FER
L'or possède une couleur jaune un peu rougeâtre, il est très brillant. Réduit en feuilles minces, il laisse passer une lumière verte et parait plus rouge par réflexion. Précipité dans un grand état de division et en suspension dans l'eau, il laisse passer une lumière bleu violacé ou même rouge (Faraday).
En poudre impalpable et sec, il est d'un jaune violacé ou rouge pourpre.
L'or est plus mou que l'argent, il est plus élastique; le martelage le durcit un peu; il possède une ténacité assez faible. Un fil de 2 millimètres de diamètre se rompt sous un poids de 68k*,216.
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C'est le plus malléable et le plus ductile de tous les métaux. On peut le réduire en feuilles de 1/12.000 de millimètre d'épaisseur, et Ton peut étirer un poids de 5 centigrammes d'or en un fil de 162 mètres de longueur. L'épaisseur de ces feuilles peut encore être notablement réduite par l'action du cyanure de potassium (Faraday).
L'or fond à 32° du pyromètre de Wedgwood, ce qui correspond à 1.100° environ du thermomètre à air. D'après Pouillet, il fond à 1.381°; d'après Ed. Becquerel, à 1.337°.
L'or en fusion parait vert ; il est à peu près fixe à la température la plus élevée de nos fourneaux; pourtant Elsner a observé la volatilisation totale d'une faible couche d'or sur un fragment de porcelaine exposé à une température évaluée à 2.500° ou 3.000°. Il se volatilise sensiblement au foyer d'un grand miroir ardent; en exposant une plaque d'argent dans le voisinage du foyer, Homberg a constaté qu'elle se recouvrait d'une couche d'or. Lorsqu'on expose des feuilles d'or au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène, ou à l'action d'une forte batterie électrique, le métal se volatilise également et brûle avec une flamme verte ; de zéro à 100°, l'or se dilate de 0,0001466, soit 1/682 de sa longueur ; il se contracte plus que les autres métaux en passant de l'état liquide à l'état solide. La chaleur spécifique de l'or est égale à 0,0298; sa conductibilité calorifique est de 0,981, celle de l'argent étant 1.000 (Calvert et Johnson), 532 d'après Wiedmann et Franz. Conductibilité électrique égale à 73 à 19°, celle de l'argent étant 100; un alliage de quelques millièmes d'argent l'abaisse à 60°. Son magnétisme spécifique est de — 3,47 (Becquerel).
La densité de l'or fondu est égale à 19,258, et celle de l'or écroui à 19,367.
L'or peut se souder à lui-même sans fusion préalable. Aussi l'or précipité prend l'éclat métallique sous le brunissoir et se transforme en une masse cohérente lorsqu'on le soumet à une forte compression.
L'or cristallise en octaèdres réguliers, en dodécaèdres rhomboïdaux ou en d'autres formes dérivées du cube. On peut l'obtenir cristallisé par la décomposition de l'amalgame; on traite une partie d'or précipité par 20 parties de mercure; on chauffe pendant huit jours cet amalgame vers 80°, puis on le traite par de l'acide
azotique de 1,35 de densité, également à 80°; l'or reste ainsi en cristaux, mais renfermant encore un peu de mercure qu'on chasse par une chaleur modérée. Les cristaux sont alors brillants.
L'or divisé, tel qu'on l'obtient en cornets dans les essais d'or, peut condenser de petites quantités de gaz: 0"°\48 d'hydrogène; 0,28 d'oxyde de carbone; 0,16 d'acide carbonique; 0,19 à 0,24 d'air dans lequel l'azote domine.
Propriétés chimiques. — L'or est un des métaux les plus inaltérables; il résiste à l'action de l'eau, de l'air dans toutes les conditions. Il n'est pas dissous par les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique ; mais le mélange de ces deux derniers acides, c'està-dire l'eau régale, l'attaque rapidement. Il en est de même des mélanges d'acide chlorhydrique avec d'autres composés oxygénés susceptibles de mettre du chlore en liberté, tels que les acides chromique, sélénique, etc. L'eau régale que l'on emploie pour dissoudre l'or est formée de 4 parties d'acide chlorhydrique et de 1 partie d'acide azotique. L'acide sélénique attaque l'or en se transformant en acide sélénieux.
L'acide iodique, en combinaison avec l'acide sulfurique, oxyde l'or
Le chlore attaque très facilement l'or; des feuilles d'or se dissolvent rapidement dans l'eau de chlore. Le brome le dissout également. L'iode est sans action sur lui à froid; mais, sous pression et à 50° ou bien au soleil, l'attaque a lieu. L'acide iodhydrique attaque l'or en présence de l'éther, mais non en solution aqueuse.
Les perchlorures, perbromures et périodures métalliques instables, combinés ou non à l'éther, attaquent l'or. Le perchlorure et le perbromure de fer sont sans action sur lui. L'or, surtout quand il est divisé, se dissout dans l'acide sulfurique concentré et chaud, additionné d'acide azotique. On obtient une solution jaune qui abandonne de nouveau l'or à l'état métallique lorsqu'on l'étend d'eau ou qu'on lui laisse absorber l'humidité de l'air. On obtient une solution analogue par l'électrolyse d'un mélange de 9 parties d'acide sulfurique avec 1 partie d'acide azotique en employant une lame d'or comme électrode positive et une lame de platine comme électrode négative.
Les alcalis n'attaquent l'or ni par voie humide, ni par voie
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sèche. Néanmoins les alcalis en fusion l'oxydent au contact de l'air; le nitre fondu l'attaque, mais non le chlorate de potasse. Le soufre ne se combine pas directement à l'or; l'hydrogène sulfuré ne l'altère pas, mais les persulfures alcalins l'attaquent en le transformant en sulfures. Le phosphore, l'arsenic, l'antimoine se combinent à l'or sou» l'influence de la chaleur.
Atomicité. — L'or forme deux séries de combinaisons; dans les unes, comme le protoxyde ( Au20), le protochlorure ( AuCl), il est monoatomique ; dans les autres, comme leperchlorure(AuCl3), il est triatomique ; c'est, avec lé thallium, le seul métal qui manifeste ces deux atomicités.
Le poids atomique de l'or a été déterminé par Berzélius, en réduisant par l'hydrogène le chlorure double d'or et de potassium ; il a ainsi obtenu le nombre 196,66.
Alliages d'or. — L'or se combine directement avec la plupart des métaux. Les plus importants de ces alliages sont ceux que forme l'or avec l'argent, le mercure et le cuivre.
Alliages dor et d'argent. — Ces alliages, je l'ai dit plus haut, se rencontrent dans la nature avec une composition très variable. Leur densité est à peu près la moyenne des densités des métaux qui les constituent; les données sont, du reste, très contradictoires à cet égard, car, tandis que Boussingault et G. Rose avaient trouvé une densité inférieure à cette moyenne, Matthiessen a trouvé pour des alliages variant de 6 parties d'argent pour 1 d'or, jusqu'à 1 d'argent pour 6 d'or, une densité supérieure. Ces alliages sont plus durs, plus sonores et plus fusibles que l'or; l'alliage à 25 0/0 fond à 1.120°. L'alliage le plus dur est celui qui est formé d'une partie d'argent et de 2 parties d'or.
Fondus, ils éprouvent une liquation partielle. Les alliages d'or et d'argent sont très employés en orfèvrerie et désignés sous le nom d'or jaune, d'or pâle, d'or vert, d'électrum, etc.
L'or vert renferme 70 0/0 d'or et 30 0/0 d'argent. L'électrum renferme 20 0/0 d'argent Le vermeil est de l'argent doré.
Or et cuivre. — L'or s'allie facilement et en toutes proportions avec le cuivre, qui augmente sa dureté, diminue sa malléabilité, le rend plus fusible et rehausse sa couleur. Ces alliages ont une den-
site plus faible que la moyenne de la densité des métaux alliés. On fait un grand usage des alliages d'or et de cuivre : ce sont eux qui constituent l'alliage des monnaies et des bijoux d'or. L'emploi de l'or pur pour ces usages serait défectueux, à cause de son peu de dureté. En France, les monnaies d'or sont au titre de 0,900 avec une tolérance de 0,002. La composition de cet alliage se rapproche beaucoup de la formule AuHGu. Les médailles d'or sont à 0,916 et les bijoux à 0,750 avec une tolérance de 0,003. Ce dernier alliage se rapproche de la formule AuCu.
On emploi encore pour la soudure, sous le nom d or rouge, un alliage de 5 parties d'or et de 1 partie de cuivre auxquelles on associe quelquefois de l'argent. Les alliages d'or el de cuivre se ternissent à l'air d'autant plus vite que leur titre est plus bas. Pour leur rendre leur éclat, on les passe à l'acide ou à l'ammoniaque.
Pour protéger les alliages contre l'oxydation, on les recouvre d'une couche d'or pur, ou bien Ton dissout le cuivre contenu dans la partie superficielle; c'est ce qu'on appelle mettre en couleur.
L'oxydation du cuivre est très rapide lorsqu'on fond l'alliage au contact de l'air.
Or et mercure (amalgames cTor). — L'or a une grande tendance à s'unir au mercure. Une lame d'or blanchit immédiatement au contact de vapeurs mercurielles. Plongée dans le mercure ou frottée avec ce dernier, elle s'y unit et devient blanche et cassante. Si le mercure est chaud, l'or s'y dissout rapidement en donnant un amalgame liquide ou pâteux suivant la proportion d'or.
L'amalgame liquide filtré à travers une peau de chamois laisse passer du mercure ne contenant qu'une petite quantité d'or, tandis qu'il reste dans la peau un alliage blanc, mou, formé d'environ 2 parties d'or pour 1 partie de mercure.
L'alliage de 6 parties de mercure avec 1 partie d'or cristallise en prismes à quatre pans, d'un blanc jaunâtre, facilement fusibles.
On obtient un amalgame AuHg4 en lamelles cristallines blanches, dures et nacrées, lorsqu'on dissout de l'or précipité dans du mercure chauffé à 120° et qu'on laisse refroidir. Les lamelles se séparent à la surface; leur densité est égale à 15,412.
Tous les amalgames d'or laissent un résidu d'or pur par la distillation : c'est ainsi qu'on obtient l'or en écailles employé en pein-