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FILONS

GÉNÉRALITÉS SUR LES FILONS AURIFÈRES

Nous allons aborder maintenant les méthodes qui s'adressent, non plus à l'or libre dans des gisements secondaires, comme c'est le cas pour l'exploitation des placers, mais dans son état normal, c'est-à-dire contenu dans l'écorce terrestre sous forme de filons, d'amas ou même de roches aurifères en masse. C'est un genre d'industrie tout à fait différent de celui que nous avons décrit jusqu'ici, et les méthodes d'extraction sont aussi beaucoup plus nombreuses et variées, vu qu'il s'agit de traiter des minerais présentant des compositions et des associations de minéraux très variables et qui ne se comportent pas de la même façon dans les réactions chimiques qu'on leur applique.

Aussi, tandis que, dans l'exploitation des placers, on ne s'adresse qu'à un petit nombre de moyens pour arriver à la séparation de l'or et que tous ces procédés, sauf l'amalgamation, sont des moyens purement physiques, nous serons, au contraire, dans l'exploitation filonienne, obligés de recourir non seulement aux propriétés physiques du métal précieux qu'il s'agit d'extraire, mais aussi, et c'est là le grand pas qui a été récemment accompli, aux propriétés chimiques de dissolution par des liquides appropriés ce qui entraîne une foule de réactions parfois très complexes, dont on trouvera plus loin une étude détaillée.

Je ne puis, étant donné le but de cet ouvrage, entrer dans des considérations géologiques relatives à la formation des gisements aurifères ni, a fortiori, discuter sur leur origine. J'ai déjà développé dans la première partie de ce livre un certain nombre d'idées générales à ce sujet et je n'y reviendrai pas ici. Je mebor-

lierai seulement à rappeler que les gîtes aurifères en place présentent presque tous cette particularité de contenir aux affleurements et jusqu'à une certaine profondeur au-dessous de la surface de l'or à l'état libre. Cette partie oxydée des gîtes donne ce que les Anglais appellent les « free milling ores », c'est-à-dire des minerais dans lesquels l'or, dégagé des combinaisons ou associations qui sont de nature à gôner l'amalgamation, ne demande qu'à être mis en liberté par un broyage suffisamment fin pour que toutes les particules métalliques venant au contact du mercure ou des plaques amalgamées, soient retenues par cet amalgame. C'est le premier stade du traitement auquel correspond, comme type classique d'appareil à employer, le moulin californien ordinaire qui a été, on peut le dire, créé et amené à un tel degré de perfectionnement qui ne laisse plus guère place qu'à des améliorations d'un ordre tout à fait secondaire.

A partir d'une certaine profondeur, qui dépend des circonstances locales, les minerais aurifères changent de composition dans l'immense majorité des cas et on voit alors apparaître des combinaisons complexes : sulfures, arséniures, tellures, dans lesquelles l'or se trouve souvent en aussi grande quantité que dans les minerais de surface, mais sous une forme où il n'est plus que partiellement amalgamable. C'est alors qu'interviennent les méthodes nouvelles qui ont amené une révolution complète dans les procédés des traitement de Ininerais aurifères et qui, après les tâtonnements du début, sont devenues maintenant suffisamment classiques pour que leurs traits généraux puissent être fixés d'une façon définitive.

Classification des minerais. — En principe, nous diviserons donc les minerais aurifères en deux catégories :

1° Les minerais contenant de l'or à l'état libre [free milling ores)\

2° Les minerais à or combiné (refractory ores, rebellions ores, combiner! gold, etc.)\ le terme d'or combiné est un terme impropre, car il parait bien certain que, dans la plupart des cas, l'or se trouve à l'état de mélange et non de combinaison, notamment dans les pyrites aurifères, si fréquentes dans les minerais dont nous nous occupons.

A ces deux classes de minerais correspondent deux genres de traitements bien distincts que je vais décrire. Mais avant d'entrer

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dans le détail de cette question, je dirai d'abord quelques mots des recherches filoniennes, de même que j'ai décrit, avec soin, les méthodes de prospection des placers avant d'aborder la description des procédés d'exploitation de l'or alluvionnaire.

Il est indispensable en effet de pouvoir trouver dans un ouvrage comme celui-ci des indications un peu précises sur la recherche des gisements aurifères. Traiter cette question n'est pas en réalité sortir du cadre que je me suis proposé, car, pour une mine d'or plus que pour toute autre, il importe de procéder à la reconnaissance détaillée du gisement avant d'y installer les appareils de traitement pour les minerais qu'on compte extraire.

Je ne saurais trop insister sur ce point capital.

Innombrables sont les affaires, dans lesquelles on a construit des moulins complets et dépensé tout le capital effectif à ces installations, avant do s'être rendu compte de l'existence en quantité suffisante de minerai payant dans la mine. Cetle erreur s'explique par l'état d'emballement que cause sur l'esprit des actionnaires la découverte de quartz aurifères à teneurs élevées, et par le désir d'arriver au plus vite au moment où on sera en mesure de recueillir le métal précieux, ce qui empêche d'apprécier avec sang-froid les circonstances défavorables qui peuvent se présenter. Cumenge et Fuchs ont parfaitement décrit cet état d'esprit des exploitants :

« S'il est juste de dire qu'aux Etats-Unis on s'abstient de procé- « der prématurément à des installations coûteuses et si, à l'inverse « de ce qui se passe trop souvent dans les entreprises dirigées par « une administration européenne, on réduit au strict nécessaire « l'installation des bureaux et d'autres dépendances, il n'est pas « moins vrai que, dans ce pays même, on a une tendance générale « à construire tout d'abord le moulin, quitte à développer ultérieu- « rement la mine.

« Le fait qu'il existe aux Etats-Unis, principalement à Chicago « et à San- Francisco, de grands établissements de construction de « matériel de mines et d'usines, toujours prêts à fournir, à bref « délai, des usines de traitement métallurgique et à les livrera prix « fixe, favorise singulièrement cette tendance dangereuse.

« Trop souvent il arrive alors que le filon ne répond pas aux « espérances que l'on avait conçues, et, comme, d'autre part, il « faut toujours un temps assez long pour ouvrir une mine et la

« développer, les capitaux viennent à manquer. Aussi un nombre « considérable de moulins restent-ils sans emploi. Il faut avoir « parcouru les régions minières des Etats-Unis pour se faire une « idée de la quantité extraordinaire de moulins à or et à argent « qui restent ainsi à l'abandon dans les solitudes du Far-West. »

Des recherches. — Les travaux de recherches dans les filons et gîtes aurifères sont en général conduits au moyen de puits et de galeries qu'on dirige de façon à mettre en évidence, le plus économiquement possible, un cube de minerai suffisant pour autoriser l'installation d'une usine de traitement. On cherche aussi à disposer ces travaux de façon à. ce qu'ils puissent servir à l'exploitation du gisement quand on entre dans cette deuxième phase de l'existence d'une mine d'or. Il convient, dans ces recherches, d'utiliser un matériel bien approprié à ce genre de travaux et qui soit facilement transportable, car on opère en général dans des pays neufs encore dépourvus de moyens de communication. Il est d'autant plus nécessaire d'avoir un matériel portatif et interchangeable qu'on est fréquemment appelé à changer les points d'attaque, à ouvrir successivement une série de puits avec le même matériel, et c'est alors que les treuils et chevalements métalliques démontables en petits éléments peuvent rendre d'éminents services.

On peut aussi opérer par sondages, à la tige ou à diamant, surtout lorsqu'on a affaire à des gisements aurifères déposés suivant une loi géologique bien connue : par exemple dans les gîtes dits bankets, si populaires au Transvaal, ainsi que dans les gisements interstratiGéa, d éveloppés dans les anticlinaux en forme de selles, si caractéristiques, dans la région de Bendigo (Australie); les sondages au diamant y ont rendu et y rendront encore d'inappréciables services. On sait que, par cette méthode, on obtient une série de témoins qui reproduisent fidèlement l'épaisseur, la nature et la pente des terrains aurifères, de sorte que c'est sur un véritable échantillon, solide, du minerai aurifère, quand la sonde l'a atteint, qu'on peut opérer les essais de teneurs.

Travaux de cubage. — Les recherches ne peuvent être considérées comme complètes que si elles aboutissent à une possibilité de

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