‹ L'Industrie aurifèreChapitre 114 sur 241 · PERSONNEL ET CHEVAUX EMPLOYÉS · texte numérisé non relu

PERSONNEL ET CHEVAUX EMPLOYÉS

H*ommes

Abatage, transport et lavage 80

Chevaux employés pour ces divers travaux 45

soit : 31 hommes de moins qu'avec le guide-rope 39 chevaux de plus — —

Conclusion des agents locaux. — Le guide-rope n'est avantageux que dans les centres écartés où les chevaux coûtent beaucoup plus cher à entretenir que les hommes.

II n'offre pas d'économie lorsque le prix de la journée du cheval est égal ou inférieur au prix de la journée d'ouvrier.

Voici des détails complémentaires à l'appui des chiffres ci-dessus.

Abatage et transport au lavoir. — Avec des tarataïkas et la distance réduite de 150 mètres des tailles au lavoir, 7 bons artiels (49 hommes) ou en tout cas 8 artiels ordinaires, font aisément les 50 sagènes par journée de dix heures.

A cette distance du lavoir, chaque artiel exige pour son service, aux termes mêmes du contrat de main-d'œuvre, 3 chevaux pour le transport des alluvions.

Total des chevaux nécessaires aux 8 artiels : 24 chevaux.

Pour le transport du stérile du lavoir au dump, on compte, en moins, un tiers des matières chargées, qui est évacué tout seul sous forme de tailings fins emportés par l'eau et par conséquent un nombre de chevaux nécessaires moindre aussi d'un tiers \ total pour ce transport, 16 chevaux.

Total des chevaux, 40, auxquels il faut ajouter 10 pour cent pour malades ou inutilisés pour causes diverses : ferrure, boiterie, etc., soit un total définitif de 45 chevaux.

Au lavoir, on compte 12 hommes par sluice (koulibinka) passant 22 à 25 sagènes cubes par jour, soit pour 50 sagènes cubes, base de

comparaison, deux koulinbikas à 12 hommes chacune : 24 hommes. On a donc, en résumé :

Hommes aux tailles 56

— aux lavoirs 24

Total 80

Chevaux employés 45

chiffres indiqués ci-dessus.

Observations générales. — Il n'est pas besoin d'insister pour faire ressortir les défauts que cette comparaison met en évidence. Le guide-rope employé n'a de commun, avec cet ingénieux et économique système de traction, que le nom. Les dispositions, pour la pose des voies surtout, sont si mal prises, que chaque jour, par suite de cette simple malfaçon, il y a une masse de main-d'œuvre dépensée sans utilité.

Guide-rope de la Verkné Amoursky C°. — A la Verkné Amoursky C°, où on exploite à la fois le lit majeur et le lit mineur de l'alluvion, on arrive à supprimer complètement les chevaux dans les courbes. Ce résultat fait l'admiration du pays (placer Tayojné).

Voici la méthode adoptée sur ce placer dont je donne un croquis à la figure 117. Deux guide-ropes desservent : l'un des tailles, l'autre le lavoir. Le dump est en forme de fer à cheval évasé, déposé au milieu du découvert du placer. Le stérile, décapelé pendant l'hiver, est jeté adroite et à gauche en dehors des limites du lit majeur.

Les grands dumps se succèdent régulièrement à intervalles d'environ 200 à 300 sagènes l'un de l'autre, marquant ainsi L'avancement annuel des travaux.

Le lavage s'opère de la manière suivante : les matières étant peu argileuses, avantage commun d'ailleurs à toutes les alluvions aurifères du district, on sépare au trommel toute la partie formée de cailloux et graviers au-delà de 20 millimètres ronds. Les refus sont évacués directement au dump. Quant à la partie menue contenant tout l'or, elle s'écoule librement et toute seule sur un sluice ordinaire à casiers, où l'or est arrêté au passage. Point n'est besoin de râcleur sur le cours du sluice, et on peut se contenter d'une

quantité d'eau assez faible, les gros cailloux difficiles à évacuer Plan dWrobleduplaMC Wiev sans main-d'œuvre ayant J J été éliminés des le début.

La figure 117 donne une idée de la disposition de ce chantier. Les tailings, après le lavage, ne contiennent pas pins de 4 dolis aux 100 pouds (environ 0*',25) par mètre }*** cube, ce qui peut être considéré, dans l'état actuel de l'industrie aurifère en Sibérie Orientale, Torf comme un résultat extrêmement favorable.

Les seules critiques à adresser à cette installer lation sont : perte de l'or Lavo lin par suite du non-

ij^ù emploi du mercure dans

, la queue du sluice , type

de wagon mal choisi nécessitant 3 hommes à chaque culbuteur sur le durap.

Types de wagons employés. — Les wagons employés au placer Djolon, sont dans le même cas. Ils sont de construcj tion robuste et simple,

mais difficiles a culbuter.

Au stérile, par exemple, où il est si important d'aria river, au minimum de main-d'œuvre possible, puisque tous les frais

qu'on consacre à cette partie du travail sont une perte sèche, il faut 3 hommes par culbuteur. Ils ne sont occupés que d'une façon intermittente, et pendant tout le temps où ils attendent un wagon venant du lavoir, ils se promènent, bavardent et sont une cause de désordre.

Il serait facile d'installer un des nombreux systèmes de déchargeur automatique de terrassement, que nous voyons journellement fonctionner dans les chantiers de travaux publics, à la place des culbuteurs actuels. De môme un bon type de basculage, combiné avec une vaste trémie de chargement, permettrait de supprimer la majeure partie des 9 manœuvres employés au versagedans les sluices, des wagons chargés d'alluvion provenant des tailles.

Accrocheurs, décrocheurs, etc. — Autre personnel inoccupé la moitié du temps. Ce travail devrait être fait par les ouvreurs de trémie euxmêmes, qui auraient simplement à manier le va-et-vient de déchargement.

En résumé, en dehors des hommes employés aux tailles, on pourrait assurer le transport au lavoir, le lavage et la mise au dump de 50 sagènes cubes par jour, avec le personnel suivant :

Hommes

Ripage, entretien de la voie, graisseur 7

1 chef laveur et son aide 2

2 culbuteurs au chargement des sluices 2

2 hommes à la manœuvre sur le dump 2

1 accrocheur des wagons basculés 1

i gardien, 1 mécanicien, 1 chauffeur 3

1 cosaque 1

Total 18

Abatage aux tailles, 9 artiels de 7 hommes 63

Total général 81

Soit une économie de 30 hommes sur les cadres actuels, plus 6 chevaux rendus inutiles.

Et une économie de la totalité des chevaux (45) sur le procédé des tarataïkas.

On verra plus loin, au cours deTétude économique, quelle somme représente une pareille suppression. On peut s'en faire une idée

par nn seul chiffre. En moyenne, un cheval coûte par an, à la Zéya, amortissement compris, de 550 à 600 roubles.

Petites exploitations à la Tohachka. — Voici, à titre d'exemple, la

Lavoir

■ Ecaps ±a Grand chsnu or i ael ouvert

1 lVmi

T*ou !

Fio. US. — Lavoir N* 1, à tchacbka en Transbaïkalie (Compagnie Daourskaya).

description d'un lavoir à « tchachka », existant sur les placers de la Compagnie Daourskaya en Transbaïkalie.

Le lavoir N" 1 est une tchachka sibérienne de 4 mètres de diamètre.-Elle traite, en outre, des alluvions venant des tailles n°l, des déblais de relavage qui lui sont envoyés de l'excavateur {fig. 118).

Ce lavoir est beaucoup trop petit pour le travail qu'il aurait à faire si on voulait y traiter la production que l'excavateur pourrait fournir. La cuve est déjà surchargée, et quoique les matières passées soient peu argileuses, elles séjournent très peu de temps sous les sabots mobiles ; aussi trouve-t-on dans les stériles qui s'échappent par le versoir continu à trappe D, beaucoup de pelotes d'alluvion non désagrégées. Il y a de ce chef un déchet assez important. Un trommel remplacerait avantageusement cette « tchachka », tant comme perfection plus grande du travail que comme quantité passée par jour.

Ce lavoir est mû par une roue hydraulique. L'eau est abondante sur le placer et aménagée d'une façon tout à fait remarquable, grâce à un système de canaux en bois (flumes) construits avec art et entretenus avec beaucoup de soin.

Le lavoir N° 1 pourrait économiser deux rableurs placés sur le petit sluice B, nécessités par le défaut de pente de ce dernier. Il manque aussi une installation pour retenir l'or fin des tailings; mais cette lacune est commune à tous les lavoirs de type sibérien. Cet appareil lave 17 sagènes cubes par jour (164 mètres cubes). Voici maintenant, la description d'un lavoir situé sur le même placer, en Transbaïkalie, dit lavoir N° 2.

Il est situé à 350 mètres en aval du précédent. Il lave des alluvions un peu plus argileuses provenant d'un grand chantier à ciel ouvert, situé à proximité et qui est décrit ci-dessous. Les matières sont débourbées dans un grand trommel en tôle, percé de trous de 12 millimètres, de lm,80 de diamètre et de 4m,50 de longueur. Les rejets contiennent encore des pelotes argileuses non délayées, mais moins qu'au lavoir n° 1, bien que la nature de l'alluvion soit moins favorable au débourbage.

Ce lavoir passe 22 sagènes cubes par jour (212 mètres cubes). Le sluice sur lequel l'or est retenu est un peu différent de ceux généralement employés ; la figure 119 en donne le détail. Sa longueur totale est de 11 mètres. 11 est bon de remarquer que le petit sluice de tête, distribuant la lavée dans le trommel, a une bonne pente et n'exige pas, comme c'est le cas au lavoir n° 1, d'hommes spéciaux pour son râblage. On garnit le fond de ce sluice de tête avec des tôles percées ou des casiers en fonte, selon la nature de l'alluvion.

Sur les gradins, répartis par groupes de trois, il y a du drap tendu sur le fond du sluîce pour retenir l'or fin. On se déclare aussi très satisfait des « riffles » en bois, composés d'une planche de

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