TEMPÉRATURE A DAWSON DE JUIN 1901 A JUIN
Premier bateau arrivé du Haut Yukon à Dawson le 23 Mai 1901
TEMPÉRATURES MENSUELLES Mois Date Maximum Date Minimum
Juin 19 26°,9 14 2°,7
Juillet 26 28°,3 21 5°,5
Août 23 23°,8 20 2*,2
Septembre 12 20°,5 28 5°,5
Octobre 2 7°,7 31 m — 2i°,4
Premierb glaçons sur le Yukon : 23 Octobre
Mois Date Maximum DaU Minimum
Novembre 6 — 0°,2 18 — 37°,5
Décembre 16 — 7*,7 31 — 47«,7
Derniers steamers du Haut Yukon le 8 Novembre
Prise des glaces sur le Yukon le 12 Novembre
Première poste arrivée par traîneaux le 18 Novembre
Mois Date Maximum Date Minimum
Janvier 28 — 7°,2 8 — 46°,9
Février 24 — 3d,3 2 — 43°,8
Mars 29 — 5° 14 — 42°,2
Avril 30 10°,5 10 — 24°,4
Mai 25 22°,2 1 — 55°,5
Débâcle le 11 Mai à 8 heures 45 du matin Premier bateau du Haut Yukon le 18 Mai à 5 heures 10 du matin
Pour les environs immédiats de Nertchmsk, dans lesquels se trouve le placer Malamasky, au sujet duquel j'ai entrepris cette étude du gel profond, le rapport des jours froids aux jours chauds est de 200 à 165, ce dernier chiffre s'appliquant aux jours dont la température a été égale ou supérieure à zéro degré centigrade.
Pour représenter graphiquement cette différence (fig. 151), il suffit de porter sur Taxe des x les jours de Tannée en prenant pour origine la date où la température moyenne a été de0°et de porter sur les y les températures moyennes correspondante chacun des jours de Tannée.
On se rend compte immédiatement de Timportance et de la forme de Taire négative Â" disponible pour l'accroissement du gel, en admettant, dans une première approximation, que les aires A et A' se contrebalancent, c'est-à-dire que le sol se gèle et se dégèle d'une manière identique comme rapidité.
Le même graphique montre immédiatement que la majeure partie de Taire froide est formée par des calories négatives à intensité élevée, inférieures à — 20° par exemple. Or, sans entrer dans une analyse mathématique du phénomène, il est facile de comprendre que l'action de ces calories A" est incomparablement plus grande que celle des calories positives de A sur les couches profondes du sol. La conductibilité du sol gelé, quelle qu'elle soit, étant en raison directe de la différence de température qui existe entre celle 6 du
corps à refroidir — dans l'espèce de terrain non congelé encore — et celle 6' du milieu refroidissant, air, ou plus exactement rayonnement diurne et surtout nocturne dans l'espace, phénomène qui est d'une remarquable intensité, en Sibérie Orientale, pendant les claires et longues nuits d'hiver.
Ces considérations théoriques ont leur importance ; elles expliquent les anomalies, qui paraissent parfois extraordinaires, que Ton cons-
Graphiquc de la température moyenne annuelle à Nertchinsk (-2°7)
Oialeurmaxima
Juillet,
Octobre
janvier
3r Maximum du froid
Fio. loi.
tate dans la façon dont certains terrains se gèlent tout en conservant des parties non solidifiées, même pendant les froids les plus rigoureux. Par exemple, un terrain recouvert d'un tissu végétal épais et mauvais conducteur de la chaleur — et par conséquent aussi du froid — comme la tourbe, est un obstacle considérable pour le gel profond. Ce tissu est, au contraire perméable pour les eaux relativement chaudes, superficielles, de l'été, et, dans ces conditions, l'action du gel profond peut être complètement modifiée. La présence d'une couche de neige au-dessus de la tourbe, formant un nouveau manteau protecteur, peut permettre aussi à certaines réactions chimiques, notamment à la putréfaction des racines des
plantes, d'entretenir une source de chaleur locale suffisante pour s'opposer à la congélation.
En fait, la pratique confirme pleinement ces considérations; les terrains marécageux et tourbeux sont ceux qui donnent lieu le plus fréquemment, dans le creusement des puits de recherches, à des venues d'eau relativement tièdes, qui arrêtent le travail et qui ne se congèlent pas, même par les froids les plus intenses.
C'est surtout, je lai dit plus haut, par le rayonnement nocturne, si intense dans les nuits claires et calmes des pays arctiques, que s'opère le gel profond. Tous les patineurs connaissent j'influence des nuits claires sur la dureté de la couche glacée. C'est là une donnée si familière aux mineurs sibériens que, dès le mois de Septembre, ils ne manquent pas de recouvrir chaque soir, d'une couche de paille, les tailles mises à nu et dégelées dans la journée, afin de ne pas perdre le bénéfice du réchauffement diurne. Dans le même ordre d'idées, tout ce qui peut tendre à augmenter l'absorption des calories positives par le sol exercera une action favorable. On connaît l'efficacité des surfaces noires et mates pour l'absorption des rayons calorifiques ; les sols foncés sont plus chauds, moins gelés et surtout plus facilement dégelés que les sols clairs, tous les agriculteurs le savent. Le mineur sibérien obéit à la même préoccupation, en répandant de la tourbe noire pulvérisée sur le sol qu'il veut dégeler. Cette recette donne de bons résultats.
En résumé, le gel profond des sols sibériens est un phénomène purement climatérique, qui s'explique quand on examine de près les actions auxquelles le sol se trouve exposé.
Cette étude démontre que le gel profond dépend des circonstances sur lesquelles la volonté humaine et l'art de l'ingénieur n'ont aucune action, et que le dégel des alluvions ne peut être obtenu qu'en combattant l'effet et non la cause. Les palliatifs cidessus énumérés, lit de paille, de tourbe, etc., n'ont pour résultat que de prolonger pendant quelques jours la campagne d'automne; mais même dans ces limites, ce sont, des adjuvants à ne pas dédaigner qui ont leur mérite réel, et, en première ligne, celui d'être peu coûteux et d'une application facile.
Conductibilité du sol. — Les expériences sur la conductibilité du sol pour le froid n'ont, à ma connaissance, fait l'objet
d'aucune étude sérieuse jusqu'à ces dernières années. La découverte du procédé Pœtsch pour le fonçage au moyen de la congélation des puits d'extraction à travers des niveaux aquifères, a attiré l'attention sur ce point, et, grâce au nombre de plus en plus grand des puits exécutés par cet élégant procédé, on commence à être bien fixé sur les principes qui régissent la matière.
On sait par exemple que les terrains argileux sont plus difficiles à congeler que les sables ou graviers; qu'une distance de 0m,70 entre les sondes froides est suffisante, môme dans les cas lés plus défavorables, pour .obtenir une congélation complète et travailler avec sécurité à l'intérieur de l'anneau gelé; que la rapidité de la congélation est singulièrement favorisée par l'abaissement du degré thermométrique du liquide circulant (dissolution de chlorure de calcium ou de magnésium) dans les sondes, ainsi que l'exigent les lois de la diffusion thermique, etc.
On a à résoudre, pour le dégel des terrains, une question exactement inverse, sauf cependant que, dans ce dernier problème, si l'on veut en chercher la solution pendant la saison des travaux d'été, l'action de l'atmosphère avoisinant les surfaces à dégeler travaille en faveur du dégel, tandis que, dans le procédé Poetsch, il faut constamment lutter contre Finfluence réchauffante, et, partant, nuisible, du terrain qui environne l'anneau artificiel de glace qui protège le fonçage.
En fait, la question du dégelage des alluvions aurifères est encore très peu connue. On ne possède que des données empiriques.
Quantité de glace contenue dans les sables. — La première question était de savoir quelle est la quantité de glace existant réellement dans une alluvion gelée, dure, résistant au pic à peu près h la façon d'un tuf bien cimenté.
Pour répondre à cette demande, au sujet de laquelle personne ne pouvait me fixer d'une façon môme approximative, j'ai fait moimême des expériences directes sur les alluvions gelées du grand découvert de la Machine n° 2 du Placer Malamalsky. Bien que le temps m'ait fait défaut pour répéter ces expériences sur un grand nombre de points et en tirer des conclusions pratiques, je tiens à faire connaître les chiffres que j'ai obtenus.
l'IiNDCSTRIE AURIFÈRE
Voici les résultats donnés par ces essais*:
NUMÉRO des
UBAlt
POIDS b'ALLUVION GELÉE ESSAYÉE
TENEUR
EX OLACC
mct (gelé)