‹ L'Industrie aurifèreChapitre 115 sur 241 · FM · texte numérisé non relu

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Fio. 119. — Lavoir N- 2, de la Compagnie Daourekaya (Délai! des rifOes pour retenir l'or).

40 millimètres d'épaisseur, percée de fenêtres rectangulaires de 200 X 75 millimètres.

Ces riffles se posent et s'enlèvent très facilement pour le nettoyage journalier, grâce au dispositif dont je donne le détail sur la figure. On m'a assuré que ces riffles, essayés comparativement avec les gradins ordinaires, avaient prouvé d'une manière incontestable leur supériorité pour retenir l'or fin (fig. 119).

Tous ces détails, toutes ces expériences comparatives, bien étudiées, prouvent que la question des pertes par lavage a préoccupé depuis longtemps les sibériens et qu'il y a dans leurs lavoirs, de bons dispositifs à retenir.

J'ai tenu à me rendre complç du déchet effectif, et pour cela j'ai fait l'expérience directe suivante :

Sur la conduite du canal de fuite du lavoir N° 2, qui est le mieux aménagé pour diminuer les pertes, j\i placé un sac en toile, fonctionnant comme un filtre, dans lequel j'ai recueilli les boues fines sortant du lavoir. Ces matières ne sont actuellement soumises à aucun traitement et retournent, avec le surplus des eaux, à la rivière.

L'analyse de ces boues, faite à Paris, m'a donné : or aux 100 pouds : 5,9 dolis (soit environ 2 francs par mètre cube). On voit qu'il y a de ce chef un déchet important qui pourrait être facilement évité par X emploi du mercure dans les boîtes de queue.

Grand chantier à ciel ouvert. — Ce chantier se trouve à 150 mètres en amont du lavoir N° 2. Il exploite la partie de l'alluvion qui n'a pas été enlevée par les travaux souterrains de l'ancienne Compagnie. 11 ne restait d'ailleurs à l'époque de ma visite qu'un cube limité L'alluvion aurifère est puissante, comme l'indique la vue générale de ce chantier (fig. 118); mais il y a une forte épaisseur de stérile à enlever. La partie supérieure de l'alluvion, tenant 15 dolis, est aussi envoyée aux remblais stériles (fig. 120).

L'ensemble de ce terrain est complètement gelé; de sorte que les tailles ne dépassent pas en moyenne 2 tchetverts 0m,36 de hauteur.

Ce grand chantier occupe le personnel suivant :

Hommes Chevaux

Ouvriers à l'abatage du stérile 12 »

— — de l'alluvion aurifère 24 »

Charrettes au transport du stérile 6 6

— — de l'alluvion brute 12 12

— — — après lavage . 6 6

Hommes au lavage 9 >>

Surveillants 2 »

Total 71 24

Production moyenne journalière : 22 sagènes. Rendement utile par homme et par jour :

= 3 mètres cubes.

chiffre supérieur & la moyenne générale en Transbaïkalie, qui est de 2-,50 par homme et par jour et équivalant, à 4 journées d'ouvriers pour 1 sagène-cube.

Lavoir n" S (Nouveau lavoir). — Cet appareil a été installé pour traiter les matières provenant des travaux souterrains. Ce lavoir est beaucoup plus puissant que les précédents et peut passer, en plein travail, 60 sagènes cubes (578 mètres cubes) par jour. II est mû par une grande roue hydraulique par dessus, de 12arcbines (8",52) de

Fio. 120. — Grand chantier à ciel ouvert.

diamètre, construite sur place. Elle a fonctionné devant moi et fait honneur, ainsi que le grand Hume d'amenée, à l'habileté de son constructeur. Ce lavoir manque seulement d'une installation pour « sauver » i'or fin. Ces perles sont certaines, car j'ai remarqué que tout le chanvre qui sert à boucher les fentes du flume d'évacuation des boues de lavage était, après l'achèvement de la campagne, soigneusement volé par les ouvriers, brûlé dans leurs cases, et les cendres traitées clandestinement à la bâtée, pour recueillir l'or resté dans les interstices.

L'appareil de débourbage est un trommel à trous décroissant, suivi d'un grand sluice à gradins et à riffles rectangulaires, disposés comme au lavoir N° 2 et divisé en trois sections lavant séparément les grenailles classées par le trommel.

On emploie sur ces mêmes placers un excavateur pour relayer les anciens tailings des exploitations antérieures; ces matières sont en effet moins gelées que l'alluvion proprement dite et sont, par conséquent, assez meubles pour être saisies par les godets de l'appareil. Nous verrons plus loin que ce procédé d'exploitation, évidemment bien supérieur aux pelles et aux pioches manœuvrées à bras, est avantageusement appliqué au Klondyke, région qui présente tant de ressemblance avec la Sibérie.

Emploi de l'excavateur sur le placer Malamalsky. — Cet appareil était en marche, lors de ma visite, de sorte que j'ai pu me rendre compte exactement de son rendement.

Construit par la maison Pinguely de Lyon (ancienne maison Gabert), cet excavateur est en service depuis sept ans, sans avoir nécessité des réparations autres que l'entretien courant. H est vrai, comme on va le voir, qu'il fait un très petit service.

11 est du type dit « Universel », monté sur un truc roulant sur rails et mobile autour d'un axe central fixé à ce tape. Ce dispositif, qui n'a pas de raison d'être dans les chantiers d'alluvions, alourdit beaucoup le système, en complique la marche et en augmente considérablement le prix. Il est excellent pour exécuter *des tranchées de chemins de fer ou tout autre travail dans lequel on a affaire à une banquette non dégagée sur sa face principale.

En outre, le mouvement de rotation autour de l'axe, ainsi que la progression sur les rails, s'obtient par un petit servo-moteur monté sur une plate-forme fixe, séparée de la' plate-forme mobile où se tient le mécanicien de la machine qui commande l'excavateur, de sorte qu'il faut deux mécaniciens pour le service de l'appareil, un pour les godets et un pour le servo-moteur.

Le déplacement de l'élinde dans le sens vertical se fait à bras, au moyen d'un treuil.

On a ajouté à la voie de l'excavateur un troisième rail sur lequel est placée, à cheval, une trémie en bois permettant de charger de temps en temps les petites charrettes de 250 litres (tarataïkas), qui desservent l'appareil. Cette partie du mécanisme est très défectueuse; la décharge dans les charrettes étant intermittente, la trémie s'engorge lorsque sa trappe inférieure est close; deux hommes sont constamment occupés à piquer les terres pour dégager l'ou-

verture. Dès que la trémie a reçu quelques godets, elle déborde, et il faut arrêter l'excavateur en attendant les charrettes (fig. 121).

En principe, il n'est pas possible de faire le service d un excavateur, même du plus faible modèle, avec les petites tarataïkas sibériennes.

En fait, à l'époque de ma visite, le nombre des charrettes affectées à la décharge de l'excavateur et, ce qui est plus grave, la capacité de travail du lavoir n°l qui desservait l'excavateur, ne permettaient pas à ce dernier de débiter plus dé 20 sagènes cubes par journée de dix heures, alors que sa capacité journalière, de 90 à 100 sagènes, correspondait à 100 mètres cubes à l'heure, débit que l'appareil en question aurait pu facilement atteindre en marche normale.

En résumé, l'appareil par lui-même fonctionne parfaitement, mais les conditions dans lesquelles il travaille sont tout à. fait défectueuses. Le personnel n'est effectivement occupé que pendant le quart du temps de la journée, et ce personnel est lui-même beaucoup trop nombreux, à cause des fausses manœuvres au chargement des charrettes. En voici l'état :

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