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CLASSIFICATION DE LA PULPE

Où peut, si on veut, augmenter le nombre des pointes, chacune desservant, en général, un concentrateur réglé pour la dimension qu'a séparée le compartiment correspondant du spitzkasten.

A la suite des classificateurs à courant ascensionnel, on place une série de caisses de dépôt des fines, qui n'ont plus pour objet une classification proprement dite, mais une concentration des matières sous un volume moins encombrant, en vue de leur traitement ultérieur par cyanuration, si elles en valent la peine. En tout cas, ces caisses permettent de clarifier l'eau et de la faire resservir, ce qui est indispensable dans le pays où elle est rare et chère.

D'après M. Richards, on peut améliorer notablement les conditions de travail des classificateurs hydrauliques, quel que soit leur système, en séparant du reste de la boîte le courant superficiel, qui va de l'entrée à la sortie, par une tôle perforée ou un grillage placé horizontalement près de la surface du plan deau. Ce grillage laisse passer les produits qui doivent gagner le fond, mais il s'oppose à l'entraînement, par des courants perturbateurs, des fines dans le fond ile l'appareil.

Nûus avons à présent passé en revue tous les appareils qui sont au8Cfc|)tibles d'être utilisés dans un moulin à or traitant des mineraU à or libre. 11 reste à examiner la façon de s'en servir, en dontlant une description de l'organisation du travail dans un moulin de ce genre, en la complétant par le traitement de l'amalgame depuis le moment où il est retiré des appareils jusqu'à celui où il est transformé en lingots de métal fin à envoyer à la Banque.

Supposons l'emplacement choisi conformément aux indications exposées page 480. 11 s'agit de déterminer l'importance du moulin, c'est-k-dire le nombre des tôtes de pilons à monter.

Naturellement ce chiffre est fonction de la quantité de minerai découpée dans le gisement dont il s'agit de tirer parti. J'ai déjà tellement insisté sur la nécessité de ne décider l'érection d'un moulin à or que lorsqu'on a, en minerai découpé sur trois faces , un tonnage suffisant pour alimenter, en pleine marche, tusine projetée

pendant au moins deux ans, que je me dispenserai d'insister à nouveau sur ce point.

Ceci dit, il y aura avantage, à tous les points de vue, à établir un moulin aussi important que possible. Les dépenses de main-d'œuvre, qui sont prépondérantes dans le coût du traitement (Voir p. 875), sont loin d'être proportionnelles à la capacité du moulin : ainsi le personnel nécessaire pour le fonctionnement d'un moulin de 10 pilons, est à peu près suffisant pour celui d'un moulin double. D'autre part, l'installation et la production de la force motrice sont d'autant moins coûteuses par cheval utilisé que le travail à développer est plus considérable.

En un mot, l'importance d'un moulin ne doit avoir pour limite que la possibilité de son alimentation régulière.

Un moulin de 20 pilons peut être considéré comme le type minimum des moulins qu'on a généralement à construire. Nous le prendrons donc comme exemple.

Alimentation d'eau. — Si le terrain ne ^e prête pas à l'arrivée naturelle de l'eau, il faut prévoir l'installation d'une pompe élevant l'eau dans un réservoir ou château d'eau placé en contrehaut de l'usine, d'où partiront les tuyautages aboutissant aux chaudières, aux pilons et aux concentrateurs.

Il faut prévoir largement, pour ne pas être à court, 10 litres par tête de pilon et par minute, soit pour 20 pilons 200 litres.

50 litres par concentrateur soit pour 2 appareils 100 litres, plus les machines, les classificateurs hydrauliques, etc., ensemble 350 à 400 litres par minute sont à prévoir pour ce service.

Poids des pilons. — On se tient à présent dans les environs de 400 à 450 kilogrammes par tête de pilon pour des minerais moyennement durs. Les pilons à vitesse accélérée ne sont pas à recommander, c'est trop compliqué ; il vaut mieux chercher l'accroissement de rendement dans l'emploi de tube-mills. Le nombre de coups ne dépassera pas, par conséquent, 90 à la minute, avec une levée de 17 centimètres.

Concasseur. — On mettra le concasseur sur le sol et, si le terrain de l'usine est en plaine, on relèvera les produits concassés au

moyen d'un élévateur à godets jusqu'au niveau de chargement des trémies. Un transporteur à courroie, genre Robins, ou, mieux, un transporteur à secousses Anker, avec ressorts en bois, plus facile à régler, enverra les matières dans Tune et l'autre des trémies de chargement (fig. 227 et 23i).

Il faut avoir le soin d'installer la grille de décharge du minerai venant de la mine, de façon à ce qu'il se crible automatiquement avant de se présenter à la mâchoire du concasseur, afin de ne pas faire passer dans ce dernier des matières fines ayant atteint déjà la grosseur à laquelle on veut alimenter les pilons.

Ces matières se réuniront avec les produits du concassage, de façon que l'élévateur les remonte toutes ensemble.

La main de l'ouvrier ne doit intervenir que pour alimenter le concasseur ; toutes les autres manœuvres, sans exception, doivent être automatiques.

Un Blake, numéro 5, broyant 6 tonnes à l'heure à la grosseur de 35 millimètres, est suffisant. Cet appareil consomme 15 chevaux de force.

Force motrice nécessaire. — En outre du concasseur, dont nous venons de parler, il faut actionner les pilons, h raison de 2 et 1/2 chevaux par tête, soit 50 chevaux, plus deux concentrateurs Wilfley à raison de 1 cheval chaque. Pour la pompe, la force dépend de la hauteur à laquelle il faut relever l'eau, on ne peut donc en donner ici la dépense. C'est à calculer dans chaque cas particulier.

Il faut ajouter 15 0/0 pour les partes dans les transmissions.

Cela fait, en résumé pour une installation de ce genre, une machine motrice d'au moins 80, disons, pour être prudents, 90 chevaux effectifs à prévoir.

Moteurs électriques. — Il y a un avantage considérable à conduire tous ces appareils par des moteurs électriques séparés lorsque cela est possible. On a une souplesse beaucoup plus grande pour disposer les divers appareils à son gré, sans avoir à se préoccuper des transmissions. Aussi ne faut-il pas hésiter à utiliser les forces naturelles hydrauliques toutes les fois qu'on peut en disposer dans un rayon voisin de l'emplacement du moulin. La comparaison

ORGANISATION d'ïJN MOULIN A OR LIBRE 62!

est d'ailleurs facile à faire quand on connaît le prix de revient du combustible, bois ou charbon, dans le pays.

Amalgamation. — Dans le moulin le plus simple de tous, c'està-dire dans celui qui récolte tout l'or à l'état d'amalgame, soit dans le morlier, soit sur les plaques, il faut adopter une grosseur de tamis de décharge assez fine. Le tamis 35 à 40 est au moins nécessaire. Si au contraire, on adopte le broyage en deux opérations, en faisant le finissage au tube-mill, on peut se contenter de mettre, à la décharge des pilons, des tamis ou des plaques perforées numéros 16 ou 20 au plus.

A la suite des quatre tables d'amalgamation, on peut, si il n'y a pas trop de slimes, recevoir la pulpe sur les deux tables Wilfley qui en extraient les concentrés; mais il est préférable de passer d'abord toutes ces matières dans un classificateur hydraulique et de ne traiter sur les Wilfley que des produits déjà débarrassés de leurs slimes. Les concentrés ainsi obtenus auront une valeur très supérieure, et on pourra les vendre, tels quels, aux usines de fusion, formule commode pour un moulin qui débute, puisque cela lui économise tout traitement ultérieur par cyanuration et que son argent lui rentre de suite.

Slimes. — Les slimes des minerais à or libre sont en général très pauvres et ne méritent pas de traitement ultérieur. On peut cependant les faire passer sur une table tournante Linkenbach ou Lenicque, pour en retirer les fines pyrites qui auraient pu échapper aux Wilfley.

Le dispositif-type de transporteur que je viens de décrire est représenté à la figure 227. J'ai supposé qu'on se trouvait en terrain plat, afin de montrer la position à adopter pour le concasseur.

Perte de mercure. — La perte de mercure dans les moulins à or est bien inférieure à celle qui a lieu dans le traitement de l'argent par amalgamation, et cela à cause de la petite quantité de métal employée et de la simplicité relative des opérations. Elle ne dépasse guère le poids de Vor recueilli et le bas prix actuel du mercure rend presque négligeable l'influence de cette perte sur le prix de revient.

l'industrie aurifèhe

Lingots. — La récolte et le nettoyage de l'amalgame ont été déjà décrit à la page 379 ; il reste à indiquer comment s'opère la distillation et la fusion de l'éponge de métal précieux à sa sortie de la cornue.

Cette cornue (fig. 228) est à simple couvercle dans les installations de faible importance. Elle est de forme allongée et susceptible de recevoir un casier mobile en fer, dans lequel on comprime T'amalgame quand on doit opérer sur des quantités plus fortes {fig. 229).

La fusion s'opère dans des creusets de plombagine avec les fondants ordinaires, borax, carbonate de soude et un peu de nitre

Fig. 228. — Petite cornue de distillation de l'amalgame.

pour oxyder les bas métaux. On en trouvera plus loin la formule. Les lingotières doivent être marquées aux initiales de la Compagnie, et chaque lingot, pesé à part, doit, aussitôt après son refroidissement, être entré, avec son poids constaté, sur le livre de production de la mine.

Les déchets de la fusion, c'est-à-dire les scories, les fonds de creusets quand ces derniers sont hors d'usage et même les cendres du four de fusion, ne doivent pas être jetés. On doit les broyer et les passer à la bâtée pour en retirer les grenailles d'or qui s'y rencontrent toujours.

On doit tenir la main à ce que la salle du moulin soit toujours parfaitement propre et qu'il n'y circule personne en dehors du personnel dont il est parlé plus loin. On ne doit aussi graisser qu'à des heures déterminées et veiller à ce qu'on ne mette pas d'huile sur les guides des tiges. Ce graissage doit se faire à la mélasse ou au savon.

Il est aussi très important de n'employer à la récolte (clean-up) que des ouvriers de confiance et toujours les mêmes. Un moulin à or bien conduit et travaillant un minerai uniforme doit, à peu de chose près, donner toujours la même récolte et, s'il y a des différences inexpliquées, il faut veiller au vol, qui en est certainement la cause.

Personnel. — Les moulins travaillent généralement vingtquatre heures par jour, et le personnel se relaie par postes de douze heures. Le poste de jour comprend : un ouvrier amalgamaleur qui surveille exclusivement la marche de la batterie et règle l'alimentation, en minerai, en eau et en mercure. Il entretient les plaques d'amalgamation intérieures et extérieures en bon état de fonctionnement et prend soin du graissage des guides, des cames et des paliers. Un manœuvre alimente le co?icasseur, et, si le réservoir à minerai qui se trouve au-dessous de cet appareil permet un emmagasinage suffisant, on doit pouvoir, dans le seul poste de jour, concasser tout le minerai nécessaire à l'alimentation des batteries pendant les vingt-quatre heures.

Un mécanicien est chargé de la conduite de la chaudière et de la machine ainsi que du graissage du palier de l'arbre principal; il suffit à cette tûche sans l'aide d'aucun chauffeur.

Enfin un manœuvre est généralement nécessaire pour approcher le combustible et aider à différentes manœuvres.

Le poste de nuit peut, au besoin, ne comprendre qu'un amalgamateur et un mécanicien.

Dans un moulin de 20 pilons, le contremaître pourrait, à la rigueur, remplir les fonctions d'amalgamateur pendant le poste de jour; mais comme, en général, ce contremaître doit également surveiller : l'atelier de concentration, l'arrivée du minerai, les prises d'essai, etc., on est obligé de le doubler en plaçant sous ses ordres un ouvrier amalgamateur.

Le personnel d'ouvriers spéciaux que nous venons d'énumérer suffit pour la conduite d'un moulin de 40 pilons ; la seule augmentation nécessaire consiste dans l'adjonction, par vingt-quatre heures, d'un manœuvre pour le second concasseur et d'un second manœuvre pour les travaux auxiliaires.

Lorsque le moulin prend une grande importance, comme cela a lieu dans les Black-Hills (Dakota), aux mines du Treadwell (Alas-

ka),en Australie, au Transvaal, etc., où Ton trouve plusieurs centaines de pilons réunis dans un ou plusieurs moulins, il y a économie à installer des ateliers spéciaux de menuiserie, de forge, d'ajustage et même de fonderie, pour subvenir à tous les besoins d'entretien et de réparation.

Frais de premier établissement* — Le coût du traitement dans les moulins, dont j'ai donné la description dans le corps de cet ouvrage, varie, dans des limites très étendues, suivant les conditions économiques de la localité, l'importance de rétablissement, la régularité de son fonctionnement, la dureté du minerai à traiter et enfin l'état de finesse dans lequel l'or se rencontre dans le minerai .

Le prix de premier établissement du moulin est surtout influencé par les frais de transport de la machinerie et par la difficulté plus ou moins grande de se procurer les bois de construction, tant pour la batterie que pour le bâtiment lui-même.

En Angleterre et en Allemagne, les constructeurs de machines livrent actuellement la machinerie complète d'un moulin d'après tin prix déterminé par flèche; ainsi, pour un moulin de 20 pilons du type que j'ai décrit en détail, l'ensemble de la machinerie, c'est-à-dire les chaudières, la machine à vapeur, les arbres de transmission, les concasse urs, les alimentateurs automatiques et toutes les pièces métalliques de la batterie, y compris même les boulons de charpente, les plaques d'amalgamation, etc., coûtent environ 2.500 francs par flèche, soit 50.000 francs pour le moulin de 20 pilons tout entier rendu franco de port et d'emballage dans un des grands ports d'exportation.

En Allemagne, les constructeurs fournissent des devis plus détaillés qu'en Angleterre, ce qui est plus avantageux au point de vue des pièces de rechange, qu'on est fatalement conduit à demander au constructeur, ce dernier ayant toujours quelque dispositif à lui spécial, ce qui oblige le client à passer, sans défense, par ses mains. 11 est donc bon de faire ses conditions à l'avance au point de vue du prix des pièces de rechange. Les machines motrices et surtout les chaudières dans ces fournitures en bloc, à forfait, sont aussi presque toujours trop faibles. En principe, un moulin bon marché ne fera pas cT usage et on ne s'en apercevra qu'après un an de travail, durée qui dépasse la limite de garantie qu'acceptent d'ordinaire les constructeurs .

Le matériel annexe, les classificateurs et les deux tables Wilfley nécessaires pour concentrer le minerai broyé dans ce moulin coûtent, avec transmission, environ 20.000 francs.

Le poids total de ce matériel s'élevant à 125 tonnes environ, on conçoit que le prix d'achat puisse être plus que doublé si le moulin est établi à une assez grande distance d'un chemin de fer ou d'une voie navigable. Ainsi, un moulin, installé dans le sud du Colorado, à environ 400 kilomètres du terminus du chemin de fer, a payé comme frais <te transport 700 francs par tonne, à savoir : 200 francs de transport par chemin de fer et 500 francs par chariot.

En Guyane les frais du même genre atteignent parfois 1.000 francs par tonne.

La machinerie d'un moulin de 20 pilons, situé en pays d'accès difficile, peut donc revenir, rendue à pied-d'œuvre, à plus de 150.000 francs.

L'appropriation du terrain, l'achat des bois, la construction du bâtiment, les fondations de la machine, la maçonnerie des chaudières, la mise en place de la machine et le montage des appareils , en un mot, toutes les dépenses de construction proprement dites peuvent également s'élever à une somme de 150.000 francs dans les pays où la main-d'œuvre est élevée et le bois assez bon marché.

En résumé, le coût d'établissement d'un moulin de 20 pilons, avec classificateurs et concentrateurs, ne peut guère descendre audessous de 300.000 francs, dans les localités difficiles où se trouvent généralement les mines d'or. Aussi doit-on considérer comme un minimum plus que problématique la formule de 1.000 dollars ou de 5.000 francs par flèche fréquemment donnée, par les constructeurs, comme estimation préventive du prix unitaire des moulins simples, sans appareils de cyanuration.

Coût du traitement. — Le moulin de 20 pilons que nous avons pris pour type peut broyer et concentrer, ainsi qu'il a été dit, 50 tonnes de quartz de dureté moyenne par vingt-quatre heures. Le tableau suivant donne la répartition des frais spéciaux de traitement du quartz dans ce moulin, quand on lui applique, pour fixer les idées, les prix usuels de main-d'œuvre et de matières premières des principaux centres miniers des Etats-Unis.

FRAIS SPÉCIAUX DU TRAITEMENT DES QUARTZ DANS UN MOULIN A OR DE 20 PILONS, AVEC CONCENTRATEURS

désignations diverses

Main-d'œuvre

1 contremaître à 30 f r

2 amalgamateurs, à 20 fr. (1 par poste)

2 mécaniciens chauffeurs, a 22fr,50 (1 par poste).

1 ouvrier au concasseur, 17fr,50

2 ouvriers aux concentrateurs (1 par poste) à 20 fr

1 manœuvre, 17fp,50

Combustible 5 cordes de bois (17 à 18 stères) à 20 fr. la corde.

Fournitures

Mercure (environ 30 kg. pour 4.000 tonnes) à

5 fr. le kilog

Produits chimiques

Graisses et huiles

Eclairage

Quincaillerie

PAR 24 HEURES

POUR 50 T0KHE8

francs

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