés obscurément jadis sous les balles des réguliers et des pirates, jusqu'aux fonctionnaires de tout rang morts à leur poste, aux colons de la première heure emportés par quelque fièvre dans une lutte inégale contre une nature encore indomptée, et à ces bâtisseurs intrépides enfin qui se donnent aujourd'hui de toute leur âme à la construction des chemins de fer, et qui, dernièrement encore, comme les ingénieurs Dardenne et Duprat, achetaient du dernier sacrifice l'honneur d'avoir durement travaillé pour la civilisation et pour la patrie.

On ne pouvait avoir, dans le présent essai, l'ambition de faire directement des études orientales : on n'en doit savoir que plus de gré aux personnalités asiatiques qui ont consenti à lui prêter le concours de leur grande expérience. S. Exe. Hoang-cao-Khaï , Régent de l'empire d'Annam, membre du Conseil supérieur de l'Indochine et ancien haut commissaire impérial au Tonkin, et son fils, M. Hoang-trong-phu, directeur de l'Ecole des mandarins, à Hanoï, voudront bien agréer, à cette occasion, l'expression de la gratitude que laisse le souvenir de leur haute culture et de leur extrême affabilité. Une consultation constante a nécessairement été demandée aussi à l'autorité la plus réputée en matière d'orientalisme indochinois,

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l'Ecole française d'Extrême-Orient : s'il est beaucoup dû à son Bulletin et aux rapports et études diverses de son Directeur, M. Louis Finot, et de ses membres, ce fut surtout un exceptionnel avantage de pouvoir bénéficier de l'amitié personnelle de quelques-uns d'entre eux, et il reste malaisé de faire, et peut-être n'est-il pas utile de faire, dans les familières causeries tenues avec MM. Foucher, Pelliot et Maître, le départ exact de ce qui fut le profit ou le plaisir. — Enfin, ce n'est assurément pas la contribution la moins précieuse apportée à cet essai sur l'Indochine par l'amitié de l'Ecole française, que de lui avoir valu la collaboration directe d'un de ses membres, M. Henri Dufour, ancien élève de l'Ecole nationale des beaux-arts, architecte diplômé du gouvernement et inspecteur des bAfimenls civils en Indochine, qui, après avoir commencé, au nom de l'Ecole, une remarquable exploration des ruines du Bayôm, à Angkor, fut mis à la disposition du Gouvernement général pour recueillir des photographies destinées à l'illustration de son ouvrage. M. Dufour sut asservir à celte besogne le tempérament très délicat d'artiste qu'il a révélé dans ses aquarelles , et dans la magnifique illustration du Coran qu'il exécute , en ce moment même, pour le compte de l'Imprimerie nationale : des photographies prises de la sorte, avec un choix du sujet et une science de la composition que l'on appréciera, et traitées dans le ton des eaux- fortes par les procédés d'héliogravure de la maison Dujardin, ne sont peut-être pas très éloignées de la valeur de véritables œuvres d'art. On ne saurait en tous cas oublier que c'est à elles que le présent volume devra son prix, ainsi qu'à cette belle tenue classique que seule l'Imprimerie nationale sait donner à ses éditions , et pour laquelle il convient d'adresser ici l'expression d'une grande reconnaissance à son Directeur, M. Christian , à son chef du service des travaux, M. Héon, dont la compétence s'allie à tant d'affabilité, au soin scrupuleux de ses correcteurs, et des agents et ouvriers de tout ordre de son personnel d'élite.

Des indications utiles ont encore été fournies par la bienveillance de M. Auricoste, Directeur de l'Office colonial, par la complaisante bonne grâce de M. le capitaine Edouard Olivier, bibliothécaire à l'Office, de MM. Cazeau, ingénieur, Albert Métin. professeur de colonisation comparée à l'Ecole coloniale, dont le dernier livre sur k l'Inde d'aujourd'hui a apporte une contribution si heureuse à l'étude des sociétés coloniales asiatiques,

HDOCHINB. E

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Edmond Cleray, ancien chef du secrétariat particulier du Ministre des finances, Henry Maître, et par un grand nombre d'autres personnes. — Il sera permis à un ancien élève de l'Ecole libre des sciences politiques de se rappeler cpie c'est en cette maison, où la science est à la fois si vivante et si courtoise , qu'il a trouvé , avec le goût des études de politique extérieure, les encouragements, la méthode, et les enseignements oraux ou écrits de professeurs qui sont des maîtres. C'est un devoir étroit de rendre à la direction et aux travaux de M. Emile Boutmy, membre de l'Institut et Directeur de l'Ecole, aux cours d'histoire diplomatique de MM. Albert Sorel et Anatole Leroy-Beaulieu, à la large documentation de politique coloniale comparée de M. Ghailiey-Bert, aux études de politique extérieure de MM. André Lebon, ancien Ministre des colonies, Paul Pelet, Raphaël- Georges Lévy, aux leçons anglaises de M. Morel, aux renseignements bibliographiques plus d'une fois donnés par M. A. Viallatte, maître de conférences, les remerciements qui leur reviennent. H en revient une part toute spéciale à M. Silvestre, ancien chef de la justice indigène en Cochinchine et directeur des Affaires civiles en Annam et au Tonkin, qui, après une carrière activement remplie en Indochine, occupe avec tant d'autorité à l'Ecole la chaire de politique asiatique, et qui a bien voulu aider de ses conseils la revision du présent travail. — Enfin il ne serait que juste de faire aussi remonter la gratitude jusqu'à l'enseignement de ces maîtres éminents de l'Université de Paris, dont procède toute une partie de la pensée contemporaine, et dont l'influence sur la formation d'esprit de leurs élèves se retrouve, de manière indiscutable, longtemps après qu'ils en ont été séparés : ce sera sans doute l'excuse d'associer à un sujet auquel ils ne sont étrangers qu'en apparence les noms de notre vénéré maître, M. Jules Petitjean, professeur au lycée Condorcet, de MM. Félix Hémon et Louis Bompard, inspecteurs de l'Académie de Paris, de MM. Lucien Lévy-Bruhl, Alfred Croiset et Amédée Hauvette, professeurs à la Sorbonne , et de rappeler ici avec le plus reconnaissant respect toutes les voix éloquentes entendues jadis dans cette noble maison aux cours de lettres, de philosophie et d'histoire, auxquels il sera permis peut-être de joindre les encouragements de l'esprit si fin et si largement compréhensif de M. H. Dietz, professeur au lycée Buffon.

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