‹ L'Industrie aurifèreChapitre 100 sur 241 · INSTALLATION I) UN CHANTIER EN BCTTE · texte numérisé non relu

INSTALLATION I) UN CHANTIER EN BCTTE

Mode de travail. — La pelle se vide par le fond sur une grille placée au-dessus de la trémie T desservant le sluice. L'écartement des barreaux est tel que les très grosses pierres sont arrêtées et évacuées avec des pinces. La trémie reçoit un abondant courant d'eau provenant d'un « ditch » (canal), arrivant des hauteurs voisines. La jonction est faite par un tuyau flexible.

L'alluvion pénètre ensuite dans un trommel cylindrique D. D, à axe

Pio. 100. — Vue d'ensemble du chantier.

horizontal, dans lequel l'avancement des matières s'obtient par des hélices intérieures. Il est aussi abondamment arrosé. La perforation est à 15 millimètres. Les refus sont évacués au moyen d'un transporteur EE, de 15 mètres de long, qui entasse les cailloux sur une hauteur de 4 mètres. Sous le trommel, se trouve un premier sluice S, S, qui retient l'or gros. A la sortie de ce sluice les matières tombent dans une pompe centrifuge P, qui les remonte dans le sluice des fines y^qui se trouve à la partie supérieure de l'usine et qui se prolonge, en porte-à-faux, sur une, longueur de 18 mètres. Sa hauteur est suffisante pour qu'il passe aisément au-dessus de la crête des tasR, formés par la toile sans fin. Grâce à ce dispositif, l'eau boueuse

270 LINDD8TK1E AURIFÈRE

tombe en arrière de la digue de cailloux que l'appareil entasse derrière lui, ce qui laisse le chantier bien asséché.

La photogravure (fig. 100) montre l'ensemble d'un chantier de ce genre au moment où on vient de commencer un nouvel alignement de cailloux. La distance de deux dépôts est égale au rayon d'action du fléau de la stcam-shovel, soil environ 8 mètres.

Hendeinent. — Ce dispositif exige que le bed-rock ne soit pas trop profond et aussi qu'on dispose de l'eau en abondance et bon marché. La dépense principale est, en outre des salaires qui sont extraordinairement élevés, le combustible, qui coûte 7 dollars le yard cube rendu sur place. Il faut l'aller chercher assez loin. Les machines sont des locomobiles de 15 chevaux chacune.

On excave et on lave ainsi 225 mètres cubes (300 yards cubes) par journée de vingt heures. Le terrain paye 2 dollars au yard cube (environ 14 francs au mètre cube), ce qui est considéré au Klondyke comme une teneur insignifiante.

Vingt hommes (y compris le propriétaire) sont occupés sur ce chantier. Les frais journaliers sont de 150 dollars, soit 1/2 dollar par yard cube, ce qui laisse, comme on le voit, un très beau bénéfice. Les ouvriers sont répartis en deux équipes de douze heures chaque, leur travail consiste surtout dans la surveillance et la conduite des diverses machines. On ne touche a l'alluvion que pour l'intéressant moment du «cleanup» (récolte). Huit hommes, en tout, suffisent pour chaque équipe.

La durée du travail est de cinq mois, les seuls pendant lesquels l'eau soit à l'état liquide dans ces régions.

Le prix de revient d'une installation de ce genre est de 50 à 60.000 dollars, dont moitié pour le transport et le montage.

Installation d'un chantier en vallée. — Si on craint les inondations ou si on redoute de s'installer avec des poids lourds sur un bed-rock glaiseux, mou, ou détrempé, il faut installer l'excavateur sur la crête du talus qu'on se propose d'attaquer et travailler dès lors « en vallée ». Seul l'excavateur à godets peut travailler dans ces conditions, et il opère alors d'une façon incomparablement plus favorable au point de vue de la conservation des godets que lorsqu'il travaille en butte. Dans ce dernier mode d'opérer, si

INSTALLATION d'un CHANTIER EN VALLÉE 271

la lèvre du godet rencontre un gros caillou engagé dans la masse alluvionnaire d'une manière telle qu'il ne puisse pas céder, tout l'effort de la machine porte sur cette lèvre, qui est forcée de se plier ou de casser. On peut parer à cet accident en arrêtant à temps la machine et en dégageant l'obstacle avec une pince, mais cela exige une surveillance de tous les instants, qui se relâche forcément la nuit.

Au contraire, dans le dispositif en vallée, les godets ne font que racler le talus du front d'attaque, et s'il s'y présente un caillou fortement encastré, comme la lèvre du godet n'est appuyée sur le sol que par le poids de la chaîne, à laquelle il est laissé un mou suffisant, le godet se soulève légèrement et franchit l'obstacle sans rupture possible. C'est alors un outil très souple travaillant sans aucun choc.

Un autre avantage de ce chantier, c'est de permettre d'enlever avec un seul et même appareil, et séparément, la couche superficielle stérile et ensuite l'alluvion aurifère. On peut donc organiser le chantier de façon à ce qu'on puisse évacuer à part, sans les faire passer dans les sluices à or, les stériles superficiels. J'ai déjà expliqué, à propos des dragages, les multiples avantages de ce dernier perfectionnement, que j'ai été le premier à introduire dans les appareils mécaniques destinés au traitement des alluvions aurifères.

Excavateurs à élindc articulée. — On arrive à ce résultat en employant des excavateurs munis d'une élinde articulée, construits par la « Machinenbau Actiengesellschaft » de Lubeck, qui s'est depuis longtemps créé une spécialité dans ce genre d'outils. Le principe de cette élinde est le suivant : au lieu de laisser pendre librement la chaîne portant les godets après son passage sur le tourteau inférieur; ces derniers sont guidés tout le long de cette élinde, dont ils épousent dès lors le profil. Il s'ensuit que, si on articule cette élinde autour d'un axe, les lèvres des godets suivront un profil semblable à celui de l'élinde. On a pu établir ainsi des excavateurs ayant une élinde dont le profil est celui d'un canal complet, avec ses deux talus et son plafond, travail qui se trouve réalisé ainsi par un seul appareil.

En ce qui concerne l'exploitation des alluvions aurifères, il suffit que l'élinde ait une seule articulation pour qu'on puisse enlever

le terrain, non plus suivant un profil triangulaire comme dans le cas d'un excavateur d'ancien modèle, mais suivant un parallélogramme, ainsi que t'expliquent les figures suivantes :

Dans ces conditions, il est facile de comprendre qu'on peut enlever tout le cube de stérile superficiel avant de toucher à l'alluvïon proprement dite et par conséquent d'évacuer à part, au tas de remblais, tout le stérile sans le faire passer dans les appareils de

Fie. 101. — Excavateur a éliude articulée.

lavage et sans le diluer dans l'eau. Ce stérile est évacué à l'état de mottes au moyen de wagons ou d'un transporteur ad hoc.

Ce dispositif a un autre avantage important, c'est de permettre de placer la voie de l'excavateur à une distance plus grande du bord de l'excavation que dans toute autre système, la quantité dont on ripe les voies en arrière n'étant plus, comme dans les modèles à élinde non guidée, limitée à une emprise de godet, mais à la longueur de la partie horizontale de l'élinde, qui peut être portée sans difficulté jusqu'à 6 et 7 mètres, comme le montre la photographie de l'appareil en question, pris au coure de travail (fig. 102).

Le détail du mécanisme, très simple et très robuste, qui permet d'atteindre ce résultat, n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage ; je vais simplement indiquer comment, en partant de ce principe, on

Page 1