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HISTORIQUE DE LA CYANURATION

Historique. — L'application des procédés de cyanuration à l'extraction de l'or des minerais, dans lesquels l'amalgamation est impuissante à résoudre le problème, est une des meilleures preuves à donner des difficultés qu'on rencontre à faire entrer dans le domaine de la grande pratique un procédé dont le principe fondamental était connu depuis longtemps et dont la réussite dépendait de la réalisation sur une vaste échelle de réactions, d'ailleurs fort, complexes, et dont on ne se doutait guère au début de cette nouvelle industrie.

Par contre, aussitôt que la pratique eut sanctionné les premiers résultats, on vit les applications se multiplier avec une rapidité surprenante, à telles enseignes qu'on peut dire aujourd'hui que les autres procédés (sauf peut-être la chloruration, qui paraît réussir mieux dans certains cas particuliers), ont été définitivement remplacés par la cyanuration, qui s'est substituée ainsi à tous les procédés proposés ou expérimentés pour retirer l'or dît combiné de ses associations avec les minéraux rebelles.

C'est en Octobre 1887 que MM. Mac Arthur et Forest, de Glascow, brevetèrent leur procédé de cyanuration, mais ce n'est guère que un an après, à la fin de 1888, qu'ils envoyèrent des expéditions dans différents pays étrangers, notamment au Queensland, en Nouvelle- Zélande, au Transvaal et en Amérique, dans le but d'appliquer ce procédé dans différentes contrées aurifères.

Les premiers résultats, sauf au Transvaal, furent assez décourageants, et cet insuccès relatif tint surtout à ce que les installations furent assez médiocres et ne répondirent pas aux nécessités^ surtout en ce qui concerne la filtrat ion des matières. On employait aussi des dissolutions beaucoup trop concentrées.

C'est à la célèbre mine Robinson au Transvaal, que la réussite extraordinaire du procédé, permettant de réaliser un bénéfice mensuel de 3.000 £ avec une installation qui en avait coûté 3.000, décida toutes les mines du Rand à adopter la nouvelle méthode. Ce simple fait transforma immédiatement un certain nombre d'entre elles en sociétés payant des dividendes, car, il est bon de remarquer, qu'il n'y a guère que six mines du Rand qui seraient en état de distribuer

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des dividendes si on se basait uniquement sur le profit réalisé dans le traitement des minerais, sans tenir compte du bénéfice de la cyanuration; toutes les autres tinrent uniquement leurs profits de cette opération.

On peut dire que la réussite de ce procédé a tenu à ce qu'il a été appliqué par des expéditions qui avaient été bien préparées à l'exécution du programme nouveau et aussi à ce que, pendant que ces installations étaient en train de se faire, on continuait dans la mère patrie, en Ecosse, à étudier les améliorations qui étaient aussitôt appliquées sur les lieux.

C'est surtout dans la question de la précipitation de l'or au moyen du zinc, sous la forme de copeaux finement taillés, que la mise au point a été longue et, comme on le verra plus loin, il y a encore là un champ ouvert à de nouveaux perfectionnements.

L'emploi de solutions diluées jusqu'au point où on les établit en ce moment n'a pas aussi été obtenu dans les débuts. Personne ne pouvait croire qu'il fût possible d'opérer l'extraction complète de l'or avec des solutions contenant moins de 1/4 0/0 de cyanure de potassium.

Recherches au laboratoire. — Un point capital ressort d'abord de toute étude sur la cyanuration, c'est que chaque minerai nécessite* sur un point ou sur un autre, des modifications à la méthode générale de traitement. Il est donc indispensable, quand on .étudie une installation de cyanuration, de commencer par faire des recherches au laboratoire pour fixer les idées à ce sujet. Tous les principaux constructeurs de moulins de cyanuration possèdent des ateliers d'essai, très bien montés, dans lesquels ces opérations s'exécutent à très peu de frais, souvent même gratuitement, lorsqu'une commande suit l'étude préalable et toujours sous la surveillance d'un personnel technique et de chimistes compétents. Il est bon, je crois de dire quelques mots sur la façon dont s'exécutent ces essais puisqu'on est fréquemment appelé à les faire sur place, au moyen d'installations sommaires, ou à en surveiller l'étude chez le constructeur, même après la mise en train de l'usine, de façon à pouvoir contrôler la marche de cette dernière et à modifier celles des opérations qui donnent lieu à des pertes, soit par suite de changements dans la nature dtv minerai, soit pour tout autre cause.

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Étude cTun minerai à cyanurer. — Le simple aspect des mati< res montre d'abord si Ton a affaire à un minerai dur ou friable, oxydé ou pyriteux, gréseux ou argileux, ou s'il contient des traces de cuivre, de fer, de zinc, de plomb ou d'autres métaux, soit sous forme oxydée, soit sous forme de sulfure. Il convient, en tout cas, de faire quelques essais à la bâtée sur le minerai broyé, de façon à reconnaître la présence de l'or libre ou des pyrites, même dans le cas où ces matières ne sont pas visibles à l'œil nu.

Quant à l'essai de cyanu ration proprement dit, voici comment on opère : On prend en général 1 kilogramme de l'échantillon et on l'agite avec une solution de 500 grammes d'eau contenant 0,50 0/0 de eyanuré de potassium et on soumet cette bouteille à une rotation lente pendant environ douze heures. On filtre ensuite la solution et on mesure la consommation de cyanure de potassium, en se servant d'une liqueur titrée de nitrate d'argent, ainsi qu'il sera expliqué plus loin. On lave soigneusement sur un filtre et on évapore à sec la totalité des eaux filtrées. On ajoute de la litharge au résidu et on fait l'essai par voie sèche pour déterminer la quantité d'or se trouvant en dissolution. Le résidu resté sur le filtre est soumis aussi à l'essai d'or ordinaire par la voie sèche, et le chiffre ainsi trouvé, ajouté à celui qu'a donné Tévaporation à sec des liquides, doit donner le même résultat que celui de l'essai exécuté sur une partie de l'échantillon prélevée avant le traitement.

Si la consommation de cyanure a été élevée, c'est-à-dire si elle a été supérieure à 0,15 0/0 du poids du minerai, il est d'usage d'essayer un autre kilogramme d'échantillon pour déterminer le degré d'acidité de ce dernier. Celte opération se fait avec une solution de soude, préalablement titrée, de façon que chaque centimètre cube de solution sodique employée par kilogramme de minerai traité soit équivalent à 453 grammes de soude cgustique commerciale à ajouter par tonne de minerai. Les essais de filtration sont alors exécutés en humectant d'abord le minerai avec de l'eau légèrement alcaline avant d'employer la liqueur cyanurée.

Lorsque la consommation de cyanure a été faible, mais que le coefficient d'extraction n'est pas favorable, il faut prolonger la période de contact, et augmenter la finesse du broyage, dont nous verrons plus loin l'importance majeure.

Dans quelques cas exceptionnels, on a trouvé que le coefficient

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d'extraction s'accroît exactement dans la même proportion que la consommation de cyanure et que, par exemple, si une liqueur à 0,10 0/0 de cyanure de potassium a donné 20 0/0 d'extraction, une autre liqueur à 0,40 0/0 de KCy rendra 80 0/0 d'extraction, mais il faut alors s'attendre à une consommation plus grande du cyanure de potassium, résultant d'un contact plus prolongé. Enfin, dans les cas les plus difficiles, où l'or est mêlé avec de la pyrite cubique au sein d'une gangue siliceuse, l'agitation de la masse au moyen de jets d'air comprimé donne au laboratoire, des résultats assez bons. L'agitation au moyen d'oxygène à la place de l'air, même avec addition d'ozone, ne procure aucun avantage nouveau. Ces faits ont conduit, en pratique, à l'introduction des conduits en bois, au lieu de tuyaux pour transporter les solutions depuis les cuves filtrantes jusqu'aux cuves d'extraction, parce que l'atmosphère agit sur les solutions pendant leur trajet.

Avec des minerais réfractaires contenant de grandes quantités de sulfures métalliques, le grillage préalable donne de meilleurs résultats que le traitement à l'état cru.

Les essais de filtration s'exécutent très économiquement au moyen d'un appareil représenté à la figure 230 dans lequel la cuve de filtration est formée par un baril scié en deux, préalablement goudronné à l'intérieur, et muni d'un double fond couvert de toile à voile.

On charge la matière sur ce filtre et on y verse, après avoir saturé facidité, la solution cyanurée. Le liquide qui a traversé le filtre s'écoule par un robinet placé à la partie inférieure du demitonneau et se réunit dans un bocal qui permet de vérifier la clarté du liquide qui passe. On le fait alors tomber goutte à goutte dans un tube de verre rempli de fine tournure de zinc. Ce tube, qui a environ 4 centimètres .de diamètre et 45 centimètres de long, est maintenu verticalement au-dessous du robinet de décharge du bocal, de façon que l'écoulement se fasse exactement dans son centre.

L'or se dépose au contact du zinc, et le liquide qui tombe dans le récipient inférieur doit être privé de métal précieux, ce qui se vérifie au moyen de l'essai direct par la voie sèche.

L'ensemble de ce système, quoique fort primitif comme on le voit, est pourtant très commode pour essayer des quantités de minerai de 4 ou 5 kilogrammes seulement.

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