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ÉCHANTILLONNAGE D'UNE MINE D'OR

cubage du minerai qu'elles ont ainsi mis en vue. La règle des gens prudents est, en effet, de ne décider l'érection du moulin qu'après qu'on a mis en évidence dans le gîte une quantité de minerai suffisante pour assurer pendant une durée de deux années au moins la marche à pleine capacité de l'usine qu'il s'agit de construire. On considère à juste titre que c'est là un minimum de début, à condition, bien entendu, qu'on ne s'en tienne pas là en fait de travaux préparatoires et qu'on continue, une fois l'exploitation commencée, à tracer de nouveaux étages en direction ou en profondeur suivant les indications qu'ont procurées les premiers travaux de recherches, de façon à ne jamais perdre cette avance. Elle reste alors comme une garantie de sécurité, aussi bien pour la Direction de la mine que pour les actionnaires, destinée à parer aux accidents toujours à craindre dans une exploitation minière et aussi, à permettre d'exécuter des travaux de longue haleine, tels que percements de galeries d'écoulement, approfondissement d'un puits d'extraction, etc., qui demandent souvent plusieurs années pour être menés à bien.

Échantillonnage d'une mine d'or. — Le cubage et l'échantillonnage d'une mine d or constituent des opérations délicates et sur lesquelles les ingénieurs les plus compétents peuvent parfois différer considérablement d'avis. Il s'agit en effet d'apprécier la teneur moyenne, d'opérer, en réalité, un échantillonnage général portant sur des quantités considérables de matières, lesquelles ont presque toujours des teneurs très variables et d'arriver à donner un chiffre qui ne puisse en aucun cas être inférieur à celui qui sera réellement obtenu par l'exploitation de la masse ainsi estimée.

Le problème est d'autant plus difficile qu'on ne peut reconnaître les quantités de minerai mis en évidence que le long des galeries au moyen desquelles on a préalablement découpé un certain nombre de « blocs », c'est-à-dire des portions du gîte reconnues ainsi sur deux, trois ou quatre faces par des galeries horizontales et des cheminées de communication ; mais, comme il est impossible de pénétrer dans l'épaisseur de ces blocs et de reconnaître quelle est la variation probable de richesses dans l'épaisseur de ces masses en place, il n'y a en réalité, pour être absolument certain de la teneur, qu'un seul moyen possible, c'est d'exploiter le minerai, ce qui revient à répondre à la question par la question.

La difficulté d'appréciation augmente encore lorsqu'il s'agit d'estimer, ce qu'il est raisonnable d'attendre du minerai, situé audessous du niveau le plus profond ouvert dans la mine à l'époque où se fait le cubage ainsi que l'échantillonnage. On entre alors dans un domaine où les inconnues augmentent encore, et où l'on n'a pour apprécier ce qu'on appelle le tempérament de la mine, c'està-dire la loi plus ou moins empirique, qu'on a pu reconnaître dans les traçages, que les connaissances acquises par l'ouverture de niveaux supérieurs. Ces travaux ont aboutit, en général, à faire reconnaître une série de colonnes riches, verticales ou ineli/ucs, séparées par des intervalles plus pauvres ou môme stériles, qu'on commence par défalquer du cubage probable en profondeur.

Ces considérations prennent plus d'importance encore quand il s'agit non pas seulement de faire un cubage eu vue de décider l'installation d'un moulin ; mais, quand ilest question de vrr.dn !a mine ou au contraire d'en devenir acquéreur. Les conditions ordinaires de ces genres de contrats consistent :

1° À spécifier un paiement en espèces représentant le b&uTice à attendre de la réalisation du stock découpé.

2° À recevoir ou k payer, en titres, une participation en papier, fixée en général aux environs du tiers de la valeur totale dp r affaire et qui représente la part de bénéfice restant aux premiers propriétaires. On voit d'après ce qui précède que, suivant la position de vendeur ou d'acheteur, on peut différer considérablement dans l'application des coefficients de sécurité que tout homme prudent doit apporter dans le cubage géométrique du minerai découpe dans une mine. Autant il est facile de s'accorder sur ce chiffre théorique, autant on peut différer, de bonne foi, sur le coefficient de réduction à lui appliquer.

Définition du minerai en vue (Ore in sight). — Cette question du minerai découpé [ore in sight) a été très sérieusement discutée dans ces derniers temps aux Etats-Unis, et on cherche — avec juste raison à mon avis — à établir une règle précise pour la claire définition du cube découpé dans une mine.

On sait que la plupart des Rapports de mines, rédigés par les Anglais ou les Américains, sont établis sur des bases tout à fait différentes de celles que nous adoptons en France. D'abord, l'art de la forme

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n'existe pas pour eux; les considérations géologiques se réduisent au minimum indispensable pour faire comprendre le mode de gisement du minerai, pas davantage. Aller au delà ne serait d'abord

Kiu. tlO. — Une prise d'échantillon.

pas, en général, de la compétence du rédacteur du Rapport et serait en outre considéré comme sortant de son domaine.

Rien n'est plus typique, a. ce point de vue, que l'examen d'un des carnets-modelés de Rapport de mines, qui se vendent dans toutes les librairies des Etats-Unis. On lit par exemple dans le Report J'nok for ''initirj Tl:\ji::.'n-s, p;:- f,h:ii-î(>în:i, à !,i paji1 ?i, r.';crvi':c Ci la «éolosNi1, l.-'S i:id:L-.i:i )is s::ivar.( 3 ù r.Minlir :

« Laroche du toit du filon numéro est du

« La roche du mur est du

« On rencontre des dykes (intrusions) de

« La contrée environnante est composée de. . . Elle est arrosée par . . . criques, affluents de la rivière »

L'étude géologique est finie.

Il y a, toujours d'après le même carnet, neuf points à fixer dans un Rapport de Mine :

1° Minerai découpé, sa valeur totale ;

2° Pertes dans le traitement ;

3° Coût des installations, des chemins, etc. ;

4° Coût des développements de la mine ;

5° Prix de revient, abatage, traitement, frais généraux, redevances et transports ;

G0 Temps nécessaire pour développer la Mine; durée de l'exploitation ;

7° Temps nécessaire pour mettre la mine en exploitation normale.

8° Coût de la constitution de la Société;

9° Valeur des installations après exhaustion de la mine (amortissement à onze ans).

L'ingénieur, après avoir rempli le carnet, le signe, touche ses honoraires et considère son œuvre comme terminée.

Ces données, enfilées ainsi dans un ordre quelconque, ont au moins le mérite d'être nettes et de permettre aux intéressés d'en tirer des conclusions, tandis que les ingénieurs d'autres nationalités ont trop souvent le défaut de ne pas conclure ou bien entourent leurs conclusions de réserves tellement multiples, pour couvrir leur responsabilité, qu'elles ne permettent plus de servir de base à une décision ferme.

Je donne, comme exemple de cubage de minerai découpé, trois plans détaillés que j'emprunte l'un à un article paru dans Y Engineering and Mining Journal sur cette importante question de l'estimation du minerai en vue dans une mine de teneur médiocre. Le second est, d'après M. de Launay, un exemple d'échantillonnage d'une mine d'or de teneur moyenne au Transvaal ; enfin le dernier schéma est une estimation faite par moi-môme sur un des filons de la mine d'Adieu Vat, en Guyane française, filon de faible puissance, mais extrêmement riche (fig. 171, 172 et 173).

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