‹ L'IndochineChapitre 92 sur 218 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

non uniquement, l'Indochine, assez délicat de déterminer la part qui revient à notre établissement dans une protection assurée depuis Suez jusqu'au détroit de Magellan, et de Vladivostock au cap de Bonne- Espérance. Les subventions que le Ministère du commerce assure aux services maritimes postaux et à l'entretien des câbles des lignes de Chine et du Japon servent sans doute utilement les intérêts de notre possession indochinoise; mais ils servent aussi, d'une manière générale, tous les intérêts français en Asie. Une interprétation trop extensive des obligations où l'existence de l'Indochine entraîne la métropole reviendrait à mettre à la charge de notre possession toutes les dépenses faites par le budget de l'État au delà de l'île de la Corse.

Les dépenses militaires spéciales à l'Indochine, inscrites au budget du Ministère à^es colonies pour l'exercice 1902 (chapitres 37, 46 et 53), étaient de 25,081,472 francs. Si l'on en déduit le contingent fixé par la loi de finances à 11, An, 000 francs, il restait encore à la métropole une charge de 1 3, 670,672 francs, auxquels on pourrait ajouter sans doute une part, difficile à apprécier d'ailleurs, dans les chapitres 39, 4i,42, 43, 48, 49 et 5o, et peut-être 55* du budget colonial , et dans les dépenses de l'administration centrale des colonies. Une évaluation large porterait l'ensemble de ces dépenses, pour l'exercice 1902 seulement, car une atténuation progressive doit être faite d'année en année, jusqu'à extinction totale, à une vingtaine de millions environ, qui pourraient représenter la part directe de dépenses que prend l'Indochine dans un budget français de 3 milliards et demi de francs.

Encore convient-il de remarquer que cette dépense, qui, sauf les frais d'administration centrale à Paris , concerne uniquement les troupes, ne profite pas exclusivement à l'Indochine. Non seulement les quelques millions consacrés à l'entretien du corps d'occupation indochinois garantissent à la France la possession d'un pays qui les lui revaut amplement sans doute en traitements et pensions de ses fonction-

naires 11 ' et en richesse acquise par ses colons, et qui lui a acheté, pendant l'année 1901, pour 100 millions de francs de marchandises^', mais le corps d'occupation lui-même représente pour la métropole un appoint de force militaire qui n est point à dédaigner, et auquel elle a fait appel quand ses intérêts se sont trouvés menacés en Extrême- Orient. Il y a donc là un emploi de fonds non seulement indirectement, mais même directement utile au budget qui en fait le sacrifice.

La France s'est réservé d'acquitter elle-même les dépenses de son armée dans les établissements outre-mer. Par là elle ne cesse point d'avoir sur eux une autorité directe, et cette évocation de la force protectrice constitue pour elle une sorte de symbole de souveraineté. Mais elle entend du moins que ces établissements, à part l'entretien des troupes, se suffisent désormais à eux-mêmes. La loi de finances du i3 avril 1900 a donc décidé qu'à partir du 1" janvier 1901 les possessions extérieures payeraient entièrement leurs dépenses civiles et leurs dépenses de gendarmerie, mais quelles pourraient être admises à verser, jusqu'à concurrence du montant des dépenses militaires, un contingent à la métropole. En fait, seules trois petites colonies de l'Afrique occidentale versent chacune, en 1902, un contingent de 10,000 francs au budget français, et celui-ci doit au con-

|l > Dans son rapport sur le budget du Mi mstère des colonies pour l'exercice 190a H. Bienvenu Martin faisait remarquer que, la pension de retraite des fonctionnaires coloniaux n'étant qu'une sorte de traitement d'inactivité, devait être payée par les budgets à qui incombaient les traitements proprement dits, et non être une charge pour le trésor métropolitain. L'Indochine est la senle de nos possessions extérieures qui paye, sur une caisse locale, les retraites de ses fonctionnaires français. Elle

va même plus loin , et continue à payer les retraites de ses soldats indigènes, alors que leur solde est aujourd'hui inscrite aux dépenses du budget métropolitain. On sait enfin qu'elle assure , depuis la constitution des caisses locales par le dernier Gouverneur - , une retraite à tous ses fonctionnaires et agents indigènes.

! ' ! Le chiffre des importations en Indochine de la France et de ses colonies, — l'importation de ces dernières étant des plus faibles , — esl , pour 1 90 1 .exactement de 1 00, 1 66,98 y fr.

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