CLASSIFICATION DE LA PULPE
1er pour séparer les slimes des matières ayant des dimensions appréciables, lorsqu'il s'agit d'opérer en grand.
Classificateurs hydrauliques. — On appelle aussi ces appareils des hydroclasseurs. Ils sont fort simples, constitués par une série de cônes renversés, peu coûteux et ne demandent, une fois réglés, aucune surveillance spéciale. Us sont très utiles pour classifier des matières passant au tamis 20 (1 millimètre de côté), car, au-dessous de cette dimension, le tamisage devient difficile; les trous se bouchent avec trop de facilité.
Dans les classificateurs hydrauliques, les sables sont soumis à deux ou à trois forces, suivant que ces appareils sont munis ou non d'un courant d'eau ascensionnel. Il existe donc deux catégories.
Dans les classificateurs appartenant à la première classe, les matières sont entraînées :
1° Horizontalement par le courant d'eau général qui alimente le classificateur;
2° Verticalement, de haut en bas, par l'action de la pesanteur qui fait tomber les matières dans les cases successives; et :
3° Verticalement encore, mais dans un sens ascensionnel, par suite de Faction d'un courant d'eau entrant par la base et gradué convenablement, qui relève une partie des matières qui tombent pour les envoyer dans la case suivante.
Les matières qui résistent à ce mouvement de relèvement coulent par une ouverture placée au bas de chaque case, de telle façon qu'on obtient ainsi une classification approximative par ordre de grosseur des sables plus fins que 1 millimètre ou, plus exactement, par ordre de chute dans l'eau.
C'est le principe sur lequel sont basées toutes les variétés de spitzkaslen, ou caisses pointues, qui se font en bois où en métal avec ou sans courant d'eau ascensionnel et débit réglable à volonté.
M. R.-R. Richards a fait une étude très complète de ces appareils, et il a démontré, par dés vues photographiques du phénomène, qu'il y avait toujours, môme dans le premier compartiment, un certain mélange de matières fines avec les produits les plus gros retenus dans cette partie de l'appareil. Rittinger et Linkenbach, en Europe, avaient déjà fixé les principes et les dimensions des caisses successives. La formule de Rittinger était pour les dimensions des
divers compartiments, en prenant pour base un écoulement de 100 litres de slimes par minute :
N* d« la. caisse Largeur en millimètres Longueur en mètres
1M caisse 100 1 ,896
2me caisse 200 2.845
3™ caisse 400 3.793
4™ caisse 800 4.741
et ainsi de suite, les largeurs sf accroissant en progression géométrique et les longueurs en progression arithmétique. Pour une quantité double de slimes à passer par minute, il faut doubler la largeur, en conservant la longueur constante.
La formule de Linkenbacb conduit à des résultats un peu différents. La voici telle qu'il Ta établie en 1887 :
N* de la caisse Largeur en millimètres Longueur eu mètres
lre caisse
2me caisse
3me caisse
4me caisse
toujours pour chaque quantité de 100 litres par minute.
L'angle minimum des côtés de la pyramide renversée était dans ces essais, de 58° sur l'horizontale.
On admettait que le courant restait confiné à la surface et que le liquide ne descendait pas à l'intérieur de la caisse, mais les expériences de M. Richards ont démontré qu'il n'en était rien et qu'il se produisait des courants secondaires, surtout si les matières entraient en vitesse dans la caisse ou y arrivaient en trop grande quantité. On améliore cet état de choses en admettant le courant ascendant d'eau, de façon à balancer hydrauliquement le mouvement des matières et à repousser les fines au dehors ; mais ce réglage est assez délicat. En principe, la quantité d'eau à ajouter ainsi doit être presque égale, quoique légèrement inférieure au débit de Pajutage par lequel s'échappent les matières classées par chaque pointe.
La figure 226, montre l'ensemble d'un classificateur à trois pointes en tôle, muni de ses tubulures, réglables par des robinets, pour l'alimentation d'eau claire et de ses valves de décharge manœuvrées au moyen de volants à main, aboutissant au-dessus de l'appareil.