‹ L'Industrie aurifèreChapitre 129 sur 241 · TARI · texte numérisé non relu

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L'essai I a été pris dans une des tailles inférieures, au sein d'une alluvion argilo-sableuse moyennement résistante au pic.

Le numéro 11 provient d'une des tailles supérieures dans un endroit considéré comme très glacé et plus dur que le numéro 1. Nature du terrain : argileux, avec de gros cailloux. Une ou deux de ces pierres ont été élimées a la main avant de procéder au pesage, de sorte que la teneur en eau trouvée, pour cet échantillon, peut être considérée comme sensiblement supérieure à la réalité.

On voit que des quantités d'eau relativement faibles suffisent pour cimenter et durcir considérablement une alluvion.

Ce phénomène du gel profond se retrouve dans des conditions identiques au Klondyke et dans le Yukon, où il s'explique par les mêmes considérations climatériques que je viens de résumer.

Au point de vue de l'exploitation des alluvions, le gel profond constitue une difficulté extrêmement sérieuse : en effet, un sol gelé n'est exploitable par aucun de nos moyens ordinaires tant qu'il reste dans cet état. Le pic ne produit aucun effet, le terrain se mate> comme le ferait une masse de plomb et ne se détache que par petites parcelles. Les explosifs, dynamite, poudre, etc., provoquent la création d'un petit entonnoir, mais ne créent aucune fissure permettant de débiter ensuite la masse désagrégée. En outre, le percement de trous de mine à travers une alluvion contenant des cailloux de quartz serait fort coiïteux.

On est donc obligé de procéder au dégelage de ces alluvions pour arrivera les extraire ; mais ici se présente une nouvelle difficulté: l'application directe de la chaleur, sous forme de combustible, bois ou charbon allumé contre une paroi glacée, n'a qu'un effet utile très restreint, et de plus, dès que l'alluvion saturée de glace com-

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menée à fondre, elle se transforme en une boue fluide et glacée qui coule sans consistance et provoque des effondrements.

Méthode sibérienne. — C'est pourtant de cette façon que procèdent tes exploitants sibériens. Voici en quoi consiste leur méthode, telle que je l'ai vu appliquer au placer Malamalsky, en Transbaïkalie.

On se trouve, sur ce placer, qui appartient au Cabinet de Sa Majesté, en présence d'une alluvion profonde, recouverte par une épaisseur de 18 mèlres de stérile, ce qui conduit à travailler souterrainement pour ne pas déplacer tout cet énorme cube de morlster raina.

Fig. 152. — Fonrage d'un puits par le feu.

La couche alluvionnaire aurifère a elle-même une puissance de im,70 et uae teneur moyenne de 1 zolotnik 26 dolis aux 100 pouds [environ 20 francs d'or au mètre cube).

Méthode d'exploitation. — Les puits, foncés à 50 mèlres les uns des autres, en terrain gelé, avec l'emploi du feu (fig. 152) déjà décrit précédemment sont reliés entre eux, dès qu'ils ont atteint le bed rock, au moyen d'une galerie à demi entaillée dans ce dernier, de laquelle on part pour attaquer à droite et à gauche, toutes les deux sagènes (1 sagène = 2", 13), une recoupe ayant elle-même 2 sagènes de large, qu'on conduit jusqu'à la limite d'exploitabilité du gîte. Entre ces recoupes on enlève encore, de 2 en 2 sagènes, un massif de 2 sagènes de large, de sorte que, une fois cet énorme traçage fini, la mine présente l'aspect représenté à la figure 153.

H reste encore le quart du gîte en place, sous forme de piliers, qu'on enlève en battant en retraite avant de laisser effondrer les travaux.

Tous ces chantiers sont boisés avec un soin extrême. Tous les bois formant parois dans ce vaste damier sont à cadres jointif s et

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composés de rondins ayant au minimum 15 centimètres au petit bout. Dans les galeries et dans les recoupes, un deuxième boisage, avec longrines supportant les cadres, est ajouté au premier, comme

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l'indiquent les diverses coupes de la figure 153. Ce luxe de boisage est nécessité par le poids considérable qu'il a à soutenir depuis le moment où on commence à préparer un quartier jusqu'à l'époque de son abandon après . dépilage complet, c'est-à-dire en général pendant une durée de trois années. C'est là le défaut capital de cette méthode, employée pourtant universellement en Sibérie dans les cas analogues.

Abatage. — Voici maintenant comment s'exécute le travail : on met à nu l'avancement en enlevant les demi-rondins qui le garnissent, et on amasse duJbois au pied du front de taille. On y met le feu et on le couvre d'une couche de charbon de bois, afin de concentrer le plus possible au bas de la taille la chaleur qui a toujours tendance à monter. Quand les travaux battent leur plein, en hiver, et qu'il y a beaucoup de chantiers en cours de dégelage, il fait si chaud dans la mine que les ouvriers y travaillent nus, bien que la température atteigne à l'extérieur 30 à 40° au-dessous de zéro.

Emploi du feu. — La formule empirique est la suivante : toute épaisseur de 1 pouce de bois de chauffage appliquée ainsi au pied de l'alluvion dégèle une 'épaisseur égale de sables aurifères. Néanmoins cette action ne dépasse pas de 1 1/2 à 2 tchetverts (35 centimètres) au maximum; on arrête alors le feu et on enlève facilement au pic ce qui s'est dégelé. Il s'est alors,, en général, formé une cloche au-dessus de l'avancement. On pose alors deux ou trois nouveaux cadres jointifs A, A', A", et on recommence une nouvelle application du feu.

11 reste donc du vide au-dessus des cadres. Ces vides forment cloche montante dans l'alluvion supérieure et, la chaleur de la mine aidant, occasionnent des coups de bélier inattendus que les mineurs redoutent beaucoup et qui sont susceptibles de briser les plus forts boisages. Quant à remblayer ces cloches, on voit, par la façon même dont s'exécute le travail, que c'est une opération impossible.

Les cadres A, A', A", etc., sont posés avec une légère pente afin de faciliter leur adhérence avec les précédents. Ceci n'a pas d'inconvénient dans les travaux souterrains par puits, parce que la poussée de ces cadres est conlreventée par le restant des travaux souterrains; mais il n'en est pas de même lorsqu'on pénètre dans l'alluvion depuis le jour, par galerie de niveau. Dans ce cas,

si on n'a pas la précaution de contreventer solidement, l'ensemble des travaux s'effondre irrésistiblement. J'en ai vu un exemple.

Prix de revient. — Avec ce procédé on ne peut exploiter que des alluvions ayant au moins 1*,50 de puissance et une teneur de 1 zolotnik au minimum. Il faut aussi que le bois revienne à un prix très bas. Ces diverses obligations en limitent l'emploi h des castrés restreints et à des alluvions très riches.

Jamais les exploitations du Klondyke et du Yukon n'auraient pris un essor comparable à celui qu'elles ont déjà atteint, si d'autres procédés d'exploitation n'avaient pas été découverts.

Méthode américaine. — Historique. — La présence de l'or dans Y Alaska et dans les territoires adjacents du Nord-Ouest Canadien a été reconnue dès 1860 sur les rivières Fraser et Thompson et, en 1861, sur le Skitine ; mais les premières productions importantes se manifestèrent au moment du « rush » du district d« Cassiar au Nord de la Colombie Britannique au début de l'année 1870. On découvrit ensuite en 1880 les régions du Taku et du Silver Basiqely peu après, les prospecteurs poussèrent des pointes jusqu'au Lewes, au Stewart et autres rivières. On découvrit ainsi quantité de terrains qui, sous des cieuxplus cléments, auraient été considérés comme des fortunes, mais dont le jour n'était pas venu encore.

En 1886, on découvrit l'or dans la crique Forty Mi/es, cours d'eau qui se jette dans le Yukon et qui coule en partie sur le territoire de V Alaska et en partie sur celui du Canada. C'est de cette époque que date le premier grand exode, le premier « rush » de la région du Yukon.

Le 17 Août 1896 marqua la découverte des placers fameux dits du Klondyke. Une véritable émigration de mineurs en fut la conséquence immédiate, et on n'a pas oublié les ravages que causèrent le froid et le manque de vivres sur. cette population transplantée sans ressources dans ces s ditudes glacées. En 1899, il y avait 40.000 personnes campées sur les rives du Yukon, près de l'embouchure du Klondyke, sur l'emplacement où s'élève aujourd'hui la ville de Dawson ( Voir la photogravure de la page 11).

Tous ces efforts sont aujourd'hui h peu près tassés, et des opérations plus systématiques peuvent être entreprises avec succès.

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